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ap643f
LA SITUATION MONDIALE
DE L'ALIMENTATION ET
DE L'AGRICULTURE - 1955
Rétrospective de dix années
et perspectives d'avenir
ORGANISATION DES NATIONS UNIES
POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE
'Rome, Italie
Octobre 1955
ANNUAIRES STATISTIQUES DE LA FAO
ANNUAIRE DE STATISTIQUES AGRICOLES ET ALIMENTAIRES 1954
Les deux volumes de l'Annuaire de statistiques agricoles et alimentaires publiés par la FAO
constituent un ouvrage de référence contenant des statistiques de base et sont indispensables à tous
ceux qui s'intéressent à l'évolution de la situation de l'agriculture dans le monde.
Première partie - Production : statistiques sur l'utilisation des terres, les cultures, les effectifs
du cheptel et les produits de l'élevage, les disponibilités alimentaires et leur utilisation, les engrais
commerciaux, les produits antiparasitaires et les machines agricoles. Ce volume contient en outre
des séries de prix pour les principaux produits agricoles et des nombres-indices des prix et de la produc-
tion agricole. Des chiffres sont donnés pour chaque pays et des totaux pour chaque région et pour
l'ensemble du monde.
Deuxième Partie - Commerce: statistiques relatives aux importations et aux exportations des
principaux produits alimentaires et agricoles ainsi que des estimations totales par région et pour
l'ensemble du monde. Ce volume donne également, d'après la Classification type du commerce international et pour certains pays, les chiffres de la valeur du commerce des produits alimentaires, d'autres
produits agricoles et des biens nécessaires á la production.
Chaque volume, trilingue (anglais, français, espagnol) : $3,50
'JL .U_MRE STATISTIQUE DES PÉCHES 1952-53
Pour la première fois l'Annuaire statistique des pêches de la FAO parait en deux volumes.
Première partie - Production et bateaux de Oche :
statistiques des quantités pêchées et
débarquées, des renseignennents sur leur utilisation, sur la production des produits en conserve et
traités ainsi que sur les bateaux de péche.
Deuxième partie - Commerce international : chiffres des Importations et des exportations
des produits des Odes.
Grace ä cette division en deux volumes, II est possible de publier assez rapidement et au besoin
plus fréquennment qu'autrefois les statistiques de la production. L'Annuaire vise à présenter les renseignements fournis par les différents pays de manière à rendre possibles des analyses globales et régionales, à fournir le cadre général dans lequel pourront être étudiées les statistiques nationales des paches et aussi à faciliter les comparaisons internationales.
Chaque volume, trilingue (anglais, français, espagnol) : $3,00
MUAIRE STATISTIQUE DES PRODUITS FOPISTIERS 1954
Cet Annuaire, le huitième de la série, donne des chiffres officiels communiqués par plus de 100 pays
et territoires sur la production et le commerce des bois ronds, du bois travaillé, de la pate de bois,
du papier journal, des papiers et cartons et des panneaux de fibre, ainsi qu'un résumé du commerce
mondial.
Texte en anglais, français et espagnol ; tableaux en anglais et en français : $2,50
LA SITUATION MONDIALE PE L'ALIMENTATION ET DE L'AGRICULTURE 1955
C55/4
LA SITUATION MONDIALE
DE L'ALIMENTATION ET DE L'AGRICULTURE
1955
R.M1ROSPECTIVE DE DIX ANNÉES
ET PERSPECTIVES D'AVENIR
ORGANISATION DES NATIONS LTNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE
ROME (ITALIE)
OCTOBRE 1955
Imprimé en Italie
TABLE DES MATIÈRES
Avant-propos
PREMIÈRE PARTIE
I
II
Résumé
5
Situation
et
la fin de la guerre ; principaux facteurs de l'évolution
d'après-guerre
13
Production agricole après la guerre
Changements dans la structure de la production agricole
Comparaison avec la situation à la fin de la première guerre mondiale
Les p'eches après la seconde guerre mondiale
La foresterie à la fin de la guerre
Niveaux de consommation alimentaire au cours des premières années d'aprèsguerre
Rationnement et contrôle des prix des denrées alimentaires pendant
et après la guerre
Facteurs sociaux et économ ques affectant revolution d'apres-guerre .
Dommages de guerre
17
20
20
20
21
22
.
.
Pressions inflationnistes
Accroissement démographique
Politiques de plein emploi et d'assistance sociale
L'agriculture dans les pays sous-développés
Repercussions des groupements politiques et économiques sur l'agriculture
Difficultés auxquelles s'est heurté après-guerre le système des paiements internationaux
Les pénuries de produits agricoles, facteur d'aggravation du déficit en
dollars
Incidences du déficit en dollars sur la production agricole
Les grandes lignes des politiques agricoles d'après-guerre.
III
13
23
23
24
24
24
27
27
29
30
31
32
La mobilisation des ressources en vue du développement de l'agriculture
Programmes nationaux et mondiaux de développement agricole
Début d'une action internationale
Plans et programmes nationaux
34
34
35
36
Programmes relatifs aux peches
38
Programmes relatifs aux forks
Situation récente en matière de programmes
39
Financement du développement agricole
lnvestissements privés nationaux
Fonds publics nationaux
Investissements privés internationaux dans rag riculture
Fonds publics internationaux
39
40
41
42
43
Credit intérieur
45
Autres services
46
Réformes de structure en vue d'a der au développement agricole
Transfert de la propriété
Amelioration des conditions de tenure
Remembrement des terres
En registrement des terres et fiscalité agricole
Le rôle des politiques de prix dans la mise en ceuvre des programmes agricoles
47
48
49
50
50
51
Politiques en matière de prix et de revenu agricoles .
Problèmes poses par l'application des politiques de prix à la production
Tentatives internationales de stabilisation des prix
Aide directe à la production
Politique des prix et problèmes de commercialisation
Amelioration des services agricoles officiels
Services de vulgarisation
Recherche agricole
Commercialisation agricole
52
54
56
57
58
60
60
61
62
IV Progrès de la technologie agricole et rationalisation de l'exploitation des ressources naturelles
Agriculture
Exploitation et aménagement des eaux
Fertilité du sol
65
65
65
67
Machines agricoles
71
Selection végétale et amelioration des semences
Lutte contre les maladies et ennemis des cultures
Amelioration des piturages et des fourrages
75
Santé ani male
Alimentation des animaux
Selection animale
Effets de la rnise en valeur des ressources naturelles et des progrès de
la technologie sur la productivité agricole
V
38
74
77
78
79
80
80
Forks
83
Peches
84
Evolution de la production et des disponibilités
Le relèvement de la production
Agriculture
87
87
87
97
Peches
VI
98
Forêts
Le commerce international des produits agricoles
Structure des échanges avant la guerre
Situation à la fin de la guerre
Le volume du commerce international depuis la deuxième guerre mon-
99
99
99
99
diale
Tendances rég onales du commerce international des produits agricoles
102
Tendances des produits .
105
L'apparition des excédents
106
Consommation alimentaire et nutrition
Modifications de la demande de matières pre
110
è es d'or gine agricole et
forestière
117
Utilisation ctoissante de produits de remplacement.
119
VI Mouvements des prix, revenus des exploitants agricoles et achats
des consommateurs
121
Mouvements des prix sur les marches internationaux
Changements intervenus dans les valeurs unitaires moyennes des produits agricoles et de l'ensemble des produits faisant l'objet d'échanges
internationaux
Comparaison avec la première guerre mondiale
Changements intervenus dans les valeurs moyennes des differentes categories de produits agricoles
Changements intervenus dans les valeurs moyennes de certains produits
Hausse des valeurs moyennes par rapport aux dernières années d'avantguerre
Produits forestiers
Mouvements des prix et prix à la production
Rapport entre les prix payés et recus par les exploitants agricoles
Revenus agricoles et dépenses d'exploitation
Rapports entre les revenus des exploitants et le niveau de la production
Productivité de la main-d'ceuvre agricole
Revenus individuels agricoles par rapport à ceux des autres branches
d'activité
Mouvements des prix et consommation
Tendances récentes des coOts de commercialisation
Rapports existant entre les prix de detail des denrées alimentaires et
ceux de l'ensemble des autres produits.
Rapport entre les prix de detail et les prix à la production
Prix de detail et niveaux de consommation des produits alimentaires
Rapport des dépenses alimentaires et des dépenses totales
Niveaux des prix et evolution future
VII Les problèmes qui se posent encore
Le problème de la sous-consommation
Taux d'accroissement de la demande
Mesures destinées à développer la demande et la consommation.
vii
122
123
123
124
125
128
128
128
131
131
134
134
139
140
140
143
144
146
148
150
151
152
152
156
Le problème du soutien des prix et de l'assouplissement de la production
Soutien des prix et surproduction
Le soutien des prix et la structure de la production
Le soutien des prix et le coat élevé de la production
Le soutien des prix et le commerce international
Soutien des prix dans les pays qui produisent surtout pour l'exportation
Le soutien des prix, frein b la consommation
Soutien des prix ; essai de conclusion
La stagnation et l'instabilité des prix dans le commerce international des
159
produits agricoles
Revenu et productivité agricoles
163
Conclusion
166
159
160
160
160
161
162
163
165
DEUXIÈME PARTIE
Retrospective des dix dernières années
et perspectives ei court terme, produit par produit
171
171
Blé
Evolution de la production et des échanges
Evolution du marché et des prix
171
Perspectives
177
Céréales secondaires
Prix
178
178
180
Situation actuelle et perspectives
1 81
Production et échanges
176
182
Riz
La si uation au cours des dix de niè es années
Situation actuelle et perspectives
182
186
Perspectives
186
187
189
190
Produits de l'élevage .
191
Sucre
De 1946 a 1950
De 1951 à 1955
Viande
Produits laitiers
191
;
Oeufs
196
Produits des pêches
Produits frais et congelés
Produits séches, sales et fumes
Produits des pêches en conserve
Farines de poisson
Perspectives
199
200
201
202
204
205
Matières grasses et oléagineux
Tendances de l'après-guerre
Situation actuelle
206
206
208
209
Perspectives
v ill
210
210
212
Fruits frais
Tendances de l'apres-guerre
Perspectives
Raisins secs et vin
213
Café
214
214
217
Tendances de l'apres-guerre
Situation actuelle et perspectives
217
217
218
219
219
Thé
Production
Consommation
Echanges
Perspectives
220
Cacao.
220
222
Tendances de l'apres-guerre
Perspectives
222
222
224
225
Tabac
Production et consommation
Echanges et prix
Perspectives
226
226
Coton
Production
Consommat on et échanges
227
228
230
Stocks et prix
Perspectives
230
230
Lai ne
Production
Consommation et échanges
231
Stocks et prix
232
233
Situation actuel le et perspectives
233
Jute
233
Production
Consommation et échanges
234
234
Stocks et prix
Situation actuelle et perspectives
235
Caoutchouc
Product on
Consommation
Stocks
Perspectives
235
235
F bres dures.
238
Produits forest ers
Bois ronds
238
238
240
242
244
247
249
236
237
237
Sciages
Contreplaqués et panneaux de Fibre.
Pâte de bois
Papier et carton
Perspectives
ix
Tableaux annexes
251
Graphiques
11-1.
Production de céréales par habitant après la deux ème guerre mond a e
(Comparaison avec l'avant-guerre)
14
11-2.
Effectifs du [Detail après la deuxième guerre mond ale (Comparaison
avec l'avant-guerre)
15
11-3.
Effectifs des porcins après la deuxième guerre mond a e (Comparaison
avec l'avant-guerre)
16
11-4.
Niveau de la production mondiale de certains produits ; 1946-47 à 1954/55
19
Production brute des cultures alimentaires, des cultures non alimentaires et des produits du bétail clans certains pays, et accroissement
démographique
Production agricole, monde et rég ons, 1934-38, 1946-47 et 1954
Production agricole par habitant
88
.
90
.
91
Accroissement relatif de la production agricole, de la production industrielle, de la production minière et de la population
Evolution de la production céréalière et des effectifs du bé ail après
la première guerre mondiale et après la deuxième guerre mondiale
Production et utilisation du bois
Développement compare du volume du commerce mond al en general
et du commerce des produits agricoles
Tendances régionales du commerce international des produits agricoles
Indices du volume des exportations de certains produits agricoles . .
Stocks de certains produits agricoles après la première et la deuxième guerres mondiales
93
94
96
100
101
103
108
Ration calorique moyenne, par region, avant-guerre, 1947/48, 1950/51
et 1953/54.
111
Ration moyenne de toutes protéines par rég ons, avant-guerre, 1947/48,
1950/51 et 1953/54
113
Ration moyenne de prate nes animales, par regions, avant-guerre, 1947'48,
1950/51 et 1953/54
114
Consommation de viande après la deuxième guerre mondiale
Proportion de calories totales fournie par les céréales
Production industrielle et consommation mondiale (non compris l'U.R.S.S
115
116
,
la Chine et l'Europe orientale) de certaines matieres premières importantes, d'origine agricole et forestière
V1-la.
VI-lb.
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'exportation pour le monde
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'importation des produits
agricoles en dollars E.-U. d'après 1934, pour le monde
118
122
123
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'importation de grands groupes
de produits agricoles, en dollars E.-U. d'après 1934, pour le monde
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'importation de certains produits agricoles, en dollars E.-U. d'après 1934
126
Indices des prix du bois et des produits du bois.
129
124
VI-5,
VI-6.
VI-7.
VI-8.
VI-9.
VI-10.
VI-11.
Indices des prix à la production des produits agricoles en fonction de
l'indice general des prix de gros
Revenu reel dans l'agriculture et volume de la production nette
Augmentation de la productivité de la main-d'ceuvre agricole
Revenu dans l'agriculture, les forets et les peches, en pourcentage du
revenu dans d'autres branches d'activité
Part revenant à l'exploitant et marge de commercialisation, en pourcentage du prix de detail des produits agricoles alimentaires constituant le « panier à provisions » aux Etats-Unis 1925-1954 . . . .
Rapport entre l'indice des prix de detail des denrées alimentaires et
l'indice general des prix de detail
I n d ce des prix à la production et indice des prix de detail des denrées alimentaires dans certains pays
Dépenses par habitant pour l'achat de denrées alimentaires à des prix
constants, revenu reel moyen par habitant et indice des prix de
detail des denrées alimentaires
Pourcentage des dépenses totales personnelles consacre à l'achat de
.
Inde
VII-lb.
:
133
136
138
140
144
145
147
148
denrées alimentaires
VII-la.
130
Mouvement des prix de gros 1951-1955
149
Rapports entre le revenu national par habitant et les dépenses consacrées à l'alimentation, aux boissons et au tabac par habitant (tout
en dollars E.-U )
Part estimée de chaque centaine de dollars supplémentaire du revenu
consacrée à l'alimentation, aux boissons et au tabac
Production mondiale de blé moyenne 1934-38 et de 1945 à 1954. .
Exportations mondiales de blé et de farine de He (en equivalent de He),
;
moyennes 1934/35 - 1938/39 et de 1945,146 à 1954/55
154
172
173
Prix des céréales secondaires, 1945/46 à 1954/55
181
Modifications importantes survenues dans la structure des échanges de
riz moyenne 1934-38 et 1947 à 1953
Importations nettes de riz et d'autres céréales dans six pays d'ExtremeOrient, avec indication des mouvements relatifs des prix. Moyenne
;
1934-38 et 1947-54
184
185
Consommation de viande par habitant en 195354
Prix moyens mensuels des matiéres grasses sur les marches internat o-
192
207
naux 1951-55
Exportations mondiales de tabac en feuilles
Valeurs unitaires des exportations de tabac en feuilles; 1946-1954.
154
224
.
Prix du coton brut (comprenant les taxes et les subventions à l'exportation)
Stocks mondiaux de laine au 1 janvier
Production, consommation et stocks mondiaux de caoutchouc nature!
225
229
233
236
AVANT-PROPOS
Mil neuf cent cinquante-cing, qui marque le dixième anniversaire de la fondation de la
FAO, voit aussi s'achever ta première décennie au cours de laquelle l'agriculture s'est relevée
et développée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. est, dans l'histoire de l'agriculture, une période mémorable et fertile en événements. Elle a vu se produire un retournement dramatique de la situation : immédiatement après la guerre; tout n'était que ruines et la
famine mena9ait : aujourd'hui, ce sont les excédents de produits agricoles détenus par certains
pays qui suscitent à noztveau des inquiétudes. Et pourtant, dans le monde entier, des millions
de gens sont encore sous-alimentés, mal yam et mal logés.
Au cours de ces dix années, les progrès de la technique en agriculture, en sylviculture et
dans le domaine des péches ont été plus rapides et plus généralisés qu'ils ne l'avaient jamais
été dans un méme Taps de temps. D'autre part, des changements remarquables se sont produits
dans l'agriculture au point de vue social et éconoinique. De vastes réformes agraires ont été
réalisées. Dans bien des pays, la mise en valeur de l'agriculture et la politique forestière ont
commencé et s'organiser de manière rationnelle. On s'eflorce un peu partout de limiter les
fluctuations des prix agricoles et de donner aux cultivateurs une sécurité économique
n'avaient encore jamais connue. Les découvertes de la science de la nutrition ont rep des
applications plus étendues, destinées en particulier et assurer aux mères et aux enfants le
niveau minimum de nutrition. Des plans internationaux d'investissements et d'assistance
technique ont été entrepris ; ils visent essentiellement, dans le domaine agricole, à résoudre
des problèmes qui se posaient depuis très longtemps : faible productivité, sous-alimentation et
pauvreté des populations rurales dans les pays peu développés. Et ce ne sont let que quelquesuns des faits marquants de ces dix dernières (minas. L'occasion nous a semblé bonne pour
donner au rapport annuel sur la situation de l'alimentation et de l'agriculture une forme
diflérente. 11 y sera moins question, cette année, de la situation actuelle et des perspectives
court terme (me des progrès réalisés et de l'expérience acquise au cours de ces dix dernières
années. Le sztjet a été traité de manière plus analytique que purement descriptive. On s'est
eflorcé de faire ressortir les causes fondamentales des principaux faits qui ont marqué l'après-
guerre et de porter un ¡Klement de valeur sur certains des résultats acquis. Enfin, dans le
dernier chapitre de la première partie, quelques-uns des grands problèmes restant à résoudre
sont étudiés, ei la lumière de l'expérience acquise an COUrS de ces dix années d'apres-guerre,
avec l'espoir que les lecons tirées par certains pays seront utiles et d'autres qui ont et faire face
à des problèmes analogues.
P. V. CARDON
Directeur général
T 11 L--]
Chapitre I
RÉSUMÉ
La première partie de ce rapport est consacrée
au relèvement de l'agricultura des foréts et des
péches après la deuxième guerre moncliale, à la
sur le plan international par l'UNRRA et aussi la
meilleure organisation du rationnement ont permis
d'éviter la famine.
façon dont les ressources ont été mobilisées dans
ce but, aux principales difficultés qu'il a fallu
Foréts. Les foréts avaient souffert directement
et gravement de la guerre en Europe centrale et en
surmonter et aux leçons que Pon peut tirer de
l'expérience des dix dernières années afin de résoudre les problèrnes qui se posent encore. La
deuxième partie, oit sont étudiées l'évolution de
la situation après la guerre et les perspectives des
différents produits, West pas résumée ci-après, car
elle est déjà très concise.
Chapitre
: Situation et la fin de la guerre ;
de l'évolution
principaux facteurs
d'après-guerre
La production et la fin de la guerre. La guerre a
exercé sur la production agricole des effets trés
variés. Pour le monde considéré dans son ensemble,
Europe orientale, y cornpris la partie ouest de
l'U.R.S.S., et aussi dans certains pays d'Asie. Mais
les coupes excessives, en particulier en Europe
septentrionale et aux Etats-Unis et l'attention
insuffisante accordée à Faménagement rationnel
des foréts avaient provoqué des dommages indirects fort étendus. En Amérique du Nord, la production de pate et de papier avait pris un essor
remarquable.
Peches. La destruction et la réquisition des
bateaux de péche et du matériel, sans parler des
pertes humaines, avaient entrainé une grave diminution de la production de poisson. Cette diminu-
tion était très marquée dans le nord-ouest de
la production en 1946/47 n'était inférieure que de
5 pour cent environ à celle de 1934-38. Mais en
Europe, en U.R.S.S., et en Afrique du Nord, elle
l'Europe et en Extreme-Orient.
avait diminué dans la proportion du quart au
tiers, et de plus de dix pour cent en Extreme-
influencée par un certain nombre de facteurs
Orient, alors qu'en Amérique du Nord, elle avait
augmenté d'environ un tiers. Ailleurs, les modifica-
tions ont été relativement peu importantes.
Production par habitant. L'accroissement constant de la population mondiale, dont le chiffre
1946/47 était supérieur de 10 pour cent environ
celui de 1934-38, n'a fait qu'intensifier les pénuries d'après-guerre. Si la production agricole totale
n'avait diminué que de 5 pour cent, la production
par habitant n'avait pas diminué de moins de 15
pour cent.
Niveaux de consommation alimentaire. Les des-
tructions matérielles étaient plus graves et plus
étendues qu'après la première guerre mondiale,
mais cette fois-ci, la répartition des disponibilités
alimentaires sur le plan international, l'aide fournie
Facteurs de l'évolution d'après-guerre. La politique agricole d'après-guerre a été en grande partie
économiques et sociaux, au nombre desquels on
peut citer les suivants
Population. A l'accroissement accéléré de la
population, provoqué par l'élévation du taux de
natalité et par l'amélioration des services médicaux, a correspondu une augmentation de la demande de produits agricoles. Cette augmentation
s'est fait particulièrement sentir clans certaines
regions insuffisamment développées, notarnment en
Amérique latine oil le chiffre de la population est
maintenant supérieur de près de 50 pour cent A.
celui d'avant-guerre.
Mein emploi et politiques sociales. La mise en
oeuvre de ces politiques a fait augmenter la de-
mande par habitant de produits agricoles, en
particulier de ceux qui cofitent le plus cher. Cela
explique en partie pourquoi, depuis la guerre, des
davantage à la distribution et à la commercia-
politiques de soutien des prix et d'atares mesures
destinées h stabiliser le revenu agricole ont &té
adoptées un peu partout.
lisation.
loppées. Ce facteur est à l'origine de la mise en
Investissements. Les sources normales de capitaux étaient insuffisantes pour permettre- à l'agriculture de prendre, apres la guerre, le développe-
valeur plus rapide et mieux équilibrée des ressources en terres et en eaux des pays sous-développés,
ment voulu, qui nécessitait de grosses mises de
fonds publics. C'est surtout dans les pays insuffi-
ainsi que de l'élaboration de plans importants
d'assistance technique et financière sur le plan
plus
samment développés que le finaneement par l'Etat
a joué un rôle important. Les fonds d'investissement étaient pour la plus grande partie d'origine
poussée de ces pays a ,constitué un autre facteur
qui a contribué à faire augmenter et à di-versifier
la demande de produits agricoles.
nationale, mais on a eu fortement recours, dans
certains cas, poni' l'achat de matériel importé par
exemple, h des fonds (l'origine internationale et
Développment économique des régions sous-déve-
international. L'industrialisation
toujours
étrangère.
Groupements économiques et politiques. L'appa-
rition de nouveaux groupements, comme le bloc
communiste et les pays membres de l'OECE, a
modifié jusqu'A, un certain point la structure du
Crédit. Malgré les progrès assez importants
réalisés depuis la gueue, l'agriculture se ressent
encore gravement, en particulier dans les pays
insuffisamment développés, des insuffisances du
commerce mondial et a suscité une certaine coordination régionale des politiques agricoles. Mais
l'influence de ce facteur a probablement été,
jusqu'A, présent, moins grande que celle d'anciens
groupements comme le Commonwealth britannique et l'Union franeaise.
Le déficit en dollars. Les modifications survenues
crédit à court et à, moyen terme, h des taux d'intéret raisonnable. C'est ainsi qu'en Jude, d'après
rapport récent, les preteurs fournissent 90 pour
cent environ du erédit agricole, et cela généralement à très fort intérét.
Rétorme agraire et impôt foncier. Le .emembre-
pendant la guerre dans la structure de la production et du,cornmerce des produits agricoles et en
ment et le transfert de la propriété aux exploitants ont permis de remédier aux vices de struc-
particulier le fait que les pays importateurs de
denrées alimentaires étaient devenus de plus en
ture qui faisaient obstacle à l'utilisation rationnelle
des terres. En Extrèrne-Orient, les mesures législatives prises récemment dans ce domaine ont une
plus tributaires de l'Amérique (lu Nord ont, après
la guerre, aggravé les difficultés de paiement ; on
portée remarquable. On note aussi une tendance
générale h procéder à l'enregistrement des titres
peut imputer à cet état de dioses un tiers au
moins du déficit en dollars. Les difficultés de paie-
de propriété plutôt qu'à celui des actes. Dans
plusieurs pays, le système de l'impôt foneier a
mera ont, à leur tour, constitue l'une des causes
principales du désir que manifestent tous les pays
de se suffire davantage à eux-memes au point de
vue agricole ; elles ont, de ce fait, contribué
l'apparition d'excédents de produits agricoles en
Amérique du Nord. Par ailleurs, le Plan :Marshall
ainsi que d'autres prè,ts et subventions consentis
aux régions dévastées par la guerre ont joué, un
rôle dans le relevement rapide de l'agriculture.
été rationalise'.
Soutien des prix. La sécurité plus grande apportée
aux agriculteurs par la politique de soutien des
prix les a encouragés à augmenter leur production. Dans les pays où le niveau du prix de soutien
etait fonction des coilts de production ou
formules de parité, la production agricole a eu
tendance à réagir avec monis de souplesse. Ailleurs,
on a utilisé le niveau du soutien des prix pour
Chapitre III: La mobilisation des ressources en vue du développement de l'agriculture
orienter la production.
Stabilité des prix sur les marchés internationaux.
Pendant la période de pénurie, le commerce international a été caractérisé par l'apparition de contrats intergouvernementaux h long terme, qui ont
donné aux prix une certaine stabilité ; par la suite,
Plans et programmes. Devant la nécessité urgente
d'augmenter la production, bien des pays ont
élaboré des plans et des programmes de développement agricole et les mesures de consultation et
coopération internationales se sont multipliées.
Les premiers programmes mis au point concernaient surtout la production. Il semble nécessaire
ces contrats ont perdu de leur importance. Les
efforts tendant à améliorer la stabilité des prix
par des accords internationaux sur les produits
n'ont abouti que pour le blé et le sucre.
maintenant, dans bien des pays, de s'attacher
6
un tiers, les regions peu développées n'en consoni-
Commercialisation. Maintenant que le cap de la
ment que 14 poni cent. En Amérique du Nord et
dans les regions sous-développées, la consommation a plus que quadruple par rapport à l'avantguerre. Des progrès ont été égalernent enregistrés
en matière d'utilisation des engrais animaux,
composts, etc., ainsi qu'en matière de prospection
des sols, mais il est moins facile de les ehiffrer.
pénurie est franchi, on s'attache davantage
améliorer
les
méthodes de
commercialisation.
C'est ainsi que l'on voit se créer ou se renforcer,
dans de nombreux pays pen développés, des organismes nationaux et coopératifs de commercialisation destines h améliorer la situation de l'agriculteur.
Machines agricoles. Le pare mondial de traeteurs a triple par rapport h l'avant-guerre, ce qui
permis de libérer de nombreuses terres consa-
Service8 de vulgarisation. Le renforcement des
services consultatifs ou des services de vulgarisa-
tion agricole a Re, dans de nombreux pays, un
facteur essentiel du développement de l'agridulture après la guerre. Un fait important, en Extreme-Orient surtout, a été l'élargissement des services de vulgarisation en un system de («léveloppement des collectivités ) qui assure également
aux populations rurales des services d'éducation,
d'hygiène, etc. Les services de vulgarisation en
matière de commercialisation et de problèmes
économiques, qui jusqu'alors n'existaient guère
h la production d'aliments destines aux
animaux de trait. Mais lh encore le développement a été très inégal: les machines agricoles
crées
sont très peu utilisées en Afrique ainsi qu'en Asie,
où elles servent surtout dans les centres nationaux
de tracteurs. Peu de progrès ont été realises dans
le domaine plus modeste mars important pourtant
de l'amélioration du materiel h traction animale et
des outils h main.
qu'en Amérique du Nord, se multiplient en Europe
occidentale.
Sétection végétale. L'intensification de la cooperation internationale a contribué aux grands progrès realises dans ce domaine. Pourtant, dans bien
des pays encore les travaux relatifs h la multiplication et h la distribution des sentences sont
moins avancés que la mise au point de variétés
nouvelles. Le maYs hybride donne, dans certains
pays d'Europe, des rendements bien supérieurs.
Dans les pays peu développés, il y a lieu de note]'
l'attention plus marquee dont font l'objet les cultures vivrières essentielles.
Recherche agricole. Les progrès ont été rapides
dans ce domaine depuis la guerre. Les échanges de
renseignements et les etudes a. l'étranger ont été
rendus plus faciles, ce qui a permis de surmonter
les pénuries de personnel et de materiel de recherche dans les pays insuffisamment développés.
coordination des recherches sur le plan international ne cesse de se resserrer, en matière d'hybridation dv ma'is en Europe et d'hybridation du riz
en Extréme-Orient, par exemple.
Lutte contre les maladies et les ennemis des culto.-
res. L'après-guerre a vu se développer la coopera-
Chapitre IV: Progres de la technologie et
rationalisation de l'exploitation des ressources naturelles
tion internationale en matière de lutte antiacridienne et dans d'autres domaines de la protection des végétaux. L'emploi de nouveaux insecticides de synthèse et de produits désherbants hormones h action selective a permis de maintenir et
d'augmenter les rendements.
Utilisation des eaux et lutte contre les inandations.
,Dans plusieurs regions, de grands travaux ont éte
entrepris pour améliorer l'exploitation des eaux et
la lutte contre les inondations. C'est surtout en
Amélioration des pâturages et des lourrages.
Extréme-Orient, en particulier en Jude, au Pakistan et en Thaflande, ainsi qu'en Amérique latine,
L'aménagement des phturages et des cultures
fourrageres a fait l'objet, dans les zones tempérées,
d'améliorations assez importantes. Ailleurs, on
commence h effectuer des enquetes et des recherdies.
en particulier au Mexique, que des progrès ont
été realises. Il est également probable que des
progres assez importants ont été effectues en
U.R.S.S. et en Chine. Mais dans bien des parties
du monde, l'étude systématique des ressources
eau ne fait que commencer.
Fertilité du sol. La consommation mondiale d'engrais commerciaux a presque doublé par rapport
l'avant-guerre, mais les niveaux de consommation restent très inégaux. Si l'Europe consomme
la moitié du total mondial et l'Arnérique du Nord
Zootechnie. Des progrès assez importants ont éte
enregistrés dans le domaine de la lutte contre les
maladies animales : de nouveaux medicaments et
vaccins ont été mis au point et, dans bien des
pays peu développés, des services vétérinaires
nationaux ont été créés. Les gouvernements coopè-
rent sur le plan regional pour lutter contre les
7
épizooties. Dans les pays développés, la science de
en 1954, non compris le bloc des pays communistes, dépassait d'un peu plus de 25 pour cent
Palimentation des animaux a fait de grands progrès et des pratiques d'alimentation plus rationnelles ont ét6 adoptées. Il y a également lieu de
noter les progrès de Penregistrement du rende-
celui des années 1946/47 et 1934-38; la production
par habitant était un peu supérieure h la moyenne
d'avant-guerre. Si l'on fait entrer en ligne de compte
ment des animaux et ceux de l'insémination
les estimations pour les pays communistes, la
production mondiale avait, en 1954, augmenté
d'environ 30 pour cent par rapport à 1946/47 et
artificielle. Dans les pays ofi les conditions climati-
ques sont défavorables, on s'attache davantage
améliorer les races indigènes.
d'environ 20 pour cent par rapport h l'avantguerre. Pour rapide qu'il ait été, le développement de l'agriculture a été loin de l'étre autant
Progres techniques et productivité agricole. C'est
aux progrès de la technologie, qui se traduisent par
que celui de l'industrie.
Les mesures visant à relever l'agriculture ont été
partieulièrement couronnées de succès en Europe
occidentale, on le relèvement s'est fait sensiblement plus vite qu'après la première guerre mon-
l'accroissement du rendement a l'hectare et par
animal, que revient le rôle le plus important dans
le développement de la production en Europe, en
Amérique du Nord et en Océanie apres la guerre.
Aux Etats-Unis, par exemple, le rendement par
acre de terre cultivée et par unité animale a aug-
cliale. En Europe orientale et en U.R.S.S., les
progrès ont été moins rapides, en grande partie
parce que la priorité avait été donnée h l'industrialisation. En Extreme-Orient, les hostilités et
menté d'environ 30 pour cent par rapport h la
moyenne de 1925-39. Les régions évoluées recueillent maintenant le fruit des efforts soutenus qu'ils
déploient depuis longtemps en matière de recher-
les troubles incessants, sans parler du manque
capitaux et de connaissances techniques, ont retardé le relèvement ; la production n'augmente
che, de vulgarisation et de mise en valeur des
ressources. Dams bien des pays peu développés ofi
ces efforts commencent seulement à se manifester,
pas encore aussi vite que la population. On a
enregistré un développement rapide au ProcheOrient et en Afrique, mais les progrès ont été un
peu plus lents en Amérique latine et en Océanie.
En Amérique du Nord, h Paccroissement remarquable de la production pendant la guerre a succédé une période plus calme, due surtout au manque de débouchés et aux contrôles qu'il a fallu,
de ce fait, appliquer h la production.
Si, dans les régions at le revenu est élevé, la
production animale a eu tendance à augmenter
plus que la production végétale, c'est celle-ci qui
a augmenté plus vite ailleurs. Pour l'ensemble du
monde, l'augmentation a été plus forte pour la
les résultats, c'est-h-dire Paccroissement de productivité, .viendront plus tard. Toutefois, les travaux visant à étendre les superficies cultivées ou
irriguées portent déjh leurs fruits.
Forêts. Des progrès notables out été enregistrés
en matière d'exploitation forestière et d'utilisation du bois. Un plus grand nombre de fin-as
sont maintenant accessibles, la gamme des espèces
commerciales s'est étendue et la rationalisation de
l'exploitation a réduit les pertes et a fait baisser
les coûts. L'utilisation du bois s'est améliorée
la proportion de produits forestiers utilisés comme
combustibles a diminué et de nouveaux produits
ont été mis au point, dont un grand nombre utilisent du bois considéré jusqu'alors comme déchets.
production alimentaire que pour cello des matières
premières d'origine agricole.
Pêches. La production est supérieure d'environ 20
pour cent à ce qu'elle était avant la guerre. L'augmentation s'est produite principalement en Europe,
Amérique du Nord, au Japon et en U.R.S.S.
l'industrie des péches est solidement établie. L'Afrique du Sud et du Sud-Ouest, l'Angola, le Pérou et
le Chili figurent maintenant au nombre des producteurs et exportateurs importants.
Pêches. C'est surtout la recherche et l'évaluation systématique des ressources des péches qui
ont fait l'objet des plus grands progrès. Des améliorations ont également été apportées au matériel
de péche, ainsi qu'en matière de conservation du
poisson et de production et d'utilisation de farine
de poisson.
Foréts. La production de bois ronds a augmenté
Chapitre V: Evolution de la production et
des disponibilités
de 15 pour cent environ depuis 1946 ; c'est en
Production agricole. A la suite des mesures
adoptées dans le domaine économique, social, et
technique, le volume de la production mondiale,
U.R.S.S. qu'on a enregistré les augmentations les
plus fortes. La production de bois A. usages industriels a augment6 d'environ un tiers, mais celle de
bois de feu a diminué.
8
Commerce des produits agricoles. Alors qu'après
Niveaux de consommation cdimentaire. La consom-
la guerre le volume du commerce international a
augmenté (en 1954 il était supérieur d'environ 55
pour cent au volurne d'avant-guerre), il n'en a pas
été de méme pour le commerce des produits agricoles, qui a retrouvé son niveau d'avant-guerre en
mation alimentaire n'a pas tardé à retrouver son
niveau d'avant-guerre en Europe occidentale et
dans certains pays de l'Amérique latine ; cette
amélioration se maintient. Dans les régions où les
progrès avaient d'abord été lents, comme en Extréme-Orient, au Proche-Orient et en Europe
orientale, on enregistre une amélioration marquée
1950, mais n'a jamais changé depuis. Depuis
quelques années, le commerce des produits fores-
des niveaux de la ration calorique. Le niveau de la
consommation alimentaire par habitant n'en reste
pas moins, dans de nombreux pays de l'ExtrémeOrient et dans certains pays de l'Arnérique latine;
inférieur à celui d'avant-guerre.
tiers est supérieur d'environ 10 pour cent A., l'avantguerre.
Structure du commerce mondial. Aux modifica-
tions de la structure de la production mondiale
ont corresponclu des changements frappants de la
En Amérique du Nord et dans quelques pays
cl'Europe, l'élévation du revenu s'est traduite par
un accroissement de la consornmation de produits
d'origine animale ; il semble, à certains signes, que
la consommation de ces aliments augrnente un
structure du commerce mondial de denrées alimentaires. Jusqu'en 1952; l'Amérique du Nord a
continué A., exporter 3 à 4 fois plus de produits
alimentaires qu'avant la guerre ; depuis cette date,
ses exportations ont cornrnencé à diminuer, car
la production avait repris ailleurs.
Par contre, le volume des exportations alimentaires de l'Extrème-Orient; qui se font surtout h
destination d'autres pays de la région, est encore
inférieur de plus de 50 pour cent h celui d'avantguerre, et la région est rnaintenant importatrice
nette de denrées alimentaires. Les pays communistes ont peu exporté, et depuis quelques années
l'U.R.S.S. importe de grandes quantités de produits animaux et de sucre.
Les importations de denrées alimentaires de
un niveau
l'Europe semblent s'étre stabilisées
inférieur d'environ 10 pour cent h celui d'avant-
peu dans les pays peu développés oh elle était
très faible. Le blé a; en partie, remplacé le riz en
Extrème-Orient ; en Amérique du Nord et dans
certains pays d'Europe, la margarine se substitue
de plus en plus au beurre, dans une large mesure
sous l'influence des rapports de prix.
:La demande de matières premières d'origine agri-
cole. Grhce à l'essor pris par l'industrie et par le
bhtiment, la consommation industrielle de matières premières d'origine agricole et forestière se
maintient au-dessus du niveau d'avant-guerre : elle
est pourtant limitée par l'utilisation de plus en
plus des produits de remplacement, comme les
A.,
guerre. Celles de l'Amérique du Nord ont tendance
augmenter lentement. Celles de l'Amérique latine
fibres artificielles et le caoutchouc synthétique.
et des autres régions peu développées, tout en
restant relativernent faibles, ont fortement aug-
Chapitre VI: Mouvements des prix, revenu
des exploitants agricoles et achats des
consommateurs
menté.
Les importations nord-américaines de rnatières
premières d'origine agricole,
Mouvements des prix sur les marchés internationaux. Les prix des produits agricoles sur les
marchés mondiaux (si on les exprime au moyen
(l'un indice des valeurs moyennes unitaires
l'exportation) ont suivi l'évolution de l'ensemble
des prix pendant l'après-guerre, mais ils ont augmenté plus que ceux-ci par rapport aux années
de produits pour
boissons et de tabac ont sensiblement augmenté
mais celles de l'Europe occidentale n'ont guère
dépassé leur niveau d'avant-guerre.
Excédents agricoles. C'est surtout dans la zone
dollar que se sont accumulés les stocks excédentaires. Les stocks de blé atteignent actuellement
continué à augmenter pendant le premier semestre
de 1955, mais un peu moins vite qu'avant. Comme
les principaux stocks excédentaires sont détenus
qui ont immédiatement précédé la guerre; époque
laquelle les prix des produits agricoles étaient
particulièrement has. Les prix des xnatières premières d'origine agricole et des produits forestiers
ont subi des fluctuations plus marquées que ceux
des denrées alimentaires, notamment pendant la
guerre de Corée.
En raison des mesures plus efficaces de contrôle
par des gouvernements qui font preuve de pru-
des prix qui ont été prises, la hausse des prix
dence pour les écouler, ils n'ont pas jusqu'à présent
provoqué l'effondrement des prix mondiaux.
agricoles a été plus progressive qu'après la première
guerre mondiale; ils Wont ni atteint les niveaux ver-
un niveau plus élevé qu'il ne l'a jamais été en temps
de paix, mais les stocks de coton et de sucre ne
sont pas plus importants qu'ils ne l'avaient été
de 1930 A, 1939. Aux Etats-Unis, les stocks ont
9
tigineux de 1919 et 1920, ni subi d'effondrement
moyen dans les autrés branches cractivite (souvent moins de la moitié). Font exception la Nouvelle-Zélande, où ii est supérieur à la moyenne,
et le Royaume-Uni, le Danemark et l'Allemagne
comme en 1920 et 1921. De 1948 A, 1954, c'est-àdire de 3 à 9 ans après la fin de la deuxième guerre
mondiale, revolution du niveau des prix a été
remarquablement semblable à cene qu'on avait
enregistrée pendant la m'eme période après la
occidentale, ofi il est presque à égalité. D'une
première- guerre mondiale, c'est-h-dire de 1921
manière genérale, ragriculture n'a pas participe
it l'élévation genérale du revenu réel depuis la
1997.
guerre ; dans la plupart des pays, la situation vela-
tive de ragriculteur a mëme eu récemment ten-
Prix U la production. Malgré le contrôle des prix,
dance h empirer.
la hausse des prix à la production avait, durant la
guerre et dans presque tous les pays, été beaucoup plus marquée que celle de l'ensemble des
prix, Mais ces gains relatifs ont en grande partie
Marros de commercialisation. Depuis quelques
alinees, caracterisées par la chute des prix à la
production, le cofit de transformation et de distribution des denrées alimentaires aux Etats-Unis a
augmenté tant en valeur absolue que proportion-
été perdus depuis ; dans quelques pays, méme le
rapport des prix est maintenant presque aussi défavorable pour les agriculteurs qu'il ravait &té à
la fin des années trente. Le rapport entre les prix
nellement, et cela pour deux raisons surtout
raugmentation des frais de main-d'ceuvre et le
per9us par les agriculteurs et ceux qu'as paient
traitement plus poussé que subissent les produits.
En 1954, les marges de commercialisation représentaient 57 pour cent du prix de détail des produits alimentaires, contre 47 pour cent en 1945.
Les renseignements limites dont on dispose pour
plusieurs autres pays donnent aussi à penser que
les coûts de commercialisation ont, depuis quelque
temps, tendance à augmenter.
Prix de détail des denrées alimentaires. Pendant
la période de pénurie d'après-guerre, le contrôle
les biens nécessaires a. la production, etc. a évolué
de manière analogue.
Reumas agricoles et dépenses d'exploitation. La
modernisation a fortement contribué à faire
augmenter les clépenses des agriculteurs pour
rachat de machines, d'engrais, etc. Aux EtatsUnis, les dépenses d'exploitation étaient (à des
prix constants) deux fois plus élevées en 1953
qu'avant la guerre ; dans les autres pays, on ence-
des prik et, dans certains pays, les subventions
alimentaires ont limité la hausse des prix de dé-
re une tendance analogue, Un peu moins
marquée cependant.
Par suite de- raccroissement de la production et
tail des denrées alimentaires, qui n'en a pas moins
été plus forte en general que pum- l'ensemble des
prix de détail. A mesure que l'offre devenait plus
de l'amélioration genérale du rapport des prix,
le revenu réel de ragriculture est, depuis la guerre,
sensiblement supérieur à ce qu'il avait éte un peu
avant 1940. Comme la population agricole diminue,
l'augmentation du revenu par habitant est encore
abondante, les contrôles se sont assouplis et les
subventions se sont réduites et dans bien des pays
011 a vu, chose paradoxale, les prix monter au
moment mërne oil les disponibilités augmentaient.
plus grande. Le surcroit de revenu a servi pour
En outre, lorsque les prix à la production ont
une large part à financer le développement d'après
la guerre.
Dans bien des pays d'Europe et en Océanie, le
revenu agricole se maintient assez bien depuis la
guerre, mais en Amérique du Nord il diminue
fortement depuis quelques années,, surtout paree
que les prix ont baisse ; ce phénomène s'est
duit par une contraction brutale de la production
et des yentes de machines agricoles.
diminué, il est arrive souvent que les prix de détail
n'aient guère réagi, en raison surtout de la rigidité
autres branches d'activité. Dans la plupart des pays,
des cofits de commercialisation. Les renseignements relatifs aux yentes au détail des denrées
alimentaires et aux dépenses de consommation
indiquent que, m'eme dans les pays riches, le prix
de détail elevé des produits alimentaires recita la
vente ; cet effet est toutefois compensé en grande
partie par raugmentation progressive du revenu
réel. Le mouvement des prix de détail des denrées alimentaires a donc tendance à restreindre le
le revenu agricole est bien inférieur au revenu
niveau de la consommation alimentaire.
,Le revenn dans l'agricultare par rapport aux
10
tèmes qui visent h maintenir ensemble du revena agricole assurent A. la production plus de
Chapitre VII: Les problernes qui se posent
encore
souplesse que ne le font ceux qui prévoient le sou-
L'agriculture présente actuellement divers points
faibles parmi lesquels on petit citer : l'échec de la
tien du prix de tel ou tel produit d'apres le coat
de la production ou des formules de parité les
eonsommation à augmenter parallèlement à la
mesures tendant à réduire le coilt de tel ou tel bien
h la production ou de telle ou telle opération agrieole et h faire augmenter la production entrainent
peut-étre une économie nette pour l'Etat et favorisent pent-être aussi le consommateur paree gulch
les permettent d'abaisser la. niveau de soutien des
prix ; la stabilisation du revenu agricole grhce au
versement de compensations, aux fonds de péréquation ou h d'autres mesures qui n'empêchent pas
le marché libre de fonctionner, réduit les risques
d'accumulation d'excédents; pour les produits qui
Wont qu'une faible élasticité par rapport aux prix,
il est peut-être nécessaire, afin d'éviter une augmentation excessive des stocks après des récoltes exceptionnelles, de prendre des mesuresspéciales d'ecoulement.
production, ce qui entraine la formation de stocks
excédentaires ; le manque de souplesse que manifeste la production pour s'ajuster aux modifications de la demande et qu'aggravent encore certains systèmes de soutien des prix ; la stagnation du
commerce mondial des produits agricoles, et la
faiblesse du revenu agricole par rapport au revenu
dans les autres secteurs économiques, qui résulte
en partie de la faible productivite de la main-d'ailivre agricole.
Elévation des niveaux de consommation. L'aceroissement démographique et l'élévation du revenu réel par habitant finiront peut-étre, d'ici dix
ans, par faire augmenter le volume de la consommation mondiale de denrées alimentaires de 14 h
22 pour cent, en admettant que les rapports de prix
restent constants. Mais ces estimations se trouveraient sensiblement modifiées par des modifications
Problèmes relatifs au commerce. La stagnation
du commerce mondial des produits agricoles est
en grande partie due A, trois causes : les efforts
que font les pays pour satisfaire eux-mérnes dans
une plus large mesure à leurs besoins en produits
agricoles la tendance à. favoriser les importations
de prix car l'élasticité semble plus grande pour
les prix des denrées alimentaires que pour le revenu. Aussi des mesures tendant à améliorer les
méthodes de production ou de commercialisation
afin de faire baisser les prix de détail pourraientelles faire augmenter la consommation alimentaire.
Les programmes spéciaux de distribution offrent
des biens d'équipement pour le développement
économique, et l'utilisation par l'industrie de produits de remplacement au lieu de matières premières d'origine agricole. Certains obstacles ami com-
aussi de grandes possibilités. Pour les matières
premières industrielles, leur développement sera
merce pourraient are surmontés si la tension
mondiale s'atténuait et si le problème des paiements internationaux perdait de son acuité.
Le commerce a augmente poni certains produits ; pour d'autres, il pourrait se développer si
l'offre était plus abondante. En ajustant leur
fonction du développement de l'activitéindustrielle
et de la mesure dans laquelle elles soutiendront la
concurrence des produits de remplacement.
Rigidité d? la structure de la production. Nombre
de gouvernements cherchent à améliorer les méthodes de soutien des prix de maniere à. faire baisser le prix h. la consommation et h ajuster plus facilement la production h la demande du consommateur ; ainsi serait-il possible de prévenir de nouvelles accumulations de stocks excédentaires et
en méme temps de freiner la production non ren-
production aux tendances de la demande mondialc
méthodes seraient en outre
des prix des produits agricoles sur les marchés
moins coateuses pour l'Etat et n'interviendraient
qu'au minimum dans le fonctionnement des marchés intérieurs et du commerce international. De
l'expérience acquise jusqu'h présent, on peut tirer
mondiaux, pourraient aussi contlil)uei à faire ac-
table ; de telles
et en réduisant les coats par l'application de méthodes modernes de production et de commercialisation, les pays exportateurs pourraient contribuer à faire augmenter la vente. Des échanges de
vues internationaux et, le cas échéant, des mesures
concertées en vue d'atténuer l'instabilité extreme
croitre le commerce. Ces échanges
vues présen-
tent un intérét tout particulier lorsqu'il s'agit de
l'écoulement des stocks excédentaires qui constituent la plus grave menace h la stabilité des prix.
provisoirement les conclusions suivantes : les sys11
Productivité de la main-d'uvre et revenu agricole. Le revenu agricole est pour une part assez
importante fonction de la productivité de la maind'oauvre, que les techniques modernes permettent
maintenant d'accroitre rapidement. Il ne semble
pas que dans les pays évolués l'agriculture soit,
pour ce qui est de l'accroissement de la productivité, en retard sur les autres secteurs. Dans les
pays peu développés, l'importance relativement
faible de la population non agricole, qui limite le
marché des produits agricoles (mis h. part les
débouchés à l'exportation) et la forte densité de
la population rurale, qui restreint l'étendue des
exploitations, sont autant d'obstacles à l'accroissement de la productivité. Dans ces pays, la productivité de la main-d'ceuvre agricole et le revenu
agricole n'augmenteront sensiblemeat que si le
développement économique et l'industrialisation
continuent h progresser. Les disponibilités maintenant plus importantes de denrées alimentaires (y
compris les stocks excédentaires) permettront
peut-étre d'accroitre le rythme des investissernents
et du développement économique avec moins de
risques
12
Chapitre II SIT-CATION A LA FIN DE LA G-LERRE
ET AU COURS DES PREMIÈRES ANNÉES
PRINCIPAUX FACTEURS
DE L'ÉVOLUTION D'APRÈS-GUERRE
D'APRÈS-GUERRE
-
La present rapport a principalement pour objet
(l'examiner le relèvement de l'agriculture mondiale
après la guerre, d'exposer la faon dont les ressour-
Dans les pays des regions énumérées ci-dessus
qui n'ont souffert ni des combats terrestres ni
de l'occupation ennemie, ainsi que dans les pays
d'Amérique latine, d'Afrique, du Proche-Orient et
ces ont été mobilisées dans ce but, ainsi que les
principales difficultés qu'il a fallu surmonter, et de
firer les levns de l'expérience considerable de
d'Océanie qui Wont subi que les effets indirects de
la guerre (par exemple penurie de main-d'ceuvre et
de moyens de production, ou arrét des approvision-
dix dernières années afin de s'en inspirer pour
résoudre les problèmes très divers qui se posent
nements importés ou perte des marches d'exportation), la production s'est maintenue ou a légèrement progressé, mais rarement dans la mesure
actuellement. Ce chapitre resume la situation de
l'alimentation et de l'agriculture après six années
de guerre mondiale, et décrit succincternent les
conditions sociales, économiques et politiques qui
prévalaient au cours de la période où la reprise
s'est produite.
de l'accroissement demographique. Finalement,
la suite des efforts entrepris en Amérique du Nord
en vue de stimuler la production pour faire face a
l'augmentation considerable de la demande interieure et de celle de ses allies d'outre-mer, l'agriculture a connu une période de progrès techniques,
de développement et de prospérité sans precedent.
PRODUCTION AGRICOLE APRÈS LA
GUERRE
En depit de la forte diminution du nombre de
personnes travaillant dans l'agriculture, la production annuelle de l'Amérique du Nord a aug-
Les effets exercés par la guerre sur Fagriculture
ont etc; extrèmement varies, suivaut les differentes
menté de 30 pour cent par rapport à la moyenne
d'avant-guerre (cet accroissement avait été de 10
pour cent environ après la première guerre mon-
parties du monde. Dans les vastes regions d'Europe, d'U.R.S.S., d'Extréme-Orient, et cl'Afrique
du Nord, où se sont déroulés des combats, la production est tombee nettement en deça de son ni-
diale), soit à un rythme plus rapide d'un cinquième que celui de l'accroissement de sa po-
veau d'avant-guerre. L'industrie de la péche a
souffert encore davantage des destructions et
pulation.
On peut se rendre compte de l'inegalité des repercussions de la guerre sur l'agriculture des différents pays en examinant les cartes des graphiques
requisitions, ce qui a gravement affecté les disponibilités mondiales en poisson, dont les quatre
cinquièmes provenaient de ces regions avant la
guerre. La sécheresse a encore aggravé les effets
de la guerre. Elle a sévi dans les pays danubiens et
en U.R.S.S. en 1946, et en Europe occidentale en
1947 ; il y a eu également vers la fin de la guerre
II-1, 2 et 3 qui indiquent pour chaque pays le
une série de periodes de sécheresse en Afrique
du Nord, et ce fléau s'est abattu par la suite sur
de vastes regions de l'Extréme-Orient dont il
pourcentage de variation de la production céréalière et de l'effectif du betail pendant la guerre.
Vue retrospectivement, cette distorsion de l'équifibre mondial de la production agricole semble
avoir suscité des problèmes qui ne le cèdent guère
en importance a: ceux qui ont résulté des ravages
retardé le relèvement.
eu x -m &Ines.
13
I
I
=I
MIgt
-Ict ,
4-72
.tb
dispose), en pourcentage des effectifs de l'avantguerre
125 pour cent et plus
Non disponible
110 et moins de 125 pour cent
voisines done on
routes córéales par
habitant: moyenne
1946/1947 (ou campagnes les plus
65 et moins de 80 pour cent
80 et moins de 90 pour cent
90 et moins de 110 pour cent
Production de
r
'tt
(V 577
Production de céréales par habitant après la deuxiènne guerre rnondiale (Cornparaison avec l'avant-guerre)
Moins de 65 pour cent
GRAPHIQUE ll -1
95 en moins de 105 pour cent
105 ct moins de 115 pour cent
115 pour cent et plus
Non disponible
85 et moins de 95 pour cent
Moins de 85 pour cent
GRAPHIQUE 11-2
années
on dispose) en pourcentage des effectifs
de l'avant-guerre
les plus voisines dont
ou 1947 (ou
Effectifs du bétail 1946
Effectifs du bétail après la deuxieme guerre mondiale (Comparaison avec l'avant-guerre)
1.7=
7.71
Non disponible
tsge des effectifs
de l'avant-guerre
(ou années les plus
voisines dont on dispose) en pourcen-
Effectifs des porcins 1946 ou 1947
Effectifs des porcins après la deuxième guerre mondiale (Comparaison avec l'avant-guerre)
50 et moins de 70 pour cent
70 et moins de 90 pour cent
90 et moins de 110 pour cent
110 et moins de 150 pour cent
150 pour cent et plus
Moins de 50 p. our cent
GRAPHIQUE II-3
Bien que les données sur les premières années
qui a immédiatement precede son effondrement.
d'après-guerre relatives aux regions dévastées
soient moins sUres que celles d'avant-guerre ou que
les ehiffi:es actuels, il semble qu'à la fin des hostilités la production agricole mondiale (non compris l'U.R.S.S., l'Europe orientale et la Chine) était,
dans l'ensemble, légèrement supérieure h celle des
années qui ont precede immédiatement la gueri:e.
La France a surtout été touchée par la requisi-
Mais en dépit des pertes militaires et civiles, la
population de ces regions n'a cessé de croitre
pendant la guerre, en sorte que la production agri-
eole et alimentaire par habitant a baissé de pres
de 10 pour cent. Les esthnations pour l'ensemble
du monde, y compris l'U.R.S.S., l'Europe orientale
et la Chine pour lesquelles les renseignements
sont très incomplets, sont encore plus pessimistes.
Immédiatement après la guerre, la production agri-
eole mondiale était inférieure de 5 pour cent environ (et la production par habitant de 15 pour
cent environ) à eelle d'avant-guerre. Ces chiffres
tion massive des travailleurs agricoles. L'agriculture intensive des Pays-Bas et de la Belgique a
principalement souffert de la pénurie d'engrais ainsi
que d'aliments du bétail et par consequent de
bétail lui-meme. Les dommages materiels les plus
importants ont été enregistrés dans les pays d'Europe orientale, et les déplacements massifs et
forces de population ainsi que les transferts de
territoire.s ont encore aggravé la situation agricole de ces regions. En Europe méridionale, les
destructions les plus graves ont eu lieu en Yougoslavie, puis en Grèce où la guerre civile a exercé
ses ravages. D'autre part, quelques pays : Suede,
Suisse et Royaume-Uni, dont Faeces aux moyens
de production était plus facile, ont été en mesure
d'augmenter sensiblement leur production totale.
indiquent la base générale qui a servi de point
de depart aux efforts entrepris en vue du rele-
Changements dans la structure de la production agricole
vement. Pour l'ensemble du monde, les pénuries,
après la guerre, resultaient tout autant de Fangmentation des besoins d'une population accrue
que de la diminution de la production dans les
regions ofi s'étaient déroulés les combats.
mais également la structure de la production agricole (tableau II-2). Par suite de l'arret d'un grand
nombre de courants d'échanges mondiaux, la plu-
Cet exposé d'ensemble ne fait naturellement pas
ressortir les distinctions qu'il y await lieu de faire
h l'intérieur d'une Mérlle region de grande étendue.
C'est ainsi qu'en Europe, l'Allemagne a maintenu son niveau de production jusqu'h la période
11-1. PR 0 DI reTION AÜtiICOt.E TOTALE
ET PAR HABITANT ET PRODUCTION ALIM ENTAI RE
PAR HABITAN']' AU COITHS DES PREMIERES ANNEES
D'APRÈS-GUERRE. MOYENNE DE 1946/47 ET 1947/48
TABLEAU
produe. Produe- Production
tion
tioa
agritaire
cole
(-tole
totale par ha- par ha-
hitaat
bitant
1hp/eft} e 19J4-.I'
Amérique du Nord .
Amérique latine
.
.
.
Afri que
Océanie
132
112
110
I
Extr6me-Orient (non eompris la Chine
'Europe oceidentale
.
TOT A L
101
90
103
199
91
95
94
78
76
81
i
100
118
95
99
89
101.
Proehe-Orient
-
91
91
90
81
1
i
76
92
TOTAL MONDIAL, en corn-
prenant les estimations
relatives h l'URSS,
l'Europe orientale et
la Chine
94
86
87
La guerre a modifié non seulement le niveau
part des regions et des pays ont été conduits A.
l'autarcie. En Europe, la baisse considerable de
la production animale avait été compensée
partie par un déplacement de la consommation humaine veis les produits végétaux, notamment céréales et pommes de terre. En Europe oecidentale,
la production animale était en 1946/47 - 1947/48
inférieure de 30 pour cent 6, son niveau d'avantguerre, tandis que (elle des cultures n'ayait baissé
que de 10 h 15 pour cent. Ce sont les pores et la
'volaille
qui ont subi les plus fortes reductions
d'effectifs car les céréales et les plantes-racines
qui servent h leur alimentation étaient requises
pour la population ; en outre, auparavant, dans
certains pays, ces animaux étaient alimentés en
grande partie à l'aide d'aliments importés. Quant
aux bovins et aux ovins, qui tirent la plus grande
partie de leur nom:riture des phturages et des deehets dont Patilisation a éte développée rationnellement, la reduction d'effectifs a été Moins
marquee. La baisse des produits de l'élevage a été
encore plus importante que celle des effeetifs par
suite de la diminution de rendement par téle,
imputable aux conditions défectueuses de l'alimentation du beta. Cependant, on s'est efforce,
clans un granel nombre de pays européens, pour
des raisons de nutrition, de maintenir la production de lait. Les operations militaires, en inter-
La conversion des ten-es à la eulture de pro
disant aux pêclleurs la plupart de leurs lieux de
peche, ont limité celle-ci aux zones littorales.
En Extreme-Orient, l'elevage, beaucoup moins
développe qu'en Europe, a été également très
importante en Birmanie et aux Philippines, a
duits destines h l'alimentation humaine s'est également produite en dehors des principaux théhtres d'operations militaires. Au Proche-Orient, les
superficies cultivées out augmenté de près d'un
million d'hectares, mais la superficie des teffes
coton a diminué de plus de moitie pour l'aire place
fortement retardé la reprisc d'après-guerre. Il s'est
produit un changement general dans la répartition
des cultures : des terres consacrées aux cultures
h la culture des cereales. En dépit de l'accroissenlent de la demande internationale en graines
oléagineuses, h la suite de l'occupation par les
industrielles et d'exportatinn (notamment le su(-re) ont été affectées à la production d'aliments
de base. C'est ainsi qu'e,n Inde la superficie des
terres h jute etait tombée h la fin de la guerre
68 pour cent de son niveau d'avant-guerre ; en
Birmanie, h. Java et dans les pays d'Indochine,
superficie totale des terres h cereales avait 160rement augmenté en dépit des ravages importants
s ibis par les terres h paddy, du fait de la guerre.
.La culture des plantes-racines destinées h
mentation Ilumine, et notamment du manioc,
Japonais cles pays exportateurs d'Extréme-Orient
la production de l'Afrique occidentale a baisse,
surtout en raison de la pénurie de biens propres
h stimuler les agriculteurs et de la conversion des
terres h la culture de produitsalimentaires. La production d'aliments de base a augmenté substantiellement en Afrique pour répondre h l'accrois-
des pommes de teme et des patates douces, a
ment que les récoltes alimentaires.
En Amérique latine, la procluction de
diminué La réduction de l'effectif du beta, y
compris celui des betes de trait, particulièrement
ment de la demande mais, contrairement h ce
qui s'est produit dans d'autres régions, les cidtures industrielles et notamment le coton, le sisal et le tabac, se sont développées plus rapicle-
egalement marque un progrès sensible. Les grandes industries de peche du sud-est asiatique ont
cravement souffert de la destruction massive des
bateaux de peche et de la perte d'une partie importante de leur main-d'eeuvre.
de blé et de graines de lin de l'Argentine, qui etait destinée principalement à l'exportation, a
diminué pm- contre, elle a continué h se dévelop-
per (fans la plupart des mitres pays. La production
CHANGEMENTS INTI-MV14.:NUS PENDA.NT LA CI.TER RE DA NS LA COMPOSITON DE LA PROD ITCTION
AORTCOLE TOTALE ET DE LA PRO DUCTIO N TOTALE DE POISSON. PAR R.E0IONS (MOYE NNES DE 1946-47 n'e I 047 48 017 DES AN N EES LES PLUS VOISINES, PAR RAPPORT Al7N NIVEAUX D'AVANT OTTEER
TA HL VIA U
Pro,]uction r(b4étate
brute
Prodije-
Production
PolmioNs
ag,ri-
Cult
eole
nette'
VOS
-
Cultares
res
Super- Pro- Rendeficie
ducment
tion eéréa- tico moyen
-intres anilière eéréa- en eé1:ere
cul tu- mal°
rel
brute=
brute réales
Superficie
affee-
duction
totale
Prode
tée aux
pom- Effee- Effee- d ucti o poisson (I
mes de tifs bo- tifs t otale destin6 tatde
terre et vins" poreins de
poison ni en'
en- poisshn
autres
plantation atare
hiinaites-rocines
ro 111- merr. 1934-3S
A111.61. ig. du No rd
132
AnWrique latine.
Afrique .
112
Ocr>anie
.
.
Pioche-Orient .
Extr(sme-Orien t
Europe oecid .
.
96
107
141
132
74
117
100
89
115
97
103
106
145
116
109
914
148
107
91.
92
102
112
97
101
07
115
107
111
104
03
106
108
91:
84
121
106
100
82
101
90
90
106
96
66
72
89
71-
81
95
93
58
71
92
93
77
40
98
10
119
110
111
108
101
102
ioif
101
100
102f
90
92
94
81
87
87f
.
190
133
131
1
87E
80
1
f
f
115
103
193
156
506
16
126
61
66
114
109
99
i
99
Europe oriental('
et U.R.S.S..
.
64
'64
'90
'50
!-_"auf pour l'Afrique, pour laquelle les chiffres manquent, les Cvaluations ti< production nette indiquees dam la promiere
eolonne ne tiennent pas comide des quantites reemploy6es pour une nutre production agricole. par exemple pour l'alimenta t ion
du b6tail : ils ne sont done pas comparables anx chiffres (le production brute des q oatre eol onn es sui va nt es.
Y compris les Munes.
Europe orientale seulenient.
... Non disponible.
Nehint 011 nég,ligeable.
1_8
GRAPHIQUE 11-4 - Niveau de la production mondiaie de certains produits
100)
1946/47 à 1954/55 (moyenne d'avant-guerre
Population d'avant-guerre
Population 1954
DENREES ALIMENTAIRES
..0,- NN:v A
Agrumes
XV'
Sucre
Blé
Céréales secondaires
Viande
Poisson
Légumineuses
Riz
Pommes de terre
NN
Lait
BOISSONS ET TABAC
Tabac
NI\XW%.%.
".%
Thé
Cacao
Café
MATIÈRES PREMIÈRES
Caoutchouc
Coton
Laine
NW.
Jute
PRODUITS FOREST1ERS
WAV
Pite de bois
Papier (y compris le carton)
IMMIEMINNEM1
11111111111111111111111111111111111111
Sciages
'W
Production 1946/47
./
Accroissement de la produccion 1946/47 à 1954/S5
20
40
Non compris
19
60
80
100
120
140
160
la Chine, et l'Europe oriental°.
180
&aliments tels que le riz, les bananes et le lait
destinés à la consommation intérieure, a également augmente de fawn sensible. La production
de poisson s'est fòrtement accrue au Chili et au
Pérou. La production de sucre dans les Antilles
Europe occidentale ; clans les deux cas, le relève-
ment en Europe orientale a été retardé par
les
bouleversements consécutifs aux réformes agraires
et aux importants changements politiques.
s'est cléveloppée considérablement afin de compen-
PRODUCTION
CEOEALIÈRE,
EF-
ser la diminution de production en Europe et en
TABLEAU-
Extrême-Orient.
En Amérique du Nord également, on s'est atta-
EUROPE CONTINENTALE APR DS LES DEUX CUERRES
MONDIALES, EN POURCENTAGE DES CHIEF:RES COR RESPONDANTS AVANT CHACUNE DE CES CRIER-RES
1.-3.
FECTIPS DU RETAIL EN AMER1QUE DU NORD, EN
ché énergiquement et avee sucCès, d'une part, h
pallier la pénurie de produits agricoles que l'on ne
pouvait plus importer, soit en développant la pro-
AmOrique
do Nord
111-1noo-PL,4
duction eomme dans le eas des oléagineux, soit en
Moyenne Moyenne
1920-21
mettant au point des produits synthétiques de
remplaeement (eaoutehoue synthétique, par exem-
1946-17
Europe continentole
o venne
19211-21
r I ill-fplerre
Po llr ., n ',we,: ,je,.,-/,
et, d'autre part, à augmenter fortement la
production totale de denrées alimentaires pour
ple)
HI in
Production céréalière
faire face aux besoins acerus de l'étranger. Cependant, dans l'ensemble, la structure de la, production de l'Amérique du Nord n'a pas subi de ehangements importants, et, les récoltes alimentaires
118
141
75
66
128
163
77
65
117
123
90
83
111
118
72
57
Product ion de eéréales pani fia-
bles .....
Effeetif des b.N-i no
ainsi que la production animale ont augmenté
Effecti f des por-
toutes deux d'un tiers. En Océanie la production
structotale a subi des fluctuations, encore que
ture de la production n'ait que peu varié. En Nou-
cillS
velle-Zélande,. on a noté une eertaine modification
la- production
végétale.
tendant h un accroissement de
Les peches après la seconde guerre mondiale
Les ehangements apportés pendant la guerre
la structure de l'agrieulture ont eu des effets dura-
Au cours des premieres années d'après-guerre,
l'industrie des péches, dans les pays ofi elle était
bles sur le développement agrieole d'aprèsguerre ainsi que sur la- composition des échanges
mondiaux. Le graphique II-4 montre leur influence sur la production mondiale de quelques denrées agricoles importantes en fonction de l'aceroissement démographique mondial.
organisée suivant les derniers progres de la techni-
que, s'est rapidement développée et a écoule la
plus grande partie de sa production accrue sur les
marehés d'Amérique du Nord et d'Europe ; par
contre, un grand nombre de régions tl'Extréme-
Orient, d'Afrique, du Proche-Orient et d'Arnérique latine, qui etaient moins bien équipées,
n'ont enregistré que des progrès limités.
Comparaison avec la situation et la fin de
la première guerre mondiale
.La situation h la fin de la seconde guerre mondiale présente des analogies frappantes avec eelle
de la fin de la- Grande Guerre (tableau 11-3). En
Amérique du Nord, les deux guerres ont stimulé la
production animale et eéréalière ; eependant,
l'accroissement de cette dernière a été sensiblement plus important au cows de la seconde guerre
La foresterie à la fin de la guerre
Lh aussi les effets de la guerre se sont fait
sentir d'une façon inégale. Mais bien que eertaines
régions aient été plus privilégiées que d'autres, la
situation après la guerre n'était nulle part pleine-
qu'au eours de la première. En Europe, la pro-
ment satisfaisante. C'est en Europe eentrale et
orientale, y eompris la partie occidentale de
duction anima-le et végétale a fortement baissé au
coin's des deux guerres ; mais eette baisse ainsi
ment par la gueffe aux industries forestières et
que les destructions de biens de capital out été
aux for6ts elles-mémes ont été les plus importants.
que les dommages provoqués direete-
Certains pays asiatiques, notamment les Philippines, ont subi des destructions analogues. Les
dommages indirects ont été beaucoup plus 0116.-
beaucoup plus importantes au eours de la seconde
guerre. En Europe orientale, les dommages eausés
par les deux guerres ont été plus étendus et la
reprise plus lente (sauf pour les eéréales) qu'en
ralisés. L'arrét des importations de eharbon a
20
tormage mondial de papier journal ; la nouvelle
entrainé un ahattage exeessif de bois de chauffage
clans le voisinage des centres urbains en Europe
septentrionale, un abattage excessif et une destruc-
industrie de phte au sulphite, dans le sud des
Etats-Unis, s'est développée rapidement.
Ailleurs, la demande eroissante de produits hirestiers et le manque de disponibilités sur les marches
tion des foréts dans certaines parties des EtatsUnis et, dans l'ensemble, un relhchement de la
gestion rationnelle des foréts. En Amérique du
Nord, la production de phte et de papier a fortement progressé. Dans d'autres regions, les forets
n'ont pas été
touchées,
mais
leur
traditionnels ont stimulé le développemc nt, des
ressources nationales, mais ,neanmoins toutes les
regions insuffisamment developpées, en dépit
l'immensité de leur potentiel, sont demeurees des
exploita-
importateurs nets de produits forestiers. Les expeditions de bois tropieaux veis l'Europe et l'Amerique clu Nord ont repris ; toutefois, elles ont été
tion s'est poursuivie scion des méthodes primitives.
C'est en Europe que la demande de produits
égalées en valeta et en volume par des envois
en setts contraire de phte et produits derives, et
forestiers a été la plus importante c-t que les movens de la satisfaire ont fait le plus défaut. L'abattage a done continué h une cadence moyenne de
quelque 30 millions de metres cubes par am Les
effroyables destructions subies par l'Europe orientale et PU.R.S.S. ont mis ces regions dans l'impos-
dans eertains eas de sciages.
NIVEAUX DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE AU COURS DES PREMIERES ANNÈES D'APRÈS-GUERRE
sibilite de reprendre leurs importantes exportations de bois yers l'Europe occidentale, qui s'élevaient avant la guerre h plus de 20 millions de
metres cubes par art Bien que les exportations
d'Europe septentrionale aient repris presque im-
Les deux années qui ont suivi la cessation des
hostilités ont eté, poni' l'ensemble du monde, une
période de grave pénurie alimentaire, de repartition inégale des denrées et de disette tres étendue.
Certains pa,ys, qui n'avaient pourtant pas Re le
médiatement en 1945/46, il a fallu quatre ans pour
que les expeditions de sciages de résineux atteignent
le tonnage de 1938. Poussee par les puissances Woecupation, l'Allemagne qui, avant la guerre, n'avait,
thatre de combats, ont presque autant souffert
jamais été un exportateur net, a contribué utilement, pendant les .premières années d'apresguerre, h la satisfaction des besoins du reste de
l'Europe, en procédant h des exportations nettes
des privations que eeux qui avaient etc' entrainés
dans la guerre totale (voir tableau annexe 1).
En Amérique du Nord et clans eertaines parties
de l'Amérique latine, les niveaux de consommation alimentaire se sont maintenus ou memo anteliores pendant la guerre. En Amérique du Nord,
en dépit d'un certain rationnement, la conseimmtion de produits de l'élevage, et principalement de
la viande, a augmenté de 15 pour cent environ, par
suite cle l'accroissement de la demande dft h l'élé-
equivalant h 7 millions environ cle metres cubes de
bois roads. En dépit de l'importance de ses propies besoins, l'Américlue du Nord a expedie, veis
l'Europe, pendant plusieurs années, l'équivalent
de 7 h 11 millions de metres cubes de bois ronds
par an.
S'il y a en pendant la gueTre des abattages
vation des revenus, et a continué
ii
progTesser
exeessifs dans certaines parties de l'Amérique clu
Nord, dans l'ensemble du pays l'exploitation est
après la guerre. Dans la plupart des pays de l'Amerique latine, malgré le rapide accroissement clémno
demeurée en dey.A., des possibilités. Après la guerre
ei'aphic1iic
la consommation par habitant de ceréales, de fficulents et de sucre a sensible ment
les industries forestières se sont développées pour
satisfaire la demande en bois de construction, et
dans eertaines regions de petites scieries ont été
installées dans des exploitations forestières. Mal(Iré l'auumentation continue de la consommation
de seiages, la hausse des prix a provoqué de phis
augmenté.
En Europe,
les
pertes importantes en
vies
humaines et la baisse clii taux de natalité ont main-
tenu pendant la guerre l'accroissement démographique A, un rythme assez lent. Mills la reprise
en plus le remplacement du bois par d'autres
partielle cle la production agricole au COM'S des pre-
matériaux. En Amérique chu Nord, l'expansion de
mières années d'après-guerre, ainsi que les importa-
l'industrie de la phte et du papier SUI7C1Ille pendant
la guerre s'est poursuivie au mettle rythme pendant
plusieurs années et, en 1950, la production de phte
tions massives de denrées alimentaires en prove-
nance de l'hémisphère occidental ont mis
la
disposition de la plupart des populations de l'Europe oceidentale une ration énergétique presquc
égale h celle d'avant-guerre, et le taux de natalité
est fortement remonté. La consommation
céréaA.
atteignait 21 millions de tonnes, soit deux fois le
ehiffre d'avant la. guetTe. Pendant toute cette
période, le Canada a produit plus de la moitié du
21
les s'est maintenue dans l'ensemble h un niveau
superieur h celui d'avant-gume, tandis que celle
des racines féculentes, qui avait été exceptionnellement importante pendant la guerre, a diminue. Cependant, les disponibilités de viande et de
graisses animales sont demeurees longtemps inferieures aux besoins. La consommation de lait et
blement d' un pays h l'autre. Certains, comme les
Pays-Bas. ont appliqué des systèmes de ration[lenient très étendus, assurant une part importante de la ration énergétique totale, alors que
d'autres n'ont contrôle qu'un très petit nombre de
denrées. En Birmanie, par exemple, seuls le sucre
et l'huile comestible ont été rationnés. Le rationnement des denrées alimentaires a empèché dans
nombre de pays une disette et une famine genevales. Dans quelques pays, le système de ration-
de fromage est demeurée supérieure à celle d'avantguerre, principalement en raison cl 'une forte reduc-
tion de la consommation de beurre. Pendant les
premières années d'après-guerre, les prix des produits de l'élevage (autres que le lait liquide) ont
nement a donne, la priorité h des groupes particuliers de population. C'est ainsi qu'au RoyaumeUni les aliments de prntection ont été .distribués
avant tout aux enfants et aux femmes enceintes.
:Dans d'autres pays, les travailleurs manuels out
bénéficié d'une attention spéciale, mais les groupes vulnérables n'ont pas toujours été aussi favorises et les systèmes de rationnement ont été
moins effieaces du point de vue d'une bonne nu-
ete nettelnent superieurs h ceux d'avant-gucire par
rapport aux mitres denrées alimentaires, sauf
lorsqu'ils ont ete contrôles. En Europe eentrale,
méridionale et orientale, l'amélioration de la situa-
tion alimentaire a été beaucoup plus lente.
consommation de céréales est demeurée inférieure
dans un certain nombre de ces pays, la pénurie
de produits animaux a persiste et dans certains
trition.
Le rationnement a. exigé non settlement le contrôle des prix et de la distribution, mais également
l'organisation efficace de ravitaillement, la distri-
pays, comme l'Allemagne, l'Autriche et la Grèce,
la consommation de pommes de terre est demeurée
longtemps tr'es élevée. La situation a été analogue
dans nombre de pays cl u Proche-Orient.
En Extreme-Orient, on l'accroissement démographique a été relativement rapide, l'amélioration
a été encore plus lente. Les disponibilités de riz,
qui constitue l'aliment de base, ont longtemps
insuffisantes. La consommation de lait, de viande
- bution des ressources disponibles par des voies
contrôlées, et parfois aussi l'établissement de S5temes complexes de contrôle h la production, de
stimulants des prix, ou de subventions A, la production ou h la consommation. Le contrôle était
relativement simple pour les produits importés
les denrées traitées dans un 'petit nombre d'usiRes, telles que la margarine ou le sucre. Mais
en ce qui concerne les produits connne la viande,
les "nut's ou le riz, qui peuvent etre consommés
sans traitement, et devaient etre collectés dans
des milliers d'exploitations en vue de leur distribution rationnée, le ravitaillement devint beau-
et d'ceufs, déjh très réduite avant la guerre, a
encore baisse. Dans certains pays, la pénurie de
certaines denrées a été compensée en partie par un
accroissement de la consommation de racines feet"-
lentes et de legumes, mais dans l'ensemble,
le
regime alimentaire a. été nettement inférieur,
quantité et en qualité, à celui d'avant-guerre.
L'écart entre les niveaux de consommation alimentaire des pays évolués et ceux des pays insuffisamment développés s'est done accentué pendant
les premières années d'après-guerre (voir tableau
coup plus difficile. En dépit de toutes les pénalités
imposées et de tons les encouragements donnés,
aucune méthode de ramassage n'a été h l'abri
des fuites en période de grave pénurie.
La désorganisation des services administratifs
et la repugnance des exploitants à ceder leurs pro-
annexe 2).
duits aux bas prix officiels ont aggravé les problèmes de distribution. Le marché noir h des prix
Rationnement et contrôle des prix des
exorbitants se généralisa en Europe, en Amérique latine et dans eertains pays d'Extréme
Orient. La distribution devint très inégale, non
seulement entre les populations des lilies et des
eampagnes, mais entre les différents groupes de
population urbaine. En Europe et en ExtremeOrient, la situation devint particulièrement sérieuse lorsque les disponibilités furent épuisées
avant la nouvelle récolte. L'alimentation de beau-
denrées alimentaires pendant et après la
guerre
Presque tous les pays dont les disponibilités
étaient insuffisantes ont conserve ou renforce les
systèmes de rationnement et de contrôle des prix
Mis en vigueur pendant la guerre afin d'assurer
une distribution plus equitable et de maintenir
les prix At la portée de la masse de la population.
La portée et l'efficacité des différents systèmes de
rationnement et de contrôle variaient considéra-
coup de gens tomba tenement au-dessous du
niveau moyen, déjà très bas, que l'on ne put
92
FACTEURS SOCIAUX ET ECONONIIQUES AFFECTANT L'EVOLUTION
I116111e pas assurer un niveau nutritionnel
mum. Cependant, surtout grhce aux quantités
mportantes de denrées alimentaires que l'Amérique du Nord a distribuées, par rintermécliaire
D'APRES-GUERRE
Contrairement h ce qui s'est passé après la. première guerre mondiale, le relèvement qui s'est
produit au cours de la période correspondante de
la seconde guerre a MC accéléré par l'adoption et
l'évolution constante de politiques nationales plus
efficaces de plein emploi, de soutien de la prospérité agricole, de bien-étre social ainsi que par le
développement économique des pays sous-développés. La création de nouveaux dispositifs
hilatéraux et internationaux pour résoudre ces
problèmes et bien d'autres tels que rassistance,
la reconstruction, la stabilité économique et financière, la réduction des entraves commerciales
et le financement international ont contribué également, pour une large part, h ce relèvement. Bien
que l'effet bienfaisant de ces mesures ait été partiellement contrarié par de nouvelles tensions internationales, par des troubles et des sonlèvements
locaux, par rénormité des dépenses de temps de
de l'UNRRA et d'autres organismes, pour soulager les misères, on n'a pas eu à déplorer, apres la.
deuxième guerre mondiale, de famine comparable
h celle qui sevit, après la guerre de 1914-18, en
lEurope centrale et en Russie.
Malgré l'aide substantielle reeue d'Amérique du
Nord, les pays dont les ressources alimentaires
étaient insuffisantes demeuraient très vulnérahies h la menace d'une mauvaise récolte ; c'est ce
qui est arrivé clans un grand nombre de pays d'Europe et du Proche-Orient en 1947 et en Tilde en
1950. La position difficile de la balance des paiements de nombre de pays et la pénurie de dollars
out rendu la situation encore plus précaire. Au
coin's des premieres années d'après-guerre, les
pays souffrant de pénuries alimentaires ont maintenu la politico° de temps de guerre consistant
développer la production de denrées ayant une
crande valeur énergetique, surtout des céreales, et
h veiller h ce qu'elles soient utilisées an maximum
h ralimentation humaine directe. L'emploi de
eéréales panitiables pour ralimentation du bétail
fut gCnéralement interdit, mais pas toujours avec
succès ; les taux de blutage furent augmentés, et
les céréales secondaires fluent largement utilisées
pour ralimentation 'minable. De grands efforts
furent entrepris pour augmenter la production des
péches, particulièrement en Europe, afin de pallier la péimrie de viande, et au Japon pour satisfaire aux besoins essentiels.
'Le système des subventions h la production ou
h la consommation a RC appliqué sur une grande
écltelle en Europe pendant la guerre et, h un degré
plus limité, en Extreme-Orient. Il a permis d'encouratcer l'accroissement de la production agricole
sans que les prix des denrées alimentaires dépassent les moyens de la. masse des consommateurs,
mais pour un grand nombre de pays il a constitué une lourde charge budgétaire (voir chapitre
paix affectées h la défense et par la tendance
croissante h diviser le monde en deux blocs politiques et économiques, les dix premières années
d'après-guerre ont (AC marquées par des progres
économiques et agricoles supérieurs à ceux de la
période correspondante ayant suivi la première
guerre mondiale, et il mi' a pas eu de wise mondiale comme celle de 1920-22 ou de chômage
chronique comparable h celui qui sévit par la suite
en Europe.
Dommages de guerre
On a souvent exagéré les effets des destructions
et de rincurie causées par la guerre sur lesressour-
ces mondiales de production. Dans rensemble.,
l'Europe occidentale est sortie de la guerre avec
une capacité industrielle accrue et le niveau de la
production d'avant-guerre a été dépassé en 1949.
En mitre, le rythme clu relèvement agricole de
l'Europe occidentale a RC h peine inférieur
celui du relèvement industriel (voir graphique
III). Au fur et h mesure des progrès du relèvemeat économique, le contrôle exercé sur la production et la collecte des produits alimentaires
II-4). En Europe orientale et en U.R.S.S., les ravages ont été plus importants et le relèvement beaucoup plus lent, mais lh aussi, la production inclustrielle a rejoint rapidement son niveau d'avant-
s'est relhché, le rationnement a RC limité ou supprimé et les subventions h la production ou h la
consommation ont été réduites. Mais ce n'est que
cependant, certains change-
guerre et, si le relèvement de ragriculture a RC
plus lent, cela tient h la priorité accordée h Findustrie lourde, h la place relativement r6cluite
accordée à ragriculture, et h la faiblesse des stimulants h. la production, ainsi qu'aux perturba-
ments apportés dans les habitudes des consommateurs subsistent encore.
tions inévitables provoquées par les changements
politiques et la réforme agraire. En Extreme-
tout recernment qu'un grand nombre de pays
serieusement touchés par la guerre ont atteint
un niveau de nutrition vraiment comparable h
eelui d'avant-guerre
23
Orient, les destructions causees par la guerre
l'équipement industrie] ont surtout affeeté le
Japon, seul pays forte,ment industrialise de cette
région, et ont done été relativement plus graves.
La persistance de l'état de guerre ou des désordres civils dans plusieurs pays de l'Asie du SudEst, ainsi que les ehangements importants inter-
de la vie ava t atteint de trois h cinq fois son
venus dans la géographie politique de cette région
ont également freiné la reconstruction. L'assis-
velle monnaie ou la réévaluation de Pancienne,
niveau d'avant-guerre. Cependant, en .Amérique
du Nord, en Océanie, au Royanme-Uni et dans un
grand nombre d'atares pays, l'inflation a été assez
bien maitrisée. Plusieurs pays ont pris des mesures
sévères pour enrayer Finfiation parmi ces dernières, il convient de caer l'introduction d'une noumesures qui ont eu des fortunes diverses.
Lorsque l'inflation n'était pas contrôlée, la
reconstruction a été retardee par l'affectation defectueuse des ressources economiques et le ralentissement de la création de capitaux. Si l'inflation
décimé les revenus fixes, abaissé le revenu reel (les
tance directe fournie par l'UNRRA h un grand
nombre de pays, jointe h une aide financière sans
précédent accordée par les puissances alliées pour
accélérer la reconstruction, ont permis de réparer
rapidement les dommages causés par la guerre
dans les secteurs non agrieoles de l'économie. La
réconstruction agricole (remise, en etat des torres
et reconstitution du capital agricole : betail,
salariés, encouragé la thésaurisation et reduit la
materiel, etc.) a été plus lente, sauf en
tre, dans l'ensemble du monde, elle a fait disparaitre une partie importante des dettes des exploitalas et renforce ainsi leur position économique.
consommation, elle a, en général, affeeté dans une
moindre mesure les producteurs agrieoles. En ou-
Europe oecidentale. Comme indiqué plus haut,
des conditions atmosphériques défavorables out
également contribué, dans certains cas, h retarder le relèvement de l'agriculture. D'atare part,
dans nombre de ré,gions, comme en Australie,
Amérique latine et en Afrique, des industries
secondaires se sont fortement développées pendant la guerre et ce mouvement s'est poursuivi
depuis, généralement dans le but de remplacer des
produits d'importation mais, dans certains ces
par exemple le traitement sur place des araehides en Afrique-Occidentale francaise
afin de
réduire le fret, maritime.
Accroissement démographique
Nous ne dirons iei que quelques mots du rythme
accéléré de l'accroissement démographique mondial et de ses incidences. Il a été provoque, d'un
cóté, par la forte augmentation du nombre des
naissances qui s'est produite al-u es la guerre dans
les pays développés
tendance qui persiste encore
sauf dans certains pays d'Europe occidentale
et, de l'atare, par la diminution constante du taux
de mortalité due au développement de la science
médicale et h l'amélioration des conditions sociales.
Ce dernier facteur semble devoir persister et exige]'
une expansion continue de l'agriculture mondiale
Pressions inflationnistes
Presque tous les pays ont eté allX prises avec les
diffieultés suscites par l'inflation qui semble accompagner toutes les guerres h cause, d'une part,
de la forte demande qu'entrainent des revenus
élevés, et, d'atare part, de la pétrurie de biens de
consommation. Pendant la guerre, le contrôle,
des prix, le rationnement et l'acceptation par
tous de sacrifices communs ont permis de laniter
Mais, après la guerre, tout Parriéré
la demande, ainsi que la cessation de l'état d'urgence menacèrent de déchainer
C'est
pourquoi la plupart des pays, et particulièrement
ceux qui avaient souffert directement des destructions, maintinrent quelques années après la fin
des hostilités les contrôles du temps de gue,rre.
ii
)résente une importance particulière dans les
régions sous-developpées oft k ta,ux de mortalité est
encore beaucoup plus élevé que dans les pays
dév eloppés.
En dé,pit des pertcs humaines eausées par la
guerre, le nombre de boliches à nourrir était, en
1940, superieur de plus de 10 poni' cent a, ce qu'il
était avant la guerre. En 1954, l'aceroissement
poni' l'ensemble du monde atteignait près de 25
pour cent ; en Amérique latine, où il a été le
plus rapide, il était de près de 50 pour cent (tableau II-4).
Politiques de plein emploi et d'assistance
Neanmoins, l'infiation fut totale en Grèce, en
Hongrie et dans certains pays d'Asie, et très
sociale
sérieuse dans d'atares comme la France et l'Italie.
Des tendance inflationnistes moins marquées ont,
'Une conception nouvelle des responsabilites économiques et sociales des gouvernernents a exercé
été enregistrées dans certains pays d'Europe,
une très grande influence sur le relèvement de
l'agriculture depuis la guerre. Le maintien de la
d'Alnérique latine et d'Asie, oil_ en 1948 le prix
24
stabilité économique est devenu un des objectifs
principaux de la politique gouvernementale. Les
efforts entrepris en yue de sauvegarder les intéréts
des couches les plus pauvres de la communauté par
la fixation de niveaux de salaire minimum ou la
mise en ceuvre de programmes d'assurances sociales se sont generalises, et l'écart entre les reve,-
nus a encore été réduit par l'emploi accru de
barèmes multiples d'imposition. Etant donne que
les families h faible reyenu consacrent la majeure
partie de leurs ressources supplémentaires h leur
alimentation, h leurs vétements et h., leur logement,
la nouvelle orientation de la politique gouverne-
mentale a contribue, clans une large mesure, h
maintenir h un nivea,u éleve la demande de la
plupart des produits a,gricoles au cours de la periode d'après-guerre. L'évolution parallèle de la
politique économique a également exercé une
influence directe sur l'agriculture grhce à l'adop-
tion, par la plupart des pays, de programmes
nationaux destines h stabiliser les revenus des
exploitants ou h soutenir les prix des produits
agricoles, à favoriser le progrès économique des
pays sous-développés et h contribuer au developpement d'autres pays.
TA !ILEA I:
Il i-4-
ACCROISSEMENI
DÉMoct)APFIIOTE
PAR REGIONS Er POUR L'ENSEMBLE DU MONDE
1M 10N)
1916
1954
3boye lute
Arnérique latine
.
Proche-Orient
129
109
115
114
Extrhne-Orient (non coinpris la ('bine continenta10
147
133
131
130
128
114
Océanie
fr clue
An-u1;rique du Nord
Europe occidentale
Europe orientate .
TOTAL MONDIAL
.
.
.
.
105
106
.
.
94
127
118
114
98
ill
124
(D) /1
compris la Chine continentale)
l'Italie. Apres la première période de reconstruction, la demande accrue en biens de consommation, la modernisation et le renouvellement de
l'équipement, et les gains accumulés pendant la
guerre par les pays sous-développés, ont concouru
h maintenir l'activité économique h un nivea,u
éleve. Ce mouvement s'est ralenti vers la fin de
194S lorsque l'expansion de la production a Me
arrètée et que le ch6mage s'est quelque peu a,ccru
dans un grand nombre de pays. En Amérique du
Nord. Faction gouvernementale et les mesures de
stabilisation qui fluent plises ont rapidement
enrayé la tendance h la baisse, mais en dépit de
sa fail& durée, la crise a eu des repercussions
mondiales. Les pays exportatcurs de matiercs
premières et particulièrement ceux qui sont situés
dans la zone sterling, out été affectés par l'effondrement de leurs revenus en dollars. Cette situation, aggravée par une speculation générale contre la livre sterling a contribue h la devaluation
de eette monnaie en septembre 1049, iminédiatement suivie de celle de la plupart des autres monnaies non ratta,chées an dolla,r.
La reprise de l'activité économique mondiale
qui a suivi cette crise a été stimulée par le (Wienchement de la guerre de Corée au milieu de 1050.
La constitution de stocks et les achats spéculatifs
ont entrainé une forte hausse des prix des produits agricoles et autres matières premières, y
compris les produits forestiers. Les prix des denrées alimentaires ont subi des hausses beaucoup
moins sensibles. La période de réarmement qui a
suivi a maintenu l'activité économique des pays
industriels hi un niveau élevé, et fait, monter progres-
sivement les prix des biens manufactures. Mais
a,pres avoir atteint des niveaux exceptionnels,
les prix des matieres premieres commencerent h
haisser rapidement hi la fin de 1951, ce qui affecta
sérieusement l'économie des rays insuffisamment
déyeloppes et autres exportateurs de produits
primaires. All cours de la période de boom, la
demande en Neils d'équipement dépa,ssa l'offre et
une partie importante des gains élevés de l'expor-
tation fut dépensée en produits de luxe ou éparAu moment ofi les produits industriels
furent h nouveau offerts en abondanee, les temes
gnée.
Les efforts entrepris après la guerre pour maintenir la stabilité éconoinique et favoriser le develop-
pement ont été, dans l'ensemble, couronnes de
succes. A l'exception des deux crises relativement
breves et peu importantes de 1043/40 et 1053/54,
on a assisté h une expansion continue de la production mondiale, et le chómage massif qui avail
suiyi la demobilisation apres la premiere guerre
mondiale ne s'est pas reproduit, sauf dans un très
petit nombre de pays, comme l'Allemagne et
de l'échange étaient deyenus très défavorables aux
e,xportateurs de produits primaires.
Par la suite, les conditions économiques ont été
relatiyement stables. En Europe, certaines indus-
tries, comme les textiles, ont subi en 1052 une
crise passagere. En Amerique du Nord, la reduction des dépenses gouyernementales et la liquidation des stocks ont provoqué une breve recession
en 1954. Mais cette fois, la crise américaine n'a
pas affeeté d'atares régions ni le volume du co merce mondial et, au printemps de 1955, le ni-
une certaine analogie avec l'assurance-chennage des
ouvriers de l'industrie.
Le fonctionnement et l'efficacité de plusieurs
méthodes de soutien des prix sont examines plus
loin. Alors que la nécessité d'une certaine influence
stabilisatriee sur les revenus agrieoles est aujourd'hui généralement acceptée, il convient de faire
veau de l'activite economique de 1953 avait éte
rejoint ou meme dépassé.
Att cours de ces dernieres années, le revenu
agricole net a eté afecté, d'un côté, par l'évolution défavorable du rapport prix h la production/
prix des bielas nécessaires à l'agriculture et, de
observer que ces methodes ont donné une certaine righlité à l'agriculture d'apres-guerre. En
l'autre, par le ralentissement du rytlime d'accroissement de la production dans certains pays. C'est,
Amérique du Nord que ces deux facteurs ont eu
l'action la plus prolongée et la plus étendue, ee qui
h la difference des autres mesures d'assistance soeiale, elles ont parfois tendu h limiter,
plutót qu'A, augmenter, la eonsommation des pro-
a entra:Me une diminution de la production en
surte que le revenu monétaire et encore plus le
revenu réel, ont diminue "baque année depuis 1951.
duits agricoles. _Dans les conditions du marche
I ibre, une abondante récolte entraine une baisse
des prix et un accroissement passager de la con-
semble que dans presque toutes les atares par-
sommation, variable selon l'élasticité de la demande
tics du monde, le rapport défavorable des prix
n'a pas été suffisant, tout au moins jusqu'A, une
le revenu monétaire net des exploitants n'a pas
pour le produit en question. Certaines formes de
soutien des prix suppriment eette possibilite et
réduisent les facteurs qui ineitent l'exploitant
ajuster sa production h la demande, ce qui accroit
les risques d'aecumulation des stocks excédentai-
eu tendance genérale h baisser, bien que le revenu
iTs de produits agrieoles.
époque assez récente, pour freiner l'aecroissement
continu de la production, et, que par consequent
réel ait pu subir une certaine diminution. C'est
seulement dans quelques pays que les revenus
agricoles ont suivi Paugmentation genérale du
revenu flational. A en juger d'apres les pays sur
Au début de la période de dix alinees qui a
suivi la guerre, la faiblesse de la produetion alimentaire et l'importance des demandes des pays
ravages par la guerre ont stimule l'accroissement
contimi de la production dans les pays exporta-
lesquels on dispose de renseignements, la part du
revenu agricole qui sert h paye' la main-d'amyre
a Cte à peu près constante ; encore tout récemment,
l'amélioration enregistrée dans la situation individuelle des ouvriers agricoles se maintenait.
La récession aurait éte plus importante si ron
n'avait pas pris differentes mesures de soutien des
teurs, tout eomme cela s'était produit après la
première guerre mondiale, et ees demandes ont
efe satisfaites en grande partie grhee h l'expansion continue de l'agriculture en Amérique clu
Nord. Par la suite, la production des pays importateurs s'est mise à reprendre et les importations
diminuer, exactement cumule au cours de la
période eorrespondante de l'autre apres-guerre.
Mais alors que eette situation avait provoqué
prix et des revenus agrieoles. Appliquees tout
d'abur( en Amérique du Nord et au Royaume-
(JIU apres la erise des alinees frente, ces politiques
se sont genéralisées depuis et peuvent etre consiclérées eomme la forme caractéristique sous la(pelle les concepts de stabilité economique et
d'assistanee soeiale d'après-guerre out été appliqués à l'agrieulture. Leur emploi géneralisé a Me
lihte par la nécessite d'eneourager pendant la
guerre les exploitants h développer leur production en mente temps elles permettaient de contrôler les prix et d'empecher
Dans les
vingt-cinq ans auparavant un gonflement des
stocks et une baisse mondiale et prolongée des
prix agricoles, ce qui avait contribué en fin de
eompte au déclenehement de la grande crise de
1929, les résultats ont éte eette fois beaueoup
moins désastreux pour l'ensemble de l'économie
mondiale. Les politiques gouvernementales de soutien des prix et de stockage ont, permis de pallier
la baisse de la demande des pays importateurs par
un aecroissement des stocks évitant ainsi l'effondrement des revenus agricoles. Lorsque les excedents continuèrent de s'accumuler, les EtatsUnis prirent "les mesures p. our favoriser l'accroissement de la eonsommation ; des restrictions sont
imposées aux productions pour lesquelles l'écart
est le plus grand entre la production et la demande
du marché ; de plus, des mesures sont appliquées
industries manufacturieres, on fait face à une
forte baisse de la demande par une diminution de
la production et, par des lieenciements. Dans
Pagriculture, qui est encore fondee en grande partic sur la main-d'wuvre familiale et où les possi-
bilités d'un ajustement rapide des Mveaux de
production sont trés restreintes, la baisse de la
demande se traduit (en l'absence de mesures gouvernementales de soutien) par un effondrement des
Le soutien des prix agricoles presente done
pour écouler les e.xcédents de la façon la plus
utile tout en génant le moins possible l'économie
26
mondiale. Les stocks se gonflent toujours, bien que
plus lentement, et jusqu'h, présent leur ecoulement
n'a pas eu d'effets désastreux ni pour [agriculture,
ni pour l'industrie ;
loin d'être résolu.
le
probleme est cependant
L'agriculture dans les pays sous-développés
Un autre facteur qui a exercé une influence
considérable et continue sur [agriculture mondiale
au cours des di x dernières années a éte [attitude
des investissements non productins de recettes ont
bientôt montré qu'il serait impossibl ed'accomplir
des progres rapides dans ces secteurs si [agri-
culture était laissée en debors du mouvement.
Cette derniere occupe maintenant une place importante dans la plupart des programmes de developpement. Nous examinerons dans les chapitres
suivants les méthodes suivies et les résultats
obtenus.
Du fait que [expansion d'après-guerre a surtout
été provoquée par les besoins des pays sous-déve-
[introduction progressive de l'industrie ont coinmeneé, h faire sentir leurs effects conjugués. Ce
loppés, elle a été dirigée davantage vers la production alimentaire en Igie de la consommation
intérieure, alors qu'avant la guerre le développecette production (gait surtout destiné
ment
[exportation. Cependant [exportation des produits agricoles n'a pas été négligée, et maintenant
que l'on a réussi à remédier aux pénuries alimentaires les plus importantes, on s'en occupe
411i est encore plus important, c'est que les popula-
nouveau sérieusement.
tions des pays sous-développés ont commencé h
réaliser qu'il était possible d'atteindre un niveau
Les pays développés ont apporté leur contribution dans le secteur agricole, d'une part, sous forme
cl 'aide technique, par l'intermédiaire du PEAT des
nouvelle des gouvernements vis-a-vis des pro-
blemes qui se posent dans les pays insuffisamment
développés et [attention beaucoup plus grande
accordée h la mise en ceuvre de leurs ressources
économiques. Le développement des villes et
de vie plus élevé et que cet objectif ne pouvait
etre réalisé que grhce A, une économie en expan-
sion. Les pays qui avaient conquis récemment
leur indépendance éprouvaient un penchant naturel à accélérer leur développement économique
et social. Les gouvernements des pays insuffisalmi-lent développés, tout comme ceux des pays
riches, se rendirent de plus en plus cornpte des
conséquences sociales et politiques qui pourraient
résulter de lem7 incapacite à Meyer le niveau économique et culturel de la population. Le fait que
les pays industriels ont saisi l'intérét croissant des
échanges commerciaux avec les pays sous-déve-
loppes a également joue un rôle. Bien que ce
mouvement ait eu son origine dans les aspirations
des populations des pays sons-développés VerS une
amélioration du niveau de -vie, l'effort dans ce
sens intéresse maintenant la presque tot:ante du
monde, et les pays riches y contribuent clans une
mesure de plus en plus grande en fournissant des
fonds pour les investissements et en apportant
leurs eonnaissances techniques, soit directement,
soit par l'intermédiaire d'organismes internationaux tels clue la Banque internationale et les
Nations Unies (Programme élargi
technique).
Nations Unies, du Plan de Colombo et des différents programmes bilatéraux, dont le programme
du Point IV des Etats-Unis est de beaucoup le
plus important ; et, d'autre part, sous forme de
capitaux, directement et par Fintermédiaire de
la Banque internationale. Cependant [utilisation
des capitaux (grangers pour le développement
auTicole a eté relativement limitée, surtout clans
le secteur privé oil elle a été pratiquement
geable, bien que [agriculture ait bénéficié indirectement des investissements étrangers beaucoup
plus importants effectués dans les transports.
l'énergie et les seeteurs eonnexes. Néanmoins des
sommes relativement élevées ont.été allouées pour
le développement agricole, à certains territoires
non autonomes, mais dans un grand nombre de
cas il s'agissait surtout d'encourager la production
agrieole d'exportation. Cependant, daps [ensemble, la plus grande partie des sérieux progrés réalisés en agriculture par les pays sous-développés
a été due aux capitaux et à la main-d'couvre de
ces pays eux-mémes.
d'assistance
Da,ns la plupart des pays insuffisamment developpés, les efforts se sont tout d'abord concentrés
sur l'énergie, l'industrie et les communications
ainsi que sur les services sociaux, et il est pro-
bable qu'ils se poursuivront, mais la pénurie de
denrées alimentaires, la hausse des prix et la
nécessité de nitre face aux échéances periodiques
Repercussions des groupements politiques
et économiques sur l'agriculture
La constitution de groupements de pays sur une
base politique, monétaire ou régionale après
guerre, a modifié la structure du commerce international des produits agricoles, et par contre-coup
la production agricole elle-méme. Cette influence
est difficile h évoluer, car les activités de certains
groupements empiètent sur celles de certains autres, et l'onne possède que tres peu de renseignements sur les échanges entre les pays du bloc communiste, qui sont peut-etre le plus complètement
l'extension du développement agrieole et l'aceroissement cl u volume des échanges intra-régionaux
de produits agricoles sans modifier notablement
la structure prinaitive de ces échanges.
Il convient de citer certains autres groupements
d'Europe occidentale, comme le Bénélux et le Comité économique du Conseil nordique. En dehors
ntégrés.
Ces pays out consacré une partie importante de
leur activité à développer les échanges entre eux,
mais les données dont on dispose rendent l'évalua-
de l'Europe, l'Organisation des Etats americains
et la Ligue arabe, bien qu'ayant été eréées surtout
dans un but politique, accordent une attention de
plus en plus grande h la cooperation économique
et financiere, qui intéresse également un certain
nombre de groupements moins importants.
tion des résultats très difficile.I1 est possible que cette
expansion ait été h l'origine de la diminution de
leurs expeditions de °Creoles et autres produits
agricoles
vers l'Europe centrale et occidentale.
Cepenclant, les pénuries récentes de céréales et
les efforts energiques entrepris actuellement par
l'U.R.S.S. poni' augmenter la production eéréaliere
semblent indiquer que le manque de produits exportables constituait un Clement encore plus important de mac diminution. En °titre, les exporta-
Les Nations Unies et leurs organismes specialises
ont encourage les consultations sur les problèmes
mondiale par le
economiques généraux,
Conseil économique et social et h l'échelle regionale,
par les Commissions économiques pour l'Europe,
pour l'Amerique latine et poni- l'Extreme-Orient.
La FAO joue le meme rôle pour l'alimentation et
l'agriculture sur une base mondiale et, sur une base
regionale, par sa collaboration en matière agricole
avec les commissions Cconomiques regionales des
Nations Unies et par ses reunions régionales périocliques sur les réajustements agricoles, ainsi que par
l'inte,rmediaire d'organismes tels que les commissions régionales des forets pour l'Asie, l'Europe,
l'Amérique latine et le Proche-Orient, les eonseils
regionaux indo-pacifique et méditerranéen des pcches et les Comités mixtes FAO/OMS de la nutri-
tions de céréales et de bois par l'U.R.S.S; et de bacon
pour la Pologne, l'important accroissement des im-
portations de produits animaux et de sucre par
l'U.R.S.S.en 1953-54, ainsi que les achats de produits
animaux et de céréales par d'autres pays d'Europe
orientale, montrent qu'il est parfaitenant possible
dc réaliser des échanges importants entre l'Est et
l'Ouest si les deux elates y trouvent profit.
Ailleurs, l'exemple le plus important d'intégration économique régionale est représenté par le
groupe des pays de l'OECE qui ont consacré de gros
efforts h la realisation d'échanges «intra-régionaux»
tion.
Parallèlement
par la suppression des contingents d'importation
libéralisation») et l'Union européenne de paiements qui rend virtuellement convertibles pour
les transa,ctions courantes les monnaies des pays
membres et des zones monétaires affiliées ou dépendantes de ceux-ci. La liberalisation a été plus
difficile pour les produits agricoles, mais h la fin
de 1954, elle couvrait quelque 79 pour cent de la
totalité des echanges agricoles privés, bien que des
à. l'expansion de ces influences
nouvelles s'exerçant sur le plan international et,
regional, les groupements politiques et monétaires
de creation ancienne, tels que le Commonwealth,
la region encore plus étendue dite zone sterling, et
l'Union française, qui avaient joué un rôle de premier plan dans le développement agricole mondial
au cours du siècle dernier, ont continué h exercer
une profonde influence, genéralement sous forme
de développements complémentaires comme les
contrats à long terme du Royaume-Uni, et (Foecords ultérieurs plus souples, comme celui qui a
eté conch' pour la viande d'Australie ; il importe
de mentionner également les efforts entrepris par
les metropoles pour développer les ressources agricoles et forestières de leans territoires d'outre-mer.
Dans l'ensemble, l'influence exercée par les groatpements récents de pays sur la situation mondiale
de Falimentation et de Pagriculture a été, jusqu'a
present, moins grande que celle des anciens groupements cites plus haut, et peut-etre moins marquee
qu'on aurait pu le prévoir. Il est fort possible que
son plein effet ne se fosse sentir que plus tard.
mesures tarifaires et quelques autres obstacles
subsistent encore. En outre, les pays membres
de l'OECE se consultent régulièrement sur la politique économique, y compris la politique agricole,
et collaborent à l'amélioration des méthodes techniques par l'intermédiaire de l'Agence européenne
pour la productivité. Des propositions de grande
portée tendant h la creation d'un « Pool Vert »,
sur le modèle de la Communaute Charbon-Acier,
n'ont pas été acceptées, mais les pays met-nbres
de l'OECE ont institue un Comité ministériel de
l'alimentation et de l'agriculture chargé de Fetal&
en eommun de tons les aspects du développement
agricole en Europe. Ces activités ont favorisé
28
Difficultés auxquelles s'est heurté aprèsguerre le système des paiements inter-
que les Etats-Unis et le Canada, soit au titre de
l'UNRRA et du prét très important consenti
après la guerre au Royaume-Uni, soit (laos le
nationaux
cadre de différents programmes, ont avancé depuis la guerre quelque 50 milliards de dollars aux
pays situés en dehors de la zone dollar ; de leur
côté, le Fonds monétaire international et la
Banque internationale pour la reconstruction et.
le développement avaient fourni, h la fin de 1954,
deux milliards et demi de dollars. Les dépenses
effectuées à l'étranger par le personnel militaire
des Etats-Unis ainsi que les achats fshore sont
ajouter h ces chiffres. En raison de l'importance
du déficit en chollars, de l'amenuisement des ré-
Avant la guerre les dollars fournis par l'exportation de biens et de services vers la zone dollar et
par les capitaux en provenance de cette zone,
étaient insuffisants pour financer les achats en dollars du reste du monde, mais l'écart était convert
par la production croissante d'or (dont la valen]
unitaire s'est accrue après la dévaluation du (101lar E.-U. en 1934) de certains pays non rattachés
dollar et par les envois d'or en Amérique du Nord.
Apès la guerre, l'incapacité des pays européens
et du Japon à reprendre leurs exportations, notamment de biens d'équipement, jusqu'au moment oil
la reconstruction a été suffisamment avancée (periode mise h. profit par les exportateurs de la zone
dollar pour s'implanter solidement dans les anciens
marchés de ces pays), et Faccroissement sensible
des besoins des pays situés hors de la zone dollar
en produits importés, ont provoque une aggravation importante du déficit en dollars. Entre-temps,
le développement économique des pays de la zone
dollar pendant la guerre a permis h ces derniers de
produire eux-mémes certaines matières premières
ainsi qu'un grand nombre de produits manufactures en sorte que leurs importations n'ont pas suiyi
le rythme d'accroissement de leurs exportations.
En outre, les pertes subies par la marine de commerce et le déplacement des banques et des compagnies d'assurances vers la zone dollar ont encore
serves-or des pays situés en dehors de la zone dol-
lar et des dettes qu'ils avaient contractées pendant et après la guerre, il était impossible d'envisager le retour au fonctionnement automatique
de l'étalon-or tel qu'il avait été tenté après la
première guerre. Méme ressai de retour h la convertibilité de la livre sterling, entrepris en 1947,
s'est révélé prémattue. L'accord a été presque
unanime sur la nécessité d'une certaine liberte
des taux de change pour la defense des economies
nationales, et le Fonds monétaire international
fut conèu pour faciliter les transactions moil&
taires internationales dans un monde dépourvu
d'étalon-or, et aider les pays éprouvant des diffi-
prix, celui de l'or n'a pas changé depuis 1934. Enfin,
l'instabilité de la situation politique et économique
cultés passagères dans leur balance des paiements
afin d'éviter des fluctuations excessives des
changes. La restriction des importations, le contrôle des changes, les accords bilatéraux de commerce et de paiement, et l'aide étrangere soutinrent les échanges internationaux en attendant que
la reprise économique et certains accords internationaux aient permis une détente progressive. Des
accords spéciaux tels que l'Union européenne des
paiements, la création de vastes zones monétaires
non rattachées au dollar et encore une fois l'aide
en dollars ont remiu possible le financement d'échanges internationaux de biens et de services en
h l'étranger, jointe aux conditions avantageuses
dépit de l'imonvertibilité de la plupart des mon-
offertes aux investissements clans la zone dollar, ont contribué h tarir la source des capitaux
naies.
privés.
s'est visibilement améliorée et pendant un certain
temps, le retour à une convertibilité limitée (sur
les comptes courants seulement) a semblé imminente. Cependant, l'amélioration était imputable
réduit les recettes en dollars des pays situés en
dehors de cette zone, et accru leurs besoins en dollars. Les cessions, auxquelles ils ont dû procéder
pendant la guerre, des interéts qu'ils possédaient
(laos la zone dollar ont fortement récluit les revenus
qu'ils tiraient de cette source. La production de
l'or a diminué, et cOntrairement h tous les autres
Au cours de ces dernières a»nées, la situatim
Ces facteurs auraient abouti inévitablement
h une forte contraction des échanges entre la zone
dollar et le reste du monde, ainsi qu'à une déva!nation plus importante des monnaies non rattachées au dollar et h un ralentissement du rythme
pour une large part, non à un équilibre réel des
transactions commerciales, mats à l'extraordinaire
de la reconstruction si l'on n'avait consenti des
préts et des dons intergouvernementaux d' une
courant ininterrompu de dollars en provenance
des Etat-Unis qui, bien que susceptible de (hirer,
importance sans précédent et si les nouvelles institutions internationales de financement n'avaient
apporté une participation active. C'est ainsi
West jamais assuré au-delh de l'exereice en colas.
Le déficit en dollars demeure done la préoccupation majeure d'un grand nombre de pays.
29
La situation alimentaire d'après-guerre et
déficit
le
en dollars réagirent fortement l'un sur
l'autre. Les changements intervenus dans la structure de la production agrieole mondiale, qui ont
été exposés au début de ce chapare, ont constitue
l'un des elements principaux de l'accroissement des
besoins du monde vis-à-vis de la zone dollar.
D'autre part, les efforts entrepris par les pays
de la zone non rattachée au dollar pour combler
leur déficit ont exercé une influence importante
sur leurs politiques agricoles.
Les pénuries de produits agricoles, facteur d'aggravation du déficit en dollars
A la fin de la guerre, les quantités de produits
agricoles que les pays non rattachés au dollar
pouvaient expédier h l'Europe occidentale
principale region importatrice
se sont trouvées
fortement réduites '
n'était plus possible
d'importer des denrées alimentaires des regions
agricoles dévastées de l'U.R.S.8. et de l'Europe.
orientale, et la totalité de la production de bois,
fortement retinae par la guerre, était absorbée
par la reconstruction. Il en était de méme pour
l'Extreme-Orient qui est devenu importateur net
de denrées alimentaires tout en continuant d'exporter du caoutchouc et d'autres matieres premières cultivées principalement pour les marches
étrangers. Les disponibilités de produits agricoles
en Amérique latine, au Proche-Orient et en Afrique avaient également (liminue, la production
de ces regions n'ayant, pas suivi le rythme de l'accroissement démographique, alors que la eonsom-
illation par habitant de certains pays commenr;ait lentement h croitre. La seule source importante où l'Europe oecidentale pouvait s'adresser
pour compenser les reductions survenues ailleurs
etait la zone dollar.
La situation dans d'autres regions était analogue. Avant la guerre, l'Extréme-Orient, (y compris
la Chine) était exportateur net de près de 3 mil-
lions de tonnes de céréales chaque année.
1951 et 1952 cette region était devenue importa-
trice nette de quelque 8 millions de tonnes, en
provenance principalement de la zone dollar
de plus, elle importait des quantités importantes
de plusieurs autres produits. En 1951-1953, les
importations de produits agricoles de base par
les pays d'Extréme-Orient représentaient en moyenne une valeur de 2,5 milliards de dollars (lont
Voir dams La situation, mondiale de l'alimodation
et de l'agriculture
-
1953 1 -- Conditions actuates
et perspectives, pages 27 à 33. l'étude relative à l'evn-
lution de la structure des eehanges mondiaux de
denr6es alimentaires.
plus de 40 pour cent en provenance de la zone
dollar. Il y a eu également une forte (-tugmentation, bien que sur une échelle -plus réduite, des
expeditions de céréales et autres produits agricoles de la zone dollar VerS l'Amérique latine et
d'autres regions.
Les efforts entrepris en Amérique du Nord pendant la guerre pour remplacer les produits agricoles que Pon ne pouvait plus se procurer A, l'étran-
ger, contribuèrent également à aggraver le déficit
en dollars des autres pays. Par exemple, les importations nettes de graines oléagineuses et d'hui-
les végétales tomberent de 900 000 tonnes (en
equivalent (l'huile) en 1934-38, h 150 000 tonnes
en 1948-50, soit une reduction égale h 30 pour
cent du total des expeditions mondiales au cours
(le la derniere période. En mitre, si la production
mondiale de eaoutchouc naturel était, en 1953,
supérieure de 75 pour cent enyiron à celle d'avant(ruerre,
" la consommation mondiale de caoutchoue
avait augmenté de 150 pour cent, la difference
représentant la production synthétique, princi-
palement aux Etats-Unis. Le remplacement presque complet de la soie par les fibres artificielles
a également constitué un facteur supplémentaire
(le l'aggravation du déficit en dollars.
Bien q
Re soit pas possible de donner des
evaluations précises, on peut fournir une indica-
tion de l'incidence de ces modifications sur les
reglements internationaux. L'augmentation, par
rapport à. la période d'avant-guerre, des exportations nettes de céréales, de matières grasses et de
Sucre, pour toutes destinations, en provenance de
la zone dollar était, en 1948, de 2 050 millions de
dollars E.-U. (valeur 1948). Mais il convient de
déduire de ce chiffre, d'une part 600 millions de
dollars représentant la diminution des exportations d'autres produits agricoles (principalement
le coton) et, d'autre part, plus de 300 millions de
dollars représentant l'augmentation des importations, prineipalement café et eaoutchoue. L'accroissement net des importations agricoles monWales en provenance de la zone dollar a done
été de 1 150 millions de dollars (valeta 1948).
Cependant, la situation eommerciale est quelclue peu différente pour les produits qui tendent
aggraver le déficit en dollars et ceux qui tendent
le combler. La recession du commerce mondial
du coton et de la soie et l'accroissement des importations de café et de caoutehouc dans la zone
h.
dollar constituent toutes deux des tendanees
long terme qui auraient presque certainement
persiste indépendamment de la guerre. Pour le
coton et le café, il est possible que la tendance
ait été accélérée par la guerre, mais pour le caout-
chime, le développement des importations de la.
zone dollar a été fortement freiné, tout au moins
provisoirement, par la production de caoutehoue
synthétique. Ces tendances peuvent étre considérées comme faisa,nt partie de l'évolution normale du commerce mondial.
.D'un autre cOte, l'importante augmentation
des exportations nettes de eéréales, de matières
pyasses et de sucre de la zone dollar étaient prineipalement imputables aux perturbations a,pportees par la guerre (laos l'a,griculture et correspon(latent h l'a,ccroissement des besoins d'importations ainsi qu'h la diminution des disponibilites
exportables de certains pays situés en dehors de
la zone dollar. Si Von tient eompte de l'accroissement des exportations de eertains autres produits de la zone dollar et du fait que les prix
diaux de eertains types de matières grasses et,
du caoutchoue auraient été probablement plus
elevés sans la diminution des besoins d'importation de la zone dollar, il est possible que le chiffiT
de 2 050 millions de dollars indiqué en premier
lieu ne surestime pas la mesure dans laquelle les
hesoins en dollars clu reste du monde furent gonIles en 1948 par les perturbations et les changements subis par l'agrieulture du fait de la gume.
On peut rapprocher ce ehiffre de eelui du déficit
total en dollars de cette méme a.nnée 1948, qui,
sans tenir compte de l'aide spéciale en dollars,
s'est, éleve h quelque 6 milliards de dollars (EtatsUnis et Canada seulement). II apparait donc que,
pour cette année-a, un tiers environ de la penurie
de dollars était imputable aux chantrements intervenus datis la situation de l'agrieulture
diale.
Il West pas possible de procéder a. des evaluations précises, et les chiftes ei-dessus ne sont
eités qu'à titre indicatif. Ils montrent cependant
que la modification de la structure de la produc-
tion agricole a joué un ròle important dans les
diffieultés auxquelles s'est heurté le système mondial des paiements.
Le déficit mondial en dolla,rs est naturellement
un concept un peu large. En fait, il n'y a pas
un grand déficit unique, mais un grattd nombre
de petits déficits suivant les pays ou les zones
monétaires. La plupart des pays ont éprouvé
des difficultés de paiements pour des raisons bien
déterminées, par exemple, paree qu'entre mitres
(Moses, ils ont dít importer une plus grande
tité de We de la zone dollar, ou ont tire moins de,
dollars de leurs exportations d'huiles végétales.
Les repercussions du déficit en dollars sur les po-
Incidences du déficit en dollars sur la production agricole
Dans les pays ravages par la guerre et souffrant
de pénurie alimentaire, le déficit en dollars eonstitue un puissant mobile supplémentaire d'accelérer le relevement de l'agriculture. Il a éte
l'origine de l'intérét, beaueoup plus grand qu'après
la première guerre mondiale, accordé depths 1945
au développement agrieole pat. les gouvernements.
Les fonds de contrepartie de l'aide économique
.fournie par les. Etats-Unis pour eombler le déficit
en dollars ont parf'ois constitué indirectement une
importante source de capitaux pour le developpement agrieole.
Les importations supplementaires de produits
agrieoles ont pesé lourdement sur les ressources
en dollars d'un grand nombre de pays. Ces importations, qui consistaient prineipalement en produits de premiere nécessité, eomme les céréales
et le eoton, étaient indispensables et ne pouvaient étre effectuées en dehors de la zone dollar.
On s'est done attaché, surtout en Europe occidentale, h encourager la production eéréaliere
nationale. De mè,me, le déficit en dolla,rs a été
l'origine (run grand nombre de programmes,
alimentés par les capitaux et, l'assista,nce tech-
nique européens, en vue de développer la production de coton, de caoutchouc, de tabae, d'oléagineux, de produits forestiers, etc., dans les pays
d'outre-iner et territoires non-autonomes et ont
ainsi accélére le progres économique da.ns les
pays insuffisamlnent développes. En Amérique
latine et en Asie, nombre de gouvernements ont
pris des mesures énergiques pour encourager
ragriculture, notamment paree que l'accroisse-
ment des importations de denrées alimentaires
épuisait leurs reserves monétaires. Il eonvient
également de mentionner un effet seeondaire
beaucoup de pays ont été contraints de limiter
leurs achats en dollars aux produits agricoles
essentiels et de supprimer les hnportations, en
provenance de la zone dollar, de denrées alitnentaires moins indispensables telles que les fruits
frais, les produits laitiers et les fruits et, poissons
en conserve. Cette reduction selective a parfois
encourage la production de ces denrées dans
d'autres regions, par exemple celle des fruits en
Europe occidentale et, en Afrique du Nord. Dans
tous les cas de ce genre, le déficit en dollars a agi
dans les regions situées en dehors de la zone dellar comme un stimulant de la production agricole,
tendant A. redresser le déséquilibre geographique
litiques agrieoles d'après-guerre ont résulte des
de la production qui avait éte ag,grave par la
mesures plises en vue de resoudre ces diffieultes.
,!fuerre.
L'aceroissement de la produetion euro-
péenne des peches a contribué
compenser
diminution des a:chats, traditionnellement très
importants, de viande et de poisson dans la zone
dollar ; dans des pays tels que la Norvège, le Danemark et l'Islande, les exportations de poisson
apportèrent une contribution précieuse aux rentrees de dollars.
L'infiation et la pénurie alimentaire, qui mat sévi
pendant et après les hostilités, ont oblige tous les
gouvernements h reconnaitre l'importance vitale
qu'il v avait h. disposer de denrées alimentaires
et de matières premières agricoles en quantites
suffisantes et h. des prix relativement stables, et
ont oblige la plupart d'entre eux h contrôler la
production et la distribution des produits agricoles. Il ne pouvait étre question d'abandonner
Cepenclant, il convient de 'toter d'autres aspects
moins favorables de l'influence du déficit en dollars sur l'agriculture. De nombreux gouvernements
ont tenté d'augmenter la. production par des liendements plus élevés et une exploitation plus
rationnelle, mais lorsque l'expansion a été poussée à l'abri de prix d'encouragement et de mesures
ce contrôle tant que les plus graves pénuries subsistaient. Les diffieultés de balance des paiements
auxquelles se sont heurtés les pays situés en de-
hors de la zone dollar, donnent encore plus de
force h cette conclusion. En outre, les nouveaux
concepts de plein emploi et d'assistance sociale
out fatt du maintien des reventis agricoles à tut
protectionnistes, il en est résulté inévitablement
une certaine tendance à produire dans des COD ditions peu économiques et h un cofit élevé. Dans
certains cas, d'ailleurs limités, ces mesures ont
encouragé la culture de produits dans des regions
auxquelles ils n'étaient pas bien adaptés. Dans
d'autres, les mesures destinées h augmenter la
production dans des territoires non-autonornes
ont entrainé des investissements mal adaptés
leur but et des pertes importantes de capitaux.
En somme, si le déficit en dollars a stimulé la
production dans les regions souffrant d'une grave
penurie de ressources alimentaires, il a tendu
assez fréquemment h prolonger le regime des
subventions et des restrictions au commerce.
Les effets du déficit mondial en dollars sur les
produeteurs agricoles de la zone dollar ont éte
longtemps masques par les mesures gouvernementales destinées h soutenir les prix, h encoura-
niveau raisonnable une question d'intéret public.
n'est done pas surprenant que les gouvernements se soient mis h accorder à l'alimentation
Il
et à l'agriculture une attention dont elles n'avaient
encore jamais bénéficié.
Les politiques alimentaires et agricoles adoptées
sous la pression de ces eirconstances ont été très
différentes suivant les pays. En Amérique du Nord,
l'objectif principal consistait naturellement
maintenir Famélioration de la situation écono-
mique de l'agriculture en protégeant les prix et
les revenus agricoles et en conservant ou en étendant les débouchés nouvellement conquis. Dans
d'autres pays, le problème le plus urgent était de
développer la production agricole, tout d'abord
pour éviter la disette ou l'inflation, mais ensuite
pour des raisons très diverses, par exemple poni
réduire les importations agricoles h cause du dé-
ger les exportations et h maintenir un niveau
élevé de production. Si le déficit en dollars n'a
ficit en dollars, comme c'était le cas pour un grand
nombre de pays d'Europe occidentale ; ou pour
se procurer le maximum de devises étrangères
afin de pouvoir importer des biens d'équipement,
comme dans le cas de nombreux pays sous-développés d'Amérique latine, du Proche-Orient et
de l'Extréme-Orient, parfois avec l'objectif final
de se suffire plus ou moins à eux-mémes. Nombre
de pays traditionnellement exportateurs situés
en dehors de la zone dollar cherchaient h reconquérir les débouchés qu'ils avaient perdus ou h
en trouver de nouveaux.
Par la suite, lorsque les ressources devinrent
plus abondantes, et que les prix baissèrent, on
s'attacha davantage, particulièrement en Europe
occidentale mats également dans certains pays
extra-européens comme le Japon, à améliorer et h
sauvegarder la situation économique des exploitants, souvent handicapés dans leur concurrence
avec les producteurs des pays exportateurs par
certainement pas été la. seule cause, ni méme la
plus importante, du gonflement des excédents,
ses effets ont joué dans ce sens, et ont également
réduit les débouchés des produits moins essentiels
de la. zone dollar et notamment ceux des denrées
alimentaires périssables de valeur relativement
élevée, comme les fruits frais. Cependant, l'intensification récente des efforts entrepris par certains
pays exportateurs en vue de restreindre la production et d'abaisser les prix de soutien semble
marquer un nouveau stade du processus d'ajustement.
Les grandes lignes des politiques agricoles
d'apris-guerre
Les développements examines dans les sections
précédentes ont constitué les principaux facteuis
determina.nt des politiques agricoles d'après-gueri e.
le manque de capitaux, l'insuffisance de leurs con32
me pour l'agriculture, à soutenir activement
naissances techniques ou l'exigufte et la dispersion
de leurs exploitations qui en affectaient la rentabilité. Ces objectifs impliquaient souvent une
politique protectionniste, la mise en ceuvre de
mesures diverses de soutien des prix et des revenus
et, parfois, l'octroi de subventions A l'exportation
des produits agricoles qui ne pouvaient étre vendus sur les marches interieurs aux prix de soutien.
production et le commerce du poisson.
Le sentiment de l'intéret que présentent les
foréts et de la nécessité de leur exploitation rationnelle s'est renforcé et generalise du fait de la
pénurie de bois qui a sévi pendant la guerre et
l'après-guerre. Si c'est en Europe et en Amérique
du Nord que la pratique se conforme le plus étroi-
Il est evident que ces objectifs varies poursuivis
tement à la théorie, c'est principalement en rai-
par les différents pays n'étaient pas toujours
son des inquiétudes que cette pénurie avait susci-
compatibles, et les incidences internationales des
politiques nationales devinrent un aspect de
plus en plus important de la situation d'après-
tees pendant et inlmédiatement après les hostilités. Il est indéniable que l'expansion des indus-
cfuerre.
eaux intérieures. Cette question revétait une importance particulière dans les regions telles que
l'Asie du Sud-Est et l'Extrême-Orient oil le poisson constitue la source principale de protéines
été fortement encouragée et Pon assistera probablement au coups des prochaines années à une
decentralisation lente mais continue des industries
de produits forestiers, surtout de pate et de papier.
Et il y a tout lieu de croire que les immenses richesses que constituent les reserves forestières
seront effectivement utilisées d'ici quelques dizaines d'années, et que l'on renoncera dans une certaine mesure b. l'insouciante devastation qui a
caractérisé autrefois les premières exploitations
animales. Les gouvernements s'attachèrent, C0111-
forestières.
tries forestières des regions sous-développées
L'évolution se poursuivit de fawn analogue
dans les peches. La pénurie générale de denrées
alimentaires et l'adoption de plus en plus répandue
de normes de nutrition ont conduit les gouvernements à développer l'exploitation des mers et des
33
Chapitre III
LA MOBILISATION DES RESSOL RCES EN
VUE DU DÉVELOPPEMENT DE L'AGRICUTURE
régimes fonciers périmés ou formes peu équitables de l'impôt foncier, par exemple. Un facteur
des plus importants, en particulier dans les pays
Le redressement et le développernent que l'agriculture a connus après la guerre se sont manifestés sous deux aspects, l'un technique, l'autre
économique et social.
En ce qui concerne l'aspect technique, les méthodes améliorées d'exploitation agricole qu'avaient
permis de mettre au point les progres réalisés
agronomie et dans le domaine du machinisme agricole, ont été appliquées cornme on n'avait jamais
essayé de le faire jusqu'alors. Dans les pays industrialisés, Faccroissement de la production agricole a eu pour cause, en premier lieu, l'augmentation de la productivité par habitant et par hectare,
rendue possible par la mise en ceuvre des méthodes ci-dessus mentionnées et, seulement dans une
rnoindre mesure, l'augmentation des superficies
cultivées. L'introduction et la généralisation de
méthodes modernes et notarnment
le
où les agriculteurs étaient loin d'avoir oublié la
crise et les excédents invendables des années trente,
fut l'assurance qui leur fut dannée de trouver
des prix rémunérateurs, des débouchés pour les
surcroits de production qu'ils fourniraient. Le
renforcement des services de vulgarisation a eu
aussi son intérét ; ainsi non seulement les agriculteurs ont-ils été tenus au courant des applications
pratiques de la recherche agricole, mais on a pu
aussi leur indiquer le sens dans lequel ils devaient
faire porter leurs nouveaux efforts et les conseiller sur les besoins du marché.
Nous étudierons dans le présent chapitre les
principales mesures d'ordre éconornique et social
adoptées pour mettre en ceuvre les divers plans
et programmes d'expansion agricole. Quant aux
progrès réalisés en matière de technique agricole,
aux applications qui en ont été faites et A. l'esti-
meilleur
emploi des ressources en eau ont en outre perrnis
de réaliser des progrès assez importants dans bien
des régions peu développées. Mais les progrès tech-
mation des résultats obtenus, ils font l'objet
niques n'auraient pu étre aussi rapides si les conditions économiques et sociales n'avaient pas été
favorables. Aussi les pouvoirs publics ne se sontils pas occupés seulement de mettre A. la disposition des agriculteurs les machines agricoles, les
engrais, etc. dont ils avaient besoin, mais aussi
de créer les conditions qui permettent de les utiliser. Il leur fallut s'organiser pour tirer le meilleur parti des ressources limitées dont ils disposaient, pour établir un équilibre rationnel entre
l'agriculture et les autres industries et pour orienter la production agricole dans le sens voulu par
la situation économique générale de chaque pays.
Il fallut également accroitre le montant des capitaux destine's
étre investis dans l'agriculture,
chapitre IV.
PROGRAMMES NATIONAUX ET MONDIAUX DE DÉVELOPPEMENT AGRICOLE
Lors de la première guerre mondiale, la production et la répartition des produits cessèrent d'étre
contrôlés presque dès la fin des hostilités. La restauration et le redressement de ragriculture furent laissés aux agriculteurs et aux collectivités
locales ; l'organisation sur le plan national était
insignifiante. Sur le plan international, seule la
Croix Rouge internationale s'effora de faire &bee,
dans l'immédiat, aux situations de famine. D'une
manière générale le souci des pouvoirs publics
pour l'agriculture ne se borna guère qu'A: fournir,
A,
souvent male dans les transports et autres services. Le développement de l'agriculture impliquait aussi que soient surrnontés les obstacles qui
s'opposaient
l'augmentation de la production
A.,
34
de temps en temps, des credits destines h des
travaux de recherche et de vulgarisation ; mais
tier l'occasion de discuter publiquement des politiques à suivre en matière de production et d'utilisation cles denrées alimentaires et agricoles ; par
la crise catastrophique des années trente les contraignit tous à abandonner cette politique de facilité. On dressa des barrières douanières et dans
ailleurs, le Conseil économique et social (ECOSOC)
et d'autres organes des Nations Unies exami-
certains pays 011 commença à établir des program-
naient des questions comme le maintien d'un niveau
mes de soutien des prix. Sur le plan international, on essaya de réglementer le marche de cer-
élevé d'activité économique. A mesure que se
trouvaient résolus les problèmes immédiats de
tains produits, le sucre par exemple. Mais ces mesures étaient, la plupart du temps, prises sans me-
l'après-guerre, l'attention commençait à se fixer
sur la lenteur des progrès accomplis dans les regions peu développées du monde. En 1947, la
Commission préparatoire de la FAO chargée de
l'étude des propositions pour l'alimentation mondiale avait dep., recommandé, en particulier
thode aucune et ne s'appliqUaient qu'à des cas
particuliers. Ce n'est que pendant la dernière
guerre, lorsque les pays en guerre entreprirent de
mobiliser toutes leurs ressources, que se généralisa
la notion de l'organisation d'ensemble, sur le plan
national, de l'agriculture, souvent dans le cadre
du développement general de l'économie et avec
l'égard des pays insuffisamment développés, d'élaborer rapidement des programmes de développe-
ment et de creer une organisation administrative
adequate. A sa sixième session, la Conference de
des objectifs intégrés à long terme. Les leçons
la FAO soulignait en 1951 la nécessité d'augmenter
tirées de cette experience ont permis de resoudre
le problème des pénuries alimentaires ainsi que
d'autres problèmes qui se sont poses après
la production agricole mondiale de manière harmonieuse, à un taux annuel qui dépasse de 1 b. 2
ouerre
n
pour cent celui de Faccroissement demographique
elle recommandait à tous les Etats Membres de
contribuer « à réaliser cet objectif general en pre-
Début d'une action internationale
parant et en exécutant des programmes quinquennaux de développement agricole adaptés aux conditions de chaque pays ».
La coordination des plans a été également &tn.
diée sur le plan regional par diverses organisations
comme l'OECE, par les pays signataires du Plan
de Colombo et par les organisations régionales des
Nations Unies et les institutions spécialisées. A
ces tentatives de coordination régionale il convient
cl'ajouter le Programme d'action coordonnée pour
les pays de l'Amérique centrale (Central American Integration Program).
L'organisation de l'alimentation et de l'agriculture A., l'échelon international a, elle aussi, véritablement commence pendant la guerre, lorsque
fut créé le Combined Food Board, chargé de
répartir les ressources du Callada, du RoyaumeUni et des Etats-Unis. Avant méme la fin de la
guerre, des problèmes alimentaires h long terme,
d'ordre international, fluent mis au premier plan
des preoccupations lorsqu'en 1943, le President
Roosevelt invita les Nations Unies à tenir à Hot
Springs (Virginie) une Conference sur l'alimentation et l'agriculture. C'est de cette Conference
qu'est sortie la FAO, Organisation mondiale chargee des questions d'alimentation et d'agriculture,
De nombreux pays ont reyu une aide des institutions des Nations Unies lorsqu'il s'est agi
d'établir ou de reviser leurs plans de developpement. La Banque internationale a envoy-6 des
missions dans une vingtaine de pays pour préparer des projets de developpement ; de nombreuses
missions similaires ont été organisées sur une base
qui fut rapidement constituée après l'arret des
hostilités. Pendant la période qui suivit immédiatexnent la guerre, le dispositif qui avait, pendant
la guerre, servi a répartir les ressources agricoles
par l'intermédiaire du Combined Food Board se
développa et devint le Conseil international de la
crise alimentaire, qui fonctionnait sous la direction générale de la FAO. En mèrne temps, l'Aclministration des Nations Unies pour le secours et la
reconstruction (UNRRA), aida materiellement et
directement les pays dévastés par la guerre à lutter contre la famine et à reorganiser l'agriculture
et l'industrie.
Depuis la première session de la Conference,
tenue A, Quebec en 1945, les reunions périodiques
de la FAO ont donne aux nations du monde en-
bilatérale. La FAO et d'autres organismes ont
fourni des experts pour aider h l'établissement de
programmes et ont organise des centres d'étude
et de perfectionnement ayant pour objet d'élaborer et d'évaluer des projets de développement.
L'une des plus grandes difficultés rencontrées
dans l'exécution des plans et des programmes
est le manque de techniciens qualifies des pays
insuffisamment développés. Depuis 1951, le Programme élargi d'assistance technique des Nations
Unies fournit un personnel ayant reçu une formation spéciale.
35
Plans et programmes nationaux
totalement clésorganisée dans ces regions que
nulle part ailleurs, et bien qu'il vienne de s'adoucir, le regime des livraisons obligatoires est toujours en vigueur afin d'assurer aux centres urbains
Les discussions tenues et l'aide fournie à l'éche-
lon international ont créé un climat nettement
favorable à l'élaboration des programmes natio-
un approvisionnement suffisant en denrées alimentaires. Ce regime a également continué d'être
appliqué pendant un certain temps apres la guerre
dans nombre de pays; notamment en ExtremeOrient; mais il a été généralement abandonné en
faveur d'une politique de stimulants en matière de
naux d'agriculture. Mais
principale a
naturellement été clonnée par les pays eux-memes.
La guene terminée, chaque pays se trouva en
presence d'une série de problèmes qui lui étaient
propres ; la plupart du temps, l'expérience de la
guerre a montré que toute politique tendant
prix.
les résoudre devait, de toute evidence, comporter
un certain element de planification.
Dans la majorité des pays; la planification implique un contrôle et une intervention bien moins
Au début de la période d'intense pénurie ali-
directs. L'Amérique du Nord, l'Océanie et de
nombreux pays d'Europe occidentale la prati-
mentaire et d'inflation qui a immédiatement suivi
la guerre; la plupart des pays ont continué h appli-
quent de nanière diamétralement opposée à celle
des pays oil l'économie est complètement dirigée.
Mais ce n'est pas parce que le dirigisme et le con-
quer les mesures en vigueur pendant la guerre
campagnes visant à l'intensification des cultures
alimentaires, contrôle des importations, rationnement, réglementation des prix h la production
et des prix de detail; répartition des moyens de
prodiwtion, etc. Les pays dévastés par la guerre
ont institué des mesures de première urgence en
trôle officiels ne s'y exercent pas d'une fayon
marquee que les gouvernements s'y intéressent
moins h l'agriculture. Ils visent généralement h
encourager et h aider les agriculteurs h développer
la production en créant des conditions économiques
matière de relèvement. Puis les plus rigoureux des
et autres favorables et; tout particulièrement, en
maintenant le revenu des agriculteurs en rapport
avec ceux des autres secteurs de la population.
Les mesures adoptées sont des plus variées; qu'il
s'agisse de celles qui ont un caractère spécifique
soutien des prix et des revenus, subventions;
contr6les exercés pendant la guerre wit; d'une
manière générale; commence à s'assouplir et, dans
les pays ravages comme dans ceux qui avaient
été relativement pet' touches, on s'est intéressé h
la planification dans ses aspects généraux et h long
terme. Quelques années après la fin de la guerre,
la plupart des pays avaient établi ou préparaient,
sous une forme ou sous une autre; un plan applicable à l'agriculture. Ces plans variaient naturel-
réforme des méthodes de commercialisation, fourniture, à des prix peu élevés, des biens nécessaires
h l'agriculture, dégrèvement d'impôts, credit,
recherche et diffusion des résultats de la recherche
et qui sont examinees plus loin, ou de celles,
aux incidences plus larges; qui visent à maintenir
Factivité économique du pays et la demande interieure de produits agrieoles. Dans ces pays; c'est
lement beaucoup d'un pa-ys h l'autre; non seulement par leurs objectifs, mais aussi par la façon
dont ils abordaient le problème de la planification
ainsi que par les méthodes de mise en oeuvre.
Chaque pays a chi découvrir pour lui-meme,
souvent empiriquement; le genre et l'étendue du
programme le mieux adapté h son économie de
en general par le jeu des prix que l'on agit sur
la production. On y pratique largernent aussi les
échanges de vues entre gouvernement et associations de producteurs, comme par exemple au Canada. Si, aux Etats-Unis, la planification spécifique h longue échéance n'existe pas, les problèmes
paix.
La planification de l'agriculture se présente
sous des formes variées qui vont du contrôle
total de la production et de la distribution h tons
ses stades à la fixation, sans contrôle direct;
et les perspectives futurs de l'agriculture sont
très sérieusement étucliés, par exemple dans les
rapports sur les perspectives du Department de
l'agriculture et les programmes et objectifs de la
d'objectifs généraux comme l'expansion de la production et la realisation de conditions permettant
d'atteindre ces objectifs. On peut citer comme
production prepares chaque année à Fintention des
agriculteurs et du Gouvernement ; la fixation des
superficies et les contingents de vente permettent
exemples d'économie complètement dirigée l'U.R.
S.S. et les pays de l'Europe orientale qui se sont
fixé comme objectif essentiel d'élever la productivité de l'agriculture par la collectivisation et la
mécanisation; de manière à libérer la main-d'ceuvre rurale en vue de l'utiliser à l'industrialisation rapide du pays. L'agriculture avait été plus
d'agir directement sur telle on telle culture clont
la production est excédentaire. Ces mesures s'inscrivent parfois dans le cadre d'un plan officiel,
encore qu'un tel plan ait rarement été plus précis
que, par exemple, le programme general établi au
36
pour obtenir un accroissement
d'ensemble de la production de 60 pour cent par
rapport au niveau d'avant-guerre. Les objectifs
sont en general exprimés de manière assez lhche,
mais les pays de l'OECE ont prepare des objectifs quantitatifs de la production et de la consommation, des previsions d'importations et d'exportations ainsi que des estimations de leurs besoins
en machines et en importations diverses. Le Plan
Monnet pour la France et le nouveau Plan Vanoni
pour l'Italie sont des exemples de dirigisme plus
Royaume-Uni
officiel.
Dans leur grande majorité, les pays appartenant aux regions insuffisamment:développées de
l'Extrême-Orient, du Proche-Orient, de l'Amérique
latine et de l'Afrique ont élaboré des programmes
précis de développement en matière d'agriculture.
Dans certains pays cependant, l'exécution de ces
programmes vient seulement de commencer, car
il fallait procéder h des enquêtes préliminaires
ailleurs, l'agitation politique ou l'irrégularité des
disponibilités monétaires ont entravé l'établissement de plans h long terme. Il n'est pas rare que,
clans ces regions, les plans comportent des objectifs de la production effective.. Les gouvernements
y appliquent bien souvent les mêmes méthodes
que celles qui ont été mentionnées ci-dessus pour
les pays développés, et on se sert du contrêle cles
prix pour diriger la production ; toutefois, leur
intervention est un peu plus marquee du fait
qu'il faut recourir assez largement aux investissements publics pour compenser l'impossibilité dans
laquelle se trouvent les agriculteurs de prélever
sur leurs economies les capitaux nécessaires.
planification consiste done, en grande partie,
fixer l'ordre de priorité des investissements publics et leurs modalités d'utilisation. Dans bien des
cas, les taxes à l'exportation et autres droits procurent les fonds nécessaires aux investissements
publics dans l'agriculture et, cornme on le verra
plus Ioin dans ce chapitre, des fonds de diverses
provenances viennent s'ajouter à ces ressources et
d'autres ressources locales.
La plupart des programmes de développement
s'appliquent à l'ensemble de l'agriculture et s'effor-
cent de maintenir l'équilibre entre les différents
secteurs. Souvent, en fait, l'objectif essentiel est
la diversification d'une économie dangereusement
basée sur une seule culture principale. Mais certains de ces programmes ne s'appliquent qu'à un
Seul problème ou h. une seule region, ou encore h
un seul produit ou groupe de produits. Tels sont
par exemple le programme de lutte eontre l'érosion
en Union Sud-Africaine ; un certain nombre de
programmes appliqués en divers pays et relatifs h
la reinstallation de populations se trouvant en
excédent dans une region agricole donnée, ou encore A, une region dont la productivité peut 'ètre
grandement accrue par des travaux de mise en
valeur ou d'irrigation ; les programmes d'accroissement de la production alimentaire en cours
d'exécution en plusieurs pays d'Amérique latine
les programmes d'accroissement de la production
de céréales en Egypte et en Turquie, et le plan de
développement de l'élevage en Uruguay. Dans bien
des cas, des projets distincts de ce genre ont fini
par s'intégrer h un plan general de développernent
de l'agriculture.
La planification en matière d'alinientation et
d'agriculture ne concerne pas seulement la production mais aussi la consommation des produits
de l'industrie agricole. La vente des produits exportables est déjà assez bien organisée dans la plupart
des pays, mais bien des plans ne se sont guère
occupé de la commercialisation sur les marches
intérieurs. La plupart des pays ont cependant pris
des mesures en vue de maintenir le niveau de la
demande intérieure : ils se sont efforcés de conserver le niveau élevé de l'emploi et ont eu recours
au contrêle des prix et à d'autres mesures antiinflationnistes. En fait, une planification poussée
tient compte de tous les aspects de l'économie et
les intègre tous. Il est vrai que ce stade n'est pas
souvent atteint et que bien des pays n'ont élabore dans chaque secteur que des plans autonomes ou n'ayant que des rapports incomplets les
uns avec les autres. Outre les pays communistes,
la planification est très poussée dans certains des
pays insuffisamment développés. C'est que là, tous
les secteurs de l'économie ont besoin d'être développés et il importe essentiellement de maintenir
l'équilibre entre l'agriculture et l'industrie et de
fixer des priorités quant à l'utilisation de ressources
limitées en capital. Souvent, l'agriculture et l'industrie ne peuvent aller de l'avant avant qu'une
infrastructure de services essentiels ait été établie.
Mais une telle infrastructure ne peut 'are mise sur
pied qu'autant que les recettes provenant de la
production agricole et industrielle permettent de
couvrir les dépenses renouvelables. De nombreux
plans de ce genre, en particulier clans les pays du
Proche et de l'Extrême-Orient, dans les territoires
non-autonomes d'Afrique et dans certains pays de
l'Amérique latine tiennent done compte de tous
les aspects de l'économie. Le Plan Monnet en
France est, h certains égards, le plus complet de
tous, en ce sens qu'il tient compte de toute l'économie de l'Union française, y compris celle des
territoires d'outre-mer.
Dans les territoires non-autonomes d'Afrique,
37
la majeure partie des capitaux investis au titre de
ces plans a généralement servi à mettre sur pied
des services essentiels, les transports par exemple,
dont ces pays ont tout particulièrement besoin
dans les pays du Proche et de l'Extréme-Orient,
on s'est intéressé surtout, en general, à l'agriculture. En Inde, pour le premier plan quinquennal
genera] dont l'exécution touche à sa fin, les deux
cinquièmes des investissements ont été absorbés
par l'agriculture, Firrigation et le développernent
des collectivités ; le deuxième plan quinquennal
fera une place plus large au développement industriel. Le plan mis en oeuvre par le Pakistan visait
initialement à une semi-industrialisation du pays,
mais de mauvaises récoltes ont impose sa revision
en faveur de la production céréalière. Le premier
plan de l'Argentine visait surtout lui aussi l'industrie, mais le deuxième plan, dont l'exécution a
commence en 1953, donne plus d'importance
dance est-elle A, délaisser les plans de longue durée
pour en revenir h., des plans plus souples ne nécessitant pas de revision fréquente.
Programmes relatifs aux péches
La planification, qui a connu un développement
considerable après la guerre, s'est étendue égalexnent aux pèches et aux foréts. Les programmes
gouvernementaux en matière de peches ont eu
deux objectifs principaux : conserver les ressources
piscicoles et maintenir ou atteindre un niveau de
production et d'échanges compatible avec la politique éconc.mique et sociale dans son ensemble. Les
gouvernernents se rendent compte de plus en plus de
la nécessité d'orienter leur politique des péches vers
cles buts précis et de mieux intégrer les industries
des pèches à l'économie nationale. Les pénuries ali-
du montant total des investissements effectués au
mentaires et le fait que l'on reconnait toujours
davantage l'importance d'un niveau ele nutrition suffisant ont suscité un intérét croissant
titre du plan de développement sont portés au
compte de ragriculture, de l'irrigation et du
pour l'exploitation plus complete des mers et des
eaux intérieures, et cela tout particulièrement dans
drainage.
Les programmes sont plus ou moins centralises,
source de protéines animales. La production de
l'agriculture. En Irak, les trois quarts au moins
tant dans leur conception que dans leur execution,
scion qu'ils sont plus ou moins vastes. L'exécution
en est habituellement confiée aux services officiels
les plus directement intéresses, mais on cherche
de plus en plus à charger un organisme central
de la coordination et de la direction générale des
plans s'appliquant aux diverses industries. En
les pays d'Asie où le poisson constitue la principale
poisson a été également stimulée pour des raisons
de balance des paiements, c'est-à-dire pour réduire
les importations coilteuses de produits du bétail
et, comme en Norvège, au Danmark et en Islande,
pour acquérir des dollars. Corrune ils l'avaient fait
en matière d'agriculture, les gouvernernents se
sont souciés de soutenir plus activement la pro-
Europe, ce sont pour la France le Commissariat au
duction et le commerce du poisson. Des mesures de
Plan et, pour les Pays-Bas le Bureau central du
stabilisation et de soutien des prix ont été large-
plan. En Extreme-Orient, la Commission indienne
du plan, par exemple, a été constituée en 1950 en
vue d'intégrer et de completer les plans distincts
déjh en cours d'exécution dans certains des Etats
rnent adoptées, spécialement en Europe, en Amén-
indiens. A côté de ces organisrnes centraux,
cation des arrangements destines à mettre plus
étroitement en rapport les gouvernements et les
que du Nord et ami Japon, et l'on s'est attaché
davantage aux questions de commercialisation.
Une autre, tendance s'est manifestee : la multipli-
existe également de nombreux offices de developpement charges de &Tiger tel ou tel projet.
De nombreux programmes agricoles, en particulier les plus anciens, s'étendaient ou s'étendent
encore sur une ou deux années, comme par exemple aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suede
mais la plupart d'entre eux convrent des périodes
représentants des intérets cornxnerciaux. La FAO,
en créant des commissions régionales des peches, a
favorisé la coordination internationale:
Programmes relatifs aux foréts
plus longues de 5, voire de 10 ans. Il est arrive
parfois, au Japon par exemple, que des program-
La nécessité de poursuivre une politique de
développement systématique des forêts apparaissait déjà avant la guerre, mais, à la fin des hostilités, elle s'imposait. En Europe, il était evident
que les besoins d'après-guerre allaient mettre
rude épreuve les ressources forestières de la region. Par aillleurs, en de nombreux pays, comme
en Amérique latine, les belles forets continuaient
d'être exploitées selon des méthodes destructives,
mes annuels aient été ultérieurement remplacés par
des programmes de longue durée. Dans presque
tous les pays, cependant, les programines ont dû
faire l'objet de fréquentes revisions et tenir compte
de revolution des circonstances, particulièrement
en matière de prix, de recettes et de disponibilités en capitaux et en techniciens. Aussi la ten38
Situation récente en matière de program-
leur conservation. D'autre
sans aucun souci
part, dans les pays pauvres en foréts, comme au
Proche-Orient, on ne s'efforv.,it guère de protéger
les restes épars des anciennes foréts et moins
encore de reconstituer la couverture forestière
indispensable au développement futur de l'agriculture et de l'industrie.
on vient d'exposer les caractéristiques ont été
Le premier Congrès forestier mondial tenu après
la guerre a fixé pour l'avenir les bases d'une poli-
soudre sont devenus plus complexes.Maintenant que
mes
Les plans et programmes gouvernementaux dont
conçus principalement pendant la période de pénurie alimentaire qui a immédiatement suivi la guerre.
Mais depuis quelques années les problèmes à re-
certains produits sont excédentaires; il ne s'agit
tique forestière générale en adoptant une déclaration de principes de politique forestière; que la
plus simplement de développer, d'une fa:9°n générale, la production agricole, mais il faut a:border
le problème de manière plus sélective et accorder
une attention accrue aux incidences internationales des politiques nationales. En outre, il est maintenant nécessaire da prendre activement des mesures pour développers non eulement la production
Conference de la FAO devait approuver à sa
session de 1951. A l'échelon regional, des conférences forestières convoquées sur l'initiative de la
FAO ont étudié les principaux problèmes qui se
posaient dans les diverses regions, et des commissions régionales forestières ont été constituées.
mais aussi la consommation, et pour adapter la
production des différents produits à la demande
du marché et aux besoins nutritionnels.
Le principal moyen de mettre en ceuvre une
politique forestière consiste à établir une législation. Mais elle est fort compliquée dans de nom-
Cette évolution de la situation n'a fait que mieux
ressortir l'urgente nécessité d'une coordination
intergouvernementale des programmes nationaux.
Tenant compte de ce changement de situation; de
nombreux pays envisagent de modifier leurs programmes et d'orienter différemment leur politique
alimentaire et agricole ils en ont discuté a:u cours
de consultations régionales tenues sous les auspices
breux pays et ne tient pas compte des principes
essentiels de l'aménagement des forêts. Dans plusieurs cas, les experts du PEAT ont proposé d'autres
projets de texte législatifs mais, sauf dans les
pays où les questions forestières font l'objet de
l'attention générale, il a été très difficile de faire
adopter ou de rnettre en vigueur une législation
moderne.
de la FAO. La situation nouvelle demande également que l'on intègre d'urgence les programmes
nationaux relatifs à l'agriculture aux programmes
En Europe; le problème principal était le suivant : comment adapter la production forestière,
en quantité et en qualité, h l'augmentation et
l'évolution des besoins ? Une étude effectuée
économiques d'ensemble, afin que les mesures tendant à encourager la production soient élaborées en
conjointement par les secretariats de la Commis-
méme temps que celles qui visent à favoriser
sion européenne des forèts de la FAO et par le
l'expansion des marches internationaux.
A,
Comité du bois de la CEE (« Consornmation, proEvoduction et commerce du bois en Europe
lution et perspectives ») a fourni a, la Commission
européenne des forèts et h ses Etats Membres une
documentatio' n économique permettant de mieux
définir et coordonner les politiques forestières.
Dans les autres regions, les conditions sont différentes, mais le besoin d'une orientation prudente
FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT
AGRICOLE
Il a fallu trouver des capitaux considérables pour
les besoins en bois de construction vont augmenter rapidement au cours des prochaines années.
mettre en ceuvre les programmes de développement agricole. De nouveaux projets de développement, comme la mise en valeur des terres; les
travaux d'irrigation; les installations hydro-électriques et les projets fins multiples; nécessitent
long terme. Par
d'importants investissernents
ailleurs, la réparation des domrnages de guerre, la
reconstruction et le relèvement économique, le
Certains pays possèdent des ressources à peine
exploitées jusqu'ici et qu'il faudra étudier et évaluer, de même que la nature et l'ampleur des
besoins futurs. Dans les régions insuffisamment
moyen terme, et il a fallu recourir au financement à court terme pour permettre aux agriculteurs de poursuivre leurs activités courantes.
de la production n'est pas moins grand. En Extréme-Orient, en particulier, il est probable que
b.,
A..
développement et la modernisation des entreprises
agricoles, etc., ont nécessité des investissonents
Dans les pays développés, ces fonds ont eu pour
provenance principale les economies mémes des
agriculteurs et des emprunts aux banques commer-
développées, les politiques forestières effectives sur
le plan national n'en sont encore généralement
qu'au stade initial.
39
rière au chalut, péche au thon, etc.). Dans la période d'après-guerre, le relèvement et le développement des industries des pêches ont fait apparaitre le manque chronique, et, dans bien des cas,
aigu, de capitaux. Pour remédier h eette situation,
les gouvernements ont fait une part plus large au
crédit en faveur des industries des péches, qu'elles
fussent déjà développées ou qu'elles le fussent
insuffisamment, et ont méme souvent associé
ce système certaines formes de subventions cles-
ciales ou agricoles spécialisées, auxquels sont ve-
nus s'ajouter des crédits à court terme consentis
par des négociarits et par d'autres organismes.
Mais l'une des caractéristiques les plus significatives du financement de l'agriculture aprés
guerre a été Futilisation qui a été largement faite
des fonds publics, d'origine taut nationale qu'internationale, et souvent dans le cadre de pro-
grammes nationaux de développement général.
Les fonds publics ont joué un rôle important dans
le fivancement de l'agriculture de bien des pays
développés, mais leur r61e a été plus important
tinées plus particulièrement à l'achat de bateaux et
crédits mis à leur disposition trop insuffisants
pour que ces deux éléments puissent jouer un
de moteurs. Des programmes d'aide financiere,
nationaux et bilatéraux, ont fourni des capitaux
assez considérables destinés h s'investir dans le
matériel de péche, de traitement et de transport
la reconstruction ou l'amélioration des docks,
ports, halles, routes et chemins de fer ont elles
aussi fait appel, dans la plupart des pays, la
rôle important dans le financernent du développement agricole il ne faut pourtant pas négliger
participation des fonds publics.
Les fonds publics ont aussi joué un r6le impor-
la contribution apportée par la main-d'ceuvre
familiale non rétribuée. En outre, divers vices
propres aux institutions, le régime foncier par
exemple, ont souvent empêché les agriculteurs,
tant dans l'amélioration de la sylviculture et le
encore clans les régions pert développées du monde.
Si les revenus des agriculteurs de ces régions &nit,
en général, considérablement plus élevés qu'avant
la guerre, leurs économies sont trop faibles et les
A,
développernent des industrie forestières. Après la
guerre, l'octroi par des organismes internationaux
de dons et de préts a permis A, de nombreux pays,
dont les ressources financières étaient insuffisantes,
méme lorsqu'ils posséclaient certains excédents de
revenu, de procéder à d'importants investissements.
Aussi, la charge principale du financement du (MITloppement agricole dans les pays en question a-telle incombé aux gouvernements qui, pour se pro-
d'appliquer h la sylviculture des méthodes plus
rationnelles et de développer les industries forestières. Mais, dans l'ensemble, l'aide internationale
n'a fait que compléter les efforts énergiques, tant
publics que privés, déployés sur le plan national.
La plupart des pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique
clu Nord et d'Amérique latine ant maintenant mis
sur pied, sous les auspices de leurs gouvemements
ou d'entreprises privées, des programmes de boise-
curer les fonds, cut eu recours aux voies budgétaires normales et, dans certains cas, h des irnp6ts
spéciaux, h des emprunts ou encore au déficit
budgétaire. Mais comme les gouvernements des
pays insuffisamment développés ont at supporter
aussi, outre le financement du développement
industriel, la majeure partie du financement de
l'infrastructure (transports, communications et
services publics), lours ressources se sont en général révélées insuffisantes. Les fonds publics patio-
ment et de développement des industries forestières. C'est en Europe, ott l'exiguité des ressources par rapport aux besoins était la plus évidente,
que ces mesures ont été les plus variées et le plus
généralement appliquées. La sylviculture n'a pas
été la seule à bénéficier de l'aide financière, qui
n'a pas manqué non plus en matière d'utilisation
des forêts (routes forestières, rnécanisation ac-
naux ont fréquemment été complétés par des
allocations ou des préts accordés par des institu-
tions internationales publiques ou par d'autres
gouvernements, nouvelle pratique caractéristique
des années d'après-guerre. En règle générale, ce
financement d'origine extérieure n'a représenté
qu'une faible partie du total des investissements
destinés à l'agriculture, mais il a revétu une importance particulière, par exemple lorsqu'il a procuré
les devises nécessaires à l'achat de matériel étran-
crue de l'exploitation et des transports) et de
cYer.
nLes risques inhabituels qui sont propres à la
Investissements privés nationaux
peche ont, en général, découragé les investissements dans ce secteur, sauf en ce qui concerne
certaines entreprises hautement spécialisées et industrialisées (péche h la baleine, péche hautu-
Relativement peu nornbreux sont les pays qui
possèdent des données statistiques sur l'ampleur
des investissements privés nationaux en agriculture, bien que, de toute évidence, la principale
modernisation et de développernent des industries
forestières. En aidant financièrement et d'autres
manières les propriétaires de forks, l'Etat s'est
assuré leur collaboration poni- l'exécution de programmes de boisement nationaux.
40
sous forme de subventions et d'allocations spécia
les (subventions directes s'appliquant aux aliments
du bétail, aux engrais et au chalutage, primes de
source de fonds soit le capital privé. Au Canada.,
par exernple, les nouveaux investissements effectués depuis 1945 dans l'agriculture, les péches et
les forêts se sont élevés en moyenne h 480 millions
de dollars par an, provenant pour une bonne part
labourage et versements spéciaux dans le cadre
(lu Programme de certification des troupeaux du
Royatune-Uni, par exemple) qui, soit qu'elles
procurent un sureroit de revenus aux agricultenrs,
des gains courants des exploitants, Aux EtatsUnis, le capital privé a, entre 1948 et 1953, con-
soit qu'elles contribuent à diminuer le coat de
leurs moyens de production, ont favorisé l'augmentation des investissements sur les exploita-
sacré approximativement 3 milliards de dollars par
an (prix de 1947-49) h l'équipement durable et h.
la
construction en agriculture. En Allemagne
tions elles-mémes. Les investissements publics directs ne concernent habituellement que les projets
occidentale, au cours des quatre années et (Textile
qui ont suivi la réforme monétaire, près de 6 800
millions de D M (1 619 millions de dollars) dont
4 300 millions de D M (1 024 millions de dollars)
de grande envergure : travaux d'irrigation, de
drainage ou autres systèmes de contrôle des eaux,
routes locales, conservation du sol et autres travaux
d'intérét public. Par contre, dans les pays insuffisamment développés, les fonds publics s'investissent directement de manières relativement plus
ont été prélevés par les agriculteurs sur leurs
économies courantes, et le reste emprunté
ont
été investis dans le secteur agricole. Au RoyaumeUni,
la moyenne annuelle des investissements
nombreuses. Les fonds destinés aux grands tra-
bruts en capital, intéressant l'agriculture, les
forks et les péches pendo,nt la période 1949-1954,
s'est élevée h 87 millions de livres stcrlingJ
(243 600 000 dollars) aux prix du marché
courant ; au Danmark, les investissements agricoles bruts, entre 1946 et 1954, ont atteint 4 101
millions de couronnes danoises (594 300 000 dol-
VaUX de développement sont fournis directement
par des organismes publics ou des institutious
spéciales, et sont prélevés soit sur le budget ordinaire
du gouvernement central, départemental
soit sur des budgets spéciaux. Des
ou local
fonds provenant des excédents de la gestion de
monopoles d'exportation tels que les offices gouvernementaux de vente des produits agricoles en
Birmanie et les offices de vente des territoires de
l'Afrique britannique ont également servi h financer des projets de développement.
lars).
La situation a été très différente clans les pays
insuffisamment développés. Les gains des agricul--
teurs étant en général extrémement faibles, leurs
investissements se limitent à d'assez petites choses
cornme l'achat de bétail, d'outils, etc. Dans bien
des cas, les gouvernements ont pris l'initiative de
mobiliser les ressources inutilisées ou insuffisamment employées, dans les régions rurales en particulier, et de les consacrer coopérativement b. de
plus vastes entreprises. Les projets de développement des collectivités et les secteurs de développement (« Development Blocks ») en Inde, illus-
conformément au premier plan quinquen-
nal qui doit se terminer en 1955, a projeté de dépenser directement pour Pagriculture et le développement des collectivités une somme de 4 030
millions de roupies (838 millions de dollars),
auxquels il y a lieu d'ajouter une somxne globale
de 15 948 millions de roupies (3 317 millions de
dollars) pour l'irrigation et l'énergie, les transports
et communications ainsi que pour les services
trent cette manière de faire ; on 6-value h 47 700 000
sociaux qui profitent directement ou indirectement
l'agriculture. Au cours des trois premières années
roupies (10 millions de dollars), soit à environ 47
pour cent du montant total des dépenses encourues par le gouvernement, les contributions volontaires en espèces, terres, travail, matériaux, etc.,
depuis l'inauguration de cette politique en octobre
de la mise en ceuvre du plan, l'Inde a dépensé
effectivement 1 076 millions de roupies pour les
premiers de ces projets et un total de 7 228 millions de roupies pour les derniers. De même, à
Ceylan, le quart des investissements publics est
allé à l'agriculture ces dernières années, et une
autre tranche de 40 pour cent à des projets à fins
multiples aux transports et aux communications.
Les cinq signataires du Plan de Colombo ont, au
cours des années 1952/53 et 1953/54, attribué
collectivement 13 pour cent en moyenne de leurs
dépenses publiques pour le développement à l'agriculture, au développement des collectivités et
1952, jusqu'h la fin de 1954. Ce n'est là que le
comxnencement d'un programme très important qui
est probablement appelé à se développer. L'exécu-
tion de programmes semblables est déjà en cours
dans d'autres pays, particulièrement en ExtrémeOrient.
Fonds publics nationaux
Dans les pays développés, les fonds publics sont
en général mis
la disposition des agriculteurs
A, la réinstallation, 28 pour cent A. l'irrigation,
A,
41
l'énergie et h des projets h fins multiples, 24 pour
cent aux transports et aux communications et 24
pour cent encore aux ceuvres sociales. Au Japon,
les investissements publics consacrés à l'agricul-
ou bien ont été consacrés à tel ou tel projet de
ture, aux foréts et aux pêches, se sont élevés,
pendant la période 1948-1952, à 141 milliards de
bois en Birmanie ont atteint; de 1947/48 h 1954/55,
une moyenne de 286 millions de kyats (60 millions
yens (392 millions de dollars), dont 35 333 millions
(98 millions de dollars) ont été investis directement
de dollars), soit 42 pour cent des recettes annuelles du Gouvernement. En Thailande, l'Office du
par l'Etat, le reste étant constitué par des subventions et des prêts accordés par he gouvernement
riz a fourni plus de 10 pour cent des recettes
développement. C'est ainsi que les contributions
versées par l'Office gouvernemental de vente des
produits agricoles et l'Office gouvernemental du
annuelles ; les offices de vente de l'Ouest africain
avaient, à la fin de 1952, investi localement plus de
aux agriculteurs. L'Argentine, au titre de son
25 millions de livres sterling et dépensé d'autre
plan quinquennal (1953-1957), envisage de consacrer près de 1 287 millions de pesos (172 millions de
dollars) au secteur agricole et 560 millions de pesos
part 5 millions de livres pour la recherche et
l'éducation, sans compter les 125 millions de livres détenus au fonds de stabilisation.
Malgré cet accroissement rapide des investisse-
(75 millions de dollars) au secteur forestier. Au
Brésil, compte non tenu du programme d'investissement fédéral en vue du développement agricole, l'Etat de Sao Paulo (qui est éminemment
agricole) a mis en ceuvre un plan de développement de l'agriculture s'étendant sur quatre ans et
qui comporte un programme d'investissement de
ments publics nationaux, un grand nombre de
pays se sont rendu compte que leurs seules ressources internes ne leur permettraient pas d'atteindre des objectifs, même relativement modestes, en
matière de développement. 11s ont done fonclé de
grands espoirs sur la possibilité de trouver des
capitaux sur le plan international. Mais, dans la
plupart des pays, la situation immédiatement
212 800 000 cruseiros (approximativement 11 millions de dollars au cours officiel). Le plan de déve-
loppement économique du Bassin de l'Amazone
prévoit une dépense de 19 500 000 cruseiros (environ 1 million de dollars) en 1955 et en 1956
au titre des foréts. D'autres pays de l'Amérique
latine signalent qu'ils effectuent des dépenses en
après la guerre n'était pas près propice aux hives-
tissements étrangers de grande envergure. Des
restrictions de toute sorte aux mouvements des
capitaux, et aussi l'instabilité politique et économi-
capital assez importantes. En Egypte, sur un
total général de 21 600 000 livres égyptiennes (soit
61 800 000 dollars), les dépenses prévues pour
l'agriculture au cours de la période 1952/53-1955/56
s'élèvent à environ 4 millions de livres égyp-
que, ont fait gravement obstacle an mouvement
cles capitaux privés. La situation redevenant plus
normale dans un nombre toujours plus grand de
pays, les choses se sont légèrement améliorées au
cours de la deuxième moitié de cette période. Le
tiennes (11 400 000 dollars). Le plan quinquennal
mouvement des fonds a retrouvé quelque sou-
de la Jordanie consacré au développement économique affecte 2 millions de dollars environ au
boisement et h l'amélioration des industries fores-
plesse, les capitaux étrangers se sont vu accorder
certaines facilités (garantie de rapatriement des
capitaux et des intéréts, par exemple) et la double
tieres ; l'Irak dépcnse annuellement plus d'un
imposition a été abolie.
demi-million de dollars pour le développement de
ses forèts. il existe, dans la plupart des pays du
Proche-Orient, des programmes semblables pour
Investissements privés internationaux
dans P agriculture
le financement de la mise en valeur des terms, de
l'irrigation, du développement général de l'agriculture et des foréts.
Les investissements de cette catégorie ont été
relativement insignifiants, sauf ceux qu'ont effeetués certaines maisons commerciales des EtatsUni en faveur des cultures de plantation (sucre,
Les fonds publics nationaux mat également cons-
titué la source première du financement des programmes de développement en de nombreuses
régions coloniales
bananes, etc.) en Amérique centrale et dans la
régions des Caraibes, et certains pays européens
(50 pour cent environ dans
l'ensemble des territoires britanniques). Les bénéflees des monopoles gouvernementaux d'exporta-
industrialisés dans des pays d'outre-me]', y compris
leurs territoires non-autonomes. Sur un montant
total net de 5 081 millions de dollars de capitaux
privés provenant des Etats-Unis qui, de 1946
1953, ont été investis directement h l'étranger,
tion, bien que devant servir d'abord à stabiliser
les prix payés aux agriculteurs, ou bien sont venus
grossir les recettes générales de l'Etat, puis ont
été réinvestis en vue du développement de l'agri-
peine 42 millions de dollars (nets), soit mains de un
pour cent, sont allés à l'agriculture. Sur ce dernier
culture et du développement économique général,
42
plus de 10 pour cent, représentaient des pre-1,s destines A., l'aide directe à l'agriculture (tableau III-1).
L'agriculture a aussi bénéficie indirectement
montant, 36 millions (nets) ont été investis dans
les seuls pays latino-américains. A la fin de 1953,
le capital non remboursé (investissements directs
seulement) s'élevait h 16 304 millions de dollars,
dont 658 millions settlement, soit 4 pour cent,
étaient investis dans l'agriculture (548 millions,
soit 83 pour cent, en Amérique latine.)
des préts en faveur de Pénergie électrique et des
transports ainsi qu'en faveur de la reconstruction et du développement general, qui représentaient 1 126 millions de dollars. Le prét le plus
important destine à l'aide directe à 1:agriculture
Au Royaume-Uni, les investissements privés non
remboursés dont on sait qu'ils sont allés h l'agricul-
a été accordé à l'Australie (91 millions de (lollars),
suivie (53 millions de dollars) par l'Europe occidentale (principalement l'Italie).
Les subventions et les préts intergouvernementaux ont également facilite les investissements
ture des territoires d'outre-mer (caoutchouc, the
et café) sont passes de 117,6 millions de livres en
1946 A, 119,2 millions en 1952, soit S à 10 poni
cent du total des investissements privés à l'étran-
dans nombre de pays durant les années d'aprèsguerre. Mais la part de l'agriculture a été relativement faible. Plus de 14 milliards de dollars ont
été verses au titre du Plan Marshall aux pays européens, mais 200 millions seulement peuvent
étre nettement identifies comme ayant été investis dans l'agriculture sous forme de tracteurs
et de machines agricoles. Certes, les investisse-
ger. On a enregistré depuis un nouvel afflux de ca-
pitaux, notamment de capitaux privés investis
long terme ; mais il est peu probable que la part
de l'agriculture ait augmente.
La raison principale pour laquelle le capital
privé ne s'intéresse que médiocrement à l'agriculture est le caractère rnoins rentable des entreprises
agricoles par rapport aux autres secteurs économiques. Il est donc peu probable que les investissements privés internationaux allant directement
l'agriculture augmentent dans un proche avenir,
sauf peut-étre ceux que les pays métropolitains
effectuent dans les territoires d'outre-mer. Mais
des fonds prives trouveraient pent-are à s'inves-
ments en faveur de Pénergie et des transports n'ont
pas peu favorisé Pagriculture, qui a egalement
bénéficié indirectement des credits fournis par les
fonds de contrepartie, dont 10 pour cent environ
sont allés A, des projets intéressant l'agriculture,
les pèches et les fOréts. De inème, les 900 millions
de roupies du fonds de contrepartie correspondant
tir dans l'agriculture et les entreprises qui s'y
rattachent grâce h des emprunts effectués par des
organismes publics sur les marches de capitaux
étrangers ou métropolitains. Les investissements
privés pourraient encore être encourages par des
aux préts consentis sous forme de blé à l'Incle
ont été utilises en totalité pour aider financer
le Plan quinquennal clurant les trois premières
garanties à l'exportation comme celles qui sont
accordées dans le cadre du Plan de Colombo ont
augmente les ressources financieres des pays benéficiaires. Au 31 décembre 1954, l'Export-Import Bank des Etats-Unis avait verse à différents
pays un total de 261 millions de dollars (dont 116
millions A, l'Amérique latine) pour l'achat d'équi-
AL,
années (195171952-1953/1954).
accordées par l'Export-Import Bank des Etats-Unis
ou l'Export Credit Guarantee Department de la
Banque d'AngletetTe.
Fonds publics internationaux
Les subventions
pexnent agricole, pour des travaux d'irrigation
et pour le développement general de l'agriculture.
L'importance croissante des fonds publics internationaux clans le financement des investissements est un autre fait caractéristique de l'aprèsguerre. La Banque internationale pour la recons-
Ce montant ne représente toutefois que 4 pour
cent environ du total des credits autorisés par
l'Export-Import Bank jusqu'à cette date.
Les territoires d'outre-rner de certains pays de
l'Europe occidentale constituent un cas assez particulier : depuis quelques années, les pays metropolitains leur accordent des Eubventions et des
prèts importants. Le Royaume-Uni a ouvert un
credit de 140 millions de livres au titre des Colonial Davelopment and Welfare Acts de 1945 et
de 1950, et de 80 millions de livres au titre de la
loi de 1955. Exception faite de certains montants
destines A, la recherche et A., des travaux poursuivis dans la métropole, ces fonds sont alloués aux
différents territoires titre de subventions pour
truction et le developpement est le principal organisme qui fournit de tels fonds ; mais il faut
signaler egalement que des fonds ont été alloués
au titre de subventions et de préts intergouvernementaux et, dans une certaine mesure, par des
organismes officiels speciaux de financement, com-
me l'Export-Import Bank des Etats-Unis ou différents fonds pour le développernent des colonies
qui existent au Royaume-Uni et en- France.
Au 30 juin 1955, le montant total des prets
consentis par la Banque internationale atteignait
2 274 rnillions de dollars, dont 233 millions, soit
A.,
43
TABLEAU I
BANQUE INTERI,TATIONA LE POUR LA RECONSTRUCTION ET LE D E.VELOPPEMENT
ACCORD ES Ali 30 Ji_TIN 19551
Dual Qt-Es
xtreime-
Total
Orient
Proehe-
Orient 2
rique
Amstralie
E itrope
PRATS
Flémi-
sphère
occidental°
31illions de, dollars des
Total général
2 274
Préts destinés la reconstruction
Développement gén6ral
(-sr.
75
223
259
818
497
h..
Aide directe
304
497
135
l'artricultttre
90
94
3
10
53
6
33
o
3
--
4
48
24
20
2
2
15
1 126
Autres prets
91
78
7
6
15
Aide indirecte et l'agriculture
Transports
Energie
75
40
34
233
104
86
29
Machines et pièces detachées .
Irrigation et hydraulique fluviale
Bonification des terres
Emmagasinage des céréales
Equipement forestier
595
194
67
127
46
183
107
21
25
95
88
74
33
96
60
36
500
508
618
283
76
2
61
97
47
35.1
6.2
8.3
191
309
Pour cent
Pourcentage d'aide direete h Tagriculture
12.6
10.4
9.3
°Par , préts accordés ) on entend les pr 'Os autorisés (2 325 millions de dollars), deduction faite des préts annulés.
° Y compris la Turquie,
pement, dont ils financent environ le sixième du
seas Food Corporation (qui a fusionné avec la
Tanganyika Agricultural Corporation) et de la
coa total d'exécution. Les Fonds pour le
Colonial Development Corporation.
la mise en ceuvre de leurs programmes de dévelopde-
veloppement et le bien-étre des colonies dépensaient récemment 14 millions de livres par an ;il
est prévu que ce chiffre sera de l'ordre de 24 mil-
Le plan de développement des territoires Irancais d'outre-mer est presque entièrement financé
par la métropole. En principe, le Fonds d'investissements pour le développement économique et
social (FIDES) est constitué par des subventions
accordées par la France et par des contributions
lions de livres en moyenne durant la période 19551960. A ces subventions directes, viennent s'ajouter des investissements assez importants de l'Over-
TABLEAU IIT-2. INDICES DE LA FORMATION DE CAPITAL FIXE A DES PRIX CONSTANTS
Territoires
Territoires britannigi es
Territoires français
1948
1950
1951
1952
19532
100
107
113
121
142
145
...
100
123
117
126
Ill
100
...
...
...
Congo belge
Territoires por ugais
1949
...
100
180
160
2 Dans la plupart des cas, les chiff'es sont très approximatifs. Les indices ci-dessus des investissements dans les différents
territoires ne sont pas comparables, (Ain't donné la diversité des eléments qu'ils représentent et des méthodes de calcul.
°ChitTres provisoires.
Chiffre non disponible.
Source : Sixième rapport de DOECE, Vol. II, mars 1955.
44
des territoires eux-rnemes ; mais la. plus grande
partie de ces dernières consiste en prêts h long terme du Trésor franeais. Le plan de développement
soins des cultivateurs à faible revenu, notanurient
en matière de credit A. long et à moyen termes.
Des dispositions spéciales ont done été prises dans
de nombreux cas pour venir en aide h. ces cultivateurs.
Dans les pays sous-développés, le nombre li-
du Congo belge est finance par des ressources
locales, complétées par des emprunts contractés
sur les marches de capitaux beige et étrangers,
mais le Gouvernement beige a consenti un prét
mite d'institutions de credit a été un obstacle
a, long terrne au Ruanda-Urundi.
Ces fonds et ces emprunts ont permis d'accélérer le rythme de la formation de capital dans les
tout aussi sérieux que le manque de fonds. Dans
la plupart des pays d'Extréme-Orient, il n'existait, jusqu'à l'avant-guerre, qu'une seule institution qui accordait des credits A, l'agriculture,
société cooperative de credit. Mais, ainsi que le
montre une enquête récente sur le credit agricole
en lude, les institutions cooperatives ne fournissent encore, après un demi-siècle, que 3 pour cent
du montant des somrnes empruntées par les cultivateurs ; le gouvernement en fournit également
3 pour cent et les banques commerciales 1 pour
cent seulement, alors que les particuliers
preteurs, commergants et propriétaires fonciers
territoires d'outre-mer, notamrnent par rapport
la situation telle qu'elle était immédiatement
après la guerre. Mais les investissements totaux
dans tous les territoires d'outre-mer sont finances, dans une large mesure, grace à des fonds publics et privés d'origine nationale.
Crédit intérieur
Le credit intérieur est à la fois la source et le
en fournissent 93 pour cent. La situation n'est
guère différente dans la plupart des pays de la
region, exception faite du Ja.pon où il existe un
moren du financement du développernent de l'agri-
culture, des pêches et des forks. On a constaté,
durant la période d'après-guerre, que les institutions de credit de nombre de pays n'étaient pas
en mesure de faire face aux besoins croissants de
système relativement développé d'institutions de
financement gouvernementales et cooperatives.
Dans la plupart des pays du Proche-Orient et de
l'Arnérique latine, les institutions de credit agricole ne sont pas non plus très développées. Toute-
l'agriculture. On a done eu largement recours aux
fonds publics pour financer, en utilisant des ins-
titutions officielles de credit qui existaient déjà
ou qui avaient été créées à cette fin et aussi
fournissant une assistance financière aux sociétés cooperatives de credit, les besoins d'investissement peu importants, et souvent aussi les frais
généraux courants des cultivateurs, des pêcheurs
et des forestiers.
Dans les pays développés on, en general, le
credit était déjà bien organise, le problème était
relativement plus simple, les fonds publics pouvant étre canalises par les organismes existants.
Toutefois, même dans les plus développés de ces
pays, conune le Royatune-Uni et les Etats-Unis
d'Amérique les moyens de credit existants ne
permettaient pas tout A, fait de faire face aux be-
dans les pays très développés, les credits
consentis aux cultivateurs par des particuliers
(parents, cornmerants, courtiers, etc.) jouent
rôle important. C'est ainsi qu'aux Etats-Unis,
en 1951, 1952 et 1953, le montant total de ces
credits a représenté 23,9, 26,2 et 27,8 pour cent
respectivement des emprunts contractés par les
cultivateurs. Le tableau 111-3 indique l'importance du credit consenti par les institutions de
fois,
financernent dans les pays cléveloppés et les pays
sous-développés.
Depuis la fin de la guerre, un grancl nombre de
pays sous-développés se sont efforcés tout particulièrement d'accélérer la creation d'institutions
publiques, semi-publiques et privées de credit ou
de développer celles qui existaient déjà. En Amérique latine, par exemple, le credit agricole a été
organise pour la première fois sur le plan national dans un certain nombre de pays, comme Cuba,
Haiti et le Honduras. Sur toute l'étendue du territoire costa-ricain, la Banque nationale a mis sur
pied des bureaux de credit rural qui desservent des
regions de peu d'étendue et qui sont administrés
ressort de l'enquête effectuée récemtnent au
Royaume-Uni par la Fonclation Horace Plunkett
qu'il est rare qu'un petit producteur s'adresse
l'Agricultural Mortage Corporation ou utilise les
préts consentis par les County Councils, les conditions et les modalités de remboursement étant considérées comme strictes et difficiles. Il demande
done souvent aux commerçants des facilités de
erédit et de location-vente, pour lesquelles il paye
un intérêt de 20 à 30 pour cent, voire davantage.
1-ux Etats-Unis, dans un message récent sur les
problèrnes qui se posent aux cultivateurs à faible
revenu, le Président déclare instamment que le
volume actuel des crédits à moyen terme n'est pas
suffisant et qu'il y aurait lieu de renforcer les ser-
par des agents locaux. Au Brésil, le réseau bancaire
a été renforcé par la creation de deux nouveaux
établissements s'intéressant au développement de
l'agriculture, la Banque nationale pour le develop-
vices gouvernementaux compétents.
45
CREDIT AGRICOLE ACCORDE PAR DES INSTITITTIONS ET RESTANT A REIMBOURSER A LA FIN
DE 1953, PAR RAPPORT A LA SUPERFICIE ET A LA POPULATION AGRICOLES
TABLEAU
Pays
Mordant
I. Montant moym des prêts restant a rembourser, , par hectare de terre agricole (égni valent de terre arable)
Plus de 100 dollars
Norvège, Suede, japon
De 80 à 100 dollars
Israel, Italie, Porto Rico
60
Finlande
Belgique, Allemagne occidentale
80
60
40
40
20
Autriche, France, Etats-Unis, Argentine, Chili. Cuba, Nouvelle-Zélande,
90
10
5
10
5
Moins de
1
»
dollar
Philippines
Canada, Brési12, Australie
Portugal, YoUgoslavie, Turquie, Egypte
Honduras, Mexique, Inde 2, Indonésie, ThaIlande, Maroc
Birmanie, Cambodge, Iran
IT. Montant moyen des prêts restant à rembourser par habitant (population agricole)a
Plus de 500 dollars
De 400 à 500 dollars
300
200
100
50
25
15
5
400
300
200
100
50
95
Moins de
Argentine
Brésil 2, Algérie
5
1
Norvège, Suède, Etats-Unis, Australie
Finlande, France, Canada, Israel
Belgi.que, Italie, Chili
Autriche, Allemagne occidentale, Japon
15
1
Nouvelle-Zélande
dollar
Portugal, Yougoslavie, Turquie 2, Mexique, Philippines
Ceylan, Thailande, Egypte
Inde 2
s'ag,it ici uniquement des credits accordés par des institutions tinanciéres (institutions publiques et serni-publiques,
bauques, compagnies d'assurance, cooperatives, etc.), h l'exclusion des avances eonsenties par les connner,:ants, negociants, préteurs prives, etc. Le rdle de ces deriders est évidemment important, en particalier dens les pays les moins developpés. Les eniffres concernant le credit agricole non remboursé sont bases sur les réponses aux questionnaires relatifs
au credit, envoyés par la FAO, telles qu'elles apparaissent an tableau annexe 5.
On entend par terre agricole les terres arables (vergers et jacheres compris), les prairies permanentes et, (Antrum fois que l'on
possède des renseignements sur ceuxei, les pilturages naturels. Les prairies non améliorées et les paturages à l'aat nature' ont
été convertis en ,= equivalent de terre arable en utitisant un coefficient de conversion approximatif, genéralement 1/10.
*Préts restant i. rembourser 1, la fin de 1962.
* Les chiff res relatifs h la population agricole de tous les pays, sauf 1 Allemagne, sont eeux de l'Annuaire de statistiqaes
agricoles de la PAO. Pour l'Allemagne, les chigres sont ceux du Reoen,enteni mondial de ragriezature de 1950.
NoTE :
TI
pement de l'agriculture, la Banque nationale pour
réorganiser les banques agricoles existantes ou
le développement économique et la Banque du
nord-est brésilien. En outre, pour asSurer que les
pras sont utilisés d'une manière rentable, certains pays comme le Brésil, le Honduras, le Nicaragua, le Paraguay et le Venezuela ont organisé le contrôle du crédit agricole en particulier
de celui qui est accordé aux petits cultivateurs.
de renforcer leur position ; une nouvelle banque
vient de s'ouvrir au Liban.
Ces mesures ont légèrement augmenté le volume du crédit consenti par les institutions A, l'agriculture dans les regions sous-déVeloppées. Toutefois, malgré cette arnélioration, le volume du
crédit est bien inférieur dans ces pays à ce qu'il
est dans les pays développement éconornique
avancé, tant du point de vue de la superficie que
de la population (tableau 111-3).
Dans la plupart des pays d'Extrême-Orient
b.,
(Birmanie, Cambodge, Ceylan, Indonésie, Japon,
Malaisie, Pakistan, Philippines et, Viet-Nam),
diverses institutions spécialisées et semi-spécialisées de crédit agricole ont été créées. En Inde,
Autres services
où il n'existe pas d'institution spéciale de crédit
agricole, la Reserve Ba.nk a augmenté le volume
de ses avances aux bureaux des hypothèques et
aux banques coopératives. Certains pays du
Transports. E est bien évident que les investissements nécessaires au développement agricole
Wont pas été seulement des investissements directs
dans l'agriculture proprernent dite. Nombre de
pays dévastés par la guerre ou à faible dévelop-
Iran, Irak, Jordanie,
Syrie et Turquie) se sont également efforcés de
Proche-Orient
(Egypte,
46
nes destines h economiser la main-d'ceuvre tout
en allégeant le travail des ménagères. Des appareils eomme ceux qui permettent la congélation
individuels ou collectifs
basse temperature
améliorent les conditions du commerce. En
outre, l'energie électrique a, dans les districts
ruraux, donne l'essor A, de nouvelles usines de
transformation dans les centres de production ou
clans les environs immédiats, creant ainsi des débouches faciles et contribuant à faire baisser le
prix du produit fini. Elle a également fait naitre
des industries rurales qui constituent une source
commode de produits destines aux consommateurs ruraux ainsi qu'un remède partiel au chô-
pement économique ne possedaient pas les moyens materiels de conserver les produits agricoles
et de les acheminer vers les marches. L'absenee
de routes, de voies ferrées, de voies navigables et
de véhicules rend impossible Facheminement des
produits à partir du lieu de production et l'agriculture de subsistance demeure le seul objectif
de toute Factivité économique. :Wine là oil existent des routes et des voies ferrées, la capacité
insuffisante des transports, ainsi que Pirrégularité
et la médiocrité du service, peuvent entrainer de
graves pertes matérielles et économiques.
Les nécessités créées par la guerre ont developpe
dans une certaine mesure les moyens de transport dans des regions comme le Proche-Orient
et l'Afrique, où ils n'avaient été jusqu'alors que
très peu nombreux et désuets. Dans les pays oti
ces rnoyens ont continué de fonctionner après
la guerre et ont pu être facilement transformés
pour être utilises en temps de paix, ils ont contribué de manière sensible au développement de
mage agricole, saisonnier ou structural.
On ne saurait, dans le cadre du present rapport,
essayer de chiffrer le développernent des moyens
de transport, de l'énergie électrique, de la fabrication des produits alimentaires ou des industries
rurales pendant ces dix dernières années. Si les
progrès accomplis ne font aucun doute, de vastes
possibilités s'offrent encore, compte tenu toute-
l'agriculture.
fois des difficultés qui ont été examinees en partie
Dans d'autres parties du monde, on a assisté
durant la période d'après-guerre à un developpement extraordinaire cles moyens de transport.
clans la section sur le financement du developpement agricole. Il est encore d'autres clifficultés,
qui découlent du manque de main-d'ceuvre spécialisée, de l'absence de connaissances techniques
ou du fait que l'on ne cornprend pas l'importance
que présente pour le développement de l'agricul-
Dans les regions dévastées par la guerre, la recons-
truction des routes, ponts et ports, du materiel
roulant et des voies ferrées détruits a fourni Foecasion d'apporter de grandes ameliorations techniques. Dans les pays développés, les transports
frigorifiques ont élargi le marché cles denrées perissables (viande, poisson, fruits et legumes). Le
ture, un grand nombre de ces services et facilités auxiliaires. Il s'agit lh d'un domaine où l'assistance technique, internationale et bilatérale,
peut contribuer de plus en plus au progrès futur
de l'agriculture.
développement des moyens de transport a occupé la première place dans les programmes de
cléveloppement de presque tons les pays et a été
finance en partie, cornme il a été mentionné plus
haut, par des fonds internationaux. La creation
de -routes et de voies ferrées, l'amélioration et
l'agrandissement des ports ont, pour la première
fois, permis aux cultivateurs du Pi-oche-Orient,
de l'Extrème-Orient, de l'Amérique latine et de
l'Afrique d'atteindre les consommateurs urbains
et de trouver des débouchés pour l'exportation.
Electricité. L'augmentation de la production
d'énergie électrique a été plus spectaculaire encore. Elle a permis d'amener le courant ordinaire
et le courant industriel dans les regions rurales,
meme lorsque aucun effort special n'a été tenté
RÉFORMES DE STRUCTURE EN VUE
D'AIDER AU DEVELOPPEMENT AGRICOLE
La nécessité d'accroitre la production agricole
et aussi des modifications d'ordre politique, ont
entrainé depuis la guerre des changernents assez
importants de caractère structural, dans le regime foncier et
foncier par exemple. La
structure des institutions peut faire obstacle de
bien des manières au développernent de l'agriculture. 11 est parfois impossible de moderniser
les méthodes agricoles parce qu'un regime fon-
cier archaique maintient le revenu du fermier
h un niveau si bas que celui-ci ne peut ni economiser ni investir, ou encore paree que le minimum
de sécurité d'occupation qui encouragerait le locataire à investir les fonds dont il dispose en vue
cl'arnéliorer l'exploitation ne lui est pas garanti,
ou parce que des couturnes ou des lois rigides in-iposent des systèmes de culture surannés. Le mor-
cette fin. Le succès de l'United States Rural
Electrification Administration a encourage cles
efforts similaires sur le plan national ou la cooperation internationale dans ce domaine, en Europe
par exemple, sous l'égide de la CEE. Partout
il a été installé, le courant électrique a perrnis
d'utiliser dans les ferrnes des outils et des machi47
Transfert de la propriété
cellement exagéré ou l'existence d'exploitations
que leurs dimensions réduites rendent peu rentables, risquent d'empecher le cultivateur d'utiliser son temps au mieux ou d'adopter des moyens
modernes de production, la mécanisation par
exemple. La trop grande étendue d'une exploitation risque également, par ailleurs, de freiner le
progrès si le propriétaire ne possède ni les capitaux, ni le désir, ni les aptitudes nécessaires pour
mettre en valeur sa propriété. Des titres de propriété incertains diminuent les possibilités de credit. Malgré les efforts considérables qui ont été
faits depuis la guerre pour améliorer les rapports
entre l'homm. e et la terre, le système agraire de
Dans les années d'après-guerre, des mesures de
transfert de la propriété aux cultivateurs ont été
adoptées, en Extrem'e-Orient, par le Japon, l'Inde,
le Pakistan, la Birmanie, la Chine et Taiwan ;
Europe, par la Finlande, l'Italie, l'Espagne et les
pays de l'Europe orientale ; au Proche-Orient,
par l'Egypte et la Turquie, entre autres ; en Amérique latine, par la Bolivie, le Guatemala et Porto
Rico. Si toutes ces politiques gouvernementales
ont pour objectif commun le relèvement des niveaux de vie et l'amélioration des conditions de
la population agricole, le climat social et économique dans lequel elles ont pris naissance a souvent été bien different.
Dans les pays d'Europe orientale, c'est l'abolition de formes semi-féodales de propriété foncière
bien des pays de l'Europe orientale et méridionale,
du Proche-Orient, de l'Extreme-Orient et de l'Arné-
rique latine constitue encore un obstacle sérieux
au progrès de l'agriculture.
Des réformes agraires, au sens le plus large du
terme, ont été effectuées tant dans les pays développées que dans les regions peu développées.
Elles ont porté sur les problèmes suivants : redistribution et enregistrement des terres, remernbrement des exploitations, ameliorations des rapports entre propriétaires et occupants, contróle
des loyers, modifications de l'imp6t foncier. L'organisation des investissements et du credit agricole a été étudiée plus haut.
Dans les pays developpés, l'effort a porté surtout sur le remernbrement ; dans les regions sousdéveloppées, il a porté sur la distribution des
grands domaines très exploités ou des terres inu-
qui a été considérée comae l'aspect essentiel de
ces mesures : l'objectif final était la collectivisa-
tion de l'agriculture. En Finlande, la
réforxne
agraire a été envisagée comrne une nécessité na-
tionale répondant à l'état d'urgence determine
par l'afflux de personnes déplacées provenant des
territoires cedes. Dans les pays d'Extréme-Orient,
les programmes de réforme sont, de longue date,
orientés vers l'élimination de formes périmées de
propriété foncière. Le trait commun aux legisla-
tions asiatiques récentes n'est pas tant l'abolition des grands domaines que la suppression des
droits sur la terre qui diminuent le revenu et aggravent la condition sociale des travailleurs agricoles (regime zamindari et ses variantes en Inde
et au Pakistan, par exemple). En general, ce ne
tilisées appartenant au domaine public ou à la
couronne, ainsi que sur la diminution du nombre
des intermédiaires entre propriétaires et cultiva-
sont ni les dimensions des propriétés, ni leur mau-
teurs. Les rapports entre propriétaires et occupants ont été améliorés dans les pays developpés et dans les pays sous-développés ; dans ces
derniers, toutefois, il s'est agi presque toujours
d'une mesure complémentaire ou méme temporaire, en attendant le transfert du droit de propriété aux cultivateurs. Dans nombre de pays,
ces mesures d'amélioration du regime foncier se
\raise gestion, qui dans ces pays ont determine
l'expropriation, mais la forme de tenure. Les benéficiaires ont été le plus souvent ceux-là mémes
qui eultivaient déjà le fonds selon diverses formules d'affermage, et (sauf au Japon) les trans-
ferts de propriété n'ont guère eu d'effet sur les
dimensions de l'exploitation ou sur le type d'agriculture.
La legislation récemxnent adoptée en ExtremeOrient a une portee considerable. C'est ainsi qu'en
Inde elle intéresse environ le tiers du pays ; au
sont accompagnées de mesures complémentaires
dans les domaines du credit agricole, des cooperatives, de l'éducation et de la vulgarisation. On
a également eu recours à Forganisation cooperative en matière de remembrement des terres, et
Japon, le nombre de personnes auxquelles sont
assignees des terres représente plus de la moitié
dans quelques cas, méme en matière d'utilisa-
du nombre total des ménages agricoles. En Chine,
env-iron 350 millions d'habitants ont été touches
par la réforme agraire.
tion et d'exploitation des terres. On a eu souvent
recours à Pimp& pour faire piece h quelques pri-
En Europe occidentale, durant cette période,
la réforme agraire n'a eu généralement qu'une
portee limitée. En Italie, plus de 700 000 hecta-
vilégiés entre les mains desquels les terres s'étaient
accumulées, pour morceler les grands domaines
et pour encourager eertaines formes de propriété
ou certains types d'organisation.
res avaient été expropriés à la fin de 1954, moyen48
Amélioration des conditions de tenure
nant paiement d'une certaine indemnité aux propriétaires, et environ 350 000 hectares de terres,
dont la plupart étaient jusqu'alors restées incultes ou avaient été utilisées pour la culture exten-
De grands progrès ont été accomplis à cet égard
dans de vastes regions du monde. Dans les pays
d'Europe occidentale, la legislation récemment
introduite apporte une sécurité encore accrue aux
cultivateurs exploitant des fonds loués, et dont la
position était, dans l'ensemble, déjà assez stare.
En 1948, le Royaume-Uni, complétant la legislation anterieure, a realise la pleine securité des
conditions d'occupation des terres pour le ferinier competent, qui ne peut recevoir son congé
s'il cultive le fonds loué conformément aux règles
(l'une bonne exploitation. Des droits étendus au
dédommagernent rend onéreuse pour le propriétaire foncier toute modification des accords de
ferrnage. A la faveur d'une legislation récente, la
Belgique s'est orientée dans une (irection semblable ; en Espagne, la nouvelle legislation tend
surtout à empêcher l'éviction souclaine des teriniers à l'expiration des baux actuels.
En Extreme-Orient, les mesures prises visent
généralement les objectifs suivants : i) fixer une
durée minimum de location ; ii) limiter les possibilités d'éviction ; iii) établir le droit du ferrnier
a. la remise en état des terres ; iv) mettre fin
l'absentéisme des propriétaires et encourager la
propriété paysanne ; v) restreindre les sous-locations ; vi) obtenir poni- les fermiers des indemnités de plus-value. En Inde, au Japon, au Pakistan, aux Philippines et à Taiwan, une legislation
nouvelle a été introduite dans le cadre d'un programme general de réforme agraire ; elle porte
sur la securité des conditions d'occupation des
sive, ont été assignés A, 65 000 families. En Espagne,
l'Institut national de colonisation agricole avait
acquis, à fin 1953, 600 000 hectares, et une superficie totale de 207 000 hectares avait été livrée
la colonisation. En Allemagne occidentale, 280 000
hectares seront libérés en vertu des décrets d'ex-
propriation de 1948. En Yougoslavie, environ
800 000 hectares ont été distribués après la guerre
aux personnes pauvres et sans terres ; la propriété
des exploitations y est aujourd'hui largement dis-
tribuée et l'agriculture cooperative a été encouragée et s'est développée rapidement jusqu'en
1951.
Au Proche-Orient, la loi egyptienne de 1952
sur la réforme agraire prévoit que, d'une manière
générale, nul ne peut étre propriétaire de plus de
84 hectares de terre agricole à la fin de 1953,
environ 170 000 hectares avaient été expropriés
ou étaient en voie de l'étre. Toutefois, la distribution effective des terres se faisait beaucoup
plus lentement. En Turquie, 253 000 hectares ont
au total été distribués A, 52 000 families, conformer
ment h la loi de 1945 sur la réforme agraire. Des
mesures semblables ont été prises au Liban, en
Iran, en Irak et en Syrie.
En Arnérique latine, le décret bolivien de 1953
sur la réforme agraire, qui fixe la superficie mamum des terres arables pouvant are comprises
dans des exploitations petites, moyennes ou gran-
des, selon les conditions de sol et de climat, est
encore en cours d'application. Lorsqu'on dispose
d'assez de terre, on s'efforce d'attribuer à chaque
terres, y compris le droit à coznpensation et le contrôle des loyers. Cette nouvelle legislation interdit
d'exiger du ferrnier des journées de travail ou des
famille une exploitation minimum. A Porto Rico,
la politique de réforrne agraire a donne lieu
prestations personnelles et de lui imposer toutes
autres conditions défavorables, telles que l'obli-
l'adoption de trois programmes : exploitation des
grands dornaines par les pouvoirs publics, avec
participation des travailleurs aux benefices ; colonisation agricole familiale ; lotissement de ter-
gation de vendre la production au propriétaire
du fonds. Appliquée avec succès, cette legislation
améliore considérablement la sécurité des condi-
rains destines à l'établissement d'ouvriers agricoles. Le premier de ces programmes, exemple
remarquable de réforme agraire mise en oeuvre
dans une éconornie du type plantation, vise
assurer aux ouvriers agricoles travaillant sur de
tions d'occupation des terres et le statut social
du cultivateur. En Birrnanie, la loi prive le pro-
vastes domaines les benefices de la propriété, sans
voirs du propriétaire.
que celle-ci soit divisée. Au Guatemala, une loi
récente vient de modifier un ancien programme
general d'expropriation et de redistribution des
terres. Aucune nouvelle expropriation n'aura lieu
et des dispositions sont prises pour que les propriétaires qui ont été expropriés puissent presenter un recours.
Dans les autres regions, on n'a guère enregistré
de progrès dans la condition des fermiers durant
priétaire d'un domaine de plus de 20 hectares du
droit de résilier un bail ou d'expulser un fermier
et investit les comités agraires de village des pou-
cette période. En Amérique latine, seul l'Uruguay
pris des mesures appropriées. Au Proche-Orient,
il West guère que la loi égyptienne récente sur la
réforme agraire qui donne quelque securité aux
fermiers.
49
Le problème de la sécurité des conditions d'oc-
porté an cours des dix dernières années sur de
vastes étendues et des programmes de portée
cupation des terres et du contrôle des loyers se
présente évidemment de façon très différente
considérable sont élaborés pour l'avenir.
Le remembrement des exploitations agricoles
dans les pays évolués et dans les régions insuffisamment développées. Dans certains des premiers, le problème consiste aujourd'hui à donner
au cultivateur occupant un fonds loué de fortes
garanties, tout en sauvegardant l'efficacité du
système d'exploitation ; dans les pays insuffisamment développés, on en est encore à rechercher les
peut contribuer fortement à accroitre la productivité et, lorsque les intéressés en auront cornpris
les avantages, l'un des principaux obstacles h de
nouveaux progrès en agriculture aura été éliminé.
Si 'Jude, le Japon et le Pakistan, ainsi que les
pays d'Europe occidentale, reconnaissent les avan-
moyens d'assurer aux fermiers une protection
tages du remembrement, la majeure partie des
pays d'Extréme-Orient, du Proche-Orient et de
valable. De même, dans certains pays évolués, le
contrôle des baux ruraux est maintenant poussé
à un point tel que le propriétaire ne tire plus que
de maigres revenus de son capital, alors que dans
les pays insuffisamment développés le problème
consiste encore A., ramener des loyers exorbitants
des niveaux suffisamment bas pour laisser de
quoi vivre aux cultivateurs.
l'Amérique latine n'en ont pas encore suffisamment
pris conscience. Le morcellement des domaines
boisés fait naitre des problèmes particuliers, car il
empéche l'exploitation rationnelle de la forét. Les
propriétaires de domaines forestiers modestes ou
isolés ou bien s'en désintéressent complètement,
ou bien n'ont pas les connaissances techniques et
les capitaux nécessaires pour y apporter des améliorations, méme si celles-ci sont possibles et profitables. Le remembrement de telles propriétés
n'a guère progressé ; toutefois, la création de
coopératives forestières, sous les auspices de la
A.,
Remembrement des terres
Des progrès ont été accomplis à cet égard dans
certains pays d'Europe occidentale et d'Asie.
Commission européenne des foréts, permet d'espérer une solution partielle du problème.
En Suisse, où le problème du morcellernent exces-
sif se pose de longue date, les opérations de remembrement effectuées entre 1941 et 1948 ont
porté sur une superficie totale de 146 000 hectares
et se sont énergiquement poursuivies depuis. En
Allemagne occidentale, une nouvelle loi sur le
remembrement des terres est entrée en vigueur en
1953 ; entre 1945 et 1953, des exploitations représentant une superficie totale de 470 000 hectares
ont été remembrées ou étendues ; ces opérations
se poursuivent à grande échelle. En Suède égale-
Enregistrement des terres et fiscalité agricole
La tendance générale est h l'adoption d'un
système d'enregistrement des titres fonciers, qui
est préférable au système (l'enregistrement des
actes. Des progrès consiclérables ont été accomplis
à cet égard dans différents pays dont le Chili, la
République Dominicaine, l'Inde, le Maroc et la
Turquie. L'absence de titres de propriété clairement
établis s'est révélée étre un sérieux obstacle à
une politique forestière efficace, particulièrement
ment, les opérations de remembrement vont en
s'intensifiant, particulièrement dans les régions
boisées. Une législation nouvelle a aussi été introduite en Espagne et en Belgique.
En Extrême-Orient, les lois successorales, et
aussi la pression démographique, encouragent la
division et le morcellement des domaines agri-
dans les pays arabes oir le statut de zones forestières relativement étendues n'a jamais été
réellement déterminé
coles. Seuls l'Inde, le Japon et le Pakistan ont
Différentes mesures ont été prises depuis la
mis en ceuvre une politique active en matière de
fin de la guerre pour réformer le système d'imposition des terres, parfois dans le cadre d'une réforrne
remembrement. Au Japon, une fois exécuté le
programme de réforme agraire, une action de gran-
plus vaste des structures agraires. Le principal
objectif a été d'assurer h l'Etat une plus grosse
part du surcroit de revenu agricole et de répartir
plus équitablernent le fardeau fiscal entre les
de envergure a été entreprise, et h la fin de 1954,
environ 20 pour cent de l'ensemble des terres
cultivées avaient été remembrées. Certains Etats
de nude ont adopté une législation comportant
intéressés, proportionnellement à leur capacité de
payer. Les réforrnes visent aussi en partie à encourager les agriculteurs à produire davantage.
Les réformes fiscales portent principalernent sur
les points suivants : i) perception des loyers et de
foncier directement auprès des fermiers et
des mesures coercitives de remembrement. Mais
celui-ci s'effectue également, sur une base volontaire, par les soins des sociétés coopératives, en
particulier dans le Pendjab. Taut en hide qu'au
Pakistan, les opérations de remembrement ont
50
iie constitue qu'un
les modifications qui
Toutefois, rimpôt agricole
cultivateurs plutôt que par des intermé(Iiaires ; ii)
rnajoration progressive de rimpeyt foncier dans le
cas des grandes exploitations ; iii) taxes spéciales
sur les cultures commerciales ; iv) tendance de
secteur de la fiscalité et
interviennent dans le systeme de taxation agricole
doivent s'accompagner de modifications correspondantes du regime fiscal pris dans son ensemble.
plus en plus marquee h comprendre le revenu
agricole dans rassiette de rimpôt general sur le
revenu, ou h le soumettre h un impôt distinct
Dans les pays peu développés, ce dernier a eu
de tout temps un caractère primitif ou féodal,
la majeure partie des recettes fiscales étant cons-
v) amelioration et developpement cles systèmes
fiscaux ; vi) impót plus élevé sur les terres incultes
tituée par de lourds impóts fonciers, par des
taxes frappant les produits agricoles en cours
ou insuffisarnment exploitées.
Parmi les pays qui ont pris d'importantes mesu-
d'acheminement vers les marches de detail intérieurs ou vers le marche d'exportation, et par des
taxes h la consommation ; par coutre, Pimp& direct sur le revenu, sur les benefices commerciaux
res pour supprimer les intermédiaires entre l'Etat
et les cultivateurs, on peut citer en partieulier
Chine, le Guatemala, l'Inde, l'Italie, le Japon, le
Mexique, le Pakistan et la Yougoslavie. Lorsque
le contact direct a pu etre établi, le revenu fiscal
brut a augmenté sans que les montants verses par
les fermiers aient change de manière appreciable.
De nombreux pays se sont servi de rimpôt foncier et du produit de cet impôt pour pousser les
intéressés à étendre les cultures et à accroitre la
ou industriels ou sur les gains spéculatifs, qui
caractérise les systèmes fiscaux des pays plus
évolués, est relativement faible, voire inexistant.
Plus encore que dans les pays évolués, les systèmes
fiscaux tendent, dans les pays insuffisamment developpés, à peser d'un poids relativernent beaucoup
plus lourd sur les groupes ruraux et citadins à faibles
revenus que sur les groupes à revenus elevés. Au
production agricole. Au Chili, en Chine, en Colombie, en Corée et au Mexique par exemple, les terres
culture sont exemptes crimpót. Les
cours des dix dernières années, quelques pays euro peens ont entrepris de eorriger cette inégalité; une
tentative en ce sens a été faite en Inde ; mais d'ufle
investissements aux fins d'amélioration des exploi-
maniere générale, raction directe en vue d'une
tations ont également été encourages en autori-
semblable réforme en profondeur du regime fiscal
reste h entreprendre. Dans les pays insuffisamment
récemment amendées ou les terres en friche rendues
A,
la
sant les intéresses à déduire le cart de ces ameliorations du revenu imposable ; c'est ainsi qu'au
Royaume-Uni, par exemple, l'achat de la majeure
développés, où rinflation a cite très forte depuis
la période d'avant-guerre, les modifications de
Pimp& foncier ne sont souvent survenues que bien
partie de réquipement agricole n'est pas assujetti
au paiement de la taxe unique (purchase tax).
L'exemption des taxes ou cles droits de douane
pour l'achat de réquipement agricole est également pratiquée dans un certain nombre d'autres
pays. En U.R.S.S., rimpôt sur les parcelles et le
bétail appartenant à des particuliers a été réduit
afin d'accroitre le rendement des exploitations privées ainsi que les effectifs du bétail. En Chine,
l'impôt foncier est base sur le rendement normal et
tout surcroit de production obtenu grhce h une
bonne exploitation ou à des conditions atrnosphériques favorables est exonéré, afin d'encourager à accroitre la production. Certains pays cornme le Brésil, Panama, l'Incle et Taïwan taxent
plus fortement les terres incultes ou insuffisam-
apres celles qu'on avait enregistrées dans les
niveaux cles prix agricoles, ce qui a quelque peu
allege le fardeau fiscal qui pesait sur ragriculture.
Mais la tendance récente des niveaux des prix
agricoles par rapport au niveau general des prix
va, semble-t-il, faire disparaitre cet avantage.
LE R6LE DES POLITIQUES DE PRIX
DANS LA MISE EN CEUVRE DES PROGRAMMES AGRICOLES
Les politiques de prix sont devenues, dans
presque tous les pays, l'un des principaux instruments d'application des programmes agricoles
d'apr6s-guerre et revolution progressive de ces
politiques en fonction des circonstances constitue
run des chapitres les plus importants et les plus
instructifs de l'histoire de l'agriculture dans cette
ment exploitées, pour pousser A, une meilleure
utilisation.
S'il est encore trop tót pour émettre un jugement définitif sur la valeur des différentes mesures
adoptées en matiere d'impôt foncier, on peut dire
cependant que raprès-guerre a été marque par une
période.
Des systèmes plus ou moins étendus de contróle
des prix, institués à l'origine pour combattre rinflation, existaient dans la plupart des pays lorsque
la guerre prit fin. Mais ces systemes, plutót rigides, ont assez rarement résisté aux consequences
prise de conscience croissante du rôle que peut
jouer rimpôt foncier en tant qu'élément d'une
politique agricole et source de revenu fiscal.
51
des pénuries de l'après-guerre. Dans bien des
Si on considère le monde dans son ensemble,
on constate qu'il y a toujours en, dans la période
pays, le marché noir commen9ait à engloutir une
proportion croissante de la production totale et
réduire sensiblement les quantités disponibles
pour le marché rationné. En outre, il était plus
facile de maintenir les prix plafonds pour des
produits tels que le 1)16 ou le sucre, dont le traiternent est contralisé dans les moulins et les usines, que pour les ceufs et le beurre, par exemple,
dont le traitement ou la distribution ne sont pas
d'après-guerre, certains pays et régions qui se
trouvaient dans la première phase décrite plus
haut et certains autres dans la seconde. Aux
Etats-Unis et au Callada, par exemple, où le problèrne de la sous-production agricole ne s'est jamais posé, les politiques de prix ont eu pour
objectif de satisfaire la demande à l'exportation,
de sauvegarder les revenus agricoles ou de trouver des débouchés pour une production croissante.
nécessairernent centralisés. Aussi l'existence de
Par contre, certains pays de l'Amérique latine
s'efforcent encore de concilier les prix d'encou-
prix plafond avait-elle eu tendance h décourager
la production de certaines denrées alixnentaires
de base clont le besoin se faisait fortement sentir,
et à orienter les ressources productives vers des
secteurs moins essentiels. Il fallut done relever
les prix maxima fixés pour certaines denrées de
base, et de nombreux pays passèrent assez rapidement du prix plafond au prix « d'encouragement s, destiné à stimuler la production.
Dans eertains cas cependant, la nécessité d'encourager la production tout en réduisant les pressions inflationnistes a conduit h adopter des systèmes complexes et onéreux de subventions h
ragernent et les mesures anti-inflationnistes. Enfin,
alors que tous les contrats à long terxne du Royaume-Uni sont maintenant venus A, expiration,
ou ont été résiliés ou modifiés, un certain nombre
de pays d'Extréme-Orient commencent seulement
souscrire des contrats A., long terme portant sur
la fourniture et les achats de riz.
Politiques en matière de prix et de revenus
agricoles.
la consommation. Elle a également poussé A, main-
En fixant les prix A, la production ou en garantissant les revenus agricoles, les gouvernements ont,
tenir le rationnement et h exercer un contr6le
officiel sur les exportations et les importations,
contrôle qui a été renforcé, dans le cas des im-
en général, dû tenir compte des prix payés par
les agriculteurs, des prix d'autres produits agri-
portations, par le souci d'épargner les devises étran-
coles et des modifications de la situation de l'of-
uères.
fre et de la demande. L'importance relative de
ces facteurs, pour la déternxination des prix et
Tant à l'échelon national qu'international,
a cependant été reconnu que le fait d'assurer des
débouchés A, des prix satisfaisants et stables pouvait 'are au moins aussi efficace, pour encourager
la production, que des prix élevés mais instables
et sujets A, fluctuation. Cela a perrnis, dans une
certaine mesure, de concilier les politiques d'encouragernent de la production et de lutte contre
pour le choix des méthodes de raise en ceuvre des
politiques, a varié selon les circonstances.
Lorsqu'il n'était pas possible, faute de données
statistiques, de tenir compte de ces facteurs, les
prix à la production ont été exprimés en valeur
monétaire
fixe,
déterminée
de
fayon
plut6t,
arbitraire sans tenir compte, par exemple, des
l'inflation. De nornbreux pays ont garanti aux
variations des dépenses des producteurs. Les gou-
producteurs des prix satisfaisants, mais non exagérément élevés. De méme, la perspective de dé-
vernements ont souvent al, pour trouver un niveau de prix satisfaisant, procéder de fayon ernpirique et il a souvent fallu reviser les prix pour
bouchés sfirs a incité les pays exportateurs A., sous-
crire des contrats à long terme, A, des prix
rement inférieurs à ceux qu'ils auraient pu obtenir dans l'immédiat sur le marché.
Plus tard la situation de l'offre s'étant amé-
leur permettre de suivre l'évolution de la conjoncture. C'est ainsi que durant le boom des exportations déterrniné par le conflit coréen, les denrées
de base
et en particulier le riz dans certains
pays d'Extrême-Orient
ont vu leur pouvoir
d'achat, correspondant aux prix fixés
la pro-
liorée, les politiques de prix se sont orientées davantage vers la stabilisation des recettes ou des
A.,
revenus agricoles, vers le développement sélectif de
duction, s'effondrer devant la hausse rapide des
prix des produits d'exportation et, plus tard, des
biens de production agricole ; dans certains cas,
l'abandon des cultures vivrières au profit des produits d'exportation a fait naitre des difficultés.
En pareilles circonstances, un prix nominal arbitrairement fixé ne peut apporter h l'agriculteur
la production et vers la limitation des responsa-
bilités financières de l'Etat. Les stimulants en
matière de prix ont alors cédé le pas à d'autres
formes d'encouragernent direct à la production
dans des secteurs déterminés, lesquelles avaient
jusque là toujours eu un r6le de complement.
52
qu'une sécurité éphémère et, s'il n'est pas revise
h temps, il peut procluire un effet contraire
celui qu'on en attendait. En outre, la baisse des
prix risque, on vient de le voir A., Ceylan, de contraindre le gouvernement h effectuer de forts paiements de compensation.
Dans un certain nombre de pays et de territoires où les exportations agricoles jouent un r6le
essentiel (Argentine, Birmanie, Thallande, territoires britanniques et français d'Afrique), la pola
litique a consisté A, isoler les prix intérieurs
production des prix anondiaux. En general, un
organisxne central de commercialisation paye aux
producteurs un prix qui tient compte davantage
du niveau des prix intérieurs que des prix de vente
vices que doivent se procurer les agriculteurs.
L'exemple le plus important est fourni par les
Etats-Unis, rnais le système de la parité est ou
a été appliqué ailleurs, au Japon entre autres.
Aux Etats-Unis, les prix agricoles ne sont pas
pratiqués par Forganisme lui-xnexne sur les marches
duction. Le système de la parité, base sur les rap-
mondiaux. A Forigine, cette politique visait surtout A, stabiliser les revenus reels des producteurs,
mais lorsqu'il s'agit d'un produit qui domine l'économie, le niveau general des prix intérieurs peut,
ports entre l'offre, la demande et les prix dans
exactement lies au coût des biens et des services
que l'agriculteur (bit se procurer, mais ils sont
libres de varier au-dessus d'un ponrcentage préétabli du taux de parité, et cela memo pour les
produits qui sont compris dans le système. Le
rapport prix repiprix payé a en fait varié considerablement pour tous les produits duns les années d'après-guerre. Les revenus ne se sont pas
davantage stabilises étant donne qu'ils peuvent
varier sensiblement avec le volume de la pro-
A.,
une période bien antérieure, a de moins en moins
répondu aux nécessités de l'heure à mesure que
les pénuries mondiales devenaient moins aiguës
et que les exportations avaient tendance à dimi-
dans une grande mesure, etre influence par le
prix de ce produit (c'est le cas, par exemple, pour
le cacao en C6te-de-l'Or et pour le riz en Birmanie). Après la guerre, en période de prix éleves,
les benefices importants realises sur les exportations ont bien souvent constitué une source im-
nuer ; et le gouvernement des Etats-Unis a Ha
faire face A, de lourdes responsabilités financières
portante de revenu fiscal et ont parfois servi,
que la reduction progiressive et l'application plus
ainsi qu'il est dit ailleurs, à financer le développement agricole. En fait, dans certains pays, l'augmentation des recettes fiscales sembla &Are devenue le principal souci, comme en Argentine
au moment du premier Plan quinquennal et dans
une certaine mesure en Birmanie, en ce qui concerne les exportations de riz ; il est probable que
le niveau auquel furent maintenus les prix A, la
production a .parfois découragé la production.
Lorsqu'on fixe les prix A, la production, l'une
des difficultés consiste à determiner, pour différents produits agricoles, des niveaux de prix qui
permettent de réaliser l'équilibre voulu de la pro-
souple du taux de parité et la limitation de la
en matière de soutien des prix. On a récemment
essayé de pallier certains des inconvénients Majeurs
du système de parité par différentes mesures telles
production par le contingentexnent des superficies,
mesures qui
conjuguée avec le prix de soutien
étaient d'ailleurs prévues dans le texte de loi
original.
On trouve en Australie, en Afrique du Sud,
aux Philippines, au Brésil, en Uruguay, en Ar-
gentine et au Chili, ainsi que dans un certain
nombre de pays européens, une variante simplifiée de la formule de parité, qui consiste à calculer le prix A, la production en fonction du cart
estime de la production ou des modifications probables de ce cart. Ce système est relativement
simple et peu carteux, mais tous les pays qui
duction. Le problème est rendu plus complexe
si les prix de certains produits importants swat
fixes alors qu'on en laisse d'autres trouver euxmêmes leur propre niveau. Une autre difficulté
consiste h établir les prix agricoles h un niveau
qui permette, compte tenu du prix d'autres produits, de maintenir un rapport raisonnable entre
les revenus agricoles et ceux d'autres secteurs de
ont base les prix agricoles sur des calculs du coilt
de la production se sont, à un moment ou à un
autre, trouvés en difficulté par suite de xnodffications survenues dans certains facteurs dont la
formule de prix ne tenait pas suffisamment
compte. C'est ainsi qu'au Brésil le prix à la production du coton, qui était base sur le coat estimé
de la production, s'est écarté des prix rnondiaux
de son cóté, l'Australie doit xnaintenant trouver
le moyen d'aligner les prix A, la production des
l'économie. On pourrait citer de nombreux cas ota
des problèmes de ce genre se présentent.
Les pays évolués ont eu recours, pour fixer
produits.
En U.R.S.S., les producteurs agricoles reyoivent
trois prix différents pour leurs produits, selon qu'il
s'agit de livraisons obligatoires, de ventes à l'Etat
les prix agricoles, à différentes xnéthodes plus com-
plexes. On connait le système de la parité, selon
lequel les prix agricoles sont calculés en fonction d'un indice des prix des produits et des ser53
ou de ventes sur le marché libre. Une tendance
accorder des prix d'encouragement s'est dessinée
en 1953 ; les contingents deyant obligatoirement
par ces pays européens puissent se préter ailleurs
à une application très étendue.
are livrés ont été réduits et le prix d'achat des quantités de viande, de produits laitiers, de pommes de
terre, de legumes et de graines de lin et de chanvre
revenus agricoles ont presque toujours entrainé la
formation de groupements d'agriculteurs destines
obligatoirement livrées à l'Etat a été fortement
dans un sens favorable aux produeteurs agricoles.
C'est ainsi qu'au Royaume-Uni et en Suède les négociations entre gouvernement et producteurs font
partie intégrante de la procedure de fixation des
prix ; en certaines occasions, les producteurs parviennent à obtenir, en matière de prix et h d'autres
.points de vue, des conditions plus favorables que
celles que le gouvernement aurait accordées de son
propre chef. Dans le système base sur le cat de la
production, il ne suffit pas, pour fixer les prix, d'appliquer une formule cayenne il faut aussi concilier les points de vue divergents des groupements
de producteurs et du gouvernement, comme on l'a
vu aux Philippines à propos des prix du riz, et en
Uruguay à propos des prix de la laine. Aux EtatsUnis, les groupements d'agriculteurs s'efforcent
d'influencer l'époque, l'étendue et le sens des modifications portant sur les prix de soutien et les dispositions y relatives. D'une manière générale, on
pat dire sans trop s'avancer que, quel que soit le
Les programmes de contrfile des prix ou des
à faire pression pour influencer les politiques de prix
relevé. On estime qu'en 1953 les benefices realises
par les kolkhozes et les paysans, grhce aux prix plus
élevés pratiqués tant pour les livraisons obligatoires que pour les yentes à l'Etat, ont dépassé de 45
poni, cent ceux de 1952. Il se pent toutefois que dans
l'ensemble les gains n'aient pas autant augmenté,
car il semble que, par suite de plus fortes livraisons
l'Etat, les quantités disponibles pour le marché
libre aient pu se trouver réduites. Ce dernier phénomène pourrait avoir incite les paysans à produire
davantage sur leurs parcelles privées, mais jusqu'à
present il semble que seule la production de viande
dé pore ait été intensifiée. Dans l'ensemble, il apparait que les mesures prises en U.R.S.S. et clans
les pays qui lui sont lies n'ont pas eu encore l'effet
escompté.
Le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège et la
Suisse önt essayé, par leurs politiques de prix, de
contr6ler le niveau general des revenus agricoles
et aussi d'adapter la production agricole aux modifications de la demande. Dans ces pays, les prix
h la production sont fixes en faction d'une estimation anticipée du revenu agricole global, compte
tenu des modifications éventuelles du volume de
la production, ainsi que du volume et du cat estimés des biens de production. Ce système permet
d'utiliser de manière tres selective les prix d'encouragement, en vue de stimuler tel ou tel secteur de
la production, dans le cadre general de la politique
agricole et compte tenu des limites financières qu'il
y a lieu d'observer en matière de subventions. Les
système de contröle des prix à la production, le
résultat obtenu est dans une grande mesure Faboutissement d'une série de négociations.
Problèmes posés par l'application de politiques de prix et la production
On a déjà vu que les politiques de prix d'encouragement ou de prix garantis aux producteurs agricoles nécessitent souvent le mintier" de contr6les
officiels sur la distribution et le commerce extérieur il n'est pas rare que des subventions h
production ou à la consommation doivent en outre
être octroyées.
Dans bien des pays ofi les disponibilités alimentaires sont insuffisantes, par exemple, les autorités
ont pris en charge la distribution des produits tant
indigènes qu'importés. Dans d'autres pays, le gouvernement s'est rendu acquéreur d'une partie des
disponibilités suffisante pour lui permettre de contr6ler le niveau general des prix sur un marché intérieur par ailleurs libre. Tanta, comme en Tilde,
les disponibilités intérieures ont éte acquises h
niveau tel qu'il n'a pas été nécessaire d'octroyer de
revenus sont susceptibles de bénéficier d'un accrois-
sement de la productivité, mais ils ne sont pas h
l'abri de fluctuations déterminées par des facteurs
incontrólables, conditions atmosphériques ou modifications imprévisibles du niveau general des prix
par exemple. Les conditions préhlables à semblable
stabilisation des revenus ne peuvent toutefois étre
réalisées que dans les pays ofi la production agricole est principalement destinée h la consommation intérieure et dans lesquels le revenu agricole
ne représente qu'une faible proportion du revenu
il faut en outre disposer des services
administratifs nécessaires à une docuinentation
national
subventions ; mais il a fallu souvent, par contre,
statistique étendue. Il se peut que d'autres systèmes
de soutien des prix finissent par évoluer vers la stabilisation générale du revenu agricole, mais il est
peu probable que les méthodes précises pratiquées
subventionner assez fortement les denrées alimentaires importées afin d'en ramener le prix au niveau
intérieur ou de le rnettre à la portée des groupes
faibles revenus. Dans d'autres cas. en Suisse par
54
ont maintenant renoncé
intérieurs ont souvent díj étre isolés de ceux qui
exception faite du
Japon, par exemple, qui pratique encore le système
des prix d'encouragement h la production à contr6ler la distribution et les prix à la consommation.
En Arnérique latine, les politiques destinées à empécher l'inflation par le contr6le des prix à la con-
étaient en vigueur sur les marches mondiaux. C'est
ainsi qu'aux Etats-Unis les prix intérieurs A, la consommation ont été maintenus bien au-dessus des
sommation n'ont été adoptées gu'au cours de ces
dernières années et sont encore en vigueur dans un
certain nombre de pays, le Chili et le Mexique par
cours commerciaux internationaux en raison clu
système de parité, combine, pour certains produits
tels que le beurre et le frornage, avec des taxes et
restrictions à l'importation et avec différentes mesures destinées à favoriser les exportations. Dans
un grand nombre d'autres pays exportateurs, les
exernple.
prix intérieurs A, la :consommation ont été protégés
contre les pressions inflationnistes déterminées par les prix éleVés à l'exportation. Certains pays, dont le
d'autres contr6les sur les denrées alimentaires essen-
Callada, l'Australie et le Danemark ont fixé des
prix plafonds. Ailleurs, et particulièrement dans
de FEtat ; en outre, l'approvisionnement intérieur
était assure par le contrôle quantitatif des exportations. De méme a-u cours d'une campagne où le
la fois les prix à la consommation et les prix b. la
production en régularisant le niveau de l'offre. En'
fait, les programmes destines à stabiliser les disponibilités et les prix, malgré les variations des récoltes, par le jeu des stocks gouvernementaux, deviennent de plus en plus pratique courante dans les pays
d'Extrême-Orient dont les disponibilités de céréales
alimentaires sont insuffisantes. L'augmentation
récente des disponibifités a fourni l'occasion
commencer h constituer les reserves nécessaires
dans certains pays. Bon nombre d'autres pays ont
crée des organismes publics qui sont places sous le
volume de la récolte de coton avait été d'une médio-
contrôle conjoint des représentants des groupe-
crité imprévue, les Etats-Unis ont eu recours au
contingentement des exportations pour maintenir
les prix intérieurs très au-dessous des cours internationaux. Les taxes à l'exportation ont, dans dif-
ments commerciaux et agricoles et qui sont charges
de veiller à la commercialisation méthodique des
produits, de délivrer des licences commerciales, .de
contrôler les disponibilités et, partant, de stabiliser
ffirentes regions, et notamment dans certains pays
d'Extréme-Orient, en Egypte et dans les territoires
britanniques d'Afrique, été largement utilisées en
période de boom pour assurer au Trésor une partie
des profits exceptionnellement élevés, ainsi que pour
les prix. En Allemagne occidentale par exemple,
différents produits importés : céréales, sucre, viande et produits laitiers, doivent, avant de pouvoir
étre négociés sur les marches intérieurs, passer par
un organisme public d'importation, ce qui permet
lutter contre l'inflation et empecher que les cultures d'exportations n'évincent les cultures vivrières.
Enfin, lorsque le marché intérieur n'était pas isolé
de contr6ler h la fois l'époque et le volume de la distribution.
Le fardeau des subventions a été peu h peu allege,
du marché international, les prix interieurs à la
consommation de produits d'exportation ont parfois été subventionnés (comme dans le cas des prodints laitiers en Nouvelle-Zélande, par exemple).
Devant le fardeau représenté par les subventions
et l'entretien d'un dispositif administratif complexe,
un mouvement s'est amorcé vers le retour h la liberté des marches, mais les progrès ont été très
lents, avec bien des retours en arrière, particulièrement en Extreme-Orient où la pénurie aiguë de
céréales alimentaires a continué de se faire sentir
jusqu'à la récolte de 1952/53. La plupart des pays
en partie parce qu'on a laissé s'élever les prix à la
consommation et en partie parce que les niveaux
des prix mondiaux ont peu à peu baissé. Dans la
mesure où le système est encore pratiqué, on a de
plus en plus tendance à subventionner les produc-
exemple, les consom/nateurs ont paye le plein tarif
correspondant au niveau de soutien agricole et le
marché a été protégé par le contingentement des
importations.
Dans les pays ex.portateurs également, les prix
Le commerce extérieur des produits agricoles
reste encore soumis dans une large mesure à un contr6le gouvernemental. C'est ainsi que de nombreux
pays d'Europe et d'Extréme-Orient ont conserve
le monopoie des importations ou ont maffitenu
tielles, en partie pour des raisons concernant la
balance des paiements et en partie pour stabiliser
les pays où un produit d'exportation domine l'éconornie nationale, comme c'est le cas pour le riz en
Birmanie et en Thallande, les prix intérieurs h la
consommation ont été indirectement contrôles
grâce A, un système de taxes h l'exportation ou de
monopole des exportations, qui faisait rentrer les
benefices provenant de ces dernières dans les caisses
teurs plutôt que les consommateurs. C'est ainsi
qu'au Japon, les subventions précédernment octroyées pour les importations de riz ont été reportées
sur la production intérieure. Au Royaume-Uni, les
prix et les revenus agricoles sont maintenus au
moyen de paiements de compensation aux producteurs et on laisse les prix effectifs trouver leur pro55
pie niveau. Ainsi, les consommateurs bénéficient
largement de la baisse des prix mondiaux.
tion; dans une mesure qui varie selon les pays, des
fluctuations des prix mondiaux ; cependant, pra-
Si le recul des prix mondiaux a eu pour effet d'alléger le fardeau des subventions dans les pays importateurs, il a, par contre, conduit de plus en plus
à subventionner les exportations dans les pays oil
les prix intérieurs à la production avaient été garantis à un niveau qui s'est trouvé supérieur à celui
des nouveaux cours mondiaux. Les exportations
ne sont pas toujours directement subventionnées.
Parfois, ce sont les pertes commerciales qui sont
compensées. Ou encore les systèmes de taux de
change multiples et variables constituent une forme
voilée de subvention des exportations ; ils sont très
répandus en Amérique latine, mais aussi dans ceren Indonésie et en
tabas pays d'autres régions
Thailande par exemple. Les gouvernements encouragent par ce moyen l'exportation de certains pro-
tiquée comme elle l'a été parfois ces dernières années
duits ou le choix de certaines destinations. Ce-
bilité des disponibilités et des prix. Ainsi ont été né()Dei& un certain nombre d'accords cominerciaux.
(en Côte-de-FOr pour le cacao, par exemple), il se
peut qu'elle n'ait pas encouragé les producteurs
accroitre leur production autant que l'efit justifié
la demande mondiale.
Tentatives internationales de stabilisation
des prix
Les rigoureux contrôles exercés sur les marchés
nationaux ont entrainé les gouvernements à intervenir de façon continuelle dans le commerce international, en partie afin de soutenir leurs politiques
nationales, en partie pour combattre les effets des
politiques d'antros pays. Les pays exportateurs,
désireux de s'assurer des débouchés, ont pris contact
avec les pays importateurs qui aspiraient à la sta-
pendant, l'instabilité des prix à l'exportation, inhérente à cette méthode, peut parfois étre de nature
à décourager les acheteurs.
Les responsabilités financières de plus en plus
lourdes qu'entrainent les subventions, ont également conduit les pays exportateurs à modifier les
politiques de soutien des prix à la production
abaissement des niveaux de soutien, par exemple,
comme aux Etats-Unis, ou suppression complète
des garanties, comxne l'ont fait le Pakistan pour
le jute et le Brésil pour le coton.
D'autres pays ont limité les garanties de prix
une partie de la production totale celle qui était
nécessaire à la consommation intérieure par exempié
et laissé les disponibilités marginales subir
le contre-coup des modifications intervenant dans
la situation de l'offre et de la demande. C'est ainsi
qu'en ce qui concerne le blé en France, et le blé et
les produits laitiers en Australie, les garanties de
bilatéraux °u multilatéraux, de types nouveaux.
Dans les premiers temps de l'après-guerre, les
produits alimentaires essentiels dont il y avait pénurie étaient distribués conformément aux allocations fixées par le Conseil international de la crise
alimentaire. Ainsi s'accentua la tenclance à créer
des monopoles gouvernementaux des importations
et des exportations et l'habitude généralisée d'éohanger les produits essentiels dans le eadre d'accords conclus de gouvernement à gouvernement.
Dans leur forme la plus simple, il s'agissait de contrats h court terme, portant sur la livraison d'une
quantité déterminée, à effectuer au cours d'une
période d'un an ou monis, A, un prix convenu d'avance, lequel était généralement un peu inférieur
aux prix pratiqués ailleurs. Les prix pratiqués dans
les accords de troc, conelus la plupart du temps
entre deux pays à monnaie faible qui échangent
deux produits essentiels à leur économie, sont
prix portent sur le gros de la production totale,
tandis que pour le reste, y compris tout ou partie
général sensiblernent plus hauts que ceux du marché mondial. De tels accords permettent de tourner
les difficultés suscitées par la pénurie de devises
étrangères et sont pour la plupart à court tenme. Les
des excédents exportables, le niveau des prix s'établit librement.
Les tentatives de stabilisation des prix à l'expor-
tation n'impliquent pas toujours le recours aux
subventions. Une atare méthode consiste à créer
un fonds de stabilisation des prix, alimenté par
le produit des taxes ou impôts qui frappent les exportations lorsqu'elles s'effectuent à un prix supé-
contrats à long terme, s'étendant sur plus d'une
année, étaient en partie dietés par la mente préoccupation. Les contrats passés par le Royaurne-Uni
avec des pays ciii Commonwealth visaient en outre
à encourager l'accroissement de la production dans
le pays exportateur ; en mente temps, les prix
peu plus bas pratiqués dans ces contrats aidaient
le pays importateur à prévenir l'inflation. Aux termes de tels contrats, les pays importateurs s'engagent à acheter des quantités déterminées, ou des
quantités minima ou maxima, à des prix fixés
l'a.vance, qui sont soit expressément stipulés soit
rieur au niveau de soutien, et servant à subventionner les prix dans les périodes de dépression du marché international. Cette méthode est pratiquée en
Australie pour le blé et les produits laitiers et dans
la plupart des territoires britanniques et frainais
d'Afrique pour les principaux produits d'exportation. Elle a pour effet d'isoler le prix à la produc56
calculés selon une méthode convenue, ayant pour
effet de limiter les fluctuations et par conséquent
de stabiliser les prix dans une certaine mesure. Le
prix plus bas pratiqué dans beaucoup de ces contrats peut élre considéré comme une prime consentie en échange de marchés garantis. Il offre aussi
une certaine protection contre la possibilité que les
prix se trouvent h., des niveaux non concurrentiels
l'expiration du contrat. Tandis que le RoyaumeUni mettait peu à peu fin à ses contrats A, long terme après le boom coréen et que les disponibilités devenaient plus abondantes, la Birmanie a conclu ces
dernières années de nouveaux accords A., long terme
avec un certain nombre de pays afin de s'assurer
des débouchés pour ses exportations de riz. Les prix
ont été fixés à l'avance pour un certain nombre
d'années selon un barème décroissant, mais la Birrnanie s'est engagée à faire bénéficier ses partenaires de tout prix de faveur qu'elle accorderait à un
autre pays quel qu'il soit. Cette clause pourrait entraver la commercialisation d'autres quantités
excédentaires ou éliminer la garantie de prix offerte
par les contrats. Un accord de troc à long terme
caoutchouc-riz, conclu entre Ceylan et la Chine,
stabilise les prix de ces deux produits h des niveaux
supérieurs à ceux du marché mondial ; la nécessité
de s'ajuster aux marchés mondiaux pourrait soulever quelque difficulté à l'expiration du contrat.
Lorsqu'il existe des arrangements h long terme,
la production et les prix tendent à évoluer en fonction d'un marché donné, indépendannuent de la
situation des marchés mondiaux, en particulier si
la commercialisation de la totalité ou d'une grande
partie des excédents a lieu sous contrat.
Les efforts internationaux de stabilisation ont
également donné certains résultats au cours de
l'après-guerre. Les nouveaux accords conclus dans
cette période : Accord international sur le blé et
Accord international sur le sucre, sont plus concrets et plus précis que les ententes en rnatière de
produits conclues à d'autres époques et, ce qui
n'était pas le cas pour certaines de celles d'avantguerre (sur le caoutchouc et le thé, par exemple),
comprennent les importateurs aussi bien que les
exportateurs. Aux termes de l'Accord international
sur le blé, les fluctuations de prix sont admises dans
certaines limites, les exportateurs étant tenus d'of-
frir des quantités déterminées au prix maximum
autorisé, et les importateurs d'acheter au prix minimum les contingents qui leur sont alloués. Les
ventes hors contingent sont suffisantes pour determiner un prix mondial effectif. L'Accord international sur le sucre'se fonde sur un système de contingents d'exportation qui varient selon les fluctua-
tions du prix du marché.
Aide directe et la production
Il a déjà été question de la tendance à l'inflation
que provoquent parfois les stimulants de prix mais
ce genre de politique présente un certain nombre
d'autres défauts qui lui sont, semble-t-il inhérents.
Si, par exemple, on ne veille pas très attentivement
ajuster les prix relatifs des différents produits
agricoles. l'accroissement de la production risque
de se faire de manière assez peu sélective et ne se
concentre pas forcément sur les produits dont le
besoin se fait le plus sentir. Dans des pays oit,
comme aux Etats-Unis, l'on dispose de données
économiques et statistiques très nombreuses sur
les réactions précéclentes de la production aux
changernents des prix, cette méthode peut être
utilisée avec une plus grande certitude. Il a fallu,
dans certains cas, recourir à la propagande et
meme donner des directives pour orienter la production dans le sens voulu.
L'un des principaux arguments avancés en
faveur des stimulants des prix est qu'ils mettent
l'exploitant en mesure de financer, grâce au
surcron de bénéfice qu'il réalise, l'amélioration de
son équipement ou de ses rnéthodes techniques.
Mais ce surcroit de bénéfices risque de ne pas être
suffisant lorsqu'il s'agit d'un petit exploitant qui
en aura peut-étre le plus besoin, alors qu'un autre
exploitant, qu'il laisse indifférent, sera peut'are trop rebelle au progrès technique pour pro-
fiter de l'occasion d'améliorer son exploitation
que lui offre l'augmentation de son revenu. En
outre, cette politique est illogique en ce sens que
l'élévation des prix n'a d'autre résultat que
d'accroitre les bénéfices des exploitations qui
étaient déjà rentables aux anciens prix avec une
production voisine de leur capacite maximum.
Au cours des premières années d'après guerre,
la nécessité de développer la production était si
urgente dans nombre de pays qu'il a fallu passer
outre à ces inconvénients. Par la suite, lorsque la
charge que constituait le financement des prix
d'encouragement devint de plus en plus lourde
on chercha des méthodes moins onéreuses et plus
efficaces. Elles consistèrent principalernent à fournir aux exploitants un encouragement direct desti-
né à leur permettre d'améliorer leur équipernent
et leur technique sans élever les prix. Une de ces
méthodes, dont il a déjà été question, consistait
améliorer les moyens de crédit. D'autres compor-
taient des mesures destinées h abaisser le prix
payé par les exploitants pour certains biens néces-
saires h la production, ou à fournir directement
des subventions pour tel ou tel genre de travaux
agricoles.
C'est ainsi que de nombreux pays ont subventionné certains moyens de production, notamment les
engrais, les machines agricoles et le carburant.
Dans certains ces subventions ont eu un caractère
assez passager ; c'est ainsi qu'une pratique couramment suivie par certains gouvernements d'Amérique latine consiste, afin d'amorcer l'essor de la
penser qu'elles peuvent faire l'objet d'une application beaucoup plus étendue et 'are assouplies.
Elles ont jusqu'à present été utilisées dans la plupart des pays pour completer la politique générale
de prix d'encouragement, mais les changements
intervenus dans la situation de ragriculture leur
ont donne une importance accrue, et Yon se rend
mécanisation de ragriculture, à vendre à prix
mieux compte actuellement de leur efficacité pour
le inaintien des revenus agricoles, pour des raisons
d'ordre social, par exernple, ou pour le developpernent sélectif de la production lorsque l'offre est
relativement abondante. Elles peuvent merne,
lorsqu'il n'est plus possible de continuer à garantir
les prix, constituer une solution de rechange acceptable aux politiques d'encouragement des prix dans
les conditions du marché libre.
réduit un nombre limité de machines agricoles.
Dans d'autres pays, comme le Royaume-Uni (engrais) et l'Italie (carburant pour machines agricoles), ces subventions sont devenues des elements
permanents des programmes destines à élever le
niveau de la production et des revenus agricoles.
L'Inde a mis en vigueur une subvention pour
l'achat d'engrais, dont le taux va décroissant
chaque année ; il s'agit d'une part d'encourager
les agriculteurs à augmenter suffisamment leur
Politique des prix et problèmes de corrzmercialisation
production pour qu'ils puissent ultérieurement
payer leurs engrais au prix normal et, d'autre
part, de faciliter la creation d'une industrie indigene d'engrais en lui assurant une exploitation
Parallèlement à revolution de la politique des
prix en fonction des fluctuations de la situation
rentable ; ce système s'est avéré si efficace qu'il a
déjà fallu augmenter clans une mesure importante
la production d'engrais. Il convient de rnentionner
également dans cette catégorie les nombreux
agricole mondiale, rattitude observée vis-à-vis des
problèmes de commercialisation s'est sensiblement
modifiée. Tout d'abord la nécessité urgente d'accroi-
tre la production à la suite des pénuries engendrées par la guerre a fait passer au second plan
ramélioration de la commercialisation. Les gouvernements, tout en n'ignorant pas que les stimu-
systèmes de subventions à l'achat, et même de
fournitures gratuites, de semences améliorées, de
materiel destine à la plantation, etc., ou encore
lants de prix, absorbés clans le circuit commercial,
de fournitures de semences améliorées en échange
d'une quantité égale de graines tirees de la récolte
du bénéficiaire ; cette façon de procéder, outre
risquaient parfois de ne pas parvenir jusqu'à
l'exploitant, ont préféré prendre les systèmes de
commercialisation tels qu'ils existaient et les cristalliser dans leur forme d'avant-guerre, plutót que
de chercher à y apporter des ameliorations qui
auraient pu se heurter à des resistances de la part
des commerçants. Ce fut particulièrement le cas
qu'elle constitue une aide directe à l'expansion
agricole, facilite également la vulgarisation des
connaissances techniques.
Les subventions ou les dons pour l'exécution de
travaux agricoles determines se trouvent sous
leurs formes perfectionnées au Royaume-Uni, par
exernple, pour le labourage de prairies qui n'ont
pas été cultivées depuis plusieurs années, et aux
Etats-Unis pour certains travaux de conservation
des sols. L'assistance petit anssi se dormer sous
une forme moins directe, par rintermédiaire de
dans les pa3,,s sous-développés on des méthodes de
commercialisation inefficaces vont souvent de pair
avec un regime foncier retrograde et des moyens
de credit insuffisants. La reduction des marges
commerciales peut contribuer à maintenir
les
revenus agricoles tout en perrnettant aux consom-
mateurs de bénéficier de la baisse générale des
prix agricoles relatifs. Depuis quelques annés,
services subventionnés, pools de machines agricoles,
insemination artificielle, lutte antiparasitaire, consultations techniques, par exemple, Dans ce cas, les
dépenses engagées par le gouvernement se traduisent directement par une amelioration des métho-
plupart des pays s'attachent davantage, afin d'augmenter l'efficacité des systèmes commerciaux, à
perfectionner la legislation ainsi que rallocation
de ressources financières et techniques plus grandes.
D'une façon générale, les produits ont fait
des d'exploitation ou par rélévation du niveau
technique qui entrainent à leur tour l'augmentadon de la production ou des revenus.
l'objet d'un traitement tres different selon qu'ils
L'expérience cl éjà acquise dans l'application de
étaient destines à l'exportation ou h la consommation intérieure. Dans le premier cas, ils sont soumis
ces aides directes à la production a démontré
directement à rinfluence des acheteurs sur les
lieux de destination et doivent se conformer de
qu'elles sont moins onéreuses que celle qui consiste
octroyer des prix d'encouragement et donne
58
tres près aux normes fixées par la concurrence et
aux conditions requises. Alors que la commercialisation des produits exportés aux Etats-Unis ou en
commeryants un benefice différent suivant la faveur dont jouissaient certains produits. De la sorte,
la demande du consommateur pour les différentes
catégories de viande, d'ceufs et de céréales est clairement définie au Royaume-Uni. Depuis la fin du
rationnement et du contróle des circuits commerciaux, on a recommencé à s'intéresser à l'étude de
la demande du consornmateur et aux techniques
de vente.
Dans un grand nombre de pays, la nécessité de
processus de commercialisation rationnels a conduit à la. création d'organismes officiels, fonction-
Europe occidentale est influencée par les normes en
vigueur clans ces pays, l'efficacité des systemes commerciaux intérieurs est extrémement variable.
Dans les pays développés, on a assisté au cours
des dix dernières années à l'amélioration de rho-
nomie de la main-d'ceuvre et du commerce de
détail. Aux Etats-Unis, la mécanisation de la manu-
tention et la vente au détail d'après le systeme
du self service sont allées de pair avec la centralisation de la vente de la plupart des produits
ménagers dans des endroits d'acces commode.
Les détaillants de denrées alimentaires ont,
menae temps, en améliorant le classement par
qualités, l'emballage, la propreté des marchan-
nant sous le contróle commun de représentants
des commeronts et des exploitants, et qui ont rep pleins pouvoirs pour réglementer les procédures
commerciales, octroyer les licences de vente, inspecter les locaux commerciaux, contróler les mouvernents des marchés et aiguiller les disponibilités vers les usages les plus opportuns. Dans la plupart des cas, le principal objectif de ces organismes est la stabilisation cles prix ; ils justifient leur
activité vis-à-vis du consommateur en cherchant
également à améliorer les normes de qualité et
dises et en yendant des produits tout préparés pour
la cuisson, et meme à moitié cuisines, accru nota-
blement les commodités offertes h la clientele.
L'extension rapide qu'ont prises les méthodes de
congélation et la vente de produits alimentaires
maintenus à basse temperature dans des emballages spéciaux a prolongé la durée de la période
de vente et amélioré la qualité des denrées peris-
l'efficacité des circuits commerciaux.
Certaines des applications les plus intéressantes
de ce systeme ont été effectuées en Asie, où des
gouvernements ont eu largement recours h des
organisations officielles et coopératives pour mettre en ceuvre les politiques d'achat gouyernementales, et leur confient maintenant la thche de li-
sables, animales et végétales, au lieu de consommation. Mais la multiplication des services offerts
au consommateur a tendu à accroitre la marge de
distribution, et les consommateurs des Etats-Unis
n'ont bénéficié que dans une tres faible mesure de
l'abaissement des prix des denrées alimentaires
survenu au niveau de la production depuis 1952.
Le très gros volume de vente réalisé par certaines
entreprises leur a permis de s'approvisionner directement chez le producteur sans passer par les grossistes et les intermédiaires. La décentralisation est
surtout marquée dans le commerce des viandes.
D'importantes chaines d'épiceries ont créé leurs
bérer les paysans de la servitude financière h regard
des marchands locaux. La Fondation du Coprah,
dont Factivité s'exerce sur les lies situées au large
de l'Indonésie, encourage les achats directs aux
coopératives de séchage plutót qu'aux intermédiaires du commerce. L'organisation de commercialisation ACCFA est en train de construire, aux
Philippines, ses propres usines et ses propres entrepóts. Des programmes de credit et d'entreposage coopératifs sont actuellement examines ou
en colas de réalisation dans ces pays, afin de venir
en aide aux producteurs dont la situation financière est difficile et de les libérer ainsi de l'obligation de vendre aussit6t apres la récolte.
Dans un grand nombre de pays, c'est principalement grhce aux coopératives agricoles de commercialisation que les exploitants ont pu défenclre
les prix de leurs produits. En Californie, il n'est
pas rare que les coopératives spécialisées dans les
fruits et les noix groupent jusqu'à 85 pour cent
des producteurs. La centralisation des yentes par
un organisme unique donne au petit producteur
qui, isolé, serait désarrné, une puissance égale à
celle d'un demi-monopole. Aux Etats-Unis et dans
les pays scandinaves, les coopératives de commer-
propres services d'achats, notamment pour les
légumes et les fruits frais. Bien qu'ils se déplacent
dans une certaine mesure vers des centres moins
congestionnés, les marches de gros ne cessent de
perdre de l'importance.
En Europe occidentale, certaines economies
issues des programmes de rationalisation du temps
de guerre on été maintenues au Royaume-Uni,
par exemple, en matiere de distribution du lait.
Malgré Fassouplissement des contróles, aucun essai
sérieux n'a été tenté pour reconstituer l'ancien
system de livraison au détail avec ses circuits
qui faisaient double emploi. L'abandon du contróle des prix en faveur des paiements de compen-
sation h l'échelon de la production a permis aux
marchés de refléter librement les préférences du
consommateur en assurant aux producteurs et aux
59
cialisation se substituent fréquernment à tous les
circuits des grossistes et réduisent ainsi sensiblement la part des interrnédiaires dans le prix payé
par le consommateur. Grhce à l'appui des autorités, les coopératives de commercialisation se sont
multipliées en Afrique et en Extreme-Orient.
L'incapacité des producteurs à fixer et A., maintenir des normes de qualité reconnues a été l'une
des causes principales des marges cornmerciales
tonnages de bois étaient détériorés parce que les
moyens de stockage étaient mal concus, voire ine-
xistants, les nouveaux systèmes rationnels d'entreposage ont considérablement réduit les détériorations et les pertes.
AMELIORATION DES SERVICES AGRICOLES OFFICIELS
élevées qu'on enregistrait sur les marchés mal orgo-
Services de vulgarisation
nisés. En rnettant au point le Programme laitier
de Bombay, le gouvernement est intervenu directernent pour augmenter les disponibilités en lait
de première qualité, ainsi qu'en lait dosé »
L'après-guerre a vu se produire un événexnent
qui présente une importance vitale pour le progrès de l'agriculture : la création, dans un grand
moindre teneur de matières grasses, b., des prix beau-
nombre de pays, de services de vulgarisation auto-
coup plus réduits, et pour assurer une distribution
peu onéreuse. En Thailande, un centre de perfectionnernent de classification des riz, établi par la
FAO, a appris à des travailleurs locaux A., intro-
'tomes. L'éducation des exploitants n'avait eu
jusqu'alors, sauf dans un petit nombre de pays
avancés, qu'un caractère très limité et elle était
rnenée conjointement avec des travaux de recherches, l'élaboration de règlements, etc. Lorsque la
vulgarisation ne constituait qu'un élément secon-
duire et à faire vendre des qualités améliorées.
L'application de normes de qualités aux céréales
a parfaitement réussi lorsque le bénéfice du soutien des prix et l'octroi de crédits sur stocks ont
été réservés aux producteurs de denrées répondant à spécification de qualité.
daire des thches administratives des ministères
de l'agriculture ou qu'une partie de l'activité des
chercheurs et des instructeurs, on ne pouvait y
consacrer les efforts nécessaires pour réussir h modifier la routine des agriculteurs. Il existe maintenant, dans la plupart des pays, des services de vulgarisation autonornes parvenus A, des stades de
développement différents. Il reste maintenant
augmenter l'efficacité et le nombre de ces services,
La mise en ceuvre, à des points stratégiques, de
moyens modernes d'emballage, de nettoyage et
d'entreposage ont mis les pays du Proche-Orient
en mesure de créer de nouveaux marchés d'expor-
tation de fruits secs et de céréales. La nouvelle
installation d'emballage des viandes créée
Ethiopic constitue une démonstration des investissements et des constructions nécessaires pour
de fa 9on h toucher directement chaque exploitant et, lorsque le service dispose d'un personnel
et de moyens financiers suffisants, à fournir des
permettre aux produits de ces pays de parvenir
en bon état aux marchés éloignés. Les pays tropicaux du continent arnéricain ainsi que les pays
producteurs de riz de l'Asie sont en train de réaliser d'importants programmes de construction.
conseils techniques dans tous les dornaines du développernent agricole.
Les marchés des fruits et légumes et des poissons
de Hong-kong constituent des exernples remarquables d'organisations efficaces de commercialisation locale, fondées sur l'utilisation de locaux
d'étalage et de magasinage, de véhicules de transport et de méthocles de détermination des prix par
vente aux enchères ; elles ont permis de verser au
dexneurait l'objectif principal, mais une place était
réservée à la coordination de Penseignement agricole et des services sanitaires, etc., destinés A, la
Un autre événement d'importance, particulièrement en Extreme-Orient, a été l'élargissement
des systèmes de vulgarisation. L'agriculture en
population rurale. Ces systèmes se différencient
des services traditionnels de vulgarisation agricole qui dépendent des rninistères de l'agriculture.
L'élargissement de leur champ d'action a été, provoqué par les causes suivantes : (i) la nécessité
producteur une part beaucoup plus importante
du prix de détail.
Outre la création d'un système de renseigne-
d'aborder simultanément les problèmes de production alimentaire, d'hygiène, d'instruction 616mentaire, etc. ; (ii) la nécessité de tirer le meilleur parti des ressources humaines et matérielles
ments sur la situation du marché des produits forestiers et le perfectionnement des classifications
de qualité, les conditions et moyens de commer-
disponibles (iii) l'absence, dans un grand nombre
cialisation des bois ont fait de grands progrès.
de pays, de moyens non officiels d'amélioration
rurale. Les programmes de développement des
collectivités mis en ceuvre en Inde, au Pakistan
et dans plusieurs autres pays constituent un
L'amélioration des méthodes de production et des
moyens de stockage a accru la valeur des produits
vendre ; alors qu'avant la guerre d'importants
60
l'agriculture. La principale difficulté vient de ce
que les services de commercialisation débordent
nécessairement le cadre de la fume et couvrent
toute la chaine des intermédiaires qui va de l'exploitant au consommateur et sur laquelle l'exploitant n'a aucun moyen d'action. C'est pour cette
raison qu'à l'exception de l'Amérique du Nord,
la vulgarisation en matière de commercialisation
n'a atteint son plein développement que dans les
pays où, comme au Danmark, les coopératives
exemple de cette évolution. Afin de permettre aux
services agricoles, sanitaires et autres de toucher
chaque ferule et chaque village, ces pays constituent A, l'échelon du village des groupes de travail-
leurs à activités multiples, composes de ruraux
possédant une certaine instruction et spécialernent formes et dirigés pour remplir des taches
éducatives déterminées. Ainsi, un petit nombre de
travailleurs ayant reçu une formation technique
en divers domaines peuvent transmettre leurs
connaissances à des milliers d'exploitants et de
agricoles contr6lent effectivernent les derniers stades de la commercialisation, évaluent les incidences des problèmes relatifs au traiteznent, au transport et à la vente, et sont done en mesure d'orien-
villageois.
Les progrès des services de -vulgarisation ont,
faute de personnel entrainé, été beaucoup plus
ter l'activité de leurs mernbres dans un sens fal'équilibre rationnel des intéréts du
vorable
comrnerce et de la production.
L'organisation de la vulgarisation ou l'amélioration des services existants a été en grande
partie stimulée par l'assistance technique fournie
lents dans le domaine des forêts. En outre, les rares
techniciens compétents sont concentrés pour la plu-
A,
part dans les grandes villes. Certains pays entre-
prennent actuelleznent, sous la direction de la
FAO et grace à l'aide procurée par son programme
d'assistance technique, de créer des écoles de forestiers et des bourses en faveur des étudiants originaires de petits pays.
par la FAO, la FOA et diverses fondations privées.
La FAO a organise des réunions et des centres de
perfectionnernent régionaux qui ont incité les
Un autre fait d'importance en matière de vulgarisation après la guerre a été la reconnaissance
croissante du róle imparti aux femmes et A, la jeu-
pays membres à développer et à perfectionner
leurs services de vulgarisation. L'Institut interaméricain des Sciences agricoles a effectué des
recherches sur les méthodes de vulgarisation et
organise, dans toutes les Républiques de l'Amérique latine, des centres de perfectionnement
l'intention des agents de vulgarisation. Les pro()Tamales bilatéraux des Etats-Unis ont fourni
nesse dans le progrès rural. Les Clubs 4H aux
Etats-Unis et les Clubs de jeunes fermiers au Royaume-Uni ont été les précurseurs d'une évolution
mondiale du travail de la jeunesse rurale. Depuis
la guerre, ces znouvements ont gagné l'Amérique
latine et l'Extreme-Orient. Si les services de vulgarisation de l'éconornie domestique sont encore
une assistance technique directe dans ce domaine
ils ont en outre donné lieu à l'établissement, entre
les différents gouvernements et les colleges d'agriculture des Etats-Unis, d'une série d'accords aux
termes desquels ces derniers fournissent le per-
dans l'enfance, sauf aux Etats-Unis et dans un
petit nombre d'autres pays, on en reconnait la
nécessité et des résultats encourageants ont été
obtenus dans toute l'Europe septentrionale ainsi
que dans d'autres regions.
La vulgarisation des méthodes de commercialisation en tant que service public coherent n'existe
pratiquernent qu'en Amérique du Nord. Aux EtatsUnis, la loi de 1946 sur la commercialisation et les
recherches en cette matière a octroyé une aide financière assez importante aux projets de recherches sur la commercialisation qui présentaient
intéret immédiat pour améliorer l'efficacité de la
commercialisation agricole. En 1954, le service de
la vulgarisation des Etats-Unis comptait plus de
300 spécialistes qui donnaient, dans différents colleges d'agriculture et d'éconornie domestique, des
sonnel nécessaire pour créer et faire fonctionner
des écOles d'agriculture, des stations expérimentales et des services de vulgarisation nationaux.
conseils sur tous les aspects du processus de la commercialisation.
Ailleurs, les organisations auxquelles ont été
dans un grand nombre de pays. Mais la pénurie
de personnel qualifié et l'absence de moyens de
Il semble qu'on puisse attendre de ces accords
que du personnel qualifié et des moyens de recherche finiront par être fournis de manière que le
développernent agricole puisse se poursuivre dans
les pays participa.nts.
Recherche agricole
Les progrès réalisés depuis la guerre en matière
de recherche agricole ont été extrêmement rapides
recherche sont, dans les pays sous-développés, demeurés des obstacles très importants. L'inégalité
des progrès accomplis suivant les pays a été par-
confiées des Caches de vulgarisation et d'enseicfnement ont eu tendance à s'intéresser moins
la commercialisation qu'aux autres aspects de
tiellement comblée par la rnise en ceuvre, à une
61
échelle inconnue avant la guerre, de programmes
d'échange de documents sur la recherche et par
culièrement en Europe on, après plusieurs années
de discussions, la FAO a constitué dans le cadre
du Comité européen d'agriculture un sous-comité
spécialement chargé de la recherche agricole. En
Europe, on a également manifesté un intérét grandissant en faveur des voyages d'études des techniciens de la recherche et des échanges interna-
l'organisation de voyages d'études et de stages
de perfectionnement de techniciens dans divers
pays. Ces échanges ont mis en évidence certaines
lacunes et plusieurs pays ont pris les premières
mesures pour dormer h leur recherche agricole un
niveau scientifique convenable, en se fondant sur
des travaux méthodiques tenant compte des conditions particulières dans lasquelles il se trouvent.
Aussit6t les hostilités terminées, les pays européens qui avaient directement souffert de la guerre
se sont trouvés devant la tache difficile mais urgente de la reconstitution de leurs moyens de recherche. Il fallait réunir un personnel spécialisé,
rétablir des contacts avec les chercheurs des au-
tionaux d'informations sur les projets en cours.
En Extréme-Orient, la Commission internationale du riz de la FAO a encouragé Forganisation
d'un vaste projet d'hybridation din riz qui intéresse
tous les pays producteurs de cette céréale. C'est
là un exemple frappant de coordination des recherches dans un seul domaine, et dont un grand
nombre de pays tirent profit.
Dans nombre de pays sous-développés, on s'est
intéressé davantage à la recherche agricole lorsque l'on s'est mieux rendu compte des avantages
que pouvait tirer un pays de la mise en oeuvre de
son propre programme de recherches. En Irak,
par exemple, on a étudié la création d'une administration entièrement notrvelle de la recherche
tres pays et se procurer un nouvel équipement
c'est pourquoi un nombre d'institutions européennes de recherche agricole, parmi les plus importantes, 'font pas été en mesure de reprendre leur
activité avant un certain temps. Les vastes programmes de relèvement d'après-guerre ont fourni
de l'équipement, des ouvrages techniques et méme,
agricole, qui est en cours de réalisation avec l'aide
d'experts de l'assistance technique. En Amérique
centrale, la FAO organise une réunion d'administrateurs de la recherche qui étudieront les moyens
de renforcer l'organisation de cette branche cractivité. Comrne clans le cas des travaux de vulgarisation, les programmes d'aide technique des Na-
clans certains cas, des fonds pour la reconstruction des moyens de recherche agricole sinistrés
en Europe. En Asie, et particulièrement en Chine,
en Corée, et dans une moindre mesure au Japon,
la situation d'après-guerre était sensiblement la
méme. LA aussi, les programmes de relèvement
ont contribué à donner h la recherche une base
tions Unies et des institutions spécialisées, ainsi
que ceux des Etats-Unis et du Plan de Colombo,
ont favorisé le développement de la recherche
agricole. Cependant, la formation des techniciens
constitue encore la pierre d'achoppelnent d'une
organisation efficace de la recherche. Les experts
de l'assistance technique ont, dans un grand nombre de cas, surmonté cette clifficulté en donnant
un certain enseignement sur le terrain, mais de
nombreux pays ont encore beaucoup à faire dans
ce domaine. Les programmes de bourses peuvent
assurer un précieux complément de formation a,
l'étranger, et les boursiers qui ont regagné leur
pays commencement a, participer à la recherche
plus sable.
Les pays avancés qui n'avaient pas été touchés
directement par les operations militaires se trou-
vaient dans une situation un peu analogue. En
Amérique clu Nord, le personnel qualifié était dis-
persé, un grand nombre de programmes de recherches avaient été interrompus en faveur de
Caches urgentes, l'équipement était complètement
usé et souvent impossible h remplacer. Mats les
organismes de recherches de ces pays se relevèrent rapidement.
Après la guerre, de nombreuses techniques nouvelles, comme celle de l'emploi d'isotopes radioactifs, ouvrirent de nouveaux champs d'action. Ces
agricole.
techniques ont progressé si rapidement que les
chercheurs dans le domaine agricole s'apergurent
Commercialisation agricole
qu'il était absolument nécessaire de trouver de
meilleures méthodes afin de faciliter la coopéra-
Il y a plusieurs dizaines d'années que certains
pays de l'hémisphère occidental possèdent des
tion internationale entre ceux qui travaillent dans
services officiels de commercialisation agricole qui
des domaines analogues. A mesure que la recherche
complètent et facilitent la tache des organismes
privés. En Amérique du Nord, et particulièrement aux Etats-Unis, l'établissernent de rapports
officiels sur les marchés, les récoltes et les pers-
agricole est devenue plus complexe et plus onéreuse, les pays se sont efforcés de plus en plus de
coordonner les programmes de recherche, aussi
bien sur le plan national que sur le plan international. Cette tendance s'est fait jour tout parti-
pectives de la situation a atteint un degré qui
touche h la perfection. Récemment, la gravité
69
lent les poids et mesures, déterminent les frais
la situation créée par le problème des excédents
a incite les organismes officiels des Etats-Unis à
mettre l'accent sur la découverte d'utilisations
ainsi que les normes sanitaires et fournissent des
renseignements sur les prix et le volume des transactions entre les marches. Aux termes d'une legislation nouvelle, une monnaie basee sur le système decimal, ainsi que des poids et mesures uni-
et de débouchés nouveaux et à orienter et encotirager la recherche technologique dans ce sens.
En Europe, des organismes intergouvernemen-
formes, seront mis en vigueur. Au Pakistan, le
Ministère de l'agriculture a entrepris de préparer
et de publier des rapports et des etudes sur la
commercialisation. Avant d'instituer un système
taux ont entrepris de mettre en ceuvre des programmes destines
à
faciliter la commercialisa-
tion des produits agricoles. En 1950, la Commis-
sion économique pour l'Europe a constitué un
Groupe de travail de la normalisation des denrées
périssables qui a étudié, en collaboration avec la
FAO, des propositions de normalisation du commerce des fromages et des ceufs, ainsi que des
projets de normes de categories et de contróle de
qualité pour les fruits et legumes. Un projet d'accord contenant des clauses applicables en Europe
sur la normalisation du commerce et le contróle
de classification de la laine par qualité, il a publié
un manuel sur ce sujet. En Thallande, le gouvernement vient de charger une commission d'étudier les moyens de contr6ler la qualité des produits
d'exportation tharlandais et de determiner un
classement par qualité. L'institution d'un système
objectif de classement par qualité fondé sur des
cles fruits et legumes frais faisant l'objet d'un
Département de la commercialisation a développé
ses services d'information commerciale et de publicité sur les produits locaux ; le principal organe
d'inforrnation est le « Marketing Intelligence »,
circulaire mensuelle qui tire à une quizaine de milHers d'exemplaires.
descriptions écrites est à l'étude. A Ceylan,
commerce international a été soumis aux gouvernements, et des recommandations ont été formulees sur la qualité minimum des pommes de terre
et des agrumes. La normalisation des conditions
de vente des céréales et des agrumes est à l'étude.
L'OECE s'intéresse elle aussi de plus en plus à
l'arnélioration des services de commercialisation
en Europe. La creation d'un service europeen de
renseignements sur le marché des fruits et legumes présente un intérét tout particulier.
Certains gouvernements du Proche-Orient et
de l'Extréme-Orient s'intéressent de plus en plus
aux divers aspects de la commercialisation : ras-
le
Des projets de definitions pour le classement
normalise du riz par qualité à l'échelon international ont fait l'objet de discussions au cours de
reunions organisées en 1953 et 1954 par la FAO
Bangkok et à Rangoun, et chargées d'étudier
les problérnes économiques du riz.
En Libye, un conseiller de la FAO a collaboré à
semblement, classement et publication de renseignements commerciaux et determination de qualités et de normes. Le Gouvernement turc a institué un Bureau de la normalisation au Ministère
l'établissement d'une loi stipulant que tous les
agrumes destines à l'exportation devaient étre
tries, nettoyés, classes par qualité et emballés
conformément à des normes de qualité acceptables pour l'exportation ; le vote de cette loi a eu
de l'économie et du commerce. La priorité est
pour résultat de faire vendre la récolte 1953/1954
accordée aux produits agricoles exportables, mais
on espère que le programme actuel de normalisation et d'inspection sera étendu progressivement
aux principaux produits agricoles du pays.
En Inde, la Direction de la commercialisation
et de l'inspection a poursuivi la publication d'étu-
à l'exportation à un prix environ deux fois plus
éleve que celui de l'année précédente, tout en ne
nécessitant que des investissements relativement
peu importants pour l'achat d'équipement d'emballage et de triage. Dans un grand nombre de
territoires africains, l'institution, pour les produits
agricoles importants poni- l'exportation, de normes de classement qui s'accompagnent de l'octroi
de primes élevées à la qualité, a provoqué une
amelioration très sensible des produits. Dans la
Nigeria par exemple, la proportion d'huile de palme entrant dans les achats d'huiles alimentaires
de qualité spéciale rose est passée de 1 pour cent
en 1950 à 50 pour cent en 1953.
Dans le doraaine des foréts, des centres et services d'informations commerciales ont été créés
ou sont en cours de creation dans la plupart des
pays du monde ; ils sont ou bien rattachés au ser-
des sur la commercialisation de produits determines. Le classement par qualité institué par la
loi de 1937 relative aux produits agricoles (classement par qualité et commercialisation) a été
étendu A., un certain nombre de denrées : huiles
végétales, beurre, fruits, produits fruitiers et ceufs.
De plans sont à l'étude pour améliorer les rensei-
gnements commerciaux par la creation d'un service central d'informations sur le marché.
Avec les « marches reglementés » de l'Inde, dis-
paraissent les aspects les plus prirnitifs du marchandage. Les autorités commerciales y contr663
vice des foréts ou bien placés sous l'égide d'organisations commerciales et industrielles. L'économie forestière de la plupa,rt des pa,ys exige aujour-
et d'Amérique latine. Para&lenient, des règles de
classement par qualité, anciennes et souvent périmées, relatives b des espèces commerciales traditionnelles d'Europe et d'Amérique du Nord, ont
été révisées et améliorées de fawn à mieux corres-
d'hui des services cl'informations cornrnerciales
plus perfectionnés et une meilleure compréhension de leur utilité par le public. A ces progrès
pondre aux conditions actuelles. Cette tâche a
ont aussi contribué la création d'organisations de
commercialisation et
été entreprise par des experts des services forestiers nationaux ou des institutions de recherches,
ou encore par des techniciens spécialement engagés pour élaborer ou reviser les systèmes de classement par qualité.
l'institution de règles de
classernent par qualité poni des espèces qui n'ont
été introduites sur le marché qu'après la guerre,
et notamment pour les feuillus d'Asie, d'Afrique
64
Chapitre IV - PROGR *ES DE LA TECHNOLOGIE AGRICOLE
ET RATIONALISATION DE L'EXPLOITATION DES
RESSOURCES NATL RELLES
l'irrigation complémentaire par aspersion a suscité
un vif intérêt. Dans plusieurs regions, l'effort
AGRICULTURE
Les progrès de la technologie agricole et de la
principal a porté sur la lutte contre les inondations, le drainage et la lutte contre la saturation
mise en valeur des ressources naturelles sont generaiment clifficiles A, discerner et encore plus diffi-
du sol en eau et l'excès de salinité des terres.
La rnise en valeur des ressources en eau a progressé de manière inégale, mais un certain nombre
ciles à mesurer, d'une année à l'autre. C'est la
raison pour laquelle La situation, mondiale de
l'alimentation et de l'agriculture donne habituelle-
de pays importants ont enregistré des résultats
considérables au cours des dix dernières années.
Les progrès ont été peu apparents au emirs des
ment peu de renseignements sur cette question
fondamentale. Le bilan des résultats obtenus au
cours des dix dernières années a toutefois perrnis
de combler cette lacune dans la mesure oi." les
cinq premières années, sauf dans les regions ()it
l'influence de la guerre sur le développement économique avait été faible
notamment dans les
deux Amériques
mais les événements ont montre ultérieurement que cette période fut marquee
faits connus s'y prêtent et l'évolution dans ce
domaine peut etre retracée, au moins en partie,
malgré l'insuffisance des informations dont nous
disposons.
par un actif travail de preparation. Pendant la
Exploitation et aménagement des eaux
seconde moitié de cette période, Fceuvre de mise en
valeur commen9a à prendre de l'ampleur clans de
nombreux pays.
Les plans tendant à améliorer l'exploitation et
l'aménagement des eaux ont joué un rôle preponderant dans la lutte menée au cours des clix années
Les progrès de loin les plus frappants ont eV"
realises clans certains pays d'Extreme-Orient où
d'après-guerre pour accroitre la production ali-
ment les abondantes ressources en eau pour les
rnentaire et agricole. Dans les zones arides et semiarides comme celles du Proche-Orient, de certai-
besoins de l'agriculture, ont connu un essor exceptionnel. La chose est importante non senlement en
nes parties de l'Amérique latine, de l'ouest des
raison des effets directs de l'irrigation sur le
rendement des cultures, mais a,ussi parce que la
régularisation de Falimentation en eau assure une
les programmes tendant à exploiter plus complete-
Etats-Unis et de l'intérieur de l'Australie, l'objectif principal a été d'ouvrir à la culture des zones
consacrées jusque-là à un pâturage extensif ou
base 6,conomique bien meilleure aux progrès de la
technique agricole,, notamment par l'emploi d'engrais, de semences de meilleure qualité et le perfectionnement des pratiques culturales. C'est ainsi
méme des terres désertiques. Dans l'Asie du SudEst, soumise au regime des pluies abondantes, mais
saisonnières, de la mousson, l'effort essentiel a
porté sur la regularisation de l'alimentation en eau
pour remplacer l'irrigation par submersion pratiquée pendant la période traditionnelle de culture;
certaines mesures ont également été prises pour
assurer Firrigation des cultures pendant la saison
sèche. Dans les regions humides et semi-humides
que la mise en valeur des ressources en eau est
la pointe des efforts entrepris pour accroitre le
qui repivent des pluies toute l'année, comme le
nord-ouest de l'Europe et l'est des Etats-Unis,
d'hectares avant la gueue en moins de vingt ans.
La construction d'ouvrages (Fn.-ligation n'avait
rendement des cultures en lude, on le programme
d'irrigation est probablement le plus vaste du
monde, puisqu'il vise à doubler la superficie urni-
guée qui atteignait déjà près de 20 millions
65
pour ainsi dire pas progressé jusqu'en 1951, mais,
au cours des trois premières années du plan quinquennal, la superficie irriguée s'est accrue de plus
on ignore le chiffre effectif de l'accroissement de
la superficie irriguée pendant ces dix années.
Les renseignements relatifs à l'U.R.S.S. et h., la
Chine sont fragmentaires, mais il en ressort nettement que dans ces regions Firrigation a tres sensiblement progressé pendant les cinq dernières
de 3 millions d'hectares et 5 millions d'hectares
environ auront été ouverts à l'irrigation au 1 er
mars 1955. Le Pakistan a également entrepris un
certain nombre de programmes d'envergure et,
années. En U.R.S.S., cinq grands programmes
d'irrigation annoncés en 1950 et dont l'achèvement était prévu pour 1958, devraient permettre
d'irriguer une superficie de plus de 6 millions
d'hectares, mais on ignore comment progressent
bien qu'il soit encore trop tôt pour obtenir des
chiffres précis, les travaux effectués au cours de
ces dix années pourraient se solder par un gain' de
l'ordre de 750 000 à 1 million d'hectares. En Thailande, un programme d'irrigation, dont l'application se poursuit regulièrement, a permis d'irriguer,
de 1947 à 1955, 400 000 hectares supplémentaires,
les travaux. En Chine, il se petit que l'application
des programmes d'irrigation progresse à une cadence plus ou moins comparable A, celle qui a été
soit un gain de près de 70 pour cent. Dans les
autres pays d'Extréme-Orient, les programmes
d'irrigation ont été beaucoup moins vastes et,
atteinte en Inde
Dans plusieurs regions à climat tempéré dont
la mise en valeur est déjà plus avancée, on commence à utiliser l'irrigation en grand pour rendre
dans certains d'entre eux, le stade de la construction des ouvrages n'a pas encore été atteint, mais
dans l'ensemble de la region, la superficie irriguée
s'est probablement accrue de 6 à 7 millions d'hectares pendant les dix dernières années.
Dans de nombreux pays du Proche-Orient, des
programmes de grande et de moyenne envergure
sont en cours, mais les progrès ont été assez inégalement répartis. Il est possible qu'à la fin de ces
la production agricole encore plus intensive, soit en
empechant les cultures de manquer creau aux
époqUes critiques de leur croissance, soit en entreprenant des cultures spéciales, L'irrigation complémentaire s'est développée rapidement au cours des
dix dernières années dans l'est des Etats-Unis et
en Europe occidentale. L'un des principaux facteurs de ces progrès a été le perfectionnement
dix années, la superficie irriguée, qui était de
l'ordre de 11 millions d'hectares, se soit accrue
de près d'un demi-million d'hectares. Quelques
materiel servant à Firrigation par aspersion, aujourd'hui commode et d'une grande souplesse d'emploi,
en mérne temps que l'électrification et l'approvisionnement en mazout des campagnes faisaient de
grands progrès.
Cependant, les chiffres sont impuissants à exprimer tolls les progrès effectivement realises en
matière d'exploitation et d'aménagement des res-
programmes importants ont été executes dans le
secteur méditerranéen de l'Europe méridionale et
sur le littoral nord-africain, mais la mise en valeur
des ressources en eau a progressé assez lentement
dans l'ensemble.
La region qui se place au second rang par l'im-
sources en eau, dans les diverses parties du monde,
au cours des dix dernières années. Plusieurs années
d'après-guerre ont été consacrées aux etudes, aux
portance des résultats obtenus est l'Amérique latine on un million et demi d'hectares environ ont
été ouverts à l'irrigation, soit un accroissernent de
25 pour cent à peu près. LA, encore, la situation
varie beaucoup d'un pays A, l'autre, la moitié
relevés, aux travaux préparatoires et h.la mise en
place des ouvrages d'infrastructure et c'est maintenant seulement que ces travaux commencent
porter leurs fruits. Dans plusieurs pays, notamment au Proche-Orient, ces dix dernières années
ont été marquees par de premiers essais d'inventaire systématique des ressources en eau, y com-
environ de ces gains ayant été réalisée au IVIexique.
Grace à ces progrès, des réseaux d'irrigation couvrent actuellement une superficie représentant environ 20, 15 et 7,5 pour cent de la superficie cultivée, en Extreme-Orient, au Proche-Orient et en
Amérique latine, respectivernent.
Daus l'ouest des Etats-Unis, c'est surtout
l'exploitation des eaux souterraines qui s'est développée. Dans l'ensemble, les progrès de l'irrigation
ont été sensiblement plus lents que pendant certaines périodes précédentes. En Australie, les bassins de retenue en voie d'aménagement feront plus
que doubler la capacité des barrages existants qui
ont alimenté en eau d'irrigation un demi-million
d'hectares environ dans le sud-est du pays, mais
pris les eaux souterraines dont les possibilités
d'exploitation ont été grandement negligées dans
de nombreux pays. C'est à l'avenir qu'il appartiendra d'utiliser cette masse croissante de connaissances.
Il y a encore place pour de grandes ameliorations en ce qui concerne la preparation des pro1Renseignements publiés par le Far Eastern
Economic Review et par le Service d'information
de la Commission économique des Nations Unies
pour l'Asie et l'Extrême-Orient.
66
grammes d'irrigation. Ceux-ci sont trop souvent
mat des dépenses qui sont hors de la portée de la
plupart des autres pays. La remise en état des terres salines est d'importance capitale, mais il est
devenu evident que la setae solution réside dans
un drainage. efficace et dans une irrigation bien
menée. La nécessité de doter les terres irriguées
d'un réseau de drains suffisant a été mieux comprise au cours cles dix dernières années, mais les
fortes dépenses qui en résultent constituent encore un obstacle. Dans les régions plus humides,
établis sur des bases fragiles, faute de relevés
minutieux et de véritables conceptions d'ensemble
tenant coinpte de tous les facteurs dont dépend
l'utilité de ces programmes. Il s'est révélé diffieile
d'assurer un financement régulier de la construc-
tion et de l'entretien des ouvrages, ou d'amener
l'eau sur les torres, de sorte que les gros investissements effectués n'ont pas toujours été aussi
rentables qu'ils auraient dû l'étre. On a parfois
commencé h construire de nouveaux réseaux
d'irrigation sans tenir suffisamment compte des
possibilités d'amélioration des réseaux existants.
le drainage des terres a considérablement progressé, en raison surtout d'une meilleure connaissance des exigences des sols et, du perfectionnement du matériel.
La régularisation des eaux de erue est un aspect
très important de la question. Dans nombre
vallées parcourues par de grands fieuves, d'énormes quantités d'eau qui pourraient être employées utilement sont non seulement périodiquement
gaspillées, mais détruisent le sol et les cultures
sur de vastes superficies. On eherche de plus en
plus à lutter contre les inondations en appliquant
Dans l'ensemble, de grandes améliorations sont
aussi réalisables dans le domaine de la conserva-
tion et de l'emploi rationnel des eaux par les
usagers. Des quantités considérables d'eau d'irrigation continuent à étre gaspillées dans certaines
régions, notamment en Amérique latine. Dans
nombre de pays on les agriculteurs ont acquis une
grande expérience, par suite d'une longue pratique de l'irrigation, en particulier au Proche-
Orient, les droits élevés pelvis pour l'usage de
l'eau empêchent parfois les réseaux d'irrigation
(Pare employés efficacement. Il n'y a pas de
progrès notables à enregistrer à cet égard, sauf
de vastes plans de protection et d'aménagement des
bassins versants et en édifiant des bassins d'accumulation. Parmi les pays qui ont réalisé d'impor-
tants progrès dans la lutte contre les inondations
au cocas cles dix dernières années sont les Etats-
dans le continent nord-américain où les efforts de
services de vulgarisation très perfectionnés, joints
aux subventions accordées pour les améliorations
foncières, ont incité les cultivateurs des terres
irriguées à améliorer leurs méthodes. Les recherches sur les besoins en eau des diverses cultures
ont été intensifiées pour assurer l'utilisation opti-
Unis, la Grèce, la Chine (on des travaux de protec-
tion intéressant des millions d'hectares "ont été
exécutés le long du Hwai, du Yang-Tsé-Kiang,
du Chung-Kiang et du Fleuve Jaune) et l'Irak,
oic des travaux entrepris pour régulariser les ernes
clans les bassins du Wadi Tharthar et du lac Habbaniya et dans les vallées du Tigre et de l'Euplirate
sont pi-es d'être achevés.
mum de l'eau disponible. Dans la plupart des
régions arides ou semi-arides, il ne faut pas escomp-
ter de véritables améliorations de grande envergure taint que les pays ne seront pas en mesure de
Fertilité du sol
créer les services de vulgarisation appropriés pour
montrer aux agriculteurs qu'il est possible d'améliorer les méthodes d'irrigation.
Il sera question sous ce titre des possibilités
d'entretenir la fertilité du sol sans recourir aux
enarais commerciaux. Mais COMMe on connait
La dégradation des terres irriguées du fait de
la salinité excessive du sol pose un problème de
plus en plus préoccupant. De nombreuses études
ont été consacrées à cette question, en particulier
pendant cette dernière période, mais la baisse de
la capacité de production des tenes irriguées n'en
beaucoup mieux l'emploi des engrais commerciaux
continue pas moins à dépasser de beaucoup chaque
que les alines aspects de la question, il est inévitable qu'il occupe une place disproportionnée dans
cet exposé.
Avant la seconde guerre mondiale, trois régions
fortement industrialisées, le nord-ouest de l'Eu-
année les gains que les mesures de protection et
rope, l'est des Etats-Unis et le Japon, produi-
les travaux de remise en valeur permettent de
réaliser. La quasi-totalité du Proche-Orient, la
saient et consommaient une grosse quantité d'engrais. Ces régions avaient des traits communs
une population relativement dense, une agriculture assez intensive et des sols sans grande fertilité naturelle mais suffisamment alimentés en eau,
qui réagissaient bien aux a,pplications d'engrais.
L'Océa,nie consommait aussi beaucoup de phos-
majeure partie du Pakistan occidental, une partie
de l'Inde, l'ouest des Etats-Unis et bien d'autres
regions. souffrent de cette détérioration de terres
de bon rapport. Les Etats-Unis prennent actuellernent des mesures pour y remédier, mais moyen67
phates et l'Egypte d'assez grandes quantités d'azote. Toutefois, la forte densité de la population
et la nécessité d'accroitre la production agricole
n'ont pas toujours eu pour corollaire une forte
50 A, 60 pour cent supérieure à celle d'avant-guerre.
La consommation d'engrais a done suivi, dans
les pays précédemment habitués à les utiliser, une
consommation d'engrais commerciaux. C'est ainsi
qu'ils étaient très peu utilisés dans le sous-continent indien et en Chine car, dans ces régions insuffisamment industrialisées, les agriculteurs auraient dci les payer trop eber. Dans bien d'autres
régions, le manque Weal" et l'insuffisance des
moyens de transport joints A, la dissémination ou
courbe ascendante régulière, en partie par suite
d'applications plus massives. Des prix plus avantageux ont incontestablement contribué dans une
large mesure A, déterminer cet essor qui semble
se maintenir et à Forigine duquel il faut aussi signaler une masse eroissante de résultats expérimentaux et une compréhension de plus en plus
grande par les agriculteurs du rifile des engrais.
Fignorance de la population étaient autant de
L'un des faeteurs importants a été la rapidité
facteurs qui limitaient l'emploi des engrais.
Pour se faire une idée des changements intervenus au cours des dix dernières années, il vaut
avec laquelle se sont développées les applications
d'engrais dans les pâturages en Europe, en Océanie
mieux se reporter à ces années d'avant-guerre
Nord. C'est ainsi qu'en Australie, la superficie des
paturages qui ont re9u des applications d'engrais
artificiels a passé de 3 millions d'hectares environ
en 1938-1939 à 9 200 000 hectares environ en
1953-1954. Le développement de la consommation
d'engrais a sans aucun doute contribué sensiblement
l'augmentation généralisée des rendements en
Europe, en Amérique du Nord et en Océanie.
et, dans une certaine mesure, en Amérique du
qu'à l'après-guerre immédiat. La régression généralisée de la consommation d'engrais en Europe,
dans l'Asie du Nord-Est et en Océanie, de 1939
1945, par suite des dégats subis par les fabriques
d'engrais et du tarissement des sources d'approvisionnement traditionnelles, fut un phénomène
qui, bien que temporaire, influa grandement, pendant plusieurs annees, sur le volume des disponibilités alimentaires clans les pays habitués A, utili-
TABLEAU
ser des engrais. Un des événements réellement
importants des années de guerre fut l'extraordinaire développement de la consommation d'en-
IV-1.
CO-IsTSOINENIATION
D'ENGRAIS
LES UTILISATEURS TRADITIONNELS ET
PAR
PAR
LES
UTILISATEURS -NOUVEAUX, DANS DIVERSES REGIONS
grais aux Etats-Unis on elle doubla presque en un
RÉGIONS OU PAYS
temps très court. Cette tendance a persisté pendant les dix années d'après-guerre.
La reprise de la consommation d'engrais après
la guerre fut particulièrement vigoureuse et soutenue, les disponibilités étant absorbées à peine
Iva ntguerre
1953/1954
Teneur en élements
tettilisants, en matters
tic tones
Extrérw -Orient
(Tarpon et ancie,ns territones
japonais
liaises sur le marché. Les niveaux de consomma -
Autres pays
tion d'avant-guerre furent de nouveau atteints
dans tous les pays en 1950. Par la suite, la consommation mondiale continua d'augmenter ré-
760
100
1 220
120
3
200
80
55
18
135
60
110
18
270
240
Pr oche-Orient
Egypte et Afrique du Nord
gulièrement et, en 1953/1954, elle avait presque
doublé par rapport A, l'avant-gueue.
Les progrès les plus spectaculaires furent e registrés en Amérique du Nord oa la consomma-
française
Autres pays
A fr i que
tion a aujourd'hui quadruplé par rapport h., l'avantguerre et représente un tiers de la consommation
Union Sud-Africaine
Autres territoires .
.
mondiale d'engrais, contre un sixième avant la
36
guerre. En Europe, on les niveaux de consommation étaient déjà élevés, la progression est de Fordre de 50 pour cent par rapport aux dernières années « trente ». La Consommation de phosphates
a doublé en Australie, en Nouvelle-Zélande et en
Afrique du Nord, mais les autres éléments ferti-
Amérique latine
lisants continuent à être très peu utilisés. Les
guerre, les engrais commerciaux étaient inconnus ou utilisés seulement pour les cultures d'ex-
Pérou et Chili
Autres pays
Passons maintenant aux régions on, avant la
trois autres grands utilisateurs traditionnels d'engrais commerciaux, le Japon, l'Egypte et le littoral péruvien, ont chacun une consommation de
portation. Par rapport aux niveaux de eonsommation dans les régions mentionnées au para68
TABLEAU IV-2. PRODUCTION MONDIALE 1
N
ltÉioxs
GNATS PAR RÉGIONS
P2 Os
Tons éléments
fertilisants
K2
Avant- 1945/46 1953/5 Avant- 945/46 1953/54 Avant - 945/46 1953/54 Avant - 1945/46 1953/54
guerre
guerre
gaerre
enterre
neur e n elément6 test ilistutts, el milt° is de tor
Europe
Amérique chi Norcl
Extréme-Orient 3
Proche-Orient
Afrique
Océanie
.
Amérique latine...
TOTAL MONDTAL
2
0.25
0.29
2.69
1.55
0.65
0.02
0.02
0.02
0.30
2.26
1.64
5.23
1 37
0.42
0.29
0.67
0.68
9.07
0.68
0.26
0.03
0.06
0.34
0.02
1.18
1.44
0.01
3.49
0.02
0.06
0.36
0.03
9.99
2.99
0.36
0.10
0.11
0.55
0.08
9.90
0.28
0.01
0.02
3.08
6.38
9.51
1.29
0.72
0.01.
0.05
5.65
1.60
0.01
1.37
0.02
0.01
9.07
es
4.04
5.67
0.48
0.05
0.02
0.34
0.27
8.18
3.14
2.83
0.08
0.06
0.36
0.33
9.65
5.37
1.01
0.12
0.11
0.56
0.38
6.81
17.21
0.01
Non Compris PU.R.S.S.
compris les possessions des Etitts-UniS.
Non compris la Chine continentale et la Corée du Nord.
- Néant ou négdigeable.
graphe précédent, la situation n'a, pas beaucoup
évolué. Dans ces vastes étendues qui couvrent
la plus grande partie de l'Asie, de l'Afrique, et
de l'Amérique latine, la consommation d'engrais
représentait encore moil's de 4 pour cent de la
vivrières, ont été consommées dans cette région
l'exclusion du Japon et des anciens territoires
japonais), contre 50 000 tonnes environ avant la
auerre. La moitié de ce tonnage a été consommée
en Inde on la, première fabrique d'engrais installée
dans le sud de l'Asie fonctionne aujourd'hui hplein
rendement. Bien que ces tonnages soient négligeables compte tenu de la superficie cultivée, le
fait h retenir est le premier pa,s qui a été ainsi accompli dans la bonne direction. Les agrieulteurs
dispersés à travers l'Inde, le Pakistan, Ceylan,
l'Indonesie, les Philippines et la Thaande, qui
oat utilisé des engrais dans la riziculture contribueront peut-être puissamment h en répandre
l'emploi parmi leurs voisins, à condition que le
consommation mondiale en 1953-1954. L'absence
d'industrialisation, les frais de transport élevés,
l'éducation insuffisante des agriculteurs,
sauce des services de vulgarisation, la situation
juridique défavorable (régime foncier et organisation (lu crédit notamment) et l'indigence des données expérimentales sont autant d'obstacles qui
continuent à s'opposer à une rapide expansion
de la consommation d'engrais. 011 Ile pent pourtant
pas dire que la situation n'ait nullement évolué.
Dans l'ensemble, les pays de ce groupe consomment aujourd'hui environ 625 000 tonnes d'engrais - chiffre de la teneur en éléments fertilisants - contre 140 000 tonnes (soit 1,7 pour cent,
de la consommation mondiale) en 1938.
En Extreme-Orient, avant la guerre, les engrais
chimiques n'étaient utilisés que pour les cultures
spécialement destinées à l'exportation. Au cours
de ces dernières années, la plupart des états de
rapport entre les prix des cultures vivrières et
ceux des engrais rende Putilisation de ces derniers
profitable. Au Proehe-Orient, la Turquie, Israel,
la Syrie et Chypre out commencé h utiliser de très
petites quantités d'engrais et il en est de méme
dans certains territoires d'Afrique. En Aménque latine, la consommation a. presque quintuplé
par rapport à l'avant-guerre, les plus forts accroissements ayant été notés à Cuba (canne à sucre),
au Brésil (coton et café) et au Mexique. Ces progrès sont très marqués, mais il se peut qu'ils soient
en définitive moins significatifs que ceux qui ont
été enregistrés en Extréme-Orient, car les engrais
continuent à et-re utilisés principalement pour les
cette région se sont particulièrement efforcés d'inciter les cultivateurs à utiliser des engrais dans la
riziculture et, da,ns d'autres cultures vivrières essentielles, en les aidant d'autre part à se procurer
des engrais à des prix raisonnables. L'Inde, le
Pakistan et les Philippines ont aujourd'hui en
service une ou plusieurs usines fabriquant des
engrais azotés et plusieurs gouvernements ont créé
cultures d'exportation et parce que cet essor de
la consommation est probablement imputable,
en partie, aux cours élevés de ces produits. Dans
des organismes spécialement chargés de vendre
des engrais à des prix subventionnés et h crédit.
En 1953/54, 160 000 tonnes d'azote, dont plus de
la moitié fut sans doute absorbée par les cultures
le sud de l'Asie et clans certaines parties d'Afrique
et d'Amérique latine, l'insuffisance des connaissauces sur les besoins des différents sols en 616ments fertilisants ralentit les progrès dans ce do69
TABLEA-U
CONSOMMATION MONDIALE D'ENGRAIS PAR R1GIONS
P505
N
A-
Ilf:Gtoxs
ya
guerre
1945/ 1953/
16
54
Objee-
tits
I'Pons élements fertilisa
K2 O
Objee-
A-
Chico-
A-
vant- 1945/ 1953/ tifs vant- 1915/ 1953/ tifs vant- 1945/
54
54
guer- 46
rour guer- 46
pour guer- 46
1960
re
i.e
1960
1960
re
p O Ur
1953/
54
Obiee-
tifs
Pour
1960
Teneur em ,Rénzents fertilisants, en ni illions de leones
Europe
1.49 0.81 2.25 2.501 2.13 1.19 2.91 3.00 1.78 1.37 3.04 2.90 5.32 3.37
Amérique du Norc12 038 0.64 1.77 1.15 0.71 1.37 2.19 2.80 0.40 0.70 1.73 1.75 1.49 9.72
Extr &Me- r ieut'
0.13 0.05 0.80 *2.60 0.30 0.02 0.12 *1.35 0.12 4.41 4.25 *0.40 0.86 0.01
Proelle-Orient4 .
0.08 0.05 0.15
0.03 0.02 0.11
* 0.01 0.01 0.02
* 0.12 0.09
Afrique
0.02 0.01 0.03 *0.20, 0.05 0.07 0.12 *0.2,0 0.01 0.01 0.02 *0.05 0.07 0.08
Océanie
0.02 0.01 0.02 0.051 0.35 0.35 0.56 0.50 0.02 0.01 0.03 0.05 0.38 0.38
.Amérique latine
0.04 0.04 0.15 0.901 0.03 0.05 0.16 0.15 0.01 0.02 0.07 0.05 0.08 0.11
.
.
.
8.20
5.70
8.40
5.70
1.16 *4.35
0.28
0.17 *0.45
0.61
0.38
0.60
0.40
TOTAL MONDIAL 2.39 1.61 5.17 6.70 3.60 3.07 6.47 8.00 2.35 2.13 5.16 5.20 8.32 6.82 16.80 19.90
* Les obiectirs out été établis uniquement par. eontinent. Les altives relatas au eontinent asiatique sont les ehiffies indi(Inés pour la reglen de l'Extréme-Orient. et les enifrres relatifs au continent africain sont les ehiffres indiques pone la region
que la FAO d0signe s( us le nom de réglon afrieaine qui ne eomprend pas les pa 's du Proelm-Orient
'Non compris
2 Y eompris les ossessions des Etats-Unis.
3 Non compris la Chifle continentale ni, en 1953/54, la Corée du Nord.
2 Y eompris l'Afrinue clu Nord franeaise.
maine. All cours des dix dernières alinees s'est
d'ammoniaque représentent aujourd'hui 18 pour
cent environ de la consommation d'engrais azotes et l'Inde et le Japon ont commence à s'interesser à cette méthode. Des essais sont en cocas
pour mettre au point un équipement moins
teux. L'endroit où il faut placer les engrais, par
cumulée une masse régulièrement croissante de
connaissances experimentales qui permettent, dans
un grand nombre de pays, d'asseoir rceuvre de
vulgarisation sur des bases de plus en plus solides.
Il est intéressant de comparer les progres ainsi
réalisés au cocas des dix dernières années avec les
objectifs pour 1960 consideres en 1946 par la FAO
comme étant les objectifs minima compatibles
rapport A, la localisation des graines et des plantes
est une question qui est étudiée avec une attentico croissante. Au Japon, on a obtenu de meil-
avec le maintien du niveau de nutrition deja atteint dans les pays developpes et avec le relevement des niveaux de nutrition dans les pays insuffisamment développés pour les remire plus
conformes aux exigences d'une saime alimenta-
leurs rendements en riz en plaNant du sulfate d'am-
monium dans la couche réductrice du sol et cette
méthode tend A, se répandre dans tout le pa,ys. En
outre, l'épandage aérien d'engrais dans certaines
conditions s'est également développé. C'est ainsi
qu'en Nouvelle-Zélande les pâturages si-tices en
terrain accidenté re9oivent tres souvent des applications aériennes d'engrais phosphates.
La fertilité du, sol dépend non seulement des
tion. En Europe, en Amérique du _Nord et en Océanie, ces objectifs étaient déyi atteints en 1953/54 et
l'Amérique latine et l'Afrique n'en étaient pas
lata ; mais en. Asi.e es ob¡ectifs consideres alors
apports d'engrais minéraux mais aussi d'autres
facteurs et en particulier des apports de matières
organiques résultant cles applications copieuses
comme des objectifs minima ont été atteints
raison d'un tiers seulement à ce j'al'''. C'est la l'envers du tablean de debuts prometteurs en Extre-
me-Orient qui a été décrit all paragraphe pré-
de fumier animal et de composts, cle l'enfouissement d'engrais veas et de l'inclusion de légumineuses, de paurages et de fourrages dans les rotations.
L'Europe occidentale, oil les disponibilités en
fumier animal ont été fortement réduites jusque
vers 1950, époque à laquelle les effectifs du bétail
rejoignirent le niveau d'avant-guerre, est probablement la région oit ce genre d'engrais est le
mieux utilisé. Dans le sud de l'Asie, Où il est pour-
cédent.
L'industrie des engrais a fait quelques progres
sur le plan technique au cours des dix dernieres
années avec l'emploi d'ammoniaque, d'ammoniac
et de solutions ammoniacales en application direete
(fans le sol et dans l'eau d'irrigation, la granulation des engrais pour améliorer leurs propriétés
naturelles, l'accroissement de la concentration
de
clans les engrais phosphatés, le traite1)201
ment des phosphates naturels à l'acide nitrique
et le développement de la production d'uree et
de mélanges d'engrais et de produits anti-parasitaires. Aux Etats-Unis, les applications directes
tant si nécessaire d'accroitre la productivité du
sol, le fumier animal et les gadoues, qui sont soigneusement utilisés au Japon, en Chine et en Coree,
70
n'étaient guère employes avant la guerre.
Bien que plusieurs pays prennent des mesures
pour développer Putilisation du fumier animal
ces récents progrès montrent une comprehension
nouvelle de Pinter& de la prospection des sols pour
et des composts, les résultats obtenus dans ce domaine sont modestes, said en lude où la production de composts A: partir des gadoues des villes
et cles villages a été multipliée plusieurs fois par
suite de l'effort special fait dans ce sens dans le
cadre du Plan quinquennal.
la mise en valeur des terres en vue de leur meilleure
utilisation.
Les programmes d'assistance technique ont lar-
Depuis la guerre, et en particulier en Europe
occidentale, en Océanie et en Amérique du Nord,
on veille davantage à pratiquer de bonnes rotations comprenant des légumineuses et des graminées h. fort enracinement pour le pâturage et pour
le fourrage. Toutefois, on pourrait faire beaucoup
mieux dans les regions où le climat est favorable.
Dans les regions à climat tempéré, on fait souvent
des engrais verts en semant des légumineuses
culture dérobee ou en pratiquant des cultures de
couverture dans les vergers. Plusieurs pays du
sud de l'Asie pratiquaient déjà ce genre de culture pour les engrais et pour l'ombrage ainsi obtenus, mais des travaux expérimentaux de plus
en plus nombreux ont été effectués au cours de
ces dernières années pour determiner l'intérét de
ces cultures clans les regions tropicales.
La connaissance des sols a nota,blement progressé depuis la guerre. Jusqu'à une époque ré
cente, même dans les regions développées, elle
était bien limitée, sauf dans quelques pays. Avant
la guerre, plusieurs pays des nouveaux continents
Australie, Canada, Nouvelle-Zélande et Etats-Unis
exécutaient des programmes de
entre autres
prospection des sols d'importance croissante pour
essayer de résoudre les problèmes d'ordre pratique
que pose l'utilisation des terres. En Europe toute-
fois on s'intéressait davantage aux questions de
recherche ,et d'enseignement et les divers services
et organismes qui s'occupaient de l'étude des sols
gement contribué à determiner ce changement
d'optique et à accélérer la creation d'organismes
s'occupant de la prospection des sols dans les pays
insuffisamment développés, la formation de spécialistes et revaluation des aptitudes des sols dans ces
regions. Grâce au grand nombre de nouveaux specialistes des sols ainsi formes et grAce aux excel-
lents services créés dans différentes parties du
monde au cours des dix dernières années, l'étude
des sols pourra progresser plus rapidement dans
un proche avenir.
Machines agricoles
Les instruments aratoires manuels et le materiel
à traction animale se sont considérablement perfectionnés et la motoculture s'est beaucoup développée, mais c'est dans ce dernier domaine que la
situation a le plus évolué au cours des dernières
années.
Développement de la motoculture. L'utilisation
croissante de la traction mécanique clans l'agriculture depuis la deuxième guerre mondiale est l'un
des faits les plus remarquables de cette période
sur le plan technique. Les prix plus favorables des
produits agricoles, compte tenu de l'amortissement
et des frais d'utilisation du materiel motorise, l'in-
dustrialisation qui a fait augmenter le coût de la
main-d'ceuvre et oblige les agriculteurs à rechercher d'autres sources d'énergie, la plus grande diversité des machines aux dimensions plus réduites
et la familiarisation croissante des agriculteurs
avec les engins mécaniques sont parmi les princi-
ne recevaient qu'une aide limitée des gouverne-
paux facteurs de cette evolution, en particulier,
ments. Quelques pays d'Asie et d'Afrique ont aussi
effectué quelques travaux de prospection des sols
clans divers buts. Après la guerre, un grand nombre de nouveaux organismes s'intéressant à la prospection des sols ont surgi clans le monde entier.
D'importants programmes sont en cours de reali-
dans les regions où la plus grande partie de la production agricole est commercialisée. Toutefois,
les ressources limitées en devises etrangères ont
sation dans la plupart des pays d'Europe, dans
leurs territoires d'outre-mer, en Amérique du Nord,
en Océanie et dans quelques pays d'Amérique latine et d'Asie. Dans de vastes regions, on a fait des
prospections de reconnaissance et établi des cartes
préliminaires, tandis que des cartes plus détaillées
étaient dressées pour des regions de moindre étendue, selon les exigences de leur mise en valeur. Bien
que la superficie prospectée jusqu'ici ne représente
qu'une petite partie de la superficie terrestre totale,
été l'un des grands obstacles au développement
de la motoculture, en particulier dans les regions
moins développées. La situation s'est améliorée
avec la réapparition des producteurs européens
sur les marches d'exportation, mais le problème
des devises reste souvent grave. Des fa,cteurs spéciaux, qui sont énumérés plus loin, ont joué dans
plusieurs regions. Le résultat net est que, clans
l'ensemble, le nombre des tracteurs a double ou
triple en moins de 10 ans (de 1946 à 1953) dans les
regions où ils étaient déjà largement utilises avant
la guerre. Ailleurs, ces dix années rnarquent le début
de leur utilisation dans l'agriculture, au moins dans
eertains pays, bien qu'en chiffres absolus le nombre
des tracteurs reste souvent modeste.
TABLEAU'
PARc MONDIAL DE TRACTEURS,
PAR RÉ.GIONS
En Europe, l'action des faeteurs énumérés ,cidessus, a été renforcée par les mesures énergiques
prises par les autorités en faveur de la mécanisation, dans le cadre des programmes politiques na-
1938/39
Aprèsguerre
mimediat2
.......
illiers
.
275
1 695
35
464
2 900
64
.
5
16
15
91
ltÉcioxs
tionaux de développement de la production alimentaire. On a considéré que les tracteurs offraient
le moyen de libérer des terres consacrées h la production d'aliments poni- les animaux de trait, d'augmenter dans certains pays la superficie des terres
Europe
Amérique du Nord
AMérique latine
Proche-Orient.
Extrême-Orient
.
.
.
OcSanie
arables en introduisant une rotation des cultures
dans une partie des prairies permanentes, de con-
U.R.S.S.
tribuer au relèvement des rendements par un meilleur échelonnement des operations agricoles et
d'accroitre la productivité générale de la population agricole. Le nombre des tracteurs a peu varié
avant 1946, sauf au Royaume-Uni ofi fluent enregistrés les trois quarts de Faccroissement survenu
pendant la guerre dans la region européenne. Depuis
1946, la motoculture a rapidement progressé dans
tons les pays du continent européen, sauf dans la
ToTAT. G
1
57
524
9 590
Superficie
1953
arable
par tractear en
1953
fl et-1(11.es
1 414
450
20
211
969
104
50
470
1 200
8 500
100
230
4 000
7 505
130
4 650
189
Tracteurs de plus de 8 ehevaux sepleinent. Les eh/tires
tendent probablement il sousestimer le degré de naiicanisation
ile l'Europe oh la proportion de motoculteurs est plus grande
que dans les autres régions.
1946, sauf pour le Proche-Orient et l'Extréme-Orient
les chiffres se rapportent h 1949.
Estimation approximative pour (lousier une idée générale
du degre de mécanisation dans chaeune des li g,ions principales
in la fin des dix années considérées.
Ces ebillres sont ajustéJs pour tenir comptc des pays pour
lesquels on ne dispose pas de données et des tracteurs appartenant h des particuliers dans les pays oil les données ne concer-
nent one les tracteurs appartenant h l'Etat.
En tracteurs de 15 CV.
Non compris quelques petits pays du Proche-Orient et
péninsule ibérique, C'est ainsi gu'en Allemagne
oecidentale, le nombre des tracteurs est passé de
d'Extréane-Orient, les torritoires non-autonomes dans toutes
les rftiOTIS, la Chine et l'Union Sud.A.fricaine. pinar ces pays
il faudralt ajouter environ 150 000 tracteurs au total our 1953.
40 000 h 300 000 en sept ans, en France, de 50 000
h 178 000 et, en Italie, de 40 000 6,101 000. Dans les
pays de moindre importance, le pare de tracteurs
a passé de 130 000 6., 400 000 unites, ces progrès intéressant aussi bien l'Europe oecidentale que l'Enrope orientale.
rapide clans la plupart des petits pays. L'Uruguay
possédait environ 20 000 tracteurs en 1954 (contre
3 000 en 1946) et 80 pour cent de la superficie
En Amérique du Nord, l'expansion fut tres
rapide finmédiatement après la guerre, mais le
taux d'accroissement est tombé h 5 pour cent
arable était cultivée avec des engins mécaniques.
A nombre d'égards, l'Amérique latine est venue
occuper une position intermédiaire entre les pays
environ par an 6, partir de 1949, époque on il ne
resta plus de demandes insatisfaites à combler et
ofi, le parc de tracteurs avait déjh atteint plus de
oil
vinrent disponibles pour l'exportation. En Océanie,
la xnecanisation est bien développée et les
regions du Proche et de l'Extréme-Orient. L'augmentation a porté surtout sur le nombre des tracteurs appartenant à des particuliers, mais la eréation par l'Etat de centres de tracteurs a contribué
clans une mesure appréciable 6, mettre la moto-
le nombre des tracteurs a plus que triple par
culture 6, la portée de vastes groupes d'agriculteurs.
4 000 000 d'unités. Néanmoins, la production resta
forte et un plus grand nombre de traeteurs derapport à l'avant-guerre et continue d'augmenter
Ces centres ont joué un rôle considerable dans
rapidement.
plusieurs pays d'Amérique latine, tels que le Peron,
Le developpement de la motoculture fut indéniablement un des traits nouveaux les plus remarquables de l'agriculture latino-américaine après la
guerre. Dans cette région, le ehangement dans la
répartition des tracteurs fut pent-étre encore plus
remarquable que l'aceroissement du chiffre total.
En 1939, plus de 70 pour cent des tracteurs de la
region étaient concentrés en Argentine, et ce
pourcentage est tombé 25 pour cent en 1952.
Au cours des sept années prenant fin en 1953, le
le Brésil, Cuba et le Chili, et sont une creation
caractéristique de la période d'après-guerre, encore
que quelques-unes aient déjà commence 6, fonetionner avant la guerre. Le démarrage de la produc-
tion de tracteurs est un autre trait nouveau et
important de la situation. En Argentine et au
Brésil, des usines sont en construction et contribueront dans une mesure appreciable au developpement de la mécanisation dans ces deux pays.
Au Proche-Orient et en Extrèxne-Orient, les
tracteurs appartenant h des partieuliers ont joué
en revanche un rôle très secondaire. Les progrès
enregistrés sont en niajeure partie le fait des pro-
6L,
nombre des tracteurs est passé de moins 20.000
près de 50 000 en Argentine et au Mexique et de
5 000 A, 35 000 au Brésil. L'accroissement a été
72
grammes établis par les gouvernements pour accroitre la superficie cultivée (par exemple en Turquie), pour défricher des terres ingrates (comme
les terrains envahis par la canne h suere sauvage
[Saccharum spontaneum] en Jude) ou pour doter
certaines régions de centres de tracteurs appartenant à l'Etat (comme h Ceylan, en Indonésie et
en Birmanie). Au Proche-Orient, les progrès sont
très inégalement répartis, la Turquie possédant 60
pour cent et l'Egypte 20 pour cent des tracteurs,
principalement dans des centres de l'Etat. Néan=ins, presque tous les pays ont fait des progrès
rapides, méme si le r6le de la motoculture reste
généralement peu important, voire insignifiant.
En Extréme-Orient, seuls l'Inde (avec 9 000 unités
environ), le Pakistan (avec 2 000 unités environ)
et les Philippines possèdent un nombre appréciable de tracteurs qúi ont presque tous été achetés
au cours de ces dernières années. Toutefois, de
premières tentatives de mécanisation de l'agriculture sont entreprises dans la quasi-totalité des
pays, presque toujours avec des groupes mobiles
ou de petites stations de tracteurs appartenant
l'Etat. Dans ces pays, quelques centaines de tracteurs représentent déjà un changement important,
mais il est trop t6t pour dire dans quelle mesure ils
peuvent jouer un r6le utile dans l'éconornie agri-
burant et en pièces de rechange. En général, ces
problèmes semblent avoir été sous-estimés au
début et plusieurs pays ont gaspillé beaucoup
d'énergie et d'argent au cours des premières années.
Alanoeuvré par des gens inexpérimentés, le maté-
riel ne tarda pas A, subir des avaries et des machines cofiteuses restèrent inactives pendant de
longues périodes ou furent méme abandonnées
dans certains cas, les pikes de plusieurs machines
étant fréquemment utilisées pour essayer d'en
faire fonctionner quelques-unes.
En fait, on a réussi h vaincre bon nombre de
ces difficultés spécialement au cours des quatre ou
cinq dernières années. De nombreux pays ont
créé des centres où sont formés des conducteurs
et des rnécaniciens pour les ateliers de réparation
et un nombre croissant d'ouvriers ayant re9u
une formation au moins partielle, ont suivi des
eours ; des ateliers de réparation fixes et des services de réparation itinérants sont mis sur pied et
la nécessité de constituer des stocks de pieces de
rechange est mieux comprise. Les Etats qui ont
organisé des centres de traeteurs ont étc, conduits
h prendre des dispositions poni- assurer le bon
entretien du matériel. L'assistance technique de la
FAO, le Programme bilatéral des Etats-Unis et
le Plan de Colombo ont joué un r6le très important
cet égard en dormant l'impulsion première et les
connaissances techniques initiales, et les fournisseurs de machines agricoles ont fréquemment aidé
h organiser des emirs pour former des conducteurs.
cole. Jusqu'à présent, on les a utilisés presque
exclusivement pour les labours et les premières
fawns culturales en les concentrant généralement
dans des zones qui se prètent mal b., Futilisation clu
matériel h traction animale, comme celles qui sont
Dans un certain nombre de pays, le retour des
soldats qui ont fait leur service militaire contri-
recouvertes de mauvaises herbes à enracinement
profond ou comme celles ofi l'on peut obtenir des
rendements plus élevés en plantant plus t6t lorsque
les labours ont été faits sans attendre les pluies
bue notablement à relever le niveau des connaissances techniques de la population rurale. Dans
quelques cas (par exemple glâce h Faction de certains services de mise en valeur en Inde, au Pakistan, h Ceylan, en Turquie, au Pérou, au Brésil
et en Argentine), on a préparé des bases techniques solides à l'expansion de la mécanisation
saisonnières. Certains pays ont commencé des
recherches strictement expérimentales sur la méca-
nisation complète de la riziculture.
Les renseignements relatifs h l'Afrique sont très
rnaigres. La motoculture s'est fortement développée
en Afrique du Sud. Da,ns sept des territoires nonautonomes pour lesquels il existe des statistiques,
le nombre des tracteurs a passé de 30 000 àprès de
lorsque les conditions le justifient, mais la majorité
des pays en est encore au stade de l'organisation
des premiers services d'entretien et il est probable
que cette besogne prendra plusieurs années.
50 000 unités en quatre ans seulement, de 1949
Matériel et traction animale et outillage et main.
On pourrait accroître très sensiblement la produetivité de la main-d'couvre et obtenir de meilleurs
résultats, soit en amélicrant l'outillage h main et
le matériel h traction animale assez primitifs qui
sont généralement employés par les agriculteurs
dans les régions insuffisamment développées, soit
1953. Ces progres ont été réalisés dans le secteur
de la culture de type européen et les tracteurs
appartiennent h des particuliers.
Utilisation et entretien. L'introduction des trac-
teurs dans les pays peu habitués aux machines
a naturellement soulevé de gros problèmes lorsqu'il
s'est agi de former des conducteurs et dn mécaniciens, d'installer des stations d'entretien et de répa-
en introduisant un outillage nouveau et perfectionné. Dans bien des régions du monde, les possi-
bilités dans ce domaine sont plus intéressantes
ration et d'organiser l'approvisionnement en car73
Les très grands progres realises depuis lors
dans plusieurs pays sont en grande partie imputables au resserrement de la cooperation internationale entre sélectionneurs qui fut un trait caracteristique des années d'après-guerre. Les voyages
individuels des chereheurs se sont multiplies et,
pour l'instant quo le développement de la moto-
culture et les progres realises dans ce sens ne
soulèvent pas les problèmes d'ordre technique et
social que pose parfois l'introduction de la moto-
culture. La simple substitution de la faux h la
faucille accroît plusieurs fois la productivité de la
main-cFceuvre. Néanmoins, les possibilites offertes
dans ce domalne sont très negligées, parce qu'il
n'a pas l'attrait de la mécanisation, et les progues
enregistrés au cows de la période considéree
sont relativement faibles. Quelques pays, situés
de plus, de nombreuses conferences internationales
sur la selection végétale ont été organisées dans
le cadre d'initiatives officielles et privées, y cornpris trois series de reunions organisées regulièrement
chaque année au titre des programmes cooperatifs patronnés par la FAO et consacres à la selection du riz dans le Sud-Est asiatique, la selection
du blé et de l'orge au Proche-Orient et la selection
pour la plupart au Proche-Orient (comme l'Afghanistan, l'Egypte, l'Ethiopie, l'Irak et la Libye),
ont demandé h la FAO de les conseiller à. ce sujet
et les résultats obtenus ont montré qu'il existait
du maIs en Europe et dans le Bassin méditerraneen.
Les échanges de renseignements et de materiel de
de grandes possibilités d'amélioration dans ce sens
et que les agriculteurs etaient très désireux
d'employer un materiel mieux adapté, si on savait
leur en montrer les avantages et si les fabricants
selection qui fluent ainsi rendus possibles ont
nettement contribué à renforcer l'action des services nationaux qui s'occupent de sélectionner des
variétés améliorées et cl'en vulgariser l'emploi.
locaux ne le vendait pas trop
Dans l'ensemble, on peut dire que les pays
Sélection végétale et amélioration des
semences
sous-développés ont consacré aux cultures vivrières essentielles une attention plus grande qu'avant
la guerre, en insistant moins sur les cultures d'ex-
Au cours des dix années considérées, des progrès
notables ont été realises dans de nombreux pays
dans le domaine de la selection et de l'utilisation
de variétés améliorées, mais il est difficile de donner un aperçu synthetique des résultats obtenus
en raison de la multiplicité des cultures h envisager. Produire et distribuer des semences de haute
qualité de variétés améliorées est une operation
complexe dont les différentes phases doivent être
portation et sur les cultures industrielles. Dans
l'Asie du sud-est, par exemple, c'est le riz qui a
convenablement équilibrées et coordonnées. Il faut
-progresser sur plusieurs fronts : selection, essai,
reproduction, homologation, distribution, demons-
tous souffert et ces deux derniers pays avaient
tration et propitgande aupres des agriculteurs,
et chacun de ces divers aspects de la question
tudes politiques qui en furent le corollaire ont
aussi éclairci les rangs du personnel technique.
est rarement considéré avec Fattention necessaire
au succes de l'ensemble de l'entreprise. Il importe
en particulier de bien assurer la production et la
distribution des semenees sans quoi tout le travail
fait pour sélectionner de nouvelles variétes et
determiner le degré d'adaptation dont elles sont
capables est en grande partie perdu. Dans nombre
de pays, y compris quelques-uns où les services
agricoles sont relativement tres développés, l'orga-
Néanmoins, les services techniques retrouvent prouressivement leurs anciens effectifs, sauf au Viet-
nisation de la production et de la distribution
la guerre, ont été reconstitués et les sentences
reproduites ont été remises dans le commerce
la Birmanie a remis sur pied, en l'arnéliorant, un
système satisfaisant de production et de distribution de semences désorganisé pendant la guerre.
En outre, des progrés reels ont aussi été enregistrés. En 'Indonésie, par exemple, la chaine de
centres de production de sentences qui avait été
complètement disloquée pendant la guerre est
term la première place. Dans cette region, la situa-
tion était compliquée du fait de la dislocation
complete des services de selection végétale et de
production de sentences pendant la guerre. La
Birmanie, la ThaYlande, le Viet-Nam, le Cambodge,
l'Indonesie, la Malaisie et les Philippines en avaient
mettle perdu leurs embryons de stocks de sentences
de variétés courantes. La guerre et les vicissi-
Nam, au Cambodge et au Laos oil la situation
reste instable. Les progres qui ont été realises
dans de nombreux pays cle la region ont done
consisté dans une large mesure h regagner le terrain perdu. C'est ainsi qu'aux Philippines des embryons de stocks de semences de diverses variétés
courantes de grande importance, perdus pendant
des semences est mallieureusement le point faible
des programmes d'amélioration des cultures, de
sorte que l'utilisation des variétes améliorées par
les agriculteurs est fréquemment tres en retard sur
l'avancement de la recherche et de la selection,
comme ce fut particulièrement le cas dans les
regions insuffisamment développées au début de
la periode considérée.
74
peens ; en 1954, 6 pour cent environ des cultures
de mads de la region étaient plantés de maIs hybrides et Faccroissement de production par rapport
h la récolte qui aurait été obtenue sur les mémes
terres avec des variétés de plein champ ordinaires
pollinisation libre fut, cette année-lh, de Fordre
aujourd'hui sensiblement plus importante qu'avant
la guerre, avec près de 250 centres en service. Il
en résulte que plus d'un tiers de la superficie
rizicole est planté de variétés améliorées. De même,
dans plusieurs Etats de l'Inde, la superficie plantée de variétés de riz améliorées a passé de moins
de 20 pour cent h plus de 50 pour cent au coins
de ces dernières années. Néanmoins, comme
de 640 000 tonnes, représentant une valeur de
55 millions de dollars. L'Italie et la France, oil 19
n'en est pas de merne pour le Japon, Formose,
l'Indonésie, Ceylan et certains Etats de l'Inde,
au total seule une faible partie de la superficie
et 31 pour cent respectivement des cultures de
rizicole de l'ensemble de la region est plantée de
le
mads sont plantés de mai's hybrides, occupent une
position d'avant-garde dans ce domaine tandis que
Trials hybride commence tout juste à s'introduire en Turquie et en Yougoslavie. .Aleme h
l'intérieur d'un seul et mème pays, on constate
variétés améliorées. La production et la distribution des semences dans l'ensemble de la region
ont besoin d'être encore fortement améliorees pour
que les programmes de selection portent vraiment
leurs fruits.
L'Amérique latine s'est activement occupée de
développer la culture du mals, qui est la principale de la region ; la selection de Variétés de blé
selon les regions des differences analogues dans le
degre d'utilisation des variétés améliorées. C'est
ainsi que dans le nord de l'Italie, 60 A, 95 pour
cent des cultures de mads sont plantés de maYs
hybride dans certaines provinces, tandis que dans
le sud, pour lequel on n'a pas d'hybrides adaptés
au milieu, cette proportion tombe h moins de 1
pour cent. En pareil cas, ce West pas l'organisation des services de vulgarisation et de production
des semences qui pêche le plus ; ce qu'il faut
plutôt c'est intensifier les recherches pour sélectionner des variétés mieux adaptées h un milieu
resistant h la rouille et d'autres variétés de hie
améliorées a sensiblement progresse et des résul-
tats appréciables ont également été enregistrés
dans le domaine de la selection du coton, de la
canne à sucre et de quelques autres plantes cultivées. LA, aussi, si certains pays comme l'Argentine
et le Brésil utilisent dans une. large mesure des
variétés améliorées, les mesures prises dans la
plupart des pays pour assurer la production et la
ingrat.
distribution des semences demeurent insuffisantes,
Un des traits les plus encourageants de la période d'après-guerre est de constater que le rôle
de la selection végétale comme facteur d'amélio-
bien que la situation s'améliore dans nombre
d'entre eux et en particulier au Mexique et en
ration des rendements est de mieux en mieux
compris. Il en est ainsi même des pays h rende-
Colombie. Au Proche-Orient, les progrès ont éte
peu marqués, sauf en Egypte et en Turquie, et les
semences utilisées sont encore pour la plupart des
ments élevés et la chose est particulièrement frappante dans les pays d'Europe occidentale, d'Amerique du Nord et d'Océanie, où la selection végétale a déjà fait des progres spectaculaires. Ces pays
semences locales non sélectionnées.
Des differences frappantes clu Wine mire dans
le degré d'utilisation des variétés améliorées exis-
n'ont pas le sentiment que la selection végétale
tent entre pays voisins, comme en témoigne la
place prise par le mais hybride au cours des dix
sent plutôt que, avec revolution constante des
dernières années. Les consequences spectaculaires
nage des plantes cultivées par la génétique est
de cette remarquable realisation des specialistes
de la selection végétale en Amérique du Nord
ont suscité chez les agriculteurs européens un vif
intérêt pour les possibilités d'utilisation du ma'is
hybride et divers pays d'Europe ont importé de
fortes quantités de semences h la fin de la guerre.
On savait malheureusement peu de choses sur les
types d'hybrides h introduire de preference dans
les différents pays et de gros mécomptes furent
souvent enregistrés au début. Sous les auspices de
la FAO, tous les types obtenus en Amérique du
une -ache permanente. Cette manière de voir offre
ait atteint les limites de ses possibilités, mais penconditions agricoles et économiques,
le
fa 9on-
une importance particulière pour les pays les
moins développés du monde car les dépenses en
argent et en main-d'ceuvre spécialisée auxquelles donnent lieu la selection végétale et l'amélioration des semences sont relativement modestes
et les investissements de capitaux ne sont en rien
comparables à ceux que nécessitent bien d'autres
formes de mise cit valeur agricole.
Lutte contre les maladies et ennemis des
cultures
Nord furent toutefois soumis h de nombreux
Ces dix années ont été marquees par de notables progres dans la connaissance des maladies
essais qui permirent d'identifier des hybrides spé-
cifiquement adaptés aux différents pays euro75
et des ennemis des cultures et dans la lutte antiparasitaire, notamment au moyen
produits
chimiques. Ces nouveaux produits ont contribué
dans une mesure appreciable à maintenir ou
accroitre le rendement de nombreuses cultures
dans les pays où leur emploi s'est généralisé ; ils
ont parfois été h l'origine d'accroissements très
nets des rendements. Cette evolution a été rendue
duits a aussi fait ressortir le risque de voir apparaitre des souches résistantes d'insectes, de
mauvaises herbes et d'autres organismes patho-
possible par une meilleure comprehension du rC)le
de nombreux perfectionnements clans leur mode
trapplication, reffort ayant porte spécialement
sur la mise au point d'un materiel poni les traitements h faible volume, avec comino resultat de
grandes economies de materiel, de temps et de
moin-d'ceuvre. L'emploi plus frequent des avions,
rutilisation accrue d'engins terrestres h moteur et
manoeuvres h. la main pour les nébulisations, les
traitements aux fumées toxiques, la generalisation des traitements des semences
qui combinent souvent une action insecticide, et fongicide
gènes, et la nécessité pour les chercheurs de
ne pas se laisser dépasser par ces problèmes
nouveaux.
L'introduction de ces nouveaux produits très
toxiques et très concentrés s'est accompagnée
des facteurs écologiques qui influent sur l'épidémiologie des maladies et des parasites des cultores et par une meilleure connaissance des effets
des mesures antiparasitaires sur requilibre biologigue nature].
Les deux premiers grands insecticides de synthèse, le DDT et le HCH, ont fait leur appiirition
il y a un peu plus d'une dizaine d'années. Uberieurement, un grand nombre cl 'autres produits
de synthèse sont devenus trim emploi courant
dans les pays oil les agriculteurs sont bien fami-
et ramélioration des traitements du sol sont
h signaler au nombre de ces perfectionnements.
liarises aye° les techniques mock-wiles et plusieurs
d'entre eux sont largement utilises [email protected] dans
les regions sous-développées. Ils sont caractérisés par leur action extrèmement puissante et par
leur toxicité spécifique et leur introduction a permis de réduire f,'orternent les pertes causees par
de nombreux parasites et maladies des cultures.,
aussi bien dans les zones tempérees que tropica-
On a aussi étudie davantage la preparation de
les. Il importe de miter le développement de ruti.lisation des insecticides et des fongicides systemiques qui, appliqués sur une partie du vegetal,
sont transportés par la seve et rendent le vegetal
toxique pour les insectes et les organismes
pathogènes. Cette meithode de late antiparasitaire
tion des plantes a constitué uii autre trait remarquable de revolution de la situation. La coordination régionale dans Petiole et la lutte contre des
produits antiparasitaires répondant aux exigences
des nouvelles méthodes d'application et permettaut d'utiliser au maximum les principes toxiques.
Le développement de la cooperation
emo-
[email protected] dans de nombreux domaines de la protec-
insectes nuisibles, tels les criquets, et Faction con-
certee entreprise dans d'autres domaines impor-
tants de la protection des végétaux ont donne
d'excellents résultats. Des progres particulière-
est riche de promesses mais il est encore trap
tôt pour en apprécier le veritable interet du point
ment sensibles ont été realises dans la coordination interréionale de la lutte antiacridienne en
de vue économique.
Dans le domaine de la batte eontre les niauvaises herbes, de gros progrès out été enregistres dans
Amerique centrale, en [email protected] du Sud, en Africlue occidentale, en Afrique centrale et au Proche-
la mise au point d'une serie de produits desherbants hormones et ils tendent de plus en plus h
devenir d'un emploi courant dans de nombreux
Orient. Dans he cadre de la Convention [email protected] pour la protection des végétaux, adoptée
par la Conférence de la FAO en 1051, de nom-
pays. Ces produits chimiques sent tre.s supérieurs
aux herbicides ordinaires en ce sens qu'ils ont une
action très selective, détruisant certoines mauvaises herbes sans endommager les cultures et, lorsqu'on les applique en très petites quantités, capables de detruire les plantes non resistantes.
Un grand nombre des plus récents de ces produits
breux pays ont organise ou perfectionné leurs
propres servi ces de protection des vége'staux, pour
entreprendre des enquaes systématiques et intensifier la lutte contre les maladies et parasites
des cultures. En (Amite liaison avec la Convention, des organismes régionaux pool la protection des végétaux furent mis sur pied en Europe,
dans rAsie du Sud-Est, au Mexique et en Arne-
antiparasitaires puissants sont toutefois tres toxiques pour rhomme et leur utilisation a mis en
relief la nécessité de faire preuve d'une extreme
prudence poni éviter que des résidus toxiques ne
rique centrale. Un certain nombre de pays ont
améliore leur legislation contre la propagation des
parasites et maladies des cultures en prévoyant
subsistent h la surface ou h rintérieur des produits
récoltés. L'application généralisée de ces pro-
des mesures h la foi plus efficaces et moins gênantes pour le commerce international.
76
Arnélioration des paturages et des four.
un revenu plus stable au cultivateur rendu moins
tributaire d'une culture unique ou de cultures de
rapport, comme aux Etats-Unis surtout, ou d'accroitre la fertilite du sol grace h une regeneration
des phturages naturels par le défrichement, la fumure et le réensemencement comme en Australie
et en Nouvelle-Zélande. Dans les pays appliquant
des méthodes perfectionnées, le haut dcgré de développement de la recherche et les efforts incessants de services de vulgarisation bien organises
ont fitit, beaucoup poni- accroître la productivité
des phturages. La destruction des 'aphis par la.
myxomatose illustre
façon remarquable l'utilité
de la recherehe h. long terme. En Australie, pre-
rages
Les phturages occupent dans le monde, une superficie plusieurs fois supérieure à celle des cultures, Timis les surfaces enherbées ont toujours
beaucoup moins profile de l'amélioration des pratiques agricoles que les surfaces cultivées. Depuis
Ion nombre d'années, l'exploitation des surfaces
enherbées et des plantes fourra_uères est &venue
sensiblement plus rationnelle dans les pays des
zones tempérées ; clans les autres regions, où leur
importance est aujourd'hui mieux comprise, des
recherches sont faites sur les possibilités (Famelioration dans ce domaine et les résultats de ces
recherches ont commence h etre appliqués dans
de nombreux cas.
Au cours des dix dernières années, la situation
a continué de s'améliorer dans le nord-ouest de
l'Europe où les cultivateurs étaient dep., avant la
guerre bien au courant des méthodes d'exploitation rationnelle des phturages. Pendant la. guerre,
la plupart des pays d'Europe ont été amenes
augmenter leur production de céréales aux dépens
de leurs phturages et de leurs fourrages et le désir
d'éviter une trop forte reduction du cheptel les
conduisit A, adopter des méthodes propres h accroitre la productivité des zones à phturages et h
fourrages qui leur restaient. Après 1945, la penurie de devises fortes rendit ces pays encore plus
conscients de la nécessité de produire une plus
forte proportion deS aliments destines h leur betail et ils chercherent à utiliser plus à fond les possibilités de l'alternance des cultures et de l'exploitation en phturage, dont le ley farming anglais
est une forme très évoluée. Cette période a été
caractérisée par une integration encore plus étroite
de l'élevage et de la. culture moyennant une meilleure utilisation, dans les rotations, des cultures
fourragères et des prairies temporaires ou
cielles, souvent établies sur des prairies permanentes retournées. Une bonne partie de Faccroissement de la production fourragère est aussi imputable aux progrès sensibles realises dans l'exploitation, la fertilisation, l'entretien et la réo-énération des prairies permanentes et, en particulier au développement des systemes de phturage
par rotation et par bandes. Une grande place fut
aussi réservée au fauchage des prairies permanentes et à la récolte, au séchage, h la conservation
et à l'utilisation des fourrages verts.
En dehors de l'Europe, dans la. plupart des regions à climat tempéré et humide, l'extension et
"'amelioration des phturages ont pour objet de
contribuer h la conservation du sol et d'assurer
mier pays ort fut introduite la myxomatose, la
capacité de chargement des pacages à moutons
a déjà sensiblemeilt augmenté et, en Europe, on
put penser que la productivité des cultures et
des phturages augmente lh où sévit la myxornatose.
Les pays du bassin Méditerranéen ont toujours
été caractérisés par une absence complète (Pint&
gration entre la culture
monoculture de céréales
alternant avec des jachères dans la plupart ches
cas
et l'élevage, pratiqué sous forme extensive,
sans chercher h améliorer les phturages naturels
qui font souvent vivre un grand nombre d'animaux de basse (Indite. Pour améliorer la situation de ce secteur agricole d'une importance capitale pour l'économie de toute la region, l'OECE
et la FAO ont procédé h. une etude systérnatique
des phturages en 1950 et la FAO a créé ultérieu-
rement un Groupe de travail méditerranéen des
herbages et de la production fourragère charge
d'entreprendre et de coordonner les travaux dans
cette region oh il est possible d'accroître notablement la production de fourrage en' remplaçant
progressivement la rotation céréales/jachères par
la rotation céréalesllégumineuses fourragères. Au
emirs des dix dernières années, la superficie des
cultures de céréales et de légumineuses en rotation
considerablement augment& en particulier h
Chypre, en Grèce et en Israel. L'Algérie f'ait de
gros efforts pour constituer des reserves de fourracre dans les terres irriguées. Dans des conditions
climatiques quelque peu analogues, les légumineuses ont été associées de plus en plus à la culture du We, dans le sud de l'Australie ; le Chili a
fait des recherches très poussées sur la valeur nutritive des plantes fourragères. Des mesures
portantes out done été prises en vue d'une utilisation plus rationnelle des terres.
Dans les terrains de parcours étendus et peu
alimentés en pluies qui couvrent de vastes parties
du monde, les ameliorations ont été faibles, exception faite pour l'Australie, l'Union Sud-Africaine,
77
Pouest du Canada et l'ouest des Etats-Unis. Dans
de nombreuses régions arides et semi-arides, les
bandes de terrain proches sont soumises au phturage abusif de troupeaux nomades qui sont décimés lorsque l'herbe vient à manquer par suite de
la sécheresse ou des déprédations cles parasites
nature's. Pourtant, on comprend mieux aujour-
cole exécuté sous les auspices de la Commission
économique pour l'Amérique latine fournissent
les bases sur lesquelles de nouveaux progrès pour-
d'hui que le r6le de la végétation naturelle est
d'assurer non seulement la subsistance du bétail
valeur nutritive de diverses espèces de graminées
et de légumineuses.
En conclusion, il est clair que les principes qui
ront être réalisés à Favenir. Etant donné la valeur limitée des graminées, on recherche activement les possibilités d'accroitre la production de
fourrage et des recherches sont en cours sur la
rnais aussi la conservation optimum clu sol et des
eaux. Dans des conditions favorables, il a été possible de réensemencer des terres avec des grami-
devraient assurer une exploitation plus rationnelle des pâturages n'ont, en fait, qu'une application très limitée dans une grande partie du monde
et, en particulier, dans les zones tropicales et sub-
nées plus résistantes ou de plus grande valeur
nutritive. Dans des régions tropicales et presque
toujours h., titre expérimental
des terrains de
tropicales ; néanmoins, il a été procédé A, de nom-
parcours ont été clôturés pour empecher le bétail
possibilité d'aménager des points d'eau bien répartis et, dans certains cas, des réserves de fourrage
breuses études et à de nombreux travaux expérimentaux qui devraient porter ultérieurement leurs
fruits. Dans les régions où l'exploitation des phturages est plus intensive, les principaux objectifs
ont été Faccroissement de la productivité des paturages par le réensemencement et par la fertilisation et l'intégration plus étroite de l'élevage et
de la culture dans le cadre de systèmes d'exploitation permanents. Dans les zones de paturage intensif, on s'est efforcé surtout de limiter le pa-
ont été constituées dans des centres pour faire
cage sur les pâturages naturels .au début de la
face à des périodes critiques.
Dans les regions tropicales et subtropicales,
l'aménagement pastoral et la préservation des
fourrages en sont encore à un stade très peu avancé.
période de végétation et certains pays ont cherché
réensemencer des terres arables abandonnées
d'y pâturer, en vue de determiner le rythme de
la régénération naturelle, et de nombreuses expé-
riences ont été faites sur le pâturage différé et
sur le pâturage par rotation. La FAO a entrepris
une enquête sur les terrains de parcours semi-desertiques et sur les autres pâturages du ProcheOrient. Plusieurs pays ont aménagé ou étudié la
et des terrains de parcours favorables là où les
bonnes graminées avaient été détruites par un
pacage abusif. Dans les zones tropicales, les recherches ont été orientées veis l'étude des ressources actuelles en phturages pour determiner
les méthodes d'exploitation et les principes fertilisants qu'ils réclament et pour essayer de trou-
Le bétail est presque toujours cantonné sur divers
types de terrains incultes limités d'un côté par
les terres cultivées et de l'autre par les terrains
boisés ; l'extension de la superficie cultivée et la
limitation du pâturage en fork, réduisent progres-
sivement l'étendue des herbages. D'autre part,
pour des motifs d'ordre social et religieux, un
nombre excessif de betes sont souvent parquées
ver quelques graminées et légumineuses b., bonne
valeta nutritive susceptibles de prospérer dans
les regions tropicales.
sur ces terrains qui, en raison de leur médiocre fertilité naturelle, produisent une herbe si mauvaise
que les animaux refusent de la manger dès qu'elle
Santé animale
Au cours des dix dernières années, l'Europe a
connu une importante épidémie de fièvre aphteuse qui a eu pour résultat un resserrement de
mfirit et sont done presque toujours affamés. L'élevage est done pen rentable et l'érosion degrade ra-
pidement ces paturages dénudés. Au coins des
dix dernières années, on a mieux compris que
l'herbe pouvait étre amenée à jouer un rôle plus
important également clans les zones tropicales.
L'Inde procède actuellement, en vue de mettre
la coopération internationale pour combattre cette
très redoutable épizootie. En 1954, la FAO a créé
la Commission européenne de lutte contre la fièyre
aphtertse dont font aujourd'hui partie huit Etats
au point de meilleures méthodes d'aménagement
pastoral, A, de vastes enquetes sur la flore et sur
l'écologie de ses paurages naturels. Les enquétes
écologiques du gem.e de celle qui est en coins en
Inde et l'enquête sur le bétail entreprise en Amérique centrale par des experts de la FAO dans le
cadre d'un vaste programme d'intégration agri-
Membres.
Tous les pays dotes de services vétérinaires
bien développés ont intensifié leurs efforts pour
éliminer la tuberculose et la brucellose. Le perfectionnement des méthodes de diagnostic et la
standardisation des produits biologiques utilises
pour les diagnostics (par exemple tuberculine,
78
antiserum BruceHa abortus et test de fixation du
complement pour la paratuberculose) ont contribué dans une mesure appreciable au succès de
fectionnement des vaccins a évalement joué un róle
considerable dans ce domaine.
ces efforts.
probable que le fait nouveau le plus important
Les pays moins développés d'Extrême-Orient
et d'Afrique, oil la peste bovine est la principale
epizootic, ont entrepris contre cette maladie une
campagne qui se développe sur un tres vaste front
et dont les résultats vont en s'améliorant régulièrement, grace h l'ailisation de vaccins plus efficaces et moins coateux. D'autres vaccins (par
exemple contre le charbon et contre la pasteurel-
survenu dans le domaine de la santé animale a été
le début il'organisation par l'Etat de services ye-
lose) ont été perfectionnés.
contre les maladies épizootiques h laquelle la FAO
Dans beaucoup de pays sous-développes, il est
terinaires et de laboratoires de diagnostic et de
recherche. Nombre de pays ont entrepris de fabri-
quer des vaccins et commencent à comprendre
toute l'importance de la santé animale pour un
élevage prospere. Il importe également de noter
une tendance à l'organisation regionale de la late
a beaucoup contribué, non seulement en Europe
mais aussi dans les deux Amériques, au ProcheOrient; en Extreme-Orient et en Afrique.
Les recherches sur les maladies dites de stérilité ont permis de perfectionner les méthodes de
lutte parallèlement à l'amélioration des méthodes
d'insémination artificielle, notamment par la conservation du sperme à basse temperature. La FAO
a joué un róle important dans la coordination de
Alimentation des animaux
Au cours de ces dernières années, la science de
l'alimentation des animaux a fait des progrès particulierement marques en Amérique du Nord, en
Europe et en Océanie. L'Europe a fortement développé l'emploi par les animaux d'aliments de production locale, notamment graminées, pour remplacer les aliments concentrés importés, en insistant
spécialement sur les variétés de plantes ayant un
rendement supérieur par unite de superficie. D'autre
part, les recherches et les experiences sur l'alimentation des animaux se sont multipliées, dans le cache d'initiatives officielles et privées, en vue de generaliser l'emploi des sous-produits industriels
comme la betterave h sucre, les pulpes, les aliments
concentrés h base de levure, les mélasses; l'urée et
les sous-produits des industries de la viande et du
ces travaux, en ce qui concerne notamment la
brucellose et la vibriose bovine et elle a également
puissamment contribué à montrer l'intéret du
commerce international du sperme.
Les insecticides efficaces recemment mis au
point; comme le DDT; l'hexachlorure de benzene,
le chlordane, etc., ont été utilises avec profit pour
combattre les parasites externes de la peau du
bétail
agent de la gale et tiques
et aussi pour
lutter contre les maladies que transmettent ces
parasites, comme la piroplasmose des bovides; la
theilériose et la H eartwater . Durant cette
riode, une grande partie de l'Afrique raéridionale
été débarrassée de la mouche tsé-tsé grhce A., des
pulvérisations aériennes d'insecticides.
L'élimination des parasites internes par un meilleur mode d'exploitation (phturages par rotation)
et par la mise au point de produits anthelminthiques, notamment la phénothiazine, a été étudiée
poisson.
La complexité de la preparation des rations
alimentaires modernes a determine le développe-
de plus près; en particulier dans l'élevage des
ovins. Les importants progres de la therapeuti-
ment parallèle des analyses des aliments qui a
conduit A, une preparation plus scientifique des
ques ont été à l'origine d'une amelioration considerable des traitements ; c'est ainsi que la pénicilline est employee dans le traitement de la mammite, les composes h base de phénanthridinium
9 phenyl
2.7 diamino
(bromure de methyl
phénanthridine) dans celui des trypanosomiases
l'auréomycine dans celui des affections dysentétériques; les sulfamides dans celui des affections
septicemiques, etc.
Le développement de l'aviculture dans le monde
entier et les échanges internationaux de sujets h
gros rendement ont rendu les épizooties beaucoup
plus redoutables que par le passé. L'essor de l'aviculture a été subordonné h la lutte contre des maladies telles que la maladie de Newcastle et le per-
rations alimentaires en fonction des besoins veritable et des chiffres de production des animaux,
d'où une rationalisation des méthodes d'alimentation des animaux à la ferme.
Des enquêtes approfondies sur les maladies de
la nutrition et sur les carences alimentaires ont
porté sur une fraction du monde bien plus importante ; ces enquêtes oa révélé l'existence de vastes zones considérées jusqu'ici comme inexploitables et, en fait, susceptibles de porter de bons phturages. Les méthodes de diagnostic utilisées dans
ces enquetes se sont aussi progressivement améliorées.
Les possibilités d'utilisation des antibiotiques
dans l'alimentation des animaux, en particulier
79
dans celle des porcins et des volailles, fait l'objet
de nombreux travaux, notamnient aux Etats-Unis
et en Europe, et leur ernploi pourrait accélérer la
vitesse de la transformation des aliments en protéines clestinées à la consommation humaine. L'amélioration des connaissances, qui a conduit à mieux
utiliser les suppléments minéraux, a aussi contribué clans une mesure appréciable à permettre de
préparer des rations alimentaires équilibrées pour
les animaux.
court, une nette altération qui suable due au fait
que ces animaux sont incapables de s'adapter à un
milieu totalement différent, caractérisé par des aliments grossiers, une plus forte incidence des
maladies, notamment des maladies parasitaires,
et des températures sensiblement plus élevées. En
dépit d'une productivité souvent faible, le bétail
indigène parait rnieux adapté au milieu et, en dehors
des efforts déployés pour l'améliorer par la sélection, des recherches sont en cours dans de nombreuses parties du monde pour déceler les facteurs
qui, dans les milieux défavorables, font baisser la
capacité de production du bétail indigène.
Enfin, le perfectionnement des xnéthodes de con-
servation de l'herbe par l'ensilage, le séchage,
sous forme de foin, etc., a contribué pour beaucoup
h, assurer une alimentation protéique satisfaisante
pendant la période difficile de l'année.
Effets de la mise en valeur des ressources
naturelles et des progrès de la technologie sur la productivité agricole
Sélection animale
Au cours des dix dernières années, l'un des
Linsuffisance des données disponibles et le man-
principaux faits nouveaux A., signaler dans ce do-
que de place nous obligent à traiter brièvement
cette question dont la complexité est accrue par
maine a été l'enregistrernent beaucoup plus fréquent du rendement des animaux. Les fiches ainsi
la difficulté de distinguer entre les effets des progrès
établies ont permis aux éleveurs d'évaluer les quan-
de la technologie et de la mise en valeur des ressources naturelles et ceux des phases de plus longue durée de l'évolution des climats. En outre,
tités réellement consommées et produites et, par
suite, d'établir des programmes de sélection plus
rationnels. Des progrès considérables ont été réaBs& dans cette direction au Danmark, aux PaysBas, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Mande.
Le développement relativement important de
l'insémination artificielle, en particulier en Amérique du Nord et en Europe, a fait avancer sensiblernent les méthodes employées dans l'épreuve
de la descendance et la multiplication du plasma
germinatif supérieur. Plus récernment, les nouvelles techniques de conservation du sperme à basse
température ont donné une impulsion nouvelle
ces travaux et ont ouvert de vastes possibilités
l'introduction de l'insémination artificielle dans
y a un décalage considérable entre la cause et l'effet,
si bien que les accroissements de productivité enregistrés au cours des dix dernières années sont
parfois dfis h des mesures prises avant la guerre,
tandis que l'accélération de la raise en valeur des
ressources naturelles et l'application croissante des
progrès techniques notées au cours des cinq dernières années dans certaines régions ne sauradent donner des résultats appréciables avant qu'on soit entré
dans la prochaine période de dix années.
Sous ces réserves, nous pouvons évoquer brièvement quelques exemples où les rendements des
cultures et du bétail, ainsi que la productivité générale par unité de superficie ont changé au cours
des dix années qui viennent de s'écouler par rapport aux années d'avant-guerre. Ces exemples
serviront à montrer les résultats obtenus clans quel-
des régions auxquelles cette forme de sélection accélérée était jusqu'ici inaccessible. D'autre part, si
les acquisitions nouvelles sont dans l'ensemble favorables, elles ont aussi posé de nouveaux pro-
blèrnes en ce qui concerne la propagation des maladies et montré la nécessité de nouvelles mesures
pour y remédier.
Dans les pays ofi les conditions climatiques sont
rnoins favorables, la majorité des spécialistes tendent maintenant à penser qu'il vaut mieux améliorer par la sélection les espèces animales indigènes
plut6t qu'introduire des espèces animales améliorées des pays tempérés. Des études précédentes ont
déjà rnontré que dans ces régions la production et
la conformation des anirnaux importés des zones
tempérées et de leur descendance ne tardent pas h
ques pays et secteurs agricoles importants grhce
aux nouvelles techniques décrites aux chapitres
précédents. Les problèmes plus généraux de la
productivité, considérée sous l'angle des rapports
entre les dépenses et les recettes d'exploitation, et
l'évolution de la productivité de la main-d'ceuvre,
seront examinés clans un autre chapitre.
En Europe occidentale, et en particulier au nord
des Alpes, il est manifeste que la productivité des
cultures et du bétail a fait des progrès continus.
Dans les pays membres de l'OECE (à l'exception
des pays du bassin Méditerranéen), les rendements
moyens des cultures céréalières ont été de 17 b. 18
subir, au bout d'un laps de temps relativexnent
80
pour cent supérieurs aux rendements d'avantguerre, au cours de la période 1948-53 ; les rende-
meats en pommes de terre ont augmenté encore
davantage. Il est probable que Fintroduction clu
mais hybride, qui fait monter les rendements de 30
pour cent et même davantage en Europe, déterminera des modifications importantes de la situation
en Europe méridionale lorsqu'on disposera de variété adaptées au bassi"). méditerranéen. Dans la
plupart des pays membres de l'OECE, la production
de lait par vache dépasse aujourd'hui de 10 pour cent
et méme plus la production d'avant-guerre et continue d'augmenter à raison de 1,5 h., 2 pour cent par
année dans le nord-ouest de l'Europe. Au cours de
la période 1950-54, la production d'ceufs par poule
a été de 13 pour cent environ supérieure à la production d'avant-guerre et le rapport entre l'accroissement en poids du bétail et la quantité de nourriture ingérée s'cst amélioré, en particulier dans la
production des porcins. En outre, la masse des produits de l'élevage quittant la ferme a sensiblement
augmenté par suite du remplacement des chevaux
par les tracteurs qui a permis d'accroitre les effectifs du beta directement produetif J. On peut
citer l'exemple du Royaume-Uni où les effectifs
beta"' productif ont augmenté de 10 pour cent environ de 1939 h 1953/54, tandis que le nombre des
chevaux diminuait de 70 pour cent environ. Au
cours de la même période, ces effectifs du bétail
productif ont augmenté de 7 pour cent environ aux
Pays-Bas, tandis que le nombre des chevaux recu-
lait de 25 pour cent, les chiffres correspondants
pour le Danmark étant de 4 et de 40 pour cent environ. En Italic, les effectifs du bétail productif se
sont accrus de 12 pour cent et le nombre des chevaux a diminué de 8 pour cent, de 1939 à 1952/53.
Dans l'ensemble des pays 'timbres de l'OECE,
production agricole nette a fait, par rapport aux
années d'avant-guerre, un bond de 30 pour cent
environ, conséquence avant tout du perfectionne-
la meilleure utilisation des ressources disponibles.
On dispose aussi d'utiles renseignernents sur les
Etats-Unis. L'ernploi généralisé des hybrides, joint
aux pratiques culturales intensives qu'ils exigent,
a fait passer les rendements moyens en maYs de 1,6
tonne à l'hectare en 1925-39, h. 2,4 tonnes en 19491953, soit un gain de 50 pour cent. En 1949-53, les
rendements en ma's ont été de 20 poni cent supéFlews aux rendernents de la période 1925-39. Les
rendements en pornmes de terre ont à peu près
double (passant de 8 à 16 tonnes à l'hectare), surtout grâce à la lutte contre les maladies. Le résultat
final est que l'indice de la production agricole par
acre de terre cultivée qui était resté stationnaire
de 1910 à 1930, s'est établi à 120 en 1945, 124 en
1950 et 1954, et s'est situé 6, 127 pour la moyenne
des années 1949-54. La productivité du bétail a
également augmenté régulièrement et sur une période de temps beaucoup plus longue. La produc-
tion par unité de bétail exploitée s'établissait à
l'indice Si environ en 1920, 114 en 1925, 124 en
1950 et 132 en 1954, avec une moyenne de 128 pour
la période 1949-54. D'autre part, la tendance
délaisser les chevaux conarne source d'énergie a été
encore plus accentuée peut-étre qu'en Europe, avec
comme conséquence un accroissernent des effectifs
du bétail directement productif. Les statistiques
offieielles des Etats-Unis font ressortir qu'en 1954
les effectifs du bétail directement productif dépas-
saient de 15 pour cent environ ceux de 1939, le
nombre des chevaux et des mulets accusant un
recul de Forclre de 66 pour cent'. Il ressort des
estimations de la FAO qu'au Callada les effectifs
du bétail directement productif et le nombre des
chevaux accusaient respectivement un accroissement de 9 pour cent environ et un recul de Forclre
de 40 pour cent.
L'ensemble de cette évolution s'est tracluit par
une augmentation considérable de la production
ment des techniques allié hu la mise en valeur et h.,
agricole globale. C'est ainsi qu'aux Etats-Unis l'indice général de la production agricole, sur la base
Le terme « chevaux » est employe ici au sens
large et désigne à la fois les chevaux, les mulets
de 100 avant la guerre, s'est établi A, 147 en 1953/54,
et les lines. Le « bétail directement productif » comprend les bovins, les porcins, les ovins et les caprins.
Pour obtenir des indices comparables, on a utilise
pour le bétail les coefficients de conversion unitairc
suivants
Chevaux 1,00
Bovins
0,75
Porcins 0,15
Caprins 0,15
0,15
Ovins
Tous les chiffres relatifs aux effectifs du bétail figuMulets
Anes
0,75
0,70
rant dans ce chapitre sont calculés sur la base de
ces définitions et avec ces facteurs de conversion,
exception faite pour les Etats-Unis pour lesquels les
chiffres sont extraits de Agricultural Outlook Charts
1955, -USDA.
malgré la stabilité relative de la superficie totale
des cultures et des pâturages. Bien qu'il y ait quelques changements dans la superficie agricole totale, il est manifeste que la majeure partie de cet
accroissement de la production est due aux progrès de la technologie et à Futilisation plus rationnelle des terres.
En Australie, le rendement h l'hectare des céréa-
les, du font, des pommes de terre, de la canne à
Moyenne 1935-39 = 100.
2Extrait de Agricultural
USDA.
Outlook
Charts 1955,
après la
guerre. Les programmes d'irrigation et d'amélioration des semences, joints aux applications d'engrais et au plus grand succès de la lutte contre les
maladies, peuvent toutefois déterminer un accrois-
sucre, de la plupart des cultures fruitières au cours
de ces dernières années, a sensiblement augmenté
par rapport A., l'avant-guerre. Au cours de la période de cinq ans 1949-53, les rendements en blé
ont dépassé de 50 pour cent environ les rendements
moyens de la période 1925-39, en partie probablement par suite de meilleures conditions atmosphériclues, mais aussi sans doute par suite de l'emploi de
dements d'augmenter immédiatement
sernent des rendements au cours des dix prochaines
années. Les programmes d'irrigation et les programmes de mécanisation agricole, ces derniers
surtout en Inde, ont toutefois contribué dans une
variétés améliorées, de plus fortes applications
large mesure b., provoquer pour la superficie cultivée, une extension d'un peu moins de 10 pour cent
qui s'est traduite par un relèvernent correspondant
de l'indice général de la production agricole.
Au Proche-Orient, la production agricole s'établit aujourd'hui à un indice qui dépasse de 40 pour
cent celui d'avant-guerre, mais les rendements en
d'engrais et d'une tendance h l'abandon de la monoculture. Les rendements en lait ont augmenté
de 7 pour cent environ et la tendance ascendante
h long terme de la production de laine par téte
d'ovin s'est maintenue et s'est m &me accentuée.
Le produit moyen de la tonte a été de 8,6 lb. par
téte d'ovin au emus des cinq années prenant fin en
1953/54 contre 7,7 lb. au cours des cinq dernières
céréales et en coton restent assez stationnaires.
En dépit d'une légère amélioration de la lutte
contre les maladies, la sélection et l'alimentation
années d'avant-guerre, avec une augmentation
parallèle de la capacité de chargernent des phturacces. Là aussi, les effectifs du bétail directement
productif ont connu un accroissement considérable
(117 en 1953/54 sur la base de 100 en 1939), joint
une diminution rapide du nombre des chevaux
(tombé en 1953/54 A, un peu moins de la moitié des
effectifs de 1939). La superficie agricole ayant peu
changé, il est évident que l'accroissement de la
des animaux n'ont pas fait de progrès susceptibles
de conduire à un accroissement tant soit peu appréciable de la productivité du bétail. L'explication
doit done être recherchée dans l'extension de la
superficie cultivée et pent- "are dans Faccroissement
cles effectifs du bétail. En fait, la superficie cultivée
a augmenté de près de 40 poni' cent. Ces progrès
ont été réalisés en grande partie en Turquie mais
production enregistré entre la période d'avant-
l'augmentation a aussi été nette dans la plupart
guerre et les toutes dernières années d'après-guerre est dû en majeure partie h une augmentation de
la productivité des cultures et du bétail, résultant
elle-méme des progrès de la technologie.
Dans les régions sous-développées, il n'y a pas
de signe aussi net d'un accroissement généralisé
des rendements des cultures et, bien que les données relatives au rendement du bétail soient insuf-
des pays du Proche-Orient. Les programmes de mécanisation agricole (en Turquie) et les programmes
d'utilisation et de régularisation des eaux ont joué,
un r6le important dans l'extension de la superficie
cultivée.
En Amérique latine, il n'y a aucun signe d'un
accroissement généralisé des rendements des cultures. Capendant, les rendernents de certaines cul-
fisantes, il est peu probable que la situation ait
sensiblement évoluée à cet égard. En ExtremeOrient. les rendements globaux en riz ont été et
tures dans certains pays ont sensiblement progressé au cours des dix dernières années par rapport h l'avant-guerre. C'est ainsi que le Mexique a
enregistré un accroissement généralisé et assez im-
demeurent dans l'ensemble plus faibles qu'avantguerre. C'est settlement au Japon, aux Philippines
et en Malaisie qu'ils accusent une nette augmentation. La productivité des autres cultures céréalières
par unité de superficie a également été légèrement
inférieure A, ce qu'elle était avant la guerre et les
rendements en coton restent inchangés. En résumé, on peut dire qu'en Extréme-Orient les rendements des cultures ont été, au cours des cinq premières années d'après-guerre, de 10 pour cent environ inférieurs aux rendements moyens d'avantguerre et qu'ils commencent aujourd'hui seulement
se rapprocher de ceux d'avant-guerre. Du fait de
l'intérét relativement restreint porté avant la guerre h la mise en valeur des ressources en terre et en
eau et, abstraction faite pour le Japon, aux améliorations techniques, rien ne permettait aux ren-
portant des rendernents en maïs, en blé, en haricots,
en arachides et en coton, qui pent être dfi clans une
large mesure au développement rapide de l'inigation. Les rendements en riz se sont améliorés au
Brésil et au Pérou et les rendements en haricots
ont augmenté dans un petit nombre de pays. Dans
l'ensemble de la région, les rendements en pomrnes
de teue ont augrnenté de près de 30 pour cent. Cependant, de nombreuses cultures, maYs surtout,
ont généralement des rendernents en régression et
l'examen de l'évolution de ces derniers donne h
penser qu'il n'ont pu contribuer que très modeste-
ment à l'accroissement global de la production
agricole.
En ce qui concerne l'élevage, les statistiques
89
des rendernents par tête de bétail sont rares.
accompagnée d'une amelioration considerable des
conditions matérielles de l'exploitation forestière
et de gros progrès de la technologie du bois qui,
Ce,pandant, les effectifs du bétail directement productif ont augrnenté, bien que dans quelques pays
leur tour, ont conduit
le nombre des chevaux se soit aussi accru. En
A.,
une utilisation plus
rationnelle des ressources forestières existantes.
Argentine, les effectifs du bétail directement productif ont augmenté d'un tiers tandis que le nombre des chevaux a diminué de 15 pour cent, entre
1939 et 1952/53 ; au Bresil, les effectifs du bétail
Avant la guerre, de vastes regions couvertes
de riches forks restaient inexploitées en raison
de leur inaccessibilité ou de l'insuffisance des
moyens de transport. Du fait de rnéthodes d'exploitation inefficaces et retrogrades, de grandes
directement productif et ceux des chevaux ont
augmenté respectivement de 38 et de 12 pour
cent au cours de la même période.
quantités de matières premières intéressantes
étaient abandonnées dans les foréts cornme dechets d'exploitation et les pertes et la deterioration du bois durant le transport étaient souvent
importantes. Cependant, depuis la guerre, des
progrès considérables ont été realises dans tous
ces secteurs de l'exploitation forestière à peu près
partout dans le monde. Le perfectionnement de
Il semble que l'accroissement de la production
ne peut guère étre attribue aux progrès de la
technologie car, si la production agricole totale
a augmenté de 30 pour cent, il faut tenir compte
du fait que la superficie cultivée s'est accrue de
25 pour cent et que les effectifs du bétail directemerit productif ont aussi légèrement augmenté.
L'accroissement de la superficie cultivée est dû en
partie aux programmes d'irrigation et de mecanisation agricole, mais il est probable qu'il résuite dans une large mesure de la tendance naturelle des agriculteurs à accroitre la superficie
cultivée dans une economic agricole en expansion et encore jeune.
En conclusion, on pent dire que les programmes de perfectionnernent des techniques et de
rnise en valeur plus rationnelle des ressources
agricoles jouent effectivement un rôle preponderant dans Faccroissement de la production. L'augmentation de la productivité des cultures et du
bétail, dans les regions plus avancées d'Europe,
d'Amérique du Nord et d'Océanie, est le fruit
d'efforts perséverants dans le clomaine de la recherche, de la vulgarisation et de la mise en va-
l'équipernent servant A., la construction des routes
a permis d'ouvrir à l'exploitation de nornbreuses
forets considérées jusqu'ici comme inaccessibles et
la modernisation du materiel de transport du bois
a encore accentué ce mouvernent. Il en est résulté
une extension de la superficie des foréts exploitables et, partant, un élargissement des disponibilités, mais la rationalisation des méthodes d'exploitations proprernent dites a également determine un accroissement des ressources en bois.
Dans le monde entier, on s'occupe beaucoup plus
qu'auparavant de la formation des forestiers pour
encadrer la rnain-d'ceuvre forestière de travailleurs hautexnent qualifies et bien au courant de
leur métier. Le perfectionnement des méthodes
d'abattage s'est accompagné d'un meilleur entretien et, dans la mesure du possible, d'une normalisation de l'outillage servant h l'abattage, en
leur du patrimoine national, joints A., l'esprit d'entreprise d'un paysannat éclairé, auquel il faut
ajouter les gains realises grace aux efforts accom-
méme temps qu'on essayait de determiner les
outils les mieux adaptés aux différents usages
que comportent l'abattage et le débitage modernes. Le perfectionnement des méthodes d'exploitation a non seulement influé sur le volume des
disponibilités en bois, mais la mécanisation en
particulier a aussi eu de fortes repercussions sur
plis après la guerre. La plupart des pays d'Amérique latine, du Proche-Orient, d'Extréme-Orient
et d'Afrique n'ont pas recueilli l'héritage de cette
longue tradition, ou seulement dans une mesure
beaucoup plus faible, et, au cours des dix dernières années, ils ont surtout cherché à constituer un patrimoine de ce genre pour les prochaines décennies. Jusqu'à present, les accroissements
de renclements sont faibles dans ces pays mais
les prograrnmes d'exteusion de la superficie cultivée ont donne des résultats plus rapides.
le prix du bois. L'incidence des frais de maind'ceuvre est très forte sur la plupart des produits
forestiers, exception faite peut-étre pour les pro-
duits à base de pâte de bois, et leurs prix tendent A, augmenter plus rapidement que les prix
des procluits ordinaires. La rationalisation de l'ex-
ploitation a done contribué à limiter la hausse
des prix relatifs. A l'heure actuelle, ces transformations ne se font pas seulement dans le cadre national, mais la cooperation régionale et
FORPTS
La mise au point de politiques forestières regionales et nationales jointe h la planification
mondiale de la raise en valeur des forks s'est
mondiale gagne aussi chaque jour du terrain dans
ce domaine.
83
dérés auparavant comme inutilisables, de méme
(pie les industries nouvelles ou récentes des panneaux de fibres et des panneaux agglomérés aux
résines synthétiques.
Ces tentatives pour utiliser le' bois plus rationnellement n'ont pas été limitées au premier stade
de sa transformation. De nouveaux matériaux ont
remplacé le bois dans beaucoup de ses emplois
traditionnels, mais il a conservé de fortes positions grâce h de nouvelles méthodes de construction qui ont permis de l'utiliser plus économiquement. Tres souvent inconnus avant la gueue, des
procédés nouveaux qui économisent ou préservent le bois, sont largement appliqués aujourd'hui
dans le monde entier. Ces progrès (le la technologie, joints h l'introduction et h la commercialisation d'essences jusqWici inconnues sur le marché, ont permis de mieux répondre h la demande
croissante de bois dans ses différents domaines
De pair avec les tentatives f'aites pour améliorer les méthodes d'exploitation proprement dites
et pour accroitre ainsi les quantités de bois tirées
des foréts, l'intérét se porte aujourd'hui sur le
choix d'essences forestières appropriées et sur
l'élargissement dans les différents secteurs d'utilisation du bois, du rôle de - certaines essences
jusqu'ici inconnues dans le commerce. Les khanges internationaux de venseignements entre les
différentes institutions de recherches permettent
de mieux connaitre les conditions optimums de
climat et de sol exigées par les diverses essences
et d'obtenir les meilleurs résultats des programmes
de boisement et de reboisement en cours d'exéeution dans le monde entier. Les échanges internationaux de forcStiers, leur formation plus complete ainsi que l'amélioration générale des services
forestiers nationaux, notamment dans les parties
du monde oil ces problèmes n'étaient guère ou
pas étudiés avant la guerre, assurent de plus en
plus une meilleure exploitation et une meilleure
conservation des richesses forestières. Dans nombre de pays, l'éducation du public a également
contribué dans une large mesure h limiter
d'utilisation.
PÉCHES
La nature changeante des ressources en poisson, le fait que très souvent les résultats de l'exploitation ne sont pas notés de façon systématique et le partage de ces ressources avec d'autres
pays de pèche, ont été parmi les principales difficultés rencontrées par les gouvernements dans
leur effort pour soutenir ou accélérer le développement de l'industrie des péches apres la guerre.
Quelques pays comme la Norvege, le Danemark,
la
destruction sans profit des ressources forestières,
notamment par ceux qui se servent du bois comme
combustible.
Les progrès de la technologie forestière et le
perfectionnement de l'outillage n'auraient servi
rien si les méthodes d'utilisation clu bois proprement dites n'avaient fait des progrès similaires.
Or, la technologie du bois a fait (les pas de géant
après la guerre et des méthodes inédites et plus
rationnelles ont été introduites méme au premier
le
stade de l'utilisation des produits forestiers. Le
facteur prix de revient signalé ci-dessus et aussi,
dans quelques régions, la pénurie méme de bois
le
Canada,
conservation des ressources en poisson. Après la
guerre, les recherches biologiques ont été réorientées vers l'exploitation rationnelle des ressources en poisson fondée sur leur évaluation systématique. Cette nouvelle orientation a amené
faire une distinction plus radicale entre les etudes
biologiques de base et les enquetes exécutées en
étroite relation avec les impératifs économiques
de l'inclustrie des pêches.
Les pays où l'industrie des péclies est développée ont intensifié de favon assez régulière leurs
recherches biologiques en insistant sur l'évaluation numérique des peuplements de poissons importants et sur l'étude de leur comportment. Le
nombre des navires océanographiques et des éta-
ont fortement stimulé cos progrès. La proportion
des produits forestiers consommés comrne combustible a diminué et la proportion utilisée par
l'industrie a augmenté. En ()are, parallèlement
h la diminution des déchets au stade de l'exploitation et à tons les stades de la transformation,
de nouvelles utilisations ont été découvertes pour
les déchets eux-mémes. On emploie davantage de
bois ronds de petite dimension
Royaume-Uni, les Etats-Unis,
l'U.R.S.S. et le Japon ont une longue tradition
de recherche visant essentiellement h assurer la
notamment celui
qui provient des éclaircissages dont l'utilité est
si grande pour un aménagement sylvicole rationnel
et de feuillus. La modification des besoins
de l'industrie en produits forestiers est pour beau-
blissements de recherche à terre a done augmenté en Europe et en Amérique du Nord, oit
les résultats des etiquetes sur des especes specialement intéressantes du point de vue écono-
coup dans la manifestation de cette tendance.
Le développement incessant de l'industrie de la
pate de bois exige de plus grandes quantités de
bois de petite dimension et les fabriques de pâte
utilisent une masse croissante de déchets consi-
mique, comme la morue, le hareng, le flétan, le
thon et le saumon, servent de plus en plus de
84
de navigation modernes, pourvues fi' un équipement électrique pour la détection du poisson et
aménagées en vue d'un meilleur entreposage du
poisson et d'une meilleure installation de l'équipage. Des navires-usines pouvant traiter le poisson en iner ont été mis en service récemment,
titre expérimental, dans l'Atlantique Nord. Sur
les bateaux plus petits, comme ceux des flottilles de péche à la serme clanoise, et ceux des flottilles arnéricaines, islandaises, canadiennes et nor-
base à l'élaboration de la politique en matière
de péches et h l'exploitation des ressources en
poissons. L'intérét porté à l'exploitation rationnelle de ces peuplements importants a donné une
impulsion nouvelle aux activités des conseils
scientifiques internationaux déjà créés avant la
guerre et a provoqué la création d'organisines
tels que la Commission internationale des peches
de l'Atlantique chi Nord-Ouest et la Commission
internationale des pêches chi Pacifique Nord. La
situation dans la mer du Nord a particulièrement
inquiété les pays de péche européens ; en effet,
végiennes de péche h la senne tournante, des
moteurs plus puissants out été montés et les
logiques isolées avaient été effectuées avant la
guerre dans une grande partie de l'Asie du Sud-
sondeurs à échos sont d'un emploi presque universel aujourd'hui. A terre, la mécanisation des
industries s'est développée. Pour ce qui est de
l'utilisation, la difficulté essentielle réside dans le
fait que le poisson est extrêmement périssable
et le problème fondarnental consiste à remédier
cet inconvénient poni' améliorer les conditions
de commercialisation. Des progrès réguliers ont
été réalisés. Depuis la guerre, en Europe et ell
Amérique du Nord, la congélation et en partichtHer la conserverie, ainsi que l'amélioration et le
contrôle de la quantité ont sans cesse progressé.
Les modifications intervenues dans la structure
par exemde la demande à la consommation
:Est, de l'Extréme-Orient, de l'Afrique et de l'Amé-
ple,
après avoir bénélicié de la suspension virtuelle
des opérations de pêche pendant la guerre, les
peuplements ont à nouveau donné des signes
d'épuisement au bout de quelques années après
la cessation des hostilités. La Convention de la
iner du Nord, élaborée en 1946, fut finalement
ratifiée en 1952 et des mesures de conservation
appropriées sont prises aujourd'hui dans cette zone.
.Dans les zones sous-développées, l'expansion de
l'inclustrie des péches réclamait encore plus impérieusement une &valuation systématique des
ressources en poisson. Seules quelques études bio-
le gait manifesté pour les emballages attrayants, pour les produits déjà cuits, etc.
rique latine. Apres la guerre, les recherches sont
devenues beaucoup plus nécessaires pour déterminer les possibilités d'exploitation de ressources
marines jusqu'alors inconnues, pour accroitre
et la concurrence croissante des aliments de rem-
placement, comme la viande et les ceufs, ont
obligé h prêter plus d'attention h la qualité et
la préparation des produits, en particulier sur
l'important marché des Etats-Unis. En Europe,
l'énorme production potentielle des eaux intérieures grhce au perfectionnement des méthodes
d'exploitation et pour rendre les opérations actuelles plus productrices.
Après la guerre, les recherches technologiques
ont eté caractérisées par une tendance à élargir
l'étude des problèmes intéressant spécialement les
le nombre des établissements de recherches techno-
logiques s'est aecru pour étudier les problèmes
relatifs A, la manipulation et h la conservation
du poisson capturé dans les lontaines rners arcti-
ques et pour examiner, tant en Amérique du
péches et à accélérer l'application des progrès
réalisés dans des domaines technologiques con-
Nord qu'en Europe, les problèmes intéressant le
traitement du poisson et en particulier sa congé-
nexes : conservation des aliments, équipement radio et sondeurs à échos, moteurs Diesel, construction navale, etc. L'effort dans ce dernier domaine
fut particulièrement important immédiatement
lation. Sur le plan international, oil a noté un
mouvement de coopération en ce qui concerne
la normalisation de la préparation et de la description des produits à base de poisson. Au cours
de cette période également, la forte demande de
après la guerre, époque h laquelle les matériaux
et l'équipement mis au point pendant la guerre
purent étre utilisés aussitôt sur les nouveaux bateaux de pêche. Des progrès considérables ont
été réalisés dans la construction des bateaux de
pêche. En ce qui concerne les fiottilles européen-
farine de poisson et la facilité avec laquelle les
procédés de récluction permettent d'absorber les
excédents saisonniers ont déterminé un rapide es-
sor des industries de la farine et des huiles de
poisson, en mérne temps que la mise au point
de techniques perfectionnées, en partieulier aux
nes de chalutiers operant en haute mer et les
a été de construire des unités plus grosses et
plus rapides, ayant un rayon d'action de plus
Etats-Unis, en Norvège, en Islande, et en Afrique
du Sud. D'actives recherches se poursuivaient parallèlement sur les résultats de l'alimentation du
de 2 000 milles, dotées de tous les instruments
bétail avec la aline de poisson, et la valeur nu-
flottilles de thoniers des Etats-Unis la tendance
85
tritive des aliments du bétail a, base de poisson
a été de plus en plus reconnue. Plus récernment,
de nouvelles recherches ont révélé la possibilité
d'utiliser des farines de poisson raffinées dans
l'alimentation humaine, surtout en les utilisant
pour enrichir des aliments traditionnels, comme
le pain. Dans les pays sous-développés, les problèrnes technologiques sont plus aigus et se posent dans des domaines divers : formation de
chercheurs et de personnel pour l'industrie des
peches, introduction de techniques et d'engins
de péche plus efficaces, transport du poisson sur
de longues distances et en terrain difficile, conservation du produit de la pêche dans des conditions climatiques défavorables, etc. Dans ce der-
flier domaine, un champ très vaste s'ouvre
l'assistance technique en faveur des pays insuffisamment développés.
86
Chapitre V
-
ÉVOLUTION DE LA PRODL CTION ET DES
DISPONIBILITÉS
gions est illustrée dans le graphique V-1 pour
chacun des principaux sous-secteurs agricoles,
par rapport à raccroissement démographique.
Le moment est venu de commencer h évaluer
les résultats des efforts entrepris après la guerre
pour développer la production dans les domaines
de l'agriculture, des forêts et des pêches. Il s'agit
de voir dans quelle mesure les investissements,
les stimulants éconorniques, les modifications du
TABLEAU- V- 1. POURCENTAGE D'ACCROISSEM
DE LA PRODUCTION AGRICOLE NETTE
regime foncier et une plus ample diffusion des connaissances scientifiques et technologiques out permis de produire en quantité voulue certaines denrées alimentaires qui faisaient si cruellernent défaut
la fin de la guerre. On a aussi examiné comment
l'agriculture avait progressé par rapport h l'indus-
De 1934/38
h 1954/55'
pourcentage
Europe occidentale.
Prod-le-Orient 2.
trie et h d'autres secteurs de l'économie, et com-
paré son évolution actuelle avec
Ile 1946/47
h 1954/55'
P.ÉGIONS
Afrique
Océanie
Extréme-Orient
Amérique latine
celle qu'elle
avait connue après la première guerre mondiale.
On s'est demandé enfin quelles étaient les consequences ultimes de l'augmentation progressive
des disponibilités ; dans quelle mesure le commerce international avait retrouvé sa physionomie d'avant-guerre ; quel point les niveaux de
.
.
.
.
Amérique du nord 3.
.
Ensemble cies régions
ci-dessus
Monde
nutrition, la situation vestimentaire et celle du
61
24
41
34
43
45
29
94
29
22
35
10
48
96
27
30
20
9
2 Pour les régions dans lesquelies la production a marqué
un certain fléchissement en 195.1/55, on a tailisé h la place
une bonne année antérieure.
logement s'étaient améliorés dans les nombreuses
regions où ils laissaient à désirer ; quelles ressources n'avaient pu, pour des raisons de prix ou autres, étre utilisées à cette fin, mais étaient allées
grossir les stocks excédentaires de nombreux produits agricoles qui, h un certain moment, ont com-
2 1953/54.
3 1952/53.
Comprend des estimations brutes pour l'U.R.S.t8., la Chine
at l'Europe orientale.
Agriculture
mence à s'accumuler dans bien des régions du
monde.
En fait, le relèvement et l'essor de la production agricole ont été remarquables dans certaines
LE RELE. VEMENT DE LA PRODUCTION
regions. En Europe occidentale, on ont été enregistrés les progrès les plus marquants, la pro-
On trouvera des statistiques de base sur le
développernent de la production depuis la guerre
duction agricole proprement dite avait, vers 1948/
49, pratiquement retrouvé son niveau d'avantguerre il en a été de méme pour la production
animale deux ans plus tard. Au cours des huit
au tableau annexe 1 pour l'agriculture et, pour
péches et les foréts, dans la deuxième
partie. Les principales modifications, en ce qui
concerne la production agricole en general, sont
brièvement résurnées ci-dessous (tableau V-1)
les
années qui vont de 1946/47 h 1954/55, la production
agricole nette a augmenté de 60 pour cent, soit un
accroissement annuel moyen d'environ 7 pour
cent. Un progres aussi rapide dans une region
l'évolution de la production dans certaines re87
GRAPHIQUE Y-1.
Production brute des cultures alimentaires, des cultures non alimentaires et des
produits du bétail dans certains pays, et accroissement démographique
(Indices : 1934-38 = 100)
004
Produits du Petal!
Population
140
140
Cultures alimentaires
Cultures alimentai-
130
res
Produits du bétail
130
Population
120
120
Cultures non alimentaires
I
1
\
/
1
vto
Cultures non alimentaires
110
1
1
/
//
I
It
100
I
100
90
90
AMERIQUE DU
NORD
AMERIQUE LATINE
Population
Cultures alimentaires
120
120
Cultures alimentai-
Produits du bétail
res
Population
110
110
100
100
90
90
80
80
Cultures non alimentaires
Produits du bétail
EUROPE OCCIDENTALE
EXTREME-ORIENT
(non compris la
Chine)
150
150
140
140
Population
130
res
Cultures non alimentaires
Population
130
Produits du bétail
120
Produits du bétail
120
110
Cultures alimentai-
110
res
Culta res alimentri-
100
100
OCEANIE
1946/47
48/49
50/51
52/53
54/55
PROCHE-ORIENT
1946/47
48/49
50/51
52/53
54/55
l'Amérique latine s'est tournée de plus en plus
vers les cultures alimentaires tandis que la production animale et plus encore les cultures d'exportation avaient tendance h se laisser devancer.
En Extraie-Orient également, les cultures allmentaires, surtout celles du riz et des autres cé-
aussi vaste est probablement sans précédent
dépasse même le résultat enregistré en Amérique
du Nord, oit la production agricole avait augmenté
de 34 pou cent pendant les années de guerre.
Cache a été facilitée, en Europe occidentale, du
fait que pendant la première moitié de la période
envisagée, il s'est agi essentiellement de retrouver
un niveau précédemment atteint ; or, les batiments et l'équipement nécessaires à cet effet existaient déjà en grande partie. Si le rythme du de-
réales, ont été la. principale préoccupation. Toutefois, le besoin de devises étrangères a rapidement
poussé à favoriser certains produits d'exportation
et, sous l'influence
le caoutchoue notamment
veloppement s'est un peu ralenti par la suite,
du boom cork'', le développement des cultures
cela n'est dia qu'en partie h des difficultés techniques croissantes il y a eu aussi le fait que les
raisons qui poussaient à accroitre la production
sont de-venues moins impérieuses. La production
d'après-guerre en Europe occidentale a été notamment caractérisée par l'attention accrue accordée
d'exportation a été pendant un certain temps
plus rapide que celui de la production alimentaire.
Le relèvemelit a été grandement retardé en Extrème-Orient par l'état de gume et les désordres intérieurs continuels, par des révisions de frontières
et par l'insuffisance des Capitaux, de l'équipement
aux herbages et par la tentative de restaure,r la
et des connaissances techniques. Dans certains
pays, le relèvement est loin d'être achevé et,
production animale sans faire aussi largement ap-
pel que dans les années d'avant-guerre aux aliments du bétail importés. Il West pas douteux
dans l'ensemble de la région, le rythme de la pro-
que ces efforts ont été couronnés de succès, puisqu'h
partir de 1949/50 l'indice de la production agricole
l'a,ccroissement démographique.
nette est resté constamment supérieur aux indi-
quia eu lieu
duction agrieole est encore inférieur à celui de
°erne, d'un effort entièrement nouveau et non d'un
En Amérique du Nord, c'est pendant la guerre
la plus forte expansion ; l'aprèsguerre a été essentiellement une période de consolidation et de, réadaptation, au cours de laquelle
le développement a été dans l'ensemble limité
et a tout d'abord porté principalement sur les céréales, en raison de la pénurie aiguë qui se manifestait dans le reste du monde. La production de
retour h un niveau précédemment atteint. Au
Proche-Orient, la production a, pendant les an-
coton et d'autres produits non alimentaires
connu des fluctuations marquées scion l'état de
nées considérées, augmenté de quelque 40 pour
cent ; ce résultat est dû en grande partie h l'accroissement des superficies consacrées aux céréales, souvent grâce h la mécanisation de l'agriculture (en Turquie et en Syrie, par exemple) ainsi
qu'h l'essor pHs, h la faveur du boom coréen, par
la production de eoton et d'autres produits non
alimentaires. Mais les conditions climatiques out
rendu les progrès capricieux. En Afrique, l'expansion remarquable des cultures d'exportation a
largement contribué à l'accroissernent de la production totale, qui a été de 34 pour cent ; mais
la production de denrées alinientaires principalement destinées à la consommation intérieure
également marqué un progrès sensible, dépassant
largement le rythme de l'accroissement démogra-
la demande et sous l'intluence du eontingentement
des superficies. Mais la production animale
qui
viande de beeuf et, volaille en particulier
avait commencé par enregistrer une légère contraction, a constamment augmenté e,t dépasse nette-
ces des récoltes ou de la production animale brutes.
Deux des régions insuffisamment développées
du monde ont connu un rythme de développement qui se rapproche de eelui qu'a atteint l'Europe occidentale ; il s'agissait, en ce qui les con-
ment depuis un au ou deux la production végétale. En Amérique du Nord, bien que les progrès de l'agriculture aient été relativement lents
dans la période d'après-guerre, Faccroissement de
la production par rapport A., l'avant-guerre y était
toujours plus considérable en 1954/55 (du fait de
l'avance prise pendant les hostilités) que dans
toute autre région, à l'exception peut-étre de
l'Afrique. Cependant, l'écart entre les niveaux de
production dans cette région et dans le reste du
monde ne cesse de diminner.
Bien que les données relatives h la production
phique.
agricole de l'U.R.S.S., de l'Europe orientale et
En Océanie également, les progrès ont été inégaux en raison des conditions atmosphériques;
la structure traditionnelle de la production, es-
de la Chine soient incomplètes, des renseignements
beaucoup plus nombreux sont parvenus au cours
de ces deux dernières années et Yon connait assez
bien le développement général de la situatibn dans
l'après-guerre. Au lendemain des hostilités, la pro-
sentiellemeht orientée vers l'élevage, n'y a pas subi
de modification profonde. Par contre, sous la pres-
sion d'un accroissement démographique rapide,
89
GRAPHIQUE V-2.
Production agricole, monde et regions, 1934-38, 1946-47 et 1954
Niveau de la production agricole mondiale, 1934-38
1946-47
1954
Amérigue du
Nord
Afrigue
Proche-Orient
Amérigue iatine
Europe
occidentale
Océanie
Extréme-Orient
1946-47 1934-38
1954
Production 1934-38
N
duction de l'U.R.S.S. et de
Progrés pendant la guerre
Progrès 1946-47 5. 1954
ehangement net de politique
'ope orientale était,
par rapport au niveau d'avant-guerre, plus basse
que dans toutes les autres régions. Le relèvement
s'agit mainte-
nant d'accroitre les disponibilités de matières premières agricoles et de denrees alimentaires. Entre-ternps, l'U.R.S.S. importe de fortes quantités
été lent pour un certain nombre de raisons,
de produits d'origine animale et de sucre.
dont certaines des plus importantes sont peut-être
la gravité particulière des dommages subis et l'importance spéciale accordée à l'industrie, qui a eu
pour double conséquence que le niveau des hivestissements a été plus faible en agriculture et que
les producteurs n'ont pas eu les mêmes stimulants
économiques qu'ailleurs. En Europe orientale, la
production céréalière n'a pas encore retrouvé son
L'U.R.S.S. s'efforce énergiquement d'accroitre
sa production céréalière. L'augmentation prévue
portera dans une forte proportion sur les eéréales
secondaires, de manière à pouvoir simultanément
intensifier la production animale. Contrairement
ce qu'il advient dans la plupart des autres pays,
l'Union soviétique s'attache moins, pour l'instant du moins, à améliorer les rendements qu'A,
accroitre les superficies eultivées, en mettant en
valeur les terres inutilisées d'Asie centrale et de
niveau d'avant-guerre et cette région importe
maintenant des céréales. Les effectifs du bétail
sont également inférieurs à ceux d'avant-guerre.
En U.R.S.S., la production céréalière est légèrement supérieure h son niveau d'avant-guerre,
bien qu'elle ne se soit pas modifiée au eours des
trois dernières années; par contre, le cheptei n'est
pas encore entièrement reconstitué. Dans ces deux
régions, l'évolution peu satisfaisante de la production agricole A laquelle est venu s'ajouter l'aecroissement de la demande d'aliments a déterminé, au cours de ces deux dernières années, un
Sibérie. Tant en U.R.S.S. qu'en Europe orientale,
une plus large place a été faite aux stimulants économiques représentés par le relèvement du prix
des produits et l'abaissement des frais des agriculteurs. On s'efforce en male ternps de faciliter
aux exploitations paysannes ainsi qu'aux fermes
d'Etat et aux coopératives l'obtention de biens
de capital.
En Chine, la production agrieole n'a pas été
90
GRAPHIQUE V-3.
Production
agricole
par
habitant
(Moyenne 1934-38 = 100)
120
110
100
90
80
70
1946/47
MO liM3
elde
......
fMd
1949/50
1952/53
1946/47
1954/55
Monde (y compris l'U.R.S.S., la Chine et l'Europe orientale)
Amérique du Nord
1949/50
ad Oa FM
Afrique
"--""`"'
Proche-Orienc
1952/53
1954/55
Amérique latine
Europe occidentale
WM DOOM
Océanie
Extrême-Orient
très touchée par la deuxième guerre mondiale
temps. Les programmes actuels de production vi-
mais elle ne s'était pas encore relevée des destructions causées par le conffit et les inondations des
années trente, qu'en 1948/49 la guerre civile, ken-
sent done à un accroissement substantiel de la
production, en particulier en ce qui concerne les
céréales, le sucre et le coton.
Les indices du tableau V-1 et du tableau an-
dant ses ravages, venait de nouveau retarder les
progrès. Aux destructions causées par la guerre
nexe 1 ne peuvent tenir compte du volume relatif
de la production agricole dans chaque region.
Le graphique V-2, qui tient compte du volume
se sont ajoutées l'incertitude et les difficultés admi-
nistratives déterminées par les changements politiques qui ont suivi. Ces derniers événements
relatif de la production agricole de chaque region,
illustre le relèvement de la production après
guerre. Il ressort également de ce graphique que
ont eu des consequences directes pour ragriculture
creation de fermes cooperatives, revision du regime foncier et redistribution des terres, retrait
l'avance prise pendant la guerre par la production
en Amérique du Nord a permis de compenser les
pertes extrèmement graves enregistrées en Extréme-Orient et en Europe occidentale. On voit aussi
quel point le redressement opéré après la guerre
en Europe occidentale a contribué h l'accroisse-
des marches rnondiaux ; la consequence indirecte
la plus importante pour ragriculture a peut-étre
été que, dans une phase initiale, une place plus
importante a été faite h rindustrie dans le programme économique d'ensemble. La production
agricole a quelque peu augmenté depuis 1949,
mais pas suffisamment pour que la production
alimentaire par habitant retrouve son niveau
antérieur. L'accroissement démographique constant, les inondations désastreuses et la nécessité
ment de la production mondiale et comment le
déséquilibre qui s'était crée pendant la guerre
dans la répartition géographique de la production
a eu tendance à s'attenuer.
On ne saurait dresser le bilan valable de la pro-
duction sans faire entrer en ligne de compte les
modifications démographiques ; le graphique V-3
illustre done revolution de la production par habitant dans la période d'après-guerre. On note,
de maintenir les exportations agricoles afin de fi-
nancer les importations de biens de capital, ont
fait que la situation alimentaire a été plus critique
en 1954 qu'elle ne ravait été depuis fort long91
dans l'ensemble du monde; une tendance constante
s'équilibrer il convient cependant de se rappeler
que la production animale y est partie de très bas
h l'accroissement de la production par habitant
depuis la guerre. (Les données dont on dispose
étant incomplètes, il n'est pas term compte dans
dans l'apres-guerre et qu'elle a dft, pour rattraper son retard; se développer h un rythme plus
rapide (tableau V-2).
Les données sur la production animale dans les
regions où l'agriculture est moins évoluée sont tres
ce graphique de la Chine; des pays de l'Europe orien-
tale, et de l'U.R.S.S.; mais ces pays eussent-ils été
compris dans les calculs que la tendance n'en serait
Pa s moins restée ascendante). La production par
habitant a aussi augmenté de fayon constante en
Europe occidentale, au Proche-Orient, en Afrique
insuffisantes à tous points de vue. Pour autant
que Pon possède des estimations, celles-ci donnent
penser que clans ces regions l'élevage; qui a toujours constitué dans la plupart des pays un secteur
restreint de l'agriculture, West pas allé de pair avec
les cultures. La production animale ne semble pas
et en Extreme-Orient, mais elle n'a pas encore
retrouvé son niveau d'avant-guerre dans cette dernière region. Par contre, on enregistre une légère
contraction en Amérique du Nord; bien que
avoir encore retrouvé son niveau d'avant-guerre
en Extreme-Orient. Dans toutes ces regions, on
s'est surtout soucié des cultures alimentaires, qui
constituent de loin la partre la plus importante
de la production totale. Quant aux cultures non
alimentaires, elles se sont très fortement developpees en Afrique; principalement en Vile, de l'exportation, et en Extreme-Orient leur expansion
été plus considerable que celle des cultures
production par habitant y soit toujours nettement
plus forte qu'avant la guerre. En Océanie et en
Amérique latine, la production est restée assez
stationnaire, mais h un niveau plut6t inférieur
celui d'avant la guerre, ce cirri s'explique en grande
partie par la rapidité -de l'accroissement demographique dans ces deux regions ; cette situation se
traduit par une diminution du volume cles exporta-
tions agricoles de l'Amérique latine.
alimentaires, du fait surtout de l'accroisSement rapide de la production de caoutchouc ; mais il convient de se rappeler que, si elles occupent une place
importante dans le commerce international, elles
En examinant l'influence de la guerre sur la
structure de la production agricole (chapitre II),
on a note que dans les regions qui out subi des devastations la production animale avait souffert.
plus que la production agricole; et les cultures non
représentent une proportion relativement faible
de la production totale.
alimentaires plus que les cultures alimentaires.
La production non alimentaire avait eu tendancc
Les modifications de structure de la production
mondiale, survenues pendant et après la guerre,
baisser elle aussi dans les regions moins directement affectees par la guerre, h une importante exception près, celle de l'Afrique. Dans ces regions,
toutefois, la production animale avait eu tendance
apparaissent plus nettement clans le graphique
où la production mondiale de 1954/55 est indiquée
h se développer un peu plus rapidement que les
cultures prises dans leur ensemble, mais pas toujours plus rapidement que les seules cultures alimentaires. A mesure que les niveaux de vie s'élè-
main des hostilités (1946147) et avant la guerre.
Si certaines des augmentations les plus remarquables (caoutchouc et agrumes par exemple) sont
clues en grande partie à Faccroissement de la demande mondiale, il n'en est pas toujours ainsi,
tant s'en faut, cal les politiques de soutien des
prix, de prix-plafond, etc.; ont fortement influence
la structure de la production dans l'apres-guerre.
Ces politiques nationales n'ont toutefois qu'une
influence limit& sur les marches internationaux
et, ainsi qu'on le verra, il existe une certaine correlation entre les prix pratiqués sur les marches
mondiaux et l'accroissement relatif de la produc-
pour certains produits agricoles et forestiers im-
portants, par rapport à la production au lende-
vent, on constate partout dans le monde une
tendance h consomMer plus de produits d'origine
animale et moins de' produits d'origine végétale,
exception faite de quelques-uns d'entre eux, le
sucre et les fruits frais par exemple. L'augmenta-
tion relativement plus rapide de la production
animale dans les regions uaoins directement tour
chées par: la guerre répond par consequent h la
tendance h long terme de la demande.
Du fait de l'évolution qui s'est produite dans
la période d'après-guerre, la tendance intensifier la production animale sernble s'être renforcee dans les pays d'agriculture moderne. Tant
tion.
L'impression générale qui se dégage des données
A.,
presentees plus haut est que le rythme d'expansion a probablement ete determine; dans l'aprèsguerre, surtout par les perspectives de débouchés
commerciaux. Les progrès techniques ont largement contribue h l'acrcoissement rapide de la
production en Europe occidentale, mais des pra-
en Amérique du Nord qu'en Oceanic; l'indice de la
production anirnale a dépassé celui de la produc-
tion végétale en 1954/55, tandis qu'en Europe
es deux formes de production ne faisaient que
92
Accroissement relatif de
GRAPHIQUE V-4.
de
la
la
production minière et de
production agricole, de la production industrielle,
population (avant-guerre = 100)
la
MDnde (non compris l'U.R.S.S., la Chine et l'Europe orientale)
1946/47
48/49
50/51
52/53
54/55
Europe occidentale
Monde (non comprise également l'Amérique du Nord)
1946/47
48/49
50/51
Indice N.U. de la production industrielle (1937-38 = 100)
8=1 a IM223
52/53
54/55
Amérique latine
Indice FAO de la production agricole (1934-38 = 1001
Indice N.U. de la production minière (1937-38 = 100)
Population
GRAPHIQUE V-5.
Evolution de la production céréalière et des effectifs du bétail après la première
guerre mondiale et apt-6s la deuxième guerre mondiale
(Indices : Moyennes 1909-13 et 1934-38 respectivement =_- 100)
Céréales panifiables et riz
o
50
100
150
100
150
MONDE
II
EUROPE CONTINENTALE
II
AMERIQUE DU NORD
II
AMERIQUE LATINE
II
EXTREME-ORIENT
II
OC EA NIE
II
Toutes céréales
o
50
MONDE
=L.
EUROPE CONTINENTALE
AMERIQUE DU NORD
AMERIQUE LATINE
EXTREME-ORIENT
OCEANIE
Production céréalière
à la fin de la guerre
(Moyennes 1919-20 et
1946-47
respectivement)
Accroissement de
1919-20 a 1926-27
Accroissement de
1946-47 à 1953-54
Diminution au cours de
l'après-guerre
GRAPHIQUE V-5.
Evolution de la production céréalière et des effectifs du bend après la première
guerre mondiale et après la deuxième guerre mondiale (suite)
(Indices : avant-guerre= 100)
C. Effectifs du bétail
150
100
50
o
MONDE
EUROPE CONTINENTALE
V/1/A
I
AMERIQUE DU NORD
AMERIQUE LATINE
EXTREME-ORIENT
OCEANIE
D. Effectifs des porcins
o
50
100
150
MONDE
EUROPE CONTINENTALE
AMERIQUE DU NORD
AMERIQUE LATINE
EXTREME-ORIENT
OCEANIE
1=3
Effectifs du bétail a la fin de
la guerre (Moyennes 1919-20
et 1946-47 respectivement)
Augmentation de 1919-20
1926-27
Augmentation de 1946(47
a 1953-54
Diminucion au cours de
l'après-guerre
tiques et un équipement agricoles plus rudimentaires n'ont pas empéché une expansion presque aussi
rapide au Proche-Orient et en Afrique. Il ne sem-
gageantes. Le souvenir de la erise des années
trente pesait encore sur bien des esprits.
On a déjà mentionné d'autres faeteurs qui ont
joué un rôle de premier plan dans certaines regions, par exemple la situation troublée en Extréme-Orient et la secheresse en Australie, ainsi
ble guère douteux, d'autre part, qu'avec les facilités techniques dont ils disposent, les agriculteurs nord-américains auraient pu maintenir le
rythme d'expansion du temps de guerre, s'ils
pour une production plus forte. Or, avant mème
que clans certains pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord. Un element a eu une influence quasi
générale : les capitaux disponibles pour ragricul-
avaient cru en l'existence de débouchés profitables
que les excédents agricoles ne commencent A., Po-
ture se sont trouvés limités du fait qu'il était
ser un sérieux problème, une grande incertitude
plus profitable d'investir dans d'autres secteurs de
regnait en Amérique du Nord quant h, la demande
future. et A, revolution des prix et des revenus
agricoles ; le contingentement des superficies cul-
réconomie. C'est ainsi que la construction et la
propriéte immobilierc en Amérique latine, les
dustries secondaires en Australie, les mines et
les moyens de communication en Afrique ont
attire une partie importante des investissements.
L'industrie a été plus profitable que ragriculture
tivées fut introduit dans le but de limiter la production de certaines denrées pour lesquelles les
perspectives du marché ne semblaient guère en-
Production et utilisation du bois
GRAPHIQUE V-6.
A. Bois de feu - Quantités produites
B. Bois industriels : Quantités produites
Millions de mètres cubes
Millions de mètres cubes
900
900
700
500
300
A
100
1937/38
1946
I
i
j
47
48
49
I
I
52
53
i
50
51
1
54
1937/38
A. Amérique du Nord
1946
47
B - Europe
D - Reste du monde
C - U.R.S.S.
96
48
49
50
51
52
53
54
en Amérique du Nord, mais dans cette région
l'apport de capitaux en agriculture a néanmoins
été amplement suffisant pendant toute la periode
a été plus marqué encore (graphique V-4). Dans
un monde en voie d'industrialisation accélérée,
il est normal que les progrès soient plus rapides
dans les secteurs non agricoles, mais il se peut
envisagée.
que l'écart ait été exageré dans certains pays.
Par conséquent, pour rapides qu'ils aient été,
progrès de l'agriculture dans l'après-guerre
sont restes bien inférieurs au progrès de l'éconoles
TABLEAU V-2. PRODUCTION DANS LES PRINCIP, UN
SECTEURS AGRICOLES (1954/55 PAR RAPPORT A LA
mie genérale, méme si l'on tient compte des con-
MOVENNE D'AVANT-GUERRE)
ditions assez exceptionnelles en Amérique du Nord.
Si l'on excita cette région, 011 constate que la production industrielle mondiale a augrnenté environ
Production Cultures
adirnale
alimentaires
totale
ItRoi0xs
deux fois plus vite que la production agricole entre 1946 et 1954. Pendant quelques années, le rythme du cléveloppement agricole a été comparable
celui de l'industrie en Europe occidentale, mais
il s'est laissé distancer après 1950. Ailleurs, l'écart
7110yen se 1934-38
Amérique du Nord
Océanie
Europe occidentale
Afrique
Proche-Orient
Amérique latine . .
Extréme-Orient (non
compris la Chine)
.
GRAPHIQUE V-6.
Production et utilisation
du bois (suite)
C. Bois industriels -Utilisation
Cultures
non
0111-len-
taires
100
148
121
117
113
132
125
131
144
145
147
235
95
112
118
132
121
118
131
117
Production relativernent très
Millions de mètres cubes
Il ne fait guère de doute cependant que, dans
900
les conditions économiques généralement favorables de l'actuel après-guerre, le relèvement et les
progrès de l'agriculture ont été beaucoup plus rapides qu'apres la première guerre mondiale. On
peut s'en convaincre en comparant les données
de base relatives par exemple à l'accroissement
de la production céréalière et des effectifs du beta après l'une et l'autre guerres (graphique V-5).
Des comparaisons plus larges, sur la base des in-
700
dices de la production agricole mondiale, ne semblent guère probantes ; quant aux indices établis
avant la deuxième guerre mondiale (par la Société des Nations par exemple), ils ne semblent
pas comparables avec ceux de la FAO.
500
Peches
Il est clifficile d'estimer la production armuelle
300
totale de poisson pour l'ensemble du monde A,
la fin de la deuxième guerre mondiale, mais il est
certain qu'elle était tombée au-dessous de 20 millions de tonnes, soit A., un niveau nettement inférieur
celui d'avant-guerre, qui était cl'environ 22
millions de tonnes. Elle dépasse maintenant 27
100
1937/38
E
F
46
47
48
49
50
51
52
53
millions de tonnes et a donc augmenté de 20 pour
cent par rapport a l'avant-guerre. Cet accroissement est en grande partie imputable à l'Europe,
l'Amérique du Nord, au Japon et a, l'U.R.S.S.,
oil l'industrie des péches est solidement etablie et
bien organisee ; il a été réalise A, partir de ressources connues et deja exploitées dans une certaine
54
- Bois de pare et bois de mine
- Grumes de sciage et grumes de placage
G - Autres utilisations
97
mesure. Sauf peut-étre pour le pilchard en Afrique du Sud, Faccroissement de la production a
ressourees. C'est ainsi que la Norvège a, depuis
Malgré l'accroissement de la production de bois
rond à usages industriels, le total des abattages a
diminué en Europe depuis 1946, par suite d'une
contraction marquée de la demande de bois de
la guerre, doublé sa production hivertiale de harengs
feu, qui est survenue lorsque les disponibilités
été dû surtout à l'exploitation plus intense desdites
et que les Etats-Unis ont rapidement accru leur
production de menhaden et (lc thon ; la production de morue a doublé en Islande par rapport h
l'avant-guerre ; au Royaume-Uni, le relèvement
des péches dans la période d'après-guerre a surtout été basé sur l'exploitation de la morue dans
l'Atlantique Nord et dans les mers arctiques.
Par contre, l'apparition de l'Afrique du Sud et
du Sud-Ouest, du PCrou, de l'Angola et du Chili
sur les rangs des producteurs et exportateurs importants de poisson est un phénomène entièrement nouveau qui date de l'après-guerre. Depuis
quelques années, la production de poisson a tense stabiliser dans les prineipaux pays
dance
d'autres combustibles sont redevenues assez abon-
dantes. Dans certains pays, les foréts ont gravement souffert d'abattages excessifs durant et immédiatement après la guerre ; depuis 1949 cependant, la production européenne a été plus conforme
h la capacité des foréts de cette région. La production de bois de feu a également diminué un
peu en Amérique du Nord, mais au total les abattages ont légèrement augmenté au cours de années
considérées, ce qui est dû presque entièrement à
une augmentation de 33 pour cent de la production de bois de petites dimensions, destiné principalement
la réduction en pate. En ce qui
concerne les grumes de sciage et autres bois ronds
6.,
h.,
producteurs, said au Japon et peut-etre en U.R.S.S.
Les renscignements sont rares pour les autres par-
h usages industriels, l'augmentation de la produc-
tion n'a été que de 7 pour cent.
ties du monde, mais il est évident que malgré
les mesures prises pour développer les péches en
Asie du Sud-Est, en Extreme-Orient et en Amérique latine, il n'y a pas eu de progrès importants.
TABLEAu V-3. PRODUCTIO1sT DE
130IS
RON])
1954 PAR RAPPORT A 1946
EN
Bois à -usage
industriel
Forets
'l'otili
Bois
ItEoloNs
rond
La production mondiale de bois rond est progressivement passée d'environ 1 300 millions de
mares cubes h 1 500 millions, (soit une augmenta.
tion de 15 pour cent) entre 1946 et 1954. Cet
accroissement est entièrement dfi au fait que la
production de bois à usages industriels a augété de 59 pour cent pour le bois de pate et les bois
de mine). Par contre, la production de bois de
feu a légèrement diminué (graphique V-6 et tableau V-3).
Bois de
Total
pate et
bois
modifico tions en pooree- duties ..
+ 12 + 14
39
+ 40 +108
300
14 + 12 -= 41
3
+ 13
-- 14
+ 74
+ 6
Afrique.
Asie
Oeéani
+ 8 -- 3
+ 16 + 4
+100
4
+ 35
MONDE
Les progrès les plus importants ont été enregistrés en Union soviétique, oil la production avait
assez fortement diminué pendant la guerre. Sauf
de feu
Europe
U.R.S.S.
Amérique du Nord
Am6rique latine.
menté d'environ 35 pour cent (l'augmentation
Bois
--
+ 29
+ 38
+150
H- 71
D'autres régions produisent encore surtout du
bois de feu et les abattages de bois à, usages industriels sont relativement minimes. Les indus-
pour 1950, les chiffres dont on dispose pour Paprès-
guerre sont basés sur la production prévue et
font apparaitre une augmentation qui atteint 75
tries forestières se sont forternent développées pen-
dant la gueffe en Amérique latine et en Afrique,
on la production a augmenté de quelque 20 à 25
pour cent ; mais depuis lors les progrès ont été
lents, malgré les vastes ressourees inexploitées
qu'offrent ces régions. En Océanie, l'effort d'expansion entrepris durant la guerre s'est constamment poursuivi. La situation forestière est moins
satisfaisante en Asie. Les dommages et la surex-
pour cent entre 1946 et 1954. Les principales forks exploitées avant la guerre ayant été endommagées par suite des hostilités, la production a dii
s'étendre de plus en plus vers la partie septentrio-
nale du pays et la Sibérie. Bien que la production de bois de feu ait augmenté, elle représente
une proportion de plus en plus faible du volume
total des abattages, ce qui est conforme h la tendance générale vers l'utilisation plus rationnelle
ploitation ont été graves durant la guerre dans
les principaux pays producteurs ; en 1954, la pro-
des ressources forestières.
98
duction de bois rond avait tout juste retrouvé
II, la structure géographique des échanges s'était
profondément modifiée. L'Amérique du Nord, en
son niveau d'avant-guerre et était encore insuffisante pour COUVrir les besoins.
particulier, pouvait grâce A, une forte expansion de
la production, tripler ses exportations alimentaires
LE COMMERCE INTERNATIONAL DES
PRODUITS AGRICOLES
accroitre le total de ses exportations agricolés
d'environ 80 pour cent par rapport à leur niveau
d'avant-guerre, comblant ainsi les déficits d'autres
Structure des échanges avant la guerre
régions. Ce sont surtout les céréales, les huiles vé-
gétales et les produits d'origine animale qui ont
été exportés en plus fortes quantités.
Par contre, les exportations de produits agrico-
Avant la deuxième gueiTe mondial-e, le commerce international des produits agricoleS présentait une structure bien définie. Du point de .vite
géographique, le courant principal était orienté
les de l'Extrême-Orient étaient tombées A, 40 pour
cent de leur niveau d'avant-guerre (la diminution
des régions peu industrialisées
Extreme-Orient,
Afrique, Proche-Orient, Amérique latine et Océo-
n'était pourtant que de 16 pour cent en ce qui
concerne les denrées alimentaires) ; quant aux
nie
vers l'Europe oecidentale. L'Amérique du
Nord était la seule autre région qui importait plus
de produits agricoles qu'elle n'en exportait, mais
ses importations brutes, et plus encore.ses importa-
exportations européennes, elles atteignaient à peine
plus de 30 pour cent de leur niveau d'avant-guerre.
Par suite des Coups sévères portés à la production
du fait des hostilités et de pénuries générales, les
exportations de l'Europe orientale vers l'Europe
occidentale avaient pratiquement cessé. De mérne,
les exportations agricoles du Proche-Orient étaient
sensiblement plus faibles qu'avant la guerre ; par
contre, celles de l'Amérique latine et de l'Océanie
s'étaient bien maintenues. Le tableau V-4 résume
les principales modifications interveniues dans le
volume du commerce.
tions nettes, étaient beaucoup plus faibles que
miles de l'Europe. Si la majeure partie du commerce mondial était constituée par les exportations des régions à éconoinie principalement agricole A, destination de l'Europe, région industria-
il y avait en Europe même un commerce
intra-régional important, puisque plus du cinquième des importations agricoles des pays européens était fourni par d'autres pays de la région.
lisée,
TABLEAU V-4. VoLumE DES EXPORTATIONS
DES ENIPORTATIONS BRUTES DE ERODUITS AGRICOLES
De même, le volume des échanges au sein de l'Ex-
tréme-Orient et d'autres régions était assez con-
EN 1946
sidérable.
Pour les procluits forestiers, le commeree inter-
Toils
pro-
national était principalement constitué par les
(Wits
agri-
exportations de l'U.R.S.S., des pays scandinaves
(toles
et de l'Amérique du Nord vers l'Europe, auxquelles
s'ajoutaient des échanges intra-régionaux en Amérique clu Nord.
.
Commerce mondin
.
Pro(hilts
pour
bois-
cthoue
tabae
taires
moyenne 1934-38
SOIIS
et
100
.
.
80
73
87
95
180
313
164
153
44
32
63
91
16
28
67
40
137
69
42
107
72
69
78
70
44
50
68
130
38
144
48
141
119
93
Exportations
Amérique du Nord
Extreme-Orient (non
eompris la Chine)
Situation à la fin de la guerre
.
On estime qu'en 1946, première année complète
d'après-guerre, le volume du commerce mondial
des produits agricoles était inférieur d'environ 20
pour cent A, ce
était avant la guerre. Pour
les produits destinés à Falimentation humaine et
animale, la baisse était de l'ordre de 25 A, 30 pour
cent ; la contraction des échanges avait toutefois
été moins marquée dans d'autres secteurs
.
Fibres
nittu(Wits
relies
limenet
Pro-
.
Europe occidentale. .
Toutes autres régions
Importations
Europe oceidentale.
Extréme-Orient (non
compris la Chine)
Amérique du N'ord. .
'routes autres régions
.
les
tonnages internationaux avaient diminué d'environ 13 pour cent en ce qui concerne les fibres naturelles et le caoutchouc, et de 5 pour cent seulement en ce qui concerne les produits pour boissons et le tabac.
Non seulement le volume des échanges avait
diminué, mais aussi, comme on l'a vu au chapitre
126
114
Le volume du commerce international
depuis la deuxième guerre mondiale
Depuis la fin de la deuxième guerre niondiale, la
caractéristique la plus marquante du commerce
international des produits agricoles a peut-étre. été
99
GRAPHIQUE V-7.
Développement comparé du volume du commerce mondial en général et du
commerce des produits agricoles (avant-guerre = 100)
160
Tous produits (agricoles et
autres)
e.
140
/lIPIS«lI!!1##
Produics pour boissons et tabac
Fibres naturelles et caoutchouc
à l'alimentadon humaine et à l'alimen.
cation rnimale
Produics destinés
1946
1948
1950
1952
1954
stabilisé à un niveau qui est supérieur de 3 h 5
sa relative stagnation. Ce phénomène contraste
netternent avec la situation du commerce international en général, qui s'est développé assez rapidement durant cette période, dépassant son niveau d'avant-guerre de quelque 25 pour cent dès
1950, et de 55 pour cent en 1954 (tableau V-5).
Le commerce des produits destinés à l'alimentation humaine et animale, qui constitue le secteur
le plus important du commerce des produits agri-
pour cent à celui d'avant-guerre. Le groupe « pro-
duits pour boissons et tabac » suit une courbe
ascendante, beaucoup moins accentuée cependant
que celle du commerce mondial en général. Pour
l'ensemble des produits agricoles, le niveau du
commerce mondial s'est situé, pour chacune des
années qui se sont écoulées depuis 1950, à 100-105
pour cent de celui de 1934-38. Pour les produits
forestiers, qui ne sont pas cornpris dans cet indice,
le rythme du développement a aussi été relativement modeste.
Ce manque d'animation, particulièrement dans
coles, n'a retrouvé son niveau d'avant-guerre qu'en
depuis, il n'a pas fluctué de plus d'un ou
deux pour cent en plus ou en moins par rapport
ce niveau. Après avoir atteint un maximum en
1950, au moment du boom coréen, le commerce
1951 ;
le secteur des produits destinés à l'alimentation
humaine et animale, s'explique dans une grande
mondial de fibres naturelles et de caoutchouc s'est
100
Tendances régionales du commerce international des produits agricoles
GRAPHIQUE V-8.
(Indices : 1934-38= 100 ; échelle semi-logarithmique)
A. Exportations brutes de produits destinés a l'alimentation
humaine et à l'alimentation animale
B. Importations brutes de prociuits destinés à l'alimentation
humaine et a l'alimentation animale
400
_,,...
1
No..
300
%
l......%
h
%
\
N
N
1
Amérique du Nord
V
Proche-Orient
200
Amerique latine
150
Amérique du Nord
Europe occidentale
Extreme-Orient (non
compris la Chine)
Europe occidentale
Ocianie
100
Amerique latine
80
60
Extreme-Orient
(non compris la
Chine)
40
20
1946
1948
1950
1952.
1954
1946
C. Exportations brutes de fibres naturelles et de caoutchouc
1948
1950
1952
1954
D. Importations brutes de fibres naturelles et de caoutchouc
200
200
Océanie
150
o
(non compris I 'Amérique du
Monde
Amérique latine
Nord et l'Europe
occidentale)
Extreme-Orient
(non compris la
100
90
100
Amerique du Nord
90
Europe occidentale
Chine)
80
10
Amerique du Nord
o
70
60
60
50
50
40
40
1946
19148
19150
1952
1946
1954
101
1948
1950
1952
1954
GRAPHIQUE V-8 (suite)
E. Exportations brutes de produits pour boissons et de tabac
200
F. Importations brutes de produits pour boissons et de tabac
200
Amérique du Nord
Arrique
Monde (non compris I 'Amérique du
Nord et l'Europe
Amérique du Nord
occidentale)
Europe occidentale
Amérique latine
Extrame-Orient (non
compris la Chine)
1946
1948
1950
5952.
1954
1946
mesure par le souci manifeste, déjh examiné au
chapitre II, de se libérer des importations de produits agricoles, que ce soit pour des raisons de
sécurité, de balance des paiements ou pour d'autres motifs. Dans le cas des fibres naturelles,
caoutchouc et deS produits forestiers, la situation
s'explique également par l'utilisation accrue de
produits de remplacement. Le fait est que le commerce des produits agricoles est un secteur du
commerce mondial qui se restreint progressive-
1948
1950
1952
1954
d'avant-guerre et n'ont commencé à décliner fortement qu'après 1952. Etant donné le relèvement de
la production qui a eu lieu ailleurs, 'cette tendance
semble devoir persister mais les opérations d'écoulement des excédents la freineront peut-être sensi-
blement, en particulier si l'on petit trouver les
moyens d'utiliser plus largement los stocks excédentaires de denrées alimentaires pour le développernent économique général des régions du monde
peu industrialisées.
Dans les régions les plus touchées par la guerre
Europe et Extrême-Orient
los exportations
alimentaires ont surtout un caractère intra-régional.
E en est particuliè.rement ainsi en Europe, où les
ment. En outre, comme cetto stagnation des échan-
ges contraste avec le développement constant de
la production agricole, il s'ensuit que la production
destinée à l'exportation oecupe une place plus
restreinte dans la production agricole totale. La
proportion de la production agricole mondiale
entrant dans le commerce international qui était
principales denrées exportées sont les fruits, les
légumes et les produits d'origine animale. Des
difficultés de devises et le fait que la production
animale des pays exportateurs européens avait
diminué durant la gueue ont retardé pendant quel-
d'environ 20 pour cent avant guerre, est maintenant de Fordre de 15 pour cent.
que temps la reprise des exportations européennes.
Ces exportations ont retrouvé leur niveau d'avantguerre vers 1950 et, bien que les progrès aient été
lents pendant quelques années, un mouvement de
Tendances régionales du commerce international des produits agrieo/es
Produits destiné8 à l'alimentation humaine et
animale. Les données d'ensemble du graphique
reprise se manifeste depuis deux ans h la faveur
V-7 et du tableau V-5 ne permettent naturellement
pas de discerner les importantes tendances nationales et régionales non plus que celles de certaias
produits. Les indices régionaux du graphique V-8
et de la libéralisation des échanges;
Le relèvement a été plus lent en Extra-le-Orient,
et les exportations alimentaires, constituées principalement de riz et d'autres produits destinés
des pays de la région, semblent s'étre stabilisées
des opérations de l'Union européenne des paiements
font nettement apparaitre que les Perturbations
survenues pendant la guerre dans la structure générale des échanges mondiaux de produits agricoles ont longtemps persisté après la guerre et se
manifestent encore largement. C'est clans le seeteur alimentaire qu'ont eu lieu les bouleversements
les plus profonds. Pendant la majeure partie de la
période d'après-guerre, les exportations alimentaires de l'Amérique du Nord se sont maintenues
un niveau trois ou quatre fois plus élevé que celui
un niveau qui atteint difficilement la moitie de
celui d'avant-guerre. Le principal obstacle a d'abord
été l'absence de disponibilités exportables ; depuis
quelques années, les disponibilités sont &venues
abondantes, mais les exportations se trouvent
mitées par divers facteurs : prix élevé clu riz par
rapport à celui du blé, accroissement de la produc-
tion rizicole dans les pays importateurs
qui
a eu pour effet de restreindre lour demande à l'im102
Indices du volume des exportations de certains produits agricoles
GRAPHIQUE V-9.
(Moyenne 1952-53= 100)
Bié et farine
Café
110
110
100
100
IA
A
X/
80
90
19 47
90
19 54
\vir\
80
j131920
70
70
19 3J3
193 8
.0
60
60
Caoutchouc
Orge et maTs
110
170
100
160
90
150
I
140
130
1913
I
1
I
1
I
I
1
%
-
I
1
70
I
1
/
SO
193 8
40
\t
f
80
1
60
L. .4
954
90
I
i
I
I
I
r
1938
100
/
i1%1
120
110
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1
80
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I 11
I1
I
I
b
30
20
947
70
I
920
10
Coton (fibre)
Sucre
120
150
110
140
100
i%
/%
954 /
1
1 *. 1
/ NO
tt
1938%.
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90
80
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i
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A
120
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0°,..
°%
e
110
1938
V
70
100
II
047
60
.0.°
90
1920
1913
80
50
III
40
1938
(1913)
1947
49
51
53
70
1938
(1913)
55
(1920) (22) (24) (26) (28) (30) (32) (34) (36) (38)
103
53
55
51
1947 49
(1920) (22) (24) (26) (28) (30) (32) (34) (36) (38)
TABLE.A E V- 5. A-01,CM
111-aniquEs
DE COMM E RCE MONDL.li, DES PRO DUITS AORICOLES : 1946-1954
1946
1917
1948
1949
1950
1951
moyo e 1934-38 -
Denrees alimentaires et aliments
du bétail
Filtres naturelles et caoutehouc
Produits pour boissons et tabac
Tous produits agrieoles
Produits forestiers
Ensemble des produits (agrieoles et DOD agrieoles)
90
1952
1953
98
1954
(Chiffres
provisoires)
100
73
87
95
80
90
95
87
93
98
93
96
110
116
103
103
105
110
103
107
102
105
115
100
102
109
80
85
90
96
100
105
101
104
102
65
84
83
85
103
118
107
112
111
125
140
138
148
.
100
Indice Nations Unies des exportations mondiales, ajust6
... Non disponible.
portation
et contraction du marché mondial
des huiles végétales, dont il est question ailleurs.
La production de sucre pour l'exportation est en-
155
la base 1937-38.
relèvement. Comme la production agricole se (16-
veloppe en Europe occidentale h un rythme qui
dépasse celui de l'accroissement démographique,
core tres inférieure à son niveau d'avant-guerre,
les importations de produits destinés à Falimentation hurnaine et animale de cette region, qui est
la principale importatrice, se sont stabilisées depuis quelques années A. un niveau qui est inférieur
mais les a,nciens marchés sont maintenant pleinement approvisionnés, principalement par les pays
de la region des Cara:1es. Etant donne cine les
besoins intérieurs des pays d'Extrême-Orient ne
font qu'augmenter, on pent se demander si les
exportations alimentaires dépasseront beaucoup
dans un avenir prévisible le niveau qu'elles attei-
d'environ 10 pour cent h la moyenne d'avantguerre. Au cours de ces dernières années, les importations alimentaires de l'Amérique du Nord ont
été plut6t plus fortes qu'avant la guerre, rnais la
tendance ascendante est très modérée. Les importations des pays d'Extrême-Orient, qui sont
principalement constituées par des céréales, ont
atteint pendant quelques années un niveau élevé,
mais recommencent à baisser à mesure que la
gnaient récemment.
Les exportations alimentaires de l'Océanie se
situent à quelque 10 pour cent au-dessus du niveau
d'avant-guerre, et celles de l'Amérique latine
quelque 10 pour cent en-dessous de ce niveau.
L'accroissement remarquable des exportations alimentaires du Proche-Orient depuis quelques an-
production indigène se relève. En Amérique latine
et dans d'autres régions insuffisamrnent développées, les importations de denrées alirnentaires ont
nées est principalement imputable à l'expansion de
la production céréalière, notamment en Turquie.
augmenté de fawn plus considérable, mais sont
Le graphique V-9 comprend les exportations en
provenance d'autres regions à destination de
l'U.R.S.S., de l'Europe orientale et de la Chine et,
pour les importations, les quantités reçues par ces
régions. Comme on ne possède pas de renseignements relatifs aux échanges entre le groupe des
pays communistes, on n'a pu établir d'indice de
leur commerce total. Leurs exportations alimentaires vers les autres parties du monde sont ce-
La structure du commerce du poisson, produit
qui n'entre pas dans l'indice des denrées alimentaires, s'est rnodifiée elle aussi dans la période
d'après-guerre. Le Royaurne-Uni a réduit ses importations en provenance du Canada, faisant de
plus en plus appel à ses disponibilités intérieures
et aux importations en provenance d'Europe. Les
pendant demeurées assez faibles; quant
exportateurs taut européens que canadiens ont
encore relativement faibles par rapport à celles des
principaux irnportateurs.
elle vient de commencer à importer des quantités
assez considérables de produits ('origine animale
et de sucre. On a déjà vu que l'Union soviétique
s'efforce maintenant, par des mesures spéciales,
cl 'accroitre sa production agricole.
Du côté des importateurs, la situation est plus
accordé plus d'attention au marché des Etats-Unis
adaptant leurs méthodes de traitement (congélation notamment) et d'ernballage aux exigences
de ce marche. Après des débuts plus hésitants, le
Japon intensifie égadement ses expéditions de thou
vers les Etats-Unis. Ce mouvernent résulte surtout
de la pénurie de dollars ; de leur côté, les pays de
simple et surtout caractérisée par un effort de
104
l'Amérique latine et du bassin mécliterranéen,
importateurs traditionnels de poisson salé, ont eu
tendance à se détourner du Canada pour effectuer
leurs achats hors de la zone dollar. Lorsque les
disponibilités d'autres denrées alimentaires sont
devenues plus abondantes, la demande de poisson
mentation des importations de cette dernière region est presque entièrement imputable au caoutchouc et à la laine et le fléchissement enregistré
depuis 1952 résulte principalement du fait qu'on
a cessé de stocker ces produits. Les importations
de caoutchouc naturel de l'Europe occidentale ont
eu te,ndance à diminuer et il est devenu indispen-
elles aussi presque doublé depuis 1934-38, mais ses
sable de prèter plus d'attention A, la qualité, à
variété et aux prix sur les marchés d'importation.
Des efforts viennent d'être tentés pour trouver de
nouveaux clébouchés, spécialement pour le hareng
salé et le poisson congelé. L'une des caractéristiques importantes du commerce d'après-guerre a
été la forte demande de farine de poisson pour
l'alimentation animale, spécialement aux EtatsUnis et au Royaume-Uni.
importations de coton et de laine ont un peu diminué. Il convient également de rioter l'accroissemerit rapide des importations de matières premières dans les régions autres que l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord, ce qui est un signe de
leur développement industriel. Les deux principales régions importatrices continuent cependant
d'absorber environ SO pour cent des tonnages
mondiaux.
Produits pour boissons et tabac. Le déplacement
des importations, d'Europe occidental° vers l'Amé-
Fibres naturelles et caoutchouc. Les indices concernant le groupe de matières premières révèlent
que si d'un côté le niveau du commerce du caoutchouc est élevé, et de loin supérieur à ce qu'i1 était
rique du Nord et, dans une certaine mesure, vers
les régions peu industrialisées, vaut aussi pour ce
groupe de procluits. L'Amérique du Nord a fortement accru ses importations de café et aussi, dans
avant la guerre, le commerce des fibres a évolué
en sens opposé. Le commerce international du
coton et plus encore de la soie est resté très inférieur à son niveau d'avant-guerre pendant toute
la période qui a suivi les hostilités.
une certaine mesure, celles de thé et de tabac.
L'Europe occidentale importe toujours moins de
café qu'en 1934-38, mais un peu plus de thé, de
L'accroissernent rapide des exportations de caout-
cacao et de tabac. Ces deux regions absorbent
chouc, qui avaient atteint en 1951 un niveau record, presque double de celui d'avant-gueue,
joué un rôle important dans le relèvement rapicle
des exportations de matières premières agricoles
de l'Extrême-Orient après la guerre. Toutefois,
le volume des exportations de cette région est
environ 80 pour cent des importations moncliales
de produits appartenant à, ce groupe.
La structure des exportations friondiales ne s'est
pas modifiée de façon importante en ce qui concerne ce groupe de produits, si l'on fait exception
de l'accroissement constant des expéditions afri-
apparu d'autant plus considérable en 1950 et 1951
qu'il y a eu de fortes expéditions de jute. Par con-
mines, de café et de tabac en particulier.
tre, les exportations de coton n'ont guère atteint
que le tiers ou la moitié de leur niveau d'avantguerre, et les exportations de soie ont été encore
Tendances des produits
On peut, en comparant le volume du commerce
mondial après chacune des deux grandes guerres, dégager les tendances h long turtle de certains produits pris en particulier (graphique VI).
Pour quelques produits comme le caoutchouc, le
café et le cacao, le niveau actuel des échanges
est dans l'ensemble plus élevé qu'il y a un quart
de siècle. Cela ne signifie pas, bien entendu, que
plus faibles.
Les variations des exportations de coton sont
responsables du niveau extrémement instable, mais
généralement bas, des exportations de matières
premières de l'A_mérique du Nord et aussi du Pro-
che-Orient. Les expéditions de laine constituent
la quasi-totalit6 des exportations océaniennes dans
ce secteur ; elles se sont maintenues à un niveau
les tendances enregistrées jusqu'ici continueront
manifester. Les tonnages internationaux de
qui dépasse d'environ 50 pour cent celui de la
se
période 1934-38.
caoutchoue, par exemple, donnent quelques signes
la fin des
de fléchissement qui correspondent
Le commerce d'importation de rnatières pre-
A,
mières agricoles a été caractérisé surtout par l'ac-
opérations de stockage, mais, peut-être, s'agit-il
là d'un recul temporaire ; de son côté, le mouvement ascendant des expéditions de cacao com-
croissement consiclérable des importations de
l'Amérique du Nord et par le fait que les importa-
tions de l'Europe oecidentale n'ont pas réussi
dépa,sser leur niveau d'avant-guerre
ce qui
mence à s'atténuer. Le volume du commerce mon-
dial de certains autres produits,
le coton par
exemple, semble sensiblement plus bas qu'après
la première guerre mondiale et la demande in-
n'empéche qu'elles restent de deux A, trois fois supérieures à celles de l'Amérique du Nord. L'aug105
ternationale diminue, peut-ètre, cii ce qui les con-
verra au tableau V-6 quelle est la tenclance récente des stocks des principaux produits et coin-
cerne.
Il est particulièrement intéressant d'étudier ce
que sera, dans les dix prochaines années, la situa-
ment ils sont repartis dans le monde. La situation
des produits faisant l'objet d'une etude détaillée
dans la deuxierne partie de ce rapport, il ne sera
question ici que des grandes modifications intervenues clans le niveau des stocks.
Pour certains produits, les stocks qui augmentaient depuis quelques années, commencent maintenant à diminuer, rnais il existe d'importantes
exceptions, notaminent en ce qui concerne les
céréales (les excédents de céréales sont, en volume,
tion des produits pour lesquels le niveau de la
demande internationale semble avoir été trés af-
fecté par la guerre. Pour le blé et le sucre, par
exemple, les expeditions avaient brusquement aug-
menté après la première guerre mondiale, pour
clécliner par la suite, lorsque, dans les regions
dévastées par la guerre, la production avait repris sous l'influence parfois de mesures spéciales
destinées à l'encourager clans les pays importateurs. Il semble que pour le blé le mouvement
les plus forts) et le coton. Aux Etats-Unis, les
operations de la Commodity Credit Corporation
ont presque double en 1052/53 et en 1953/54
mais à la fin de la presente campagne l'augrnentation sera plut5t, plus faible que dans les années
précédentes ; ailleurs, les stocks devraient dirni-
de reprise des exportations a eu lieu plus t5t,
après la deuxième guerre mondiale qu'après la
première, et qu'il en a été de même pour la contraction ultérieure ; toutefois, au plus haut de la
courbe, le volume des expeditions était sensiblement plus fort après la deuxieme guerre mondiale
nuer un peu. Dans les quatre principaux pays
exportateurs, les stocks de blé en fin de campagne
qu'après la première. Il se peut que les expedi-
ont plus que triple entre 1952 et 1954, époque
tions de sucre suivent une tendance semblable, mais
laquelle ils atteignaient 45 millions de tonnes,
soit plus de deux fois le niveau moyen cles exportations de ces pays au cours des dernières années.
on ne saurait affirmer que le fléchissement constaté en 1954 ait été autre chose qu'un phénomène
Il est probable qu'à la fin de la présente campagne, le niveau de ces stocks sera A, peu près
le même qu'il y a un an, la reduction enregistree au Canada par suite de la mauvaise récolte
passager.
tendance des céréales secondaires est égale-
ment interessante mais incertaine. Jusqu'à present, le niveau du commerce mondial a suivi une
de 1954 étant largement compensée par un nouvel
evolution semblable à celle que Pon avait connue
après la première guerre mondiale ; il reste à voir
si, A, la rapide augmentation des exportations qui
avait eu lieu par la suite, entre les deux guerres,
correspondra un phénomène comparable au cours
des prochaines années. Il est permis d'en douter,
en raison des efforts qu'accomplissent certains
accroissement aux Etats-Unis. Pour les céréales
secondaires, les stocks devraient augrnenter legèrement. Maintenant que les prix ont baissé les
stocks de riz, qui avaient commence d'augmen-
ter en 1952, semblent diminuer dans les pays
exportateurs d'Asie ; par contre, ils continuent
d'augmenter aux Etats-Unis et dans les pays exportateurs rnéditerranéens. Les stocks de sucre se
sont très forternent acorns A., Cuba, en 1952, et
une nouvelle augmentation brutale et plus étendue a eu lieu en 1954. Du fait de Parnélioration
récente des exportations et notamment d'importantes ventes A, la Russie, ils devraient diminuer
cette année. Les stocks de coton des Etats-Unis,
qui ne cessent d'augmenter, semblent devoir s'accroitre encore ; le contingentement des superficies
appliqué en 1955 devrait toutefois entrainer une
certaine reduction vers le milieu de 1956. Les
stocks de tabac des Etats-Unis augmentent lentement depuis quelques années et devraient encore s'accroitre légèrement. Les quantités de procluits laitiers détenues aux Etats-Unis commencent A, décroitre. Les stocks de beurre et de fromage diminuent depuis la fin de l'année dernière
quant aux stocks de lait écrémé en poudre, qui
pays européens pour améliorer l'utilisation des
pâturages et pour accroître la production indigène
de céréales secondaires, afin d'éviter de recourir
aux importations. On note par ailleurs une certaine
tendance A, utiliser davantage les céréales secon-
daires pour les petits animaux de ferme, et en
particulier pour la volaille.
L'APPARITION DES EXCEDENTS
L'accumulation d'importants stocks invendus de
céréales et d'autres produits agricoles
preuve
évidente que Faccroissement de la production n'A,
pas entièrement servi à relever les niveaux insuffisants de nutrition et d'habillement dans le mon-
a constitué l'élément le plus préoccupant
de la situation alimentaire et agricole de ces dernières années. Ces stocks se trouvent surtout
Amérique du Nord. Mais leur existence n'a pas
manqué de provoquer des difficultés ailleurs. On
de
atteignaient un volume record en 1953,
106
ils se
'RODUITS, 1951-55 (EsrrimATioNs)
l'ABLEAr \--6. tirrocics [>Es P
Stocks
Production
Exportations
brutes
Moyenne
Moyenne
30.0
55.5
8.8
8.7
2.1
2.4
22.0
3.1
0.6
0.4
4.1
1955
PRODUITS
1951
1952
1953
1951
Estinnttions
provisons
1951-54
1951-54
In Tito ns de tonnes
Ble 1
Etats-Unis
Canada
Argentine
ler juil.
ler aont
ter déc.
ler déc.
Austral je
Total 4 principaux e - ortateurs
Riz (équivalent de riz usiné)
Asie
31 déc.
7.0
5.9
15.3
10.0
0.5
0.5
0.1
0.5
16.9
13.5
1.0
28.3
0.2
0.1
0.7
0.3
0.7
25.1
2.8
2.0
27.0
12.8
714.7
5.9
4.9
2.5
0.7
0.3
1.5
2.0
21.3
1.5
1.3
24.2
18.2
3.6
24.5
5.0
28.6
5.5
33.5
3.3
104.0
12.8
3.2
3.1
27.9
21.8
29.5
34.1
36.8
116.8
6.3
(1.6.e.
0.01
0.03
0.13
0.17
0.70
dée.
0.10
0.11
0.20
0.25
0.57
0.01
dec..
0.04
0.08
0.23
0.07
0.46
50.-0'
0.42
0.22
0.64
0.41
0.30
0.71
0.37
0.23
0.60
0.29
0.05
0.34
0.31
0.14
0.45
0.10
0.17
0.27
0.25
0.36
0.66
0.55
2.07
0.39
0.29.
2.16
0.54
0.56
2.40
5.66
1.51
0.44
0.58
2.37
3.68
0.54
0.88
2.24
5.17
1.94
0.76
1.48
2.69
6.87
5.45
4.96
0.67
7.57
5.05
2.01
ler oct.
1.45
1.54
1.66
1.71
31 juiL
0.49
1.05
0.77
2.31
0.60
1.58
0.72
2.90
1.22
1.45
0.69
3.36
2.11
1.19
0.68
3.98
0.83
0.84
0.84
0.88
.
-
1.4
0.1
24.5
15.9
1.6
2.6
44.6
1.3
0.2
0.2
1.7
Etats-Unis
31 juil.
Pays méditerranéens
30 sept.
Total ensemble des exportateurs
Céréales secondaires
Etats-Unis
ler juiL 4
Canada
le>' aot'lt
l'otal 2 principaux exportateurs
.
10.8
5.1
:Beurre
Etats-Unis
Fromage
Etats-Un is
:Bait écréme en potalre
Etats-Unis
.1-fuile de lin a
Etats-Unis
Argentine
ler juil.
ler déc.
Total 2 pays
1-71.uiles végétales liquides co-
mestibles
Etats-Unis
Sucre (équivalent de sucre
la' oct.
brut)
Cuba.
Autres exportateurs 7.
Royaume-Uni
Autres importateurs D.
Total
Tabae (poids ù la plantation)
Etats-Unis
4'oton (lint)
Etats-Unis
Autres pays pio.l ucteurs
Importateurs
31
déc.
31 aont 6
31 aont
31 aont 70
Total"
Caoutchouc naturel
mondial)"
(Tota 31 dée.
771.74
715.28
18.65
1.78
2.4
1.
M
)
4.2
1.01
0.24
3.27
3.00
0.03
6.30
130.89
131.51
"0.01
"2.41
1.84
161.75
NoTE : Dans les quantités indiquées sont compris les stocks de report normaux.
... Non disponible.
Les données relatives wax exportations ont trait it la period° juillet-juin et comprennent la farine de We en 6quivalent
de ble.
8,1 en 1954.
Seigle, orge, avoine, nulls ; les (Toupees relatives éiìx exportations ont trait a. la. periode
ler oetobre pour le mals.
Exportations commerciales seulement.
Y compris les graines, en. équiva1ent d'huile.
Belgique, Brésil, Danemark, République dominicaine, Haïti, Peron. Philippines.
30 septembre pour le Danemark.
9 Canada, France, Allemagne occidentale, Japon, Pays-Bas, Suede, Etats-Unis.
" Japon : 30 juin ; Allemagne : 30 décembre ; Etats-Unis : 31 décembre.
" Importations nettes.
12 ier juillet pour les types flue-cured.
" Exportations de coton indigene pendant les campagnes 1951/52-1953/54 seulement.
" Non compris l'U.R.S.S., la Chine et l'Europe orientale ; comprend des estimations relatives aux stocks de coton sous voile.
" compris les estimations relatives aux stocks de caoutchouc sous voile, mais non les stocks stratégiques, qui sont probeblement maintenant de l'ordre de 12 millions de tonnes.
" Exportations de caoutchouc indigene uniquement.
Stocks de certains produits agricoles après la première et la deuxième guerres
GRAPHIQUE V-10.
mondiales
Blé (quatre exportateurs principaux)
Sucre (principaux pays exportateurs et importateurs)
Millions de tonnes
Millions de tonnes
100
10
90
9
ao
70
7
60
6
i
'954
5
t
I
I
40
\f954
%
i
30
I
1938_
'I
$
I
%
_
4
3
2
20
1934
1946
1
10 -9
1,0
0,9
8
0,8
7 1346
l
6
1.5. 20%
1
5
4
%I,
0,7
1924
--
0,6
0,5
e
0,4
0,3
3
2,0
20
A
#41:,
I
%
rsi3e
1946
1,0
0,9
0,8
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1946
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1954
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-
TT11-11-11111.
0,1
I
1946
(1920)
48
(22)
50
(24)
52
(26)
54
(28)
1946
(30)
Café (Monde)
(32)
(34)
(36)
(38)
48
(1920) (22)
50
52
(24)
(26)
54
(28)
(30)
1,1
I"
(32)
Coton (Monde)
(34)
(36)
1
(38)
sont fortement réduits depuis la fin de l'annee
dernière grace à des ventes massives pour l'alimentation animale. Aux Etats-Unis, les stocks
d'huile de lin et d'huiles végétales liquides co-
l'intervention de nouveaux elements qui ont con -
tribue à la formation plus précoce d'excédents.
L'Amérique du Nord et les antres regions qui
ont échappé aux destructions ont réussi, en partie grâce à une succession de campagnes exceptionnellement favorables, à développer leur pro-
mestibles se sont considérablexnent réduits après
la fin du premier semestre de 1954, tandis qu'en
Argentine les stocks d'huile de lin ont été pratiquement liquides. Les stocks commerciaux de
caoutchouc naturel n'ont augniente que lentement,
duction de façon plus remarquable encore qu'après
la première guerre mondiale, de telle sorte que
les déficits dans d'autres parties du monde ont
pu etre comblés ; de son côté, l'agriculture euro-
la formation de vastes excédents ayant été empêchée grâce à la constitution de stocks stratégigues, qui doivent maintenant atteindre un chiffre, voisin de 1 500 000 tonnes. Les achats de
caoutchouc aux fins de stockage ont cessé, mais
peenne, malgré des clommages de guerre plus gra-
ves qu'en 1914-18, s'est relevée beaucoup plus
rapidement. Bien que les destructions se soient
cette fois étendues à l'Extreme-Orient et que cette
la production et la consommation semblent main-
region fortement peuplée ne se soit pas encore
tenant s'équilibrer à peu près. Le vin est un
complètement relevée, ses importations ont dep.,
diminué considérablement par rapport au niveau
élevé qu'elles avaient atteint dans les premières
années de l'après-guerre. Un element nouveau et
important est intervenu dans l'actuel après-guerre, en ce sens que le développement agricole
autre produit dont il existe des excédents dans
un petit nombre de pays, oil ils soulèvent des
problèmes particuliers du fait qu'une grande par-
tie de la population agricole est largement tributaire de cette production.
Des excédents de produits agricoles s'étaient
été méthodiquement organise presque partout clans
le monde. Conçues à l'origine pour pallier les pénuries, les politiques de développernent ont con-
formes après la première guerre mondiale égale-
ment, mais peut-être n'étaient-ils pas apparus
tinué d'être appliquées parce que les pays voulaient se suffire à eux-mêmes ou se rendre moins
tributaires des importations en dollars, ou encore
aussi rapidernent que cette fois-ci. Des stocks de
certains produits s'étaient accumulés durant la
crise des après 1920, mais le phénomène n'avait
pris toute son anapleur que vers la fin de cette
période et le début des années trente. Les données relatives au niveau des stocks à cette époque sont assez peu nombreuses. Le graphique
V-10 permet de faire des comparaisons avec les
niveaux récents pour un petit nombre de produits, mais les chiffres concernant l'entre-deux
guerres sont probablement moins complets que
parce qu'ils se souciaient de plus en plus du bienétre des agriculteurs ; c'est ce qui explique que
nombre de pays continuent d'accroitre leur pro-
duction de denrées telles que céréales et sucre,
dont il existe ailleurs des stocks invendus. Les
politiques de soutien des prix, beaucoup plus répandues et plus largos que dans les années trente,
ont renforcé cette tendance à une certaine rigidité
de la production agricole. Dans les années trente,
pour les années récentes, en tout cas pour le
coton. Les stocks de blé sont rnaintenant beaucoup plus élevés qu'ils ne Pont jamais été avant,
la deuxième guerre naondiale, et il en est de meme, à un degré bien moindre eependant, pour
elles n'avaient été appliquées qu'après que les
excédents eussent commence d'apparaitre, znais
les céréales secondaires. Cela n'est pas le cas toutefois pour les autres produits. A l'heure actuelle,
les stocks de sucre et de coton sont un peu inferieurs à leurs niveaux records des années trente.
En ce qui concerne le café, la difference est frappalate entre l'époque actuelle, oil le niveau des
hostilités.
elles ont eu cette fois-ci une influence prépondé-
rante pendant toute la periode qui a suivi les
Il existe toutefois une difference essentielle en-
tre la situation des années trente et celle d'aujourd'hui : c'est que la majeure partie des stocks
est maintenant contrôlée par les gouvernements
et que l'on risque moins par consequent de voir
les disponibilités affiner en désordre sur le mar-
stocks est bas, et les années trente durant lesquelles de grosses quantités de café avaient dfi
étre détruites.
Certains des facteurs qui sont à l'origine de
la situation actuelle sont très semblables à ceux
qui avaient determine la formation d'excédents
pendant les années trente. Cette fois, pourtant,
ils se sont manifestés plus rapiklernent dans la
periode d'après-guerre et ont été renforcés par
ché. C'est la Commodity Credit Corporation des
Etats-Unis qui constitue le principal exemple d'un
organisnae gouvernemental détenteur d'exceclents
ses operations (achats et préts sur gage) ont plus
que quadruple depuis 1952 (tableau V-7). Une
autre difference est à signaler : alors que dans
les années trente la baisse des prix, déterminée
par la surproduction, avait été fortement accen109
tuée par la diminution (le la demande effective
d'avant-guerre, les progrès ont été beaucoup plus
lents dans bien des pays insuffisamment develop-
resultant de la crise mondiale, reffondrement general des prix des produits en excédent a, cette
fois-ci, été évité grâce au soutien des prix agricoles, aux mesures prises pour prévenir l'écou-
pos, en particulier en Extreme-Orient. On peut
clistinguer deux elements caractéristiques en ce
qui concerne la période plus récente de raprès-
lement désordonné des stocks excédentaires et
guerre. En premier lieu, ramélioration des niveaux
caloriques précédemment enregistrée en Europe
aussi à une demande soutenue resultant des politiques de plein emploi.
La situation excédentaire pose un double problème, qui sera examine plus en detail dans un
occidentale et dans certains pays de l'Amérique
latine s'est confirmée. L'accroissement des revenus, accompagné d'une augmentation du volume
de la production alimentaire et agricole, a même
autre chapitre de ce rapport. En premier lieu,
les excédents existants doivent étre écoulés de
permis h bon nombre de ces pays de tenir compte,
clans une grande mesure, des preferences des consommateurs et de satisfaire, en particulier, la de-
manière à clésorganiser le moins possible le reseau commercial normal ; cette question est constamment suivie, sur le plan intergouvernemental,
par un sous-comité consultatif special de la Commission des produits de la FAO. En second lieu,
et c'est là, h longue échéance, le problème le
plus important, il faut, en stimulant la consommation et en ajustant la production, empécher
la formation de nouveaux excédents ; dans certains cas, cela signifie inevitablement restreindre
la production dans les secteurs menaces. Les excédents ne sont pas apparus parce que la production dépassait les besoins d'un monde qui serait convenablement alimenté ; si la demande effective est, par definition, toujours satisfaite,
mande croissante de produits cl 'origine animale
plus cohteux. Le deuxième phénomène est ramélioration plus rapide des niveaux caloriciues clans
ia plupart des pays où les progrès avaient été
lents dans les premières années de raprès-guerre
pays d'Extrême-Orient, du Proche-Orient et d'Europe orientale, Allemagne et Autriche, par exem-
ple. Cette amelioration est clue en partie à (les
conditions atmosphériques plus favorables, mais
il est evident qu'on la (bit surtout aux efforts
résolus des gouvernements en vue d'améliorer le
sort des populations par la planification du développernent agricole, une plus large application
des méthodes modernes de production et la diffusion des principes nutritionnels.
Des programmes d'ensemble peuvent être très
utiles pour Meyer les niveaux de consommation
est loin cien être de même dans de vastes regions du monde si Pon considère les besoins nutritionnels, d'une part, et les besoins correspondant 6 des normes vestimentaires plus ou moins
raisonnables, d'autre part. En outre, on enregistre partout un accroissement démographique rapide. Une augmentation continue de la production
agricole reste done nécessaire. C'est pourquoi la
FAO a favorisé dans les principales regions du
monde les consultations intergouvernementales sur
alimentaire et de nutrition. Heureusement, de nom-
breux gouvernements montrent qu'ils se rendent
de xnieux en mieux compte de la nécessité crappliquer des programmes de nutrition satisfaisants.
Les graphiques V-11 A., V-13 qui indiquent, region
par region, les tendances du niveau moyen de
le « développement sélectif s, qui permettent d'exa-
la ration calorique, de la ration protéinique totale
miner les moyens d'éviter la formation d'excédents de certains produits sans provoquer un ralentissement clans le rythme du developpernent
agricole ou dans le relèvement des niveaux de
et de la ration de proteines animales, illustrent
revolution générale de la situation alimentaire
consomxnation alimentaire.
d'après les données tirées des bilans nationaux
des disponibilités alimentaires. Mais on possède
CONSOMMATION ALIMENTAIRE ET
NUTRITION
aussi, grâce aux enquêtes nutritionnelles qui clon-
La situation alimentaire mondiale du début de
raprès-guerre, jusqu'au moment oil le rationnemein alimentaire et les contrôles ont été abolis
des différentes couches de la population, cles renseignements sur les niveaux de consomination ali-
mondiale.
Ces graphiques ont été établis uniquement
nent non seulement le niveau moyen dans les
pays considérés, mais aussi sa variation au sein
mentaire. Malheureusement, rares sont les pays
oh des enquétes détaillées sur la consommation
ou considérablement assouplis dans la plupart des
regions, a été résumée au chapitre H. On a vu
que si la plupart des pays évolués qui avaient
alimentaire sont effectuées régulièrement à l'éche-
Ion national. On a pu se rendre compte que de
telles enquétes sont beaucoup plus utiles que les
bilans des disponibilités alimentaires pour mettre
souffert de la guerre ont retrouvé des niveaux de
consommation alimentaire comparables 6, ceux
110
GRAPHIQUE V-11.
Ration calorique moyenne, par regions, avant-guerre, 1947/48, 1950/51 et 1953/54
Calories par jour
3500
OCEANIE (Australie et Nouvelle-Zélande)
AMERIQUE DU NORD (Canada et Etats-Unis)
3000
EUROPE OCCIDENTALE (Autriche, Belgique, Luxembourg, Danemark, Finlande, France, Allemagne occidentale, Gréce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège,
Portugal, Suède, Suisse, Royaume-Uni, Yougoslavie)
Turquie
2500
AMERIQUE LATINE (Argentine, Brésil, Chili, Colombie,
Mexique, Pérou, Uruguay, Venezuela)
Egypte
2000
EXTREME-ORIENT (Ceylan, Inde, lapon, Pakistan, Philippines)
1500
Avant-guerre
1947/48
1953/54
1950/51
d'origine animale, y compris, jusqu'à récemment,
au point des politiques alimentaires satisfaisantes
et, par consequent, améliorer le niveau nutritionnel des populations.
En Europe occiclentale, le fait dominant a été
l'accroissement de la consommation de produits
le lait liquide, et l'augmentation sensible de la
consommation du sucre. La tendance A, une diminution de la consommation de plantes-racines
féculentes s'est maintenu, et la consommation de
111
TABLEAU- V-7. OPERATIONS DE LA Coninwdity Credit Corporation DES
QUANTITES
EN STOCK ET MONTANT DES INVESTISSEMENTS
30 avril
Q uantitésleur
PRODUTN
1952
1953
1954
1955
Riz
Orge
Avoine
Ma:is
Sorghos
Beurre
Fromage
Lait en poudre
Graines de lin
Huile de lin
Huile de coton
Coton, « lintels »
Coton, Upland ),
Laine
Tabac
5 100
12 890
24 208
28 156
437
92
377
179
2
95
250
58
622
763
11
24
10 192
13 373
199
29
58
35
84
96
2 044
1 052
22 255
2 997
12
26
93
21
13
86
--
179
86
288
178
482
49
231
589
20 568
1 029
165
164
298
382
31
1
469
279
674
55
281
Antres produits
TOTAL
1955
millions (le dollars
milliers de tonnes
BI '
1954
1953
1952
149
176
10
633
12
---
1 095
2 155
2 633
5
14
6
34
32
107
58
835
1 296
1 437
60
245
146
109
56
167
-1
86
31
101
4
20
3
14
37
170
318
58
55
8
3
116
1 817
59
70
366
39
98
212
156
38
25
13
185
58
64
1 268
1 439
SI
270
406
14
199
36
339
70
225
148
182
175
237
1 609
3 136
6 189
7 261
97
19
--
67
103
pool ce nt
Augmentation par rapport A
Fannée précédente
95
x Stocks détenus en garantie de prigs non remboursés et stocks ac lilts en v e du soutien des prix.
. Non disponible.
Néant ou négligeable.
SOURCE : Report of Financial Conditions and Operations, USDA. Commodity Credit Corporation, a 'ril 1953, 1954 et 1055.
breux pays du Proche-Orient, mais le niveau
moyen y est, d'une manière générale, plus satisfaisant qu'avant la guerre, particulièrement en
Turquie. En Egypte, cependant, la forte pression
démographique constitue un obstacle sérieux
toute tentative d'amélioration rapide des niveaux
de consommation. Les traits saillants de la situation africaine sont d'une part l'accroissement remarquable, depuis quelques années, de la ration
alimentaire moyenne en Union Sud-Africaine et
l'énorme accroissement de la consommation
sucre dans l'ensemble de la region.
La désorganisation du temps de guerre, les pénuries alimentaires fréquentes de l'après-guerre,
le conflit coréen et ses consequences, et enfin
réapparition d'excédents alimentaires dans certaines regions ont, dans une large mesure, dicté
les politiques alimentaires des gouvernements et
les modifications apportées à ces politiques en
fonction de revolution de la situation alimentaire
céréales donne également des signes de fléchissement h mesure que les autres denrées alimentaires
deviennent plus abondantes. La situation alimen-
taire d'après-guerre en Amérique du Nord est
évidemment caractérisée par une diminution de la
consommation de céréales et une augmentation
marquee de la consommation de produits d'origlue animale. En Arnérique latine, oft Faccroissernent dérnographique se poursuit b., un rythme
rapide, la consomrnation alirnentaire s'est maintenue h des niveaux plus élevés qu'avant la guerre.
En Extreme-Orient, la consommation de céréales
se rapproche de son niveau d'avant-guerre.
Par contre, la consomrnation de produits d'origine
animale ne semble pas, d'une manière générale,
avoir retrouvé les niveaux pourtant très médiocres d'avant-guerre. Au Japon, toutefois, la consornrnation de protéines animales, qui a presque
double par rapport au niveau mediocre de 1946,
dépasse maintenant celui d'avant-guerre. Il est
mondiale. Ces politiques et les mesures prises pour
les appliquer ont, pour la plupart, eté brièvement
difficile de se procurer des statistiques sur les
niveaux
consommation alimentaire de nom112
Ration moyenne de toutes protéines par régions, avant-guerre, 1947/48, 1950/51
GRAPHIQUE Y-12.
et 1953/54
Grammes par jour
105
100
OCEANIE (Australie et Nouvelle-Mande)
95
00.
90
85
(50°
AMERIQUE DU NORD (Canada et Etats-Unis)
14%*'%44,4%ta
Turquie
EUROPE OCCIDENTALE (Autriche, Belgique, Luxembourg, Danemark, Finlande, France, Allemagne occidentale, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège,
Portugal, Suède, Suisse, Royaume-Uni, Yougoslavie)
*444%6%4
80
75
70
Egypte
65
110.
60
roso
AMERIQUE LATINE (Argentine, Brésil, Chili, Colombie,
Mexique, Pérou, Uruguay, Venezuela)
oeso
05. gge8'
Os'
EXTREME-ORIENT (Ceylan, lnde, Japon, Pakistan, Philippines)
Avant-guerre
1947/48
1953 /5 4
1950/51
ce qui concerne les groupes d'âges et d'activités.
L'augmentation du revenu national et sa répartition parmi les différentes classes de la population sont des elements peut-être plus importants
décrites dans les chapitres precedents. Toutefois,
pour comprendre les tendances de la situation
alirnentaire rnondiale, il est essentiel d'apprécier
leur juste valeur les facteurs A. long terme, qui
exercent à cet égard une puissante influence.
L'évolution rapide de la situation dans l'aprèsguerre a peut-étre eu tendance
en masquer
encore, car ils influen cent fortement le niveau de
la demande effective de denrées alimentaires, d'une
manière générale et du point de vue des types
de denrées recherchés. A ces facteurs se rattachent les niveaux relatifs des prix à la consom-
A,
l'importance. Leur influence est devenue plus évi-
dente, en particulier sur le plan de la demande,
avec l'abolition de la plupart des contr6les ali-
mation de differents groupes d'aliments, niveaux
qui sont determines dans une grande mesure par
mentaires et la reapparition progressive des marches libres. L'un de ces facteurs est constitué par
l'accroissement démographique et par les modifications qui interviennent ou interviendront dans
les tendances du coUt de la production et par
d'autres elements intervenant dans la situation
de l'offre. Enfin, il faut tenir compte également
de la lente evolution des gaits et des préféren-
la structure de la population, en particulier en
113
GRAPHIQUE V-13.
Ration moyenne de protéines animales, par régions, avant-guerre, 1947/48, 1950/51
et 1953/54
Grammes par jour
70
=MD 482011S =MD MEW 64=3
65
Mae MIR=
OCÈANIE (Australie et Nouvelle-Zélande)
AMERIQUE DU NORD (Canada et Etats-Unis)
60
55
50
It/
04.
tO/
00.
45
40
EUROPE OCCIDENTALE (Autriche, Belgique, Luxembourg, Danemark, Finlande, France, Allemagne occidentale, Grèce, Irlande, Itale, Pays-Bas, Norvège,
Portugal, Suède, Suisse, Royaume-Uni, Yougoslavie)
35
30
Clap
25
AMERIQUE LATINE (Argentine, Brésil, Chili, Colombie,
Mexique, Pérou, Uruguay, Venezuela)
20
15
Turquie
4111109 12.= I= =CM MOO CSIM211 111.9102
10
C-7
Egypte
MSS CM es=a emeas cm= elow-
el= OEM CM= COMB
EXTRNE-ORIENT (Ceylan, Indo, Japon, Pakistan, Philippines)
Avant-guerre
1947/48
1950/51
1953/54
ces des consommateurs. Il y a là un ensemble
de facteurs complexes, dont on ne saurait Oraluer les effets possibles sans une documentation
beaucoup plus complète que celle dont on dis-
Il semble à peu près sar que certaines des mol'avantguerre, dans la structure de la consommation alimentaire dans différentes parties du monde résultent en grande partie de l'interaction qui existe
difications intervenues, par rapport
pose A, l'heure actuellel.
Les recherches portant sur les reactions des
A,
tique finira par diminuer méme dans les pays oil
consommateurs devant les modifications qui interviennent dans les revenus et dans les prix en sont
encore à leurs débuts. Ce que l'on sait, grâce aux
moyennes nationales et aux quelques enquêtes alimentaires détaillées qui ont été faites, indique que
la ration calorique moyenne est aujourd'hui extrêmement faible (voir La situation mondiale de l'alimenlotion et de l'agriculture - 1955, p. 39). II sera cependant nécessaire de procécler A. des études beaucoup plus approfondies dans differentes parties du
la ration de protéines animales par habitant aug-
monde avant de pouvoir formuler des conclusions
définitives quant à l'importance des modifications
déterminées par une augmentation donnée du re-
mente normalement avec l'amélioration des revenus
par habitant, et que la proportion du revenu consacrée à l'achat d'aliments à haute valeur énergé-
venu.
114
entre les tendances des revenus des consommateurs et celles des prix de detail. L'accroissement
de la consommation des produits d'origine anirnale en Amérique du Nord et en Europe occidentate illustre de manière frappante les effets
de ces tendances. Aux Etats-Unis, par exemple,
laitiers autres que le beurre (en equivalent de
lait liquide) a augmenté de 20 pour cent. La
situation est la meme au Callada. L'accroissement din revenu reel par habitant n'a cependant
des prix des produits d'origine animale. La consornmation par habitant de viande et de produits
l'augmentation impressionnante par rapport h
pas été aussi marque en Europe occidentale. D'au-
l'avant-guerre du revenu national disponible par
habitant (environ 60 pour cent, en dormant au
dollar une valeur constante) s'est traduite
niveau de la consommation par un mouvement
qui a largement annulé l'effet de la forte hausse
tre part, les prix des produits d'origine animale
y sont encore beaucoup plus élevés si l'on considère les prix d'autres denrées alimentaires et
la hausse générale du coilt de la vie. C'est pourquoi, malgre le mouvement ascendant de la con-
GRAPHIQUE V-14.
sommation de viande dans presque tous les pays,
les niveaux actuels sont encore inférieurs d'environ 10 h 20 pour cent h ce qu'ils étaient avant
la guerre (graphique V-14). Bien entendu, d'au-
Consommation de viande
après la deuxième guerre mondiale
tres facteurs ont égalenaent contribué à determiner cette situation. Dans certains pays, les
Kilos par personne et par an
80
importations de viande ont été réglementées par
suite de la situation difficile de la balance des
paiements ; dans le cas du Danemark, c'est afin
de maintenir les exportations et les recettes en
devises étrangères que la consornmation a été
70
restreinte.
Il se peut évidemment qu'une modification permanente des habitudes alimentaires ait contribué
h restreindre la demande effective de viande. La
60
consommation de fruits, de lait et de fromage,
par exemple, est, dans bien des pays d'Europe
occidentale, plus élevée qu'avant la guerre. Cette
explication ne semble cependant guère vraisemblable. Plus probablement, le retour aux niveaux
50
d'avant-guerre ne se fera qu'à la favour d'un
nouvel accroissement du revenu des consommateurs ou d'un certain abaissement du niveau de
40
prix de la viande.
La tendance traditionnelle A, une plus faible
consommation de céréales dans les pays à revenus
30
élevés et moyens, interrornpue et contrariée du
fait de la guerre dans de noxnbreux pays, recommence une fois de plus A, se manifester (graphique V-15).
La correlation entre ce phénomène et l'accroissernent du revenu national a été étudiée dans La
situation mondiale de l'alimentation et de l'agricul-
20
lure - 1954, p. 40. Le recul perceptible des ceréales dans l'alimentation des pays d'Europe occidentale est une confirmation éclatante de l'exis-
10
tence de cette correlation. Par ailleurs, le fait
que la proportion des céréales reste forte dans
le regime de pays tels que l'Inde et l'Egypte
rnontre que lorsque le revenu
et par voie de
consequence la ration calorique totale
sont
faibles, on ne saurait corapter sur une amelioration sensible dans la qualité du regime aussi
o
1934-38
47/48
49/50 50/51
48/49
A - Etats-Unis
-
Canada
C - France
D - Danemark
F
-
Royaume-Uni
Autriche
51/52
52/53 53/54
- Allemagne occidentale
Norvège
- Pays-Bas
- Italle
Gréce
1
J
115
Proportion de calories totales fournie par
GRAPHIQUE V-15.
les
céréales
Pourcentage
Pourcentage
35
75
30
70
65
20
60
Avant-guerre
47/48 48/49 49/54 50/51 51/52 52/53 53/54
A - Australie
B-
Nouvelle-Zélande
Avant-g uerre
C - Etats-Unis
D - Canada
-
Pourcentage
47/48 48/49 49/50 50151 51/52 52/53 53/54
Egypte
P-
Japon
Ind°
longternps que les revenus n'ont pas été relevés
du haut en bas de l'échelle. Les modifications
du rapport des prix de différents types d'aliments
jouent yraisemblablement un rôle aussi important
que les modifications du revenu. C'est ainsi que
la substitution partielle du riz par le blé et d'autres céréales, qui a eu lieu au cours de l'aprèsguerre en Inde, à Ceylan, au Japon, aux Philippines et dans d'autres pays d'Extréme-Orient, a
été due principalement A, la pénurie de riz, et h,
la forte hausse subséquente des prix de ce pro-
65
09
55
duit par rapport a, ceux du blé et d'autres céréales. Il est assez difficile de savoir dans quelle
mesure ce phénomène pent, à un degré quelconque, modifier de fa9on permanente la préférence
traditionnelle du gros de la population d'ExtrémeOrient pour le riz. Il semble cependant que les
efforts précédernment tentés par les gouvernernents
pour encourager la consommation de blé durant
la période de pénurie aigué de riz aient déterminé certaines modifications qui pourraient devenir permanentes dans la structure de la consom-
mation. A Ceylan, par exemple, l'habitude récernment acquise de consomrner du blé, qui se
limite pratiquernent aux zones urbaines, sernble
persister bien que les disponibilités de riz soient
depuis peu devenues assez abondantes pour permettre de doubler la ration de cette céréale. Au
Japon également, la consommation de riz et d'orge
a diminué depuis la guerre dans les zones rurales
aussi bien qu'urbaines, tandis que la consomma-
25
Avant-guerre
-
47/48 48/49 49/50 50/51 51/52 52/53 53/54
Italle
F - Grèce
-
H1
-
Autriche
France
J
-
Norvège
K
Pays-Bas
M-
Royaume-Uni
Danemark
L-
tion de blé augmentait sensiblement. Bien que
la consommation de riz ait eu plus récernment
Allemagne occidentale
116
totale fourni par les alixnents de protection (légumineuses, fruits, légumes, lait et produits laitiers
était sensiblement plus élevé pour les travailleurs
de l'industrie que pour les travailleurs agricoles.
tenclance à augmenter, il semble que l'habitude
de consommer du blé se répande de manière
étonnante, en particulier dans les zones rurales.
Lorsque des aliments de protection peuvent
Le phénomène de la substitution du beurre
être fournis A, des prix plus bas, il existe des possibilités appréciables d'accroitre la consommation,
même s'il s'agit de denrées peu connues. Si la con-
par de la margarine et d'autres graisses végétales,
qui a pris des proportions réellement considérables,
offre un exemple frappant des modifications qui
interviennent dans la structure de la consommation
sous l'influence des variations de prix. Le tableau
V-8 donne des chiffres pour certains des principaux
pays intéressés.
L'augmentation générale de la consommation
totale de beurre qui a eu lieu récemment, en particulier aux Etats-Unis, en France et au RoyaumeUni, ifiterdit d'affirmer que ce produit ne regagnera
jamais, au moins en partie, le terrain qu'il a perdu.
sommation de lait écrémé en poudre a augmenté
de fawn aussi considerable à Bombay et dans
d'autres viles de l'Inde par exemple, c'est en
grande partie parce que ce produit a pu être vendu
a., un prix relativement bas.
La consommation de lait est encore très faible
dans de nombreux pays, surtout parce que le lait
est peut-être l'un des aliments les plus coaeux,
si l'on tient compte de son apport en calories et
en protéines. Il est néanmoins probable que la
demande d'aliments de protection relativement
D'un autre côté, la transformation des aliments
du bétail en produits animaux est un processus
conteux. Pour ce qui est des matières grasses, il
est done probable que seront avantagés les pro-
coíiteux augmentera avec les progrès de l'industrialisation et de l'urbanisation et avec l'amélioration
des revenus. C'est ainsi que, contrairement à ce
que l'on croit parfois, on a constaté au Japon que
duits moins chers obtenus à partir de graines °leagineuses, dont la production ne cesse d'augrnenter.
les rations alimentaires moyennes sont plus élevées
clans les districts urbains que dans les districts ruraux, sauf en ce qui concerne les céréales et autres
En outre, la qualité de la margarine et d'autres
aliments de base. En fait, la ration de protéines
animales, qui est peut-étre l'indice le plus siûr de
graisses végétales ne cesse de s'améliorer. Il semble done que revolution de la consonimation par
rapport A, l'avant-guerre puisse avoir un caractère
la qualité du regime, a toujours été supérieure dans
durable.
les
districts urbains. L'analyse des résultats de
nutritionnelles, effectuées
enquêtes
différentes
MODIFICATIONS DE LA DEMANDE DE
dans plusieurs parties de l'Inde entre 1945 et
MATIERES PREMIERES D'ORIGINE
AGRICOLE ET FORESTIÈRE
1948, conduit à des conclusions semblables. On a
constaté que le pourcentage de la ration calorique
Les produits non alimentaires qui sont utilises
comme matières premières dans l'industrie fibres, caoutchouc et certaines huiles végétales,
principalement - représentent le dixième environ
de la valeur de la production agricole rnondiale.
TABLEAU V- 8. CONSOMMATION ANN-CELLE DE
BEURRE, DE MARGARINE ET D'AUTRES
Avantguerre
RUBRIQUES
1947/
48
1950/
51
GRAISSES
1952/
53
1953/
Mais ils tiennent une place beaucoup plus importante dans le commerce international des produits
agricoles, dont ils constituent environ le tiers. En
outre plus de la moitié de la production forestière
mondiale est utilisée cornme matière première par
les manufactures et dans l'industrie du batiment,
et certains sous-produits de l'agriculture comme le
(kg par habitant, en equivalent de
matieres grasses)
Pays-Bas
.
5.2
Beurre
Margarine et autres graisses . 15.4
.
.
Royaume-Uni
Beurre
Margarine .
Autres graisses.
4.4
2.3
2.1
2.2
11.3
24.1
24.2
24.1
suif, les cuirs et peaux par exemple, ainsi que
9.2
3.4
8.7
4.3
6.4
5.8
Etats-Unis
Beurre
6.1
Margarine .
1.1
Autres graisses. 13.2
4.1
.
.
.
.
.
.
.
.
.
2.2
13.0
6.1
6.9
8.5
4.1
7.4
8.7
certains sous-produits des peches, ont également
des usages industriels.
Si le niveau de la demande pour l'ensernble des
produits agricoles, est lié à celui de l'activité industrielle, il est evident que la demande de matières premières est étroitement fonction de la pro-
5.3
6.9
9.0
3.9 13.2 13.2
2.3 12.8 12.9
14.0 113.7 112.4
duction des industries qui les utilisent. En fait,
l'exploitation forestière depend de plus en plus
de la demande industrielle, car l'utilisation du
Année civile.
117
bois comme combustible est restée assez stationnaire et la proportion de la production forestière
totale destinée aux manufactures et l'industrie du
batiment ne cesse d'augmenter. Dans l'ensemble,
la production des manufactures a augmenté très
rapidement depuis la guerre, A, un rythme annuel
qui dépasse d'environ 5 pour cent celui de l'accroissement démographique. Pour le batiment,
GRAPHIQUE V-16.
Production industrielle et
consommation mondiale (non connpris l'U.R.S.S.,
la Chine et l'Europe orientale) de certaines matiè-
res premières importantes, d'origine agricole et
forestière.
(Avant-guerre -= 100)
secteur qui absorbe d'importantes quantités de
produits forestiers, on ne possède pas d'indice
mondial, mais on sait que l'activité y a été intense
dans la phase de reconstruction qui a suivi les
hostilités, et que dans bien des cm, cette activité
ne s'est pas relâchée. La production de papier
journal a également augmenté avec l'accroissement démographique et le recul de l'analphabétisme et la demande de matériaux d'emballage
s'est développée à la faveur d'une amélioration
des méthodes de marketing, en particulier dans le
secteur alimentaire.
Si l'on considère que les ehiffres de production
données au tableau V-9 pour les matières premières
agricoles et le bois a, usages industriels correspondent A, la demande de ces produits, il semble que
celle-ci s'est développée beaucoup moins rapidement que la demande de produits manufacturés.
60
40
1946
4
I
I
47
48
49
50
51
52
53
54
Production industrielle
Coton
TABLEAU V-9. PRODUCTION MONDIALE 1, TOTALE
ET PAR HABITANT, DE DENREES ALIMENTAIRES, DE
Laine
FRODUITS AGRICOLES NON ALIMENTAIRES, DE 13015
A USAGES INDITSTRIELS ET DE PRODUITS MANUFACTURES
Production totale
Caoutchouc (nature!)
Jute (consommation dans les usines)
Huile de lin (production)
Production par liabi
Bois industriels (production, non compris l'U.R.S.S.
ProANN ES Ali- No"- Bois h ProBois h duits
duits Ali- Nonusages maimali- usages !BannmenMenindus- factaire taire3
men- indusfac- taire Mentriels turés'
taire triels turés3
ai ant -guerre
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
Taux
annuel
d'ae-
croiSSe-
merit
103
106
112
114
118
120
126
130
129
.
86
85
104
108
103
115
119
117
115
108
112
120
Ill
119
125
124
123
126
111
127
137
140
159
173
177
190
190
91
99
96
97
98
98
102
104
102
seule)
Pour certaines rnatières premières agricoles, la demande a, en fait, été inférieure A, ce qu'on pourrait
croire d'après les chiffres de la production, car des
100
76
75
89
92
86
94
96
91
91
99
101
107
93
101
111
118
119
103
107
100
103
105
133
142
144
152
150
stocks importants (de coton et de caoutchouc,
par exemple) se sont accumulés. La production
de matières premières d'origine agricole ou forestière continue d'augmenter, mais la place qu'elles
occupent parmi celles qu'utilisent les manufactures n'a cessé de se restreindre, commie le graphique V-16 le montre nettement pour certaines
des principales matières premières agricoles.
Cette tendance reflète dans une certaine mesure
les progrès accomplis dans le domaine de l'utilisation des matières premières : meilleurs procédés
de traitement des graines oléagineuses, par exemple, ou emploi de matériaux de construction plus
élaborés, tels que contreplaqués et panneaux de
fibres, pour les surfaces non portantes. Mais elle
en pourcentage, 1946-54..
9,9
3.8
1.9
6.6
3 Non compris l'U.R.S.S., l'Europe oriontale et la Ch.
sauf dans le cas du bois It usages industriels on smile l'Union
soviétique West pas comprise.
3 Fibres, caoutchoue nature' et huiles végétales non comestibles. On n'a pas tenu compte, dans le calcul de l'indice,
s'explique plus encore par la raise au point de
des produits non alimentaires qui ne sent pas des matières
premières industrielles (comme le café, le thé et le tabac).
3 Indice des Nations Unies de la production.
nouveaux prod-aits dont la fabrication ne requiert
118
pas de matières premières d'origine agricole ou
DETERETATS-UNIS : SAVON,
TABLEAU. V- 1 0.
GENTS SYNTHETIQUES, SUIF ET GRAISSES NON CO-
forestière ou n'en requiert que fort peu et par l'utilisation de plus en plus fréquente de produits de
remplacement. Ce dernier facteur influe directement sur la demande de matières premières d'origine agricole et forestière.
MESTIBLES
Détergents
Savon synthé-
Suif et graisses
utilisés
Pour ExPrix a
Prosa- d'autres portaduction en
tion Chicago
von- fabriProduction
nerie cations
dollars
la
niilliers de tonnes
tulles
ANNE E S
Utilisation croissante de produits de remplacement
La difficulté, pendant la guerre, de se procurer
tmtne
138
un grand nombre de rnatières premières classiques,
1937-41
1
495
10
530
438
88
a puissamment contribué à faire naitre des produits de remplacement, dont les possibilités d'utilisation et la variété ont encore augmenté depuis
lors. Le niveau des disponibilités a, dans certains
cas, continué d'exercer une influence à cet égard
1915
1
660
70
795
620
220
5
190
242
191
550
145
1950
1
350
790
1954
SOURCE :
1
567
1
030
618
200
010
1
190
411
270
The Fats and Oils Situation, Départernent de
l'Agriculture des Etats-Unis
Néant ou négligeable.
la production de caoutchouc synthétique a été
maintenue pour des raisons intéressant la defense
le remplacernent du bois par d'autres rnatériaux a
ques doivent en grande partie leur succès au fait
qu'ils donnent de rneilleurs résultats avec les eaux
« dures » et qu'ils peuvent "are fabriqués spécialement pour des usages determines. Depuis 1945,
l'utilisation du suif et d'autres graisses animales
en savonnerie a diminué du tiers aux Etats-Unis,
bien que ces corps gras avaient presque entièrement remplacé, pour la fabrication du savon, les
huiles végétales irnportées autres que l'huile de
coco. La production de suif ne cesse cependant
de s'accroltre ; de ce fait les prix de ce produit
sont restes exceptionnellement bas. Cela a contribué à le faire employer plus largernent (acides
gras, enrichissement des aliments du be-AA, detergents) ; en outre les exportations ont considérablement augmenté. Des. peintures et vernis nouveaux, fabriques avec moins d'huiles végétales ou
sans ces huiles, ont été mis au point. Mais si, au
total, l'utilisation directe des huiles de lin, d'abrasin, de ricin, de soja et autres huiles siccatives a
été favorisé, d'une part, par la concurrence qui
s'est instaurée, sur le plan de l'approvisionnement,
entre les scieries et l'industrie de la pâte de bois,
cette derniere en plein essor et, d'autre part, par
la pénurie de dollars. D'une manière générale,
cependant, les produits de remplacement ont con-
tinué de gagner du terrain parce que leurs prix
étaient plus bas et plus stables que ceux des produits agricoles auxquels ils se substitimient (les
matières premières agricoles avaient particulièrement été affectees par le boom coréen); en outre
ils étaient techniquement supérieurs, d'une qualité
plus constante, et se prétaient souvent à des utilisations plus variées.
Les principaux produits de remplacement sont
les suivants : les detergents synthéthiques qui
remplacent les savons à base de suif et d'huiles
végétales ; les peintures, qui contiennent moins
d'huiles végétales ou n'en contiennent pas du tout
les fibres artificielles de toutes sortes ; le caoutchouc synthétique ; le béton, les matières plasti-
diminué aux Etats-Unis, ce phénomène a été
largement compensé par l'emploi d'huiles de lin
et de soja pour la fabrication des résines synth&
tiques entrant dans la composition de nouveaux
ques, l'acier et d'autres métaux qui prennent la
place du bois ; et enfin les matières plastiques qui
remplacent le cuir. Presque tous ces produits ont
une origine non agricole ; on voit rnéme les forets
concurrencer l'agriculture puisque le papier remplace de plus en plus le jute et le coton dans les
produits.
La concurrence entre les fibres artificielles et
les fibres naturelles avait commence bien avant
la guerre, avec l'apparition de la rayonne. Plus
récemment, toute une série de fibres artificielles
emballages.
Aux Etats-Unis, la production de detergents
non cellulosiques ont été raises au point et la con-
synthétiques est passée de moins de 100 000 tonnes
en 1945 à environ 1 000 000 en 1954, tandis que la
production de savon tornbait de 1 700 000 tonnes
à SOO 000 (tableau V-10). La même tendance s'est
currence entre les fibres se présente aujourd'hui
sous un jour extrêmement complexe. Les fibres
artificielles constituent rarement un produit de
remplacement parfait pour une fibre naturelle
donnée ; en general, elles se substituent partiellement à différentes fibres et possèdent souvent des
manifestée, bien qu'à un degre moindre, dans
beaucoup d'autres pays. Les detergents syntheti119
ruins de fer. Pnr ailleurs, les produits à base de
pate de bois tendent à remplacer certaines autres
propriétes que les fibres naturelles n'ont r as ou
ne possèdent qu'à un moindre degré ; enfin, un
grand nombre de tissus nouveaux sont fabriqués
matières premières agricoles, comme c'est le cas
pour la rayonne et aussi pour les sacs de papier,
qui remplacent les sacs de textile.
avec un mélange de fibres naturelles et artificielles
Le tableau V-11 montre l'importance croissante
des fibres artificielles dans la consornmation totale
des fibres d'habillement. La soie est la seule fibre
dont la consommation total° ait effectivement
TABLE VET V-11. CONSOMMATION MONDIALE DE
FIBRES D'H.A.BILLEMENT
MoyMoyenne 1948
1954
enne 1948
1934-
dirninné. La difficulté de se procurer de la soie
pendant et après la guerre a permis à la rayonne
1934-38
d'abord, puis au nylon, de s'infiltrer sur le marché
des bas de femme, qui constituait avant la guerre
l'un des principaux débouchés de la soie. Aux
Etats-Unis, 82 pour cent des bas étaient en sole
en 1939 ; en 1953, 99 pour cent étaient en nylon
1951
38
mailers de tonnes .
poureent du total .
Fibres naturelles
Coton
.
Laine (équivalent de laine
aux Pays-Bas la proportion qui était de 9 pour
cent pour le nylon en 1950, est passée à 62 pour
6 370 6 230 7 600
80
73
69
935 1 166 1 138
50
20
25
12
14
10
7 350 7 420 8 760
92
87
79
13
19
dessuintée)..
Sole
cent en 1953.
Mais la concurrence ne s'est pas limitée au secteur des fibres d'habillement ; les cas de substitu-
TOTAL.
tion ont également été très fréquents dans l'industrie ; l'exemple le plus frappant à cet égard
.
.
1
Fibres artificiellest
est le remplacement du coton par la rayonne dans
la fabrication des pneumatiques : la proportion
Rayonne..
Autres fibres.
de rayonne utilisée pour cette fabrication est passée,
aux Etats-Unis, de 47 pour cent en 1946 à 97
632
.
.
TOTAI
pour cent en 1953, et, au Royaume-Uni, de 37 à
85 pour cent durant la méme période. Les fibres
purement industrielles ont eu moins à craindre des
produits de remplacement ; pourtant on utilise
parfois le nylon pour les cordages de haute qualité
et le jute (ainsi que le coton) a été remplacé dans
des proportions assez importantes par le papier
dans la fabrication des sacs. La proportion des
sacs de textile dans la production totale de sacs
TOTAL GÉN-
632
1 Ill
2 044
38
216
81
9
1 149 2 260
8 000 8 57011 020
100
13
91
100
100
Production.
Néant ou négligeable.
L'utilisation accrue de produits de remplacement est l'un des phénomènes qui a le plus influé
sur la situation de la demande de matières premières d'origine agricole et forestière au cours de
aux Etats-Unis est tombée de 70 pour cent en
l'après-guerre. Plut6t que les effets connus et à
1939 à 30 pour cent seulement en 1953. Quant au
problem° de la substitution du caoutchouc naturel
par le caoutchouc synthétique, il est traité dans la
deuxième partie du présent rapport.
Avec l'essor extraordinaire pris par la production rnondiale de pate de bois, qui a augmenté de
75 pour cent entre 1946 et 1954, l'industrie de la
pate et les scieries se disputent les matières premières. D'une part, ce phénomène a incité à chercher des matériaux de rernplacement, tels que les
court terrne du boom coréen sur les prix, la constitution de stocks stratégiques ou la périurie de dol-
lars, c'est cette tendance qui a particulièrement
contribué à différencier l'évolution de la demande
dans ce secteur et dans celui des produits alimentaires. Il n'y a pas lieu cependant d'en surestimer
l'importance et les conséquences. La soie est le
seul produit dont la consornmation totale ait diminué, alors que dans bien d'autres cas la consom-
mation a augrnenté tant par habitant qu'en volume absolu. Souvent, les produits de remplace-
résidus agricoles pouvant être réduits en pate
ment des produits agricoles, loin d'envahir le marché, ont permis, grace à leur prix modique, d'alimenter de nouveaux rnarchés ; d'autre part, le
fait que le bois soit remplacé dans ses usages les
plus courants par d'autres produits libere des dispo-
d'autre part, il a accentué la tendance, qui existait
déjà avant la guerre, à utiliser le béton, l'acier et
d'autres métaux, ainsi que les matières plastiques,
dans des domaines où le bois constituait le maté-
riau traditionnel. On fait de plus en plus appel
à l'acier et au béton en construction, ainsi que
nibilités pour l'industrie de la pate de bois en
pleine expansion.
pour les poteaux de mines et les traverses de che120
Chapitre VI
-
MOLVEMENTS DES PRIX, REVENI_, S
DES EXPLOITANTS AGRICOLES ET ACHATS
DES CONSOMMATEURS
Depuis la guerre, la situation des prix est ex-
contradictoires des tendances générales et reel-
trêmement complexe. Au cours des premières an'lees d'après-guerre, tons les pays ont subi, dans
une mesure plus ou moins grande, la pression
les car les conclusions qui sernblent valables pour
un groupe de pays ne s'appliquent pas toujours
d'autres où les conditions étaient différentes.
Il serait impossible d'examiner dans le cadre de
cette etude l'évolution des prix des principaux
inflationniste provoquée, d'un côté, par la pénurie de denrées alimentaires et autres biens de
consommation et, de l'autre, par l'augrnentation
du pouvoir d'achat engendrée par la guerre (voir
produits agricoles dans tous les pays. Cependant,
certaines questions d'ordre general semblent presenter une importance particulière pour cette
etude.
Les prix des produits agricoles sur les marches
internationaux ont-ils, dans l'ensemble, monté plus
que les autres prix en general ? Quelle a été Fang-
chapitre II). La mesure dans laquelle l'inflation
a pu étre jugulée a été très variable d'un pays
l'autre suivant le degre de gravité de la pénurie et l'efficacité du système de contrôle des
prix. Les memes facteurs ont influence également
l'augmentation relative des prix des produits agri-
mentation relative des différents produits agricoles les uns par rapport aux autres ?
La hausse des prix des produits agricoles à la
production a-t-elle été supérieure ou inférieure
la hausse générale des prix et, notamment,
ceux des biens nécessaires à la production et
autres produits que les exploitants doivent acheter ? Quelle a été l'influence de ces mouvements
de prix sur les revenus agricoles ? L'élévation du
coles par rapport h ceux des produits non-agricoles, ainsi que celle des differents produits agricoles entre eux ; clans ce dornaine également 011
a enregistré des variations importantes entre les
différents pays.
Même sur les marches internationaux les prix
ou les mouvements de prix n'ont pas été uniformes. Les mérnes produits ont été vendus h des
prix différents dans les contrats h long terme et
mitres contrats conclus entre gouvernements, et
sur le marché libre. Le blé a été vendu A., des
prix sensiblernent différents suivant que les transactions étaient ou non conelues clans le cadre
de l'Accord international sur le blé. En outre,
en raison des graves problèmes poses par
niveau des revenus agricoles s'est-elle maintenue
par rapport aux années d'avant-guerre, et comxnent ces revenus ont-ils évolué par rapport
ceux des autres professions ?
La hausse des prix alimentaires au niveau du
detail a-t-elle été supérieure ou inférieure
hausse au niveau de la production ? Les rnarges
de commercialisation ont-elles augmenté ou diminué ? Quelle a été la hausse des prix de detail
les
paiements, un grand nombre d'importateurs étaient
disposes à payer les marchandises provenant de
pays à monnaie faible a un prix plus élevé que
celles de la zone dollar ; d'ailleurs il arrivait
que cette plus-value n'était qu'apparente, c'està-diré si l'on eonvertissait aux cours officiels des
changes, car certaines differences ne faisaient que
traduire la surcote de certaines monnaies faibles.
Il est difficile de dégager de cet enchevetre-
des clenrées alimentaires par rapport à l'augmentation chi revenu des consommateurs ? La part
du revenu que les consommateurs consacrent h
l'achat de denrées alimentaires et autres produits
agricoles est-elle supérieure ou inférieure à celle
d'avant-guerre ? Ces facteurs ont-ils entrainé une
augmentation on une diminution des yentes au
detail des denrées alimentaires ?
ment de mouvements et de politiques de prix
121
que les ventes étaient effectuées dans le cadre
des différents contrats ou accords, ou bien sur
le marché libre. Pendant une grande partie de
Les données dont on dispose ne permettent pas
toujours de répondre avec précision à ces questions. En outre, les réponses ne sont pas 11éCeSsairernent les rnémes pour tous les pays. Néanmoins, les renseignements disponibles sont exa-
la période d'après-guerre les cotations d'un grand
nombre de marchés ne s'appliquaient done qu'à
une proportion, souvent réduite, des échanges et,
dans un grand nombre de cas, ne correspondaient
pas exactement A, la moyenne des prix re9us par
minés ci-après.
MO UVEMENT DES PRIX SUR LES
MARCHES IN TERNAT IONAUX
les vendeurs ou payés par les acheteurs.
On a donc cherché à obtenir une mesure plus
Le marché mondial des produits agricoles commence seulement A, se rétablir progressivernent,
réelle des valeurs rnoyennes auxquelles les prin-
cipaux produits agricoles ont été vendus sur le
après la désorganisation gull a subie pendant et
marché international, en se basant sur les valetas
unitaires moyennes enregistrées à 'Importation et
l'exportation dans les bilans de commerce nationaux. Ces estimations ont été effectuées pour
immédiatement après la guerre. C'est pourquoi les
cours appliqués pendant les premières années
d'après-guerre aux différents types et qualités de
denrées alimentaires et autres produits faisant
l'objet d'un commerce international ne peuvent
être considérés comrne normaux. En raison du
contròle des prix, les ventes étaient souvent ef-
40 produits sur la base d'échantillons couvrant
75 à 95 pour cent des quantités totales entrant
dans le commerce mondial. Ces valeurs moyennes,
converties en dollars des Etats-Unis au cours
officiel ont été pondérées en fonction de l'im-
fectuées h., des conditions différentes, selon qu'elles
étaient destinées au marché intérieur ou à l'exportation. En outre, les cours à l'exportation des
mémes qualités de produits (par exemple, le blé
1Des indices ont également été calculés en se
basant sur des valeurs exprimées en livres sterling
pour les produits normalement vendus dans cette
monnaie, mais dans un but de simplification, on
n'en a pas tenu compte dans cette étude. Un compte
rendu plus complet de ce travail doit faire l'objet
d'une publication distincte.
d'Amérique du Nord, le riz du Sud-Est asiatique,
beurre danois ou la viande de l'hémisphère
sud) étaient le même jour très différents selon
le
GRAPHIQUE VI-la.
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'exportation, pour le monde
(Moyenne 1952-53 =-- 100 ; échelle semi-logarithmique)
1937
1938
1947
C=i1==={90
Indices FAO - Tous produits agricoles
GI= =NO MOD
Indices Nations Unies - Tous produits
1948
122
1949
1950
1951
1952
1953
1954
portance relative des différents produits dans le
commerce rnondial afin de ealculer les indices
des valeurs xnoyennes unitaires à l'importation
et à l'exportation pour l'ensemble des produits
duits agricoles accuse une hausse supérieure pen-
dant la période du boom de la guerre de Corée.
En prenant 1952-53 pour base, les valeurs moyen-
nes des produits agricoles accusent, pour la période d'avant-guerre, un niveau inférieur à celui
de l'ensemble des produits faisant l'objet d'échanges internationaux, ce qui traduit bien la clétérioration des prix agricoles aú cours des années
agricoles. A l'exception de certains décalages dans
le teraps entre les valeurs à l'importation et
l'exportation qui se manifestent aux périodes de
variation rapide des prix, les deux indices sont
tres voisins et pratiquement interchangeables.
L'indice des valeurs unitaires à l'exportation
été calculé (en dollars des Etats-Unis au cours
postérieur à 1934) en remontant jusqu'A., 1929,
et celui des valeurs unitaires à l'importation jus-
trente.
Par ailleurs, la hausse des prix des produits
agricoles sur les marchés mondiaux a été beaucoup plus importante depuis la fin des années
trente que celle du niveau général des prix.
qu'A, 1913, mais sur un nombre moindre d'échanafin de pouvoir cornparer le xnouvement
général des prix après les deux guerres inondiales.
Ces indices ne couvrent pas les années de guerre.
C'est ainsi qu'en prenant pour base 1937-38 = 100,
l'indice des valeurs unitaires rnoyennes des produits agricoles est passé à 299 en 1952-53, contre 237 pour l'ensemble du commerce mondial.
Comparaison avec la première guerre
Changements intervenus dans les valeurs
unitaires moyennes des produits agri-
mondiale
coles et de l'ensemble des produits
Le graphique VI-lb compare la tendance des
valeurs unitaires des produits agricoles apres les
deux guerres mondiales. On voit clairement l'influence de la plus grande efficacité des mesures
de contrôle des prix appliquées après la seconde
guene mondiale ; la hausse des prix a été en
faisant l'objet d'échanges internationaux
Le graphique VI-la donne
la
comparaison
de l'indice des valeurs unitaires moyennes à l'exportation des produits agricoles (1952-53 = 100)
avec l'indice, calculé par l'ONU, des valeurs unitaires rnoyennes à l'exportation de l'ensemble des
produits. Les deux indices sont tres voisins pour
les années d'après-guerre, bien que celui des proGRAPHIQUE VI-lb.
effet plus progressive et n'a jamais atteint les
niveaux vertigineux enregistrés en 1919 et 1920.
De 1-neme, on n'a pas observé après la seconde
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'importation des produits agricoles,
en dollars E.-U. d'après 1934, pour le monde
(Moyenne 1952-53= 100 ; &llene semi-logarithmique)
1920
150
100
90
80
70
1913
60
50
40
30
1938
1938
(1913)
1938
1947
(1920)
1949
(1922)
1951
1953
(1924)
(1926)
123
1955
(1928)
(1930)
(1932)
(1934)
(1936)
(1938)
guerre un effondrement comparable A: celui qui
des deux périodes, qui rendent improbable une
évolution de ce genre. Néanmoins, l'expérience
de la période d'entre deux guerres est là pour
montrer ce qui pourrait arriver si l'offre était
trop supérieure
la demande, si les gouverne-
s'était produit en 1920 et 1921. Cependant, de
1948 à 1954 (c'est-à-dire trois à neuf ans après
la fin de la seconde guerre mondiale), le niveau
des valeurs unitaires des produits agricoles a été
dans l'ensemble rernarquablement voisin de celui
A.,
naents renonçaient entièrement à soutenir les prix
et si les stocks accumulés récemment étaient jetés
au hasard sur les marchés mondiaux.
qui a été enregistré pendant la période correspondante qui a suivi la première guerre, de 1921
A,
1927. L'effondrement catastrophique des valeurs qui a co'incidé avec la crise mondiale des
années trente n'a commencé qu'en 1929, soit onze
ans environ après la fin des hostilités.
La correspondance étroite du niveau des valetas unitaires de ces dernières années avec celui
de la période corresponclante qui a suivi la première guerre peut étre imputable, en grande par-
Changements intervenus dans les valeurs
rnoyennes des différentes catégories de
produits agricoles
Le graphique VI-2 montre la tendance des valeurs unitaires moyennes, sur le marché international des denrées alimentaires, des fibres naturelles et du caoutchouc, des produits pour boissons et du tabac respectivement. Le niveau maximum des prix de l'ensemble des denrées alimentaires enregistré après la seconde guerre mon-
tie, au hasard et il ne faut pas en déduire que
la chute des prix agricoles enregistrée de 1929
1932 risque d'avoir son pendant au cours des
années à venir. On a examiné, dans la partie
du Chapitre V consacrée aux stocks, certaines
diale a été atteint en 1947 et 1948. épcque
laquelle la pénurie a été la plus grave. Depuis,
différences essentielles des conditions économiques
GRAPHIQUE VI-2.
Indices des valeurs unitaires moyennes à l'importation de grands groupes de
produits agricoles, en dollars E.-U. d'après 1934, pour le monde
(Moyenne 1952-53, 100 ; échelle semi-logarithmique)
200
150
40
30
20
1913
1920
CEISIM2IM=g1
1922
1924
Prod uits descinés
1926
1928
1930
1932
mentation humaine et animale.
Prod uits pour boissons et xebec.
Matières premières d'origine agricole.
124
1934
1936
1938
1947
1949
1951
1953
1955
les ont été à peu près identiques. Jusqu'A, ces derniers temps, les cours de la viande sur le marché
les prix ont baissé au fur et à mesure de l'accroissernent des disponibilités ; cette evolution a
été interrompue dans une certaine mesure par
le déclenchement de la guerre de Cork. En dépit
de l'importante accumulation d'excédents qui a
eu lieu ces dernières années, les prix ne se sont
international ont été inférieurs à ceux de la période correspondante qui a suivi la première guerre,
rnais actuellement la difference a considerablement diminué.
pas effondrés ; ce fait est essentiellement imputable
Par ailleursjusqu'en 1954, les valeurs unitai-
aux mesures de soutien des prix et à la prudence
de la politique d'écoulement des stocks du gou-
res moyennes du riz, de la laine, du café et du cacao ont été considérablement supérieures, et celles des produits laitiers nettement inférieures
celles de la période qui a suivi la première guerre.
Tout d'abord, les cours des produits laitiers, ainsi
que ceux de la viande, ont été fortement influences
par les contrats à long terme conclus par la GrandeBretagne, Timis ces derniers ne portent plus main-
vernement des Etats-Unis. Mais comme on le
verra plus loin, la période et l'importance du
mouvernent des prix ont été très variables suivant les différentes denrées alimentaires.
Les valeurs unitaires moyennes des fibres naturelles et du caoutchouc ont subi des fluctuations
plus étendues que celles des denrées alimentaires.
Bien que la hausse initiale des valeurs des matiè-
tenant que sur un domaine restreint, et les niveaux des prix sont presque entièrement determines par les influences normales du marché.
en a été de même pour les valeurs du riz qui ont
res premières, et notamment du caoutchouc, ait
été plus lente, elle s'est considérablement accélérée pendant le boom de Corée, au cours duquel elle
pent-61re été un peu plus élevées pendant une
a atteint son niveau maximuxn d'après-guerre, et
a été suivie d'une baisse presque aussi rapide. De
méme, entre les deux guerres, la hausse des prix
euregistrée pendant la période de boom de la fin
des années vingt, et la chute qui s'est produite au
cours de la crise des années trente ont été beaucoup plus accentuées pour le groupe des matières
premières que pour les denrées alimentaires.
Les valeurs du groupe « produits pour boissons
et tabac » ont accuse une hausse presque continue
depuis la seconde guerre mondiale, principalement
en raison de la fermeté constante de la demande
et des disponibilités réduites de café et de cacao.
En 1954, le niveau des prix a été le plus éleve de-
grande partie de la période d'après-guerre, à l'exception des tonnages qui ont fait robjet de contrats bilatéraux portant sur la production du SudEst asiatique. Les valeurs du café, du cacao et de
la laine sur le marché international ont été surtout déterminées par le jeu de l'offre et de la de-
puis 1913.
les sucres et les huiles comestibles. Cepenciant, en
mande.
Le mouvement general des valeurs unitaires
rnoyennes des différents produits, pris individuellernent, est identique, dans l'ensemble, à celui des
groupes de produits exposé plus haut. Cette remarque s'applique tout particulièrement aux prin-
cipales denrées alimentaires faisant l'objet d'échanges internationaux, notamment les céréales,
ce qui concerne les sucres et les huiles comestibles, les valeurs maxima n'ont pas été atteintes au
cours des premières années d'après-guerre mais
pendant le boom de Corée. Quant aux céréales
secondaires et au riz, le fléchissernent des cours
a été particulièrement marque avant le boom de
Changements intervenus dans les valeurs
moyennes de certains produits
Enfin, le graphique VI-3 montre la tendance des
valeurs unitaires rnoyennes, après la seconde guerre
mondiale, pour un certain nombre de produits ou
groupes de produits faisant l'objet d'un commerce
international, en fonction des valeurs moyennes
enregistrées après la première guerre. Les valeurs
unitaires moyennes d'après-guerre ont été, pour
Corée, et en ce qui concerne le riz, les cours élevés
atteints par la suite n'ont commence à baisser
un nombre étonnanunent grand de produits, re-
qu'à la fin de 1953. Comme on l'a déjà note, revolution des prix des produits de rélevage a été quelque peu différente de celle des autres denrées alimentaires.
marquablement voisines de celles de la période correspondante après la première guerre. Cette observation s'applique au blé, aux céréales secondaires,
aux huiles comestibles, au coton et au tabac. Les
valeurs unitaires moyennes du sucre après la seconde guerre rnondiale ont été tout d'abord inferieures à celles de la période qui a suivi la première
guerre, mais au cours de ces dernières années, el-
Le coton et la laine ont suivi d'assez près la
tendance générale des matières premières qui a
déjà été exposée, et cette observation s'applique
également au caoutchouc et au jute qui ne figurent pas dans le graphique VI-3. De même, le
café et le cacao ont suivi la tendance générale à
la hausse du groupe s produits pour boissons et
tabac, » mais celle-ci est beaucoup twins mar125
GRAPHIQUE VI-3.
valeurs unitaires moyennes à l'innportation de certains produits
agricoles, en dollars E.-U. d'après 1934
Indices
des
(Moyenne 1952-53
100 ; échelle semi-logarithmique)
Blé
Riz
150
150
100
90
80
70
60
50
40
30
20
20
1938
a. .4*
,.....0r931;
Tabac (brut)
Orge et mais
1920
/I
100
90
100
90
80
1954
des sea.°....
1947 V
So%
80
70
70
60
60
50
50
40
40
30
30
20
20
913
1 938
938
Ilfli ItI
Sucre
111
H uil es comestibles
.1920
300
300
1
200
200
150
150
1947
1920
II
/1947
/
Its
is
100
100
90
80
-
1913
90 T
1954
80 -L
70
70
60
60
50
50
#4
40
.......
1 ..
....
1954
i
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i
1938
(1913)
III/I
1947 49
51
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53
(1920) (22) (24) (26)
at
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1938
30 11938
111
1938
1947
55
(28)
(30) (32) (34) (36)
(38)
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30
\
(1913)
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t
193
:
1
51
53
55
(1920) (22) (24) (26) (28) (30) (32) (34) (36) (38)
GRAPHIQUE VI-3.
Indices des
valeurs
unitaires
moyennes
l'importation de certains produits
à
agricoles, en dollars E.-U. d'après 1934 (suite)
(Moyenne 1952-53
100 ; échelle semi-logarithmique)
Produits laitiers (beurre, fromage, ceufs)
Viande (bceuf, veau, mouton, agneau, bacon)
.1920
200
200
150
/
*20
/..
/
11%
10019913
/
90
70
.
...."4`*"...,
04 .
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1954
/
/
80
150
947
6.
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SO
40
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*47
1954
100
913
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1936
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60
1938
50
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Café
Cacao
150
150
1954
100
90
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70
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/
50 ___
/ 1947
-
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50
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i
30
20
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40
30
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20
_1938
I
Laine (en suint)
Coton (fibre)
150
100
1
90
/
1920
A
80
a
70 / 1
60
50
/
j 1947
1913
40
/
i
1
954
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1
1
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III
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1938
(1913)
1947 49
51
53
55
(1920) (22) (24) (26) (28) (30) (32) (34) (36) (38)
1938
(1913)
1947 49
51
(1920) (22) (24)
53
55
(26) (28) (30)
A
"vi
A.
1938
(32) (34) (36) (38)
TABLEAU VI-1. HAUSSE RELATIVE DES VALEURS MOYENNES DE CERTAIN'S PRODUITS AG 'COLES SUR LE
MARCHE INTERNATIONAL ; 1937-38 A 1952-53
1037-38 = 100
Caoutchouc nature'
Agrumes
164
165
186
Produits laitiers
.
194
Thé
192
Huiles comestibles
212
215
267
Viande ..
NOTE :
..
Tabae
Blé
Sucre ......
282
res
Laine
307
314
Céréales secondai-
Coton
Cacao
Riz
Café
354
504
568
645
L'indiee de l'ensemble des produits agricoles est 299, et celut de Pensemble des produits (agrieoles et non-agricoles)
fajsant l'objet d'échanges internationans: : 237. Co dernier chin're est fondé sur l'indice des valeurs moyennes établi par
l'ONU et recalculé sur la base 1937-38
100.
quée pour le tabac, alors que les cours du thé ont
quelque peu fléchi après 1948 et ne se sont redressés qu'en 1954, époque A, laquelle ils ont subi une
hausse sensible mais de courte durée.
jusqu'au déclenchement de la guerre de Corée,
survenu au milieu de 1950, qui a provoqué une
hausse sans précédent suivie d'un effondrement
en 1952. Depuis lors, les cours de la phte et des
produits dérivés se sont montrés plus stables que
Hausse des valeurs rnoyennes par rapport
aux dernières années d'avant-guerre
ceux des produits forestiers moins finis, et les prix
La période qui a précédé immédiatement
guerre a été anormale à beaucoup de points de
vue, car les prix des produits agricoles s'étaient
l'influence du boom de Corée a été efficacement
contrôlée) se sont mieux maintenus qu'en Europe
et dans d'autres régions. Le graphique VI-4 indique l'évolution générale des prix des produits
forestiers depuis la seconde guerre mondiale.
pratiqués dans l'Amérique du Nord (où memo
peine remis des effets de la crise. Néanmoins,
elle a été si largernent utilisée comme période de
base qu'il est intéressant d'examiner la hausse
subie depuis cette époque par les valeurs unitaires
MOUVEMENTS DES PRIX ET PRIX A
LA PRODUCTION
des différents produits sur le marché international. On a done groupé dans le tableau VI-1 certains produits de première importance en fonction de la hausse des valeurs unitaires moyennes
enregistrée dans les échanges intemationaux de
La hausse des produits agricoles sur les marchés
mondiaux a naturellement été accompagnée d'une
hausse parallèle sur les marchés intérieurs des
différents pays. L'évaluation de l'importance de
cette dernière hausse prise séparément ne présente pas un grand intéret, cm- elle a été conditionnée dans une large mesure par le degré d'inflation de la monnaie du pays intéressé. Ce qui
est plus important, c'est de comparer la hausse
1937-38 A, 1952-53, époque A, laquelle les prix d'a-
près-guerre commencèrent h se stabiliser. Il convient de souligner cependant que certaines hausses
importantes observées au cours de cette période
peuvent signifier soit un niveau élevé des prix en
1952-53, soit un niveau particulièrement bas en
des prix agricoles A. la production, ainsi que celle
des prix de gros et de détail, avec la hausse générale des prix.
Le graphique VI-5 donne pour un certain nombre de pays le mouvement des prix agricoles à la
production en fonction du niveau général des prix
de gros. Dans la plupart des pays, A, l'exception
de l'Allemagne, du Danmark et du Brésil, le rap-
1937-38. Les séries h long terme du graphique
VI-3 donnent done une représentation plus réelle
des changernents intervenus.
Produits forestiers
On ne possède pas pour les produits forestiers
d'indices de ce genre sur les valeurs moyennes des
tonnages faisant l'objet d'un commerce interna-
port est sensiblement plus élevé après la guerre
qu'immédiatement avant, ce qui n'est pas étonnant du fait de la pénurie alimentaire d'aprèsguerre et de la faiblesse des cours des produits
tional, mais la valeur de ces derniers a en fait augmenté plus que celle de la plupart des autres matériaux depuis la période d'après-guerre. Cette
remarque s'applique tout particulièrernent aux bois
ronds et aux sciages. Les prix des produits traités,
coxnme la phte et le papier, ont suivi de plus près
le cours général des prix.
Le niveau élevé des prix des produits forestiers
agricoles au cours des années trente. Sans la mise
en vigueur du contrèle des prix dont l'application a été plus généralisée sur les denrées alimen-
taires que sur tout autre produit, la hausse relative des prix agricoles aurait, dans un grand nombre de cas, été encore plus importante.
atteint en 1946 et 1947 est demeuré assez stable
128
GRAPHIQUE VI-4.
Indices des prix du bois et des produits du bois
(Echelle semi-logarithmique)
Bois ronds (1947
1947
48
49
50
51
Pite de bois (1947
Sciages (1947
00)
52
53
54
591947
48
49
SO
51
100)
52
Papier journal (1948
100)
53
54
55
100)
Fin lande
Suède
Royaume-Uni
0100 0.0 10090 41200
Etats-Unis
Autriche
Canada
La période de pointe atteinte par les prix agria, la production en fonction de l'ensemble
Après le niveau élevé atteint au cours des premières années d'après-guerre, on a enregistré clans
coles
la plupart des pays une réduction importante du
rapport des prix et dans certains (par exemple le
Canada et la Grande-Bretagne) il était en 1954
égal ou à peine supérieur à celui d'avant-guerre.
Cependant, on a observé (laos certains pays
une reprise partielle au cours de ces dernières
des prix de gros n'a pas été la. méme dans tons les
pays. En Amérique du Nord, elle a eu lieu immédiatement après la guerre, dans certains pays enropéens un ou deux ans plus tard, et dans les pays
exportateurs de matières premières agricoles (com-
me l'Australie et l'Afrique du Sud pour la laine)
au moment du boom de Corée.
années.
129
Indices des prix à la production des produits agricoles en fonction de l'indice
général des prix de gros (1938 = 100)
GRAPHIQUE VI-5.
160
140
150
130
140
120
130
110
Etats-Un is
120
100
Royaume-Uni
AlIemagne
occidentale
90
110
Canada
80
100
220
130
120
lapon
110
Brésil
X
100
90
80
130
Afrique du Sud
120 4%
Australie
100
Pays-Bas
--
Dane mark
90
80
110
1946
48
50
54
1946
48
50
52
54
On pout conclure, en général, que si les prix
agricoles à la production ont gagné du terrain par
rapport h., l'ensemble des prix pendant les premières années d'après-guerre, ils l'ont reperdu en
Pour la plupart des pays les renseignements
ont permis de déterminer avec plus de précision
le rapport entre les prix payés et reyus par les ex-
grande partie depuis et, dans certains pays, le
méine que celle du rapport entre les prix à la production et l'ensemble des prix de gros : le terrain
ploitants, et on constate que l'évolution est
rapport est presque aussi cléfavorable aux exploitants qu'à la fin des années trente.
la.
gagné au cours des premières années d'apresguerre a été en grande partie reperdu et, dans un
Rapport entre les prix payés et reps par
grand nombre de pays, les rapports de prix ne
Le rapport entre les prix que les exploitants
agricoles reçoivent pour leurs produits et ceux
qu'ils paient pour les Neils et services dont ils
Revenus agricoles et dépenses d'exploita-
sont actuellement pas plus favorables aux exploitants qu'avant la guerre.
les exploitants agricoles
tion
ont ordinairement besoin, constitue un indice encore plus révélateur en matiere de revenus agri-
Les rapports des prix ne permettent naturellement pas à eux seuls de déterminer le niveau
des revenus agricoles qui sont affectés par le volume des aehats (c'est-h-dire les biens et les services nécessaires à la production) et par celui des
ventes. L'accroissement de la production réalisé
depuis la guerre constitue en soi un facteur tendant à accroitre les revenus agrieoles. Dans certail's pays, les subventions et autres versements
effectués par l'Etat sont également devenus une
part importante cles recettes.
La modernisation de l'agriculture réalisée
puis la inierre a entrainé une augmentation importante des dépenses essentielles d'exploitation.
coles. Rates sont les pays qui publient ces rapports, et ces derniers ne sont pas tous entierement
comparables. Les données dont on dispose inchquent (tableau VI-2) que pour les pays européens,
c'est au cours de la période 1947-49 que ce rapport des prix a été le plus favorable pour les exploitants. Depuis lors, la baisse a été persistante,
bien que dans certains cas elle ait manifesté des
signes d'arret aux environs de 1953.
Au Canada, le rapport entre les prix reyus et
payés par les exploitants s'est maintenu de 1946
A. 1952 à un niveau assez stable et beaucoup plus
favorable qu'avant la guerre, mais par la suite on
enregistré une baisse sensible. Aux Etats-Unis
également, le rapport a fortement diminué ces
dernières années. En Australie, les prix agrieoles
la produetion ont monte régulièrement jusqu'au
boom de Corée en 1951. Par la suite, il s'est produit une baisse rapide, d'un tiers environ ell une
La mecanisation et le developpernent de l'emploi
des engrais ne constituent que deux éléments du
budget devenus indispensables à une production
rationnelle et clout la. charge s'est accrue. Le tableau VI-3 donne des estimations de l'évolution
des adults effectués pour la production agrieole
clans d'autres seeteurs de l'économie, c'est-à-dire
après déduction des salaires de la. main-d'ceuvre
seule année, mais depuis le milieu de 1952, le rap-
port des prix a été assez stable.
BLEAT)" 171-2., RAPPORT
ENT RE LES PRIX IT E 9LTS ET PAYES PA R LES
PERTODE I 047-54
Arant-guerre
1917
1948
1919
1952
Canada
Etacs-Unis
Autrielle
iXPLOTTAN'I'S ;
1950
1951
A VANT-COTERRE
1952
1953
1.4717
195-1
TOO
117
109
112
99
111
101
114
107
100
100
93
92
85
118
106
107
101
101
101
99
100
100
96
90
87
2107
112
121
108
105
100
102
110
193
106
125
100
100
97
284
107
105
101
Norveige
103
123
Australie
179
100
118
111
138
134
94
94
91
100
100
103
106
284
185
2113
2112
13elgi que
Allernagne (Republique
110
1'6(16-
vale)
Pays-BaS
,Tapon
.
... non disponible
3 1935-39
115
114
2 1937
3 1938
1937.38
131
101
96
95
TA ELEA IT VI-3.
INDICES D ES ) lPl SES DE PRODUCTION AC R TCOL VI (A L' EXCLUSI)N DES SAD
\ JUST lii
DE FA (-,i0N A ELIMINER LES EFFETS DES CHANGEME"NTS D E "PRIX À VANT-GUE ERE ET P é R 10 DE 1047-1953
A vain
PAYS
1047
guerre
19,18
1949
1959
19:5'
Cana da.
1952
1933
100
98
93
07
97
96
100
101
Etats-11 n is
75
86
87
94
98
100
100
Australie
87
87
94
05
88
100
96
108
100
75
Nouvelle-Zélanç e
80
.Royaume-Uni ..
Pays-Bas
.
.
56
103
81
88
94
95
58
71
81
89
100
113
Non disponible.
TA13LEAU VI-4.
INDICES DES REVENUS ACRICOLES CO RRIGgiS PAR LES INDICES DIT COOT DE LA VIE
A V A NT - GUE R RE Ert PéRIODE 1947-1954
A vain--
P.l 1."-;
guerre
1947
1948
/85::
Danentark
Allemagne oeei
.Pays-Bas
:France
e
78
58
72
51
71
83
68
118
89
RoyaUllle -17n i
Canada
33
Etats- On is
59
Australie
Nouvelle-Zélande
87
117
101
115
93
104
109
106
95
1932
1933
105
108
100
100
106
107
103
95
101
101
103
88
104
100
100
100
97
90
85
110
109
100
100
90
98
63
1954
100
102
92
95
95
99
101
194
155
103
91
130
105
101
100
100
122
65
87
96
100
192
Jap041
80
73
1951
1950
1949
88
96
Non disponible.
variations des prix. Ce tableau don également
rurale. Elles ont été fondées sur les statistiques
nationales et ont été ajustées d'apres des indices
des prix appropries. On remarquera que meme
apres elimination des changements de prix, les
dépenses des exploitants aux Etats-Unis ont double approximativement depuis la periode d'avantguerre. D'autres pays accusent une tendance marquee dans le meme Sens. Cependant, les données
des différents pays ne sont pas entièrement comparables et il convient d'interpréter le tableau
avec prudence. C'est ainsi que la hausse rapide
des coats de production aux Pays-Bas et, clans
une certaine mesure au Royaume-Uni, est imputable autant h la reprise de l'importation des aliments du bétail qu'il la tendanee h la modernisa-
etre utilise avec reserve, ear les dot:1116es des Wife-
rents pays ne sont pas absolument comparables
et les indices du coat de la vie fondés prineipalement sur les conditions urbaines ne conviennent
pas tout h fait pour ajuster les revenus agricoles.
Néanmoins, il semble établi clue, dans tous les
pays, la situation agricole était nettement meilleure dans les premières années suivant la guerre
que pendant la période d'avant-guerre qui a été
pour l'agriculture exceptionnellernent mauvaise.
Si l'on*tient compte de la diminution de l'effectif
des agriculteurs, enregistree dans certains pays,
faugmentation des profits par habitant est très
importante.
En ce qui concerne les tendanees d'après-guerre,
la situation est assez confuse. Seuls le Danemark
tion.
Le tableau VI-4 donne les indices des revenus
agricoles proprement dits, établis d'après les statistiques nationales, mais corriges par les indicesdu coat de la vie afin d'éliminer les principales
et l'Allemagne oecidentale dont l'augmentation
été la plus faible pendant la guerre, ont accuse
une tendance persistante h la hausse. Aux Etats132
GRAPHIQUE VI-6.
Revenu réel dans l'agriculture et volume de la production nette (1952.=
100)
Pays-Bas
Danemark
110
110
90
90
70
70
50
50
52
50
48
1946
1934-38
54
1934-38
1946
48
50
52
48
50
52
54
Japon
France
120
100
80
60
48
1946
1934-38
50
52
1934-38
54
1946
54
Canada
Royaume-Uni
110
110
90
90
.0.-
.
70
.0.--
r
70
50
50
30
30
1934-38
1946
48
50
52
54
1934 38
1946
48
50
52
54
48
50
52
54
Etats-Unis
Allemagne occidentale
130
130
110
110
90
90
70
50
1
1934-38
1946
48
I
50
SO
1
52
1934-38
54
Volume de la production
133
1946
Revenu
GRAPHIQUE VI-6.
(suite)
Australie
Nouvelle-Zélande
190
170
150
I
130
I
110
90
--
;4.
I
",
70
1934-38
1946
48
50
52
1934-38
54
Volume de la produccion
Unis et au Ganada, la baisse a éte tres rapide apres
le niveau maximum d'apres-gueiTe, tandis que les
Pays-Bas, la France et le Royaume-Uni ont reussi
-----
1946
48
50
52
54
Revenu
duction nette d'un certain nombre de pays, compa-
rables h ceux qui ont été donnés sur une base
régionale dans le chapitre V, en fonction des
indices cles reyenus de l'exploitant.
Les revenus réels des pays figurant sur le graphique ont baissé moins ou augmenté davantage
pendant la guerre que le volume de la production.
traduisant ainsi raugmentation relativement plus
grande des prix agricoles que celle de l'ensemble
des prix. Au cours des années cl'apres-guerre, le
contraste entre revolution de la situation en Ame-
maintenir une certaine stabilité autour du nivean de 1049. Cepenclant, dans tous les pays sur
lesctuels on possède des données comparables, les
revenus agricoles réels sont demeures en 1953 et
1954 sensiblement supérieurs h ceux d'avantguerre.
Quant h la faeon dont sont répartis les revenus
agricoles, la hausse et la baisse des revenus des
ligue du Nord et en Europe est frappant. Dans
les pays d'Europe, h l'exception peut-étre de la
France, les revenus et la production sont allés
plus ou moins de pair, que ce soit pendant la,
exploitants out été, plus importantes que l'ensemble
des revenus agricoles dans tous les pays sur lesquels 011 possède des renseignements. D'un atare
e6te, les irevenus des salaries agricoles sont restes
en arrière pendant les périodes de hausse genérale des reyenus agricoles, et ont diminue plus
lentement, ou ont m'eme aumente lorsque la tendance était h la baisse. Cependant, si ron considere l'ensemble de la période d'apres-guerre, il ne
periodc d'expansion rapide (Danemark. Allemagne
occidentale et Pays-Bas jusqu'en 1949) ou celle de
stabilité relative (Royaume-Uni et Pays-Bas apres
1949). Par contre, en Amérique du Nord, les leveLuis sont demeurés à peu près stables tandis que
la production augmentait (Canada) ou ont diminue
semble pas que les exploitants ou la main-diceuvre
alors que la producition était stationnaire (Etats-
agricoles aient manifesté une tendance marquee
s'approprier une part plus importante des reveMis agricoles aux depens des mitres ayants droit.
Unis). En Océanic, reyolution de la situation a Cite
fortement troublée par les répercussions du boom
de Coree, .mais dans l'ensemble, le niveau tres
elevé des revenus enregistre en 1950 ne semble pas
Rapports entre les revenus des exploitants
et le niveau de la production
avoir affecte des tendances qui s'étaient
Il est instructif de compare]' les indices de la
fait sentir aupara va n t
valeur réelle des reyenus des exploitants, indiques
au tableau VI-4, avec le volume de la production,
déjà,
Productivité de la main-d'ceuvre agricole
afin de se faire une idee de la fawn dont les
Les revenus de ragriculture, comme ceux de
toutes les autres branches d'activité, dépendent
essentiellement, th la longue, de la production
revenus de ragriculture se sont modifiés en fonction de la production de celle-ci. C'est pourquoi
ron a reporté au graphique VI-6 les indices de pro-
indiyiduelle des ouvriers, Il convient done, d'exa134
TABLEA U
VII-5. Er "e I
e
LA MAIN-1).0EUVRE ARRICOLE 1)11 CERTAINS PA YS ; P1::1410DE
1943
1916
1947
1948
1
1949
ufeeder
it looes-ouerier
Atitrehe
Donemark-
86
1951
1950
(1038
5-54
1952
1953
87
10(1)
88
88
87
83
81
79
78
Royatune-tin i
1117
108
108
108
105
103
101
1.00
Canada2
lEtats-Unis
100
114
105
103
104
101
96
88
87
66
88
89
89
86
80
78
75
74
93
01
94
92
93
72
Australie
lloyanme-Un i
Etats-Un is
1
73
92
I alice des heuresourrier (193S
Suède
1954
100)
84
81
79
77
74
106
103
103
102
99
97
94
93
91
88
84
81
79
72
74
7,)
79
70
1ndice du plein mur)!
100.
1912
.. Non disponible.
histitut antriellien de la recliereLe economin u e
(reo': .s..utriehe :
bawlbragstatislik (statistiques agricolesj
Ibmemark :
1))
Plvolution de la moductivité de la main-d'ienvre
nu'n n ni H. 'F.
Journal of Proceedings of AgrienTheral Economics Socia), f,COMpi es rendus de l) Societe d'écon 01»
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E:Has-1711k :
I ononimicatiOD de AL Jumen, du Al inisi inc de l'agricult me.
SuUde :
'
I
mina- 1.apideinent la tendance de la productivité
de la main-Tceuvre depuis la guerre, particulière-
est tumbé de 11,5 h 8,5 millions, passant ainsi de
ment eu ega,rd aux développements technologiques
d'onivre. La plupart des autres pays industrialisés
accusent une tendance analogue bien que moins
rapide. Dans les pays sous-développes, le pourmais pas toujours l'effeetif réel
de
centage
la population employée dans l'agrieulture tend h
diminuer lentement.
20 h 13 pour cent de l'effectif total de la main-
resumes au chapitre IV. On ne tentera pas de
comparer le niveau de la productivité agricole ave-c
celui des autres industries, car on ne peut y parvenir qu'en affectant aux produits agricoles et
manufactures des pondérations en matière de prix
qui sont susceptibles d'are quelque pe u arbi-
Ce déplacement de la main-d'oeuvre agricole vers
traires. On fera cepenclant iei quelques eomparaisons entre le taux d'accroissement de la producti-
l'industrie n'est pas monis necessaire all progrès
de l'agyiculture qu'h celui de l'industrie. Les revenus et le bien-être des agriculteurs dépendent,
en fin de eompte, du niveau de la productivité
de la main-d'auivre agricole, or la production par
habitant des campagnes ne peut augmenter longtemps au delh de la capacité d'absorption des
excédents agricoles que sont susceptibles d'offrir
les marches urbains.
Les indices de la main-d'auivre agricole (fondés
sur les estimations, officielles ou non, dont on
dispose pour les différents pays) sont exprimes
dans le tableau VI-5 en années-ouvrier et égalcment en heures-ouvrier pour les pays sur lesquels
on possède ces données, pour tenir eompte de la
vite de l'agrieulture et celui des atares branches
d'activité.
L'industrialisation a entraine une diminution
constante du poureentage de la main-cl'oNivre
agricole. Au Royatunc-Uni, qui a été le premier
pays h s'industrialiser, l'agriculture n'emploie que
5 h 6 pour eent de la main-d'reuvre nationale,
et il existe encore un lent déplacement de la maind'reuvre rurale attirée par les salaires eleves et
les heures de travail moins longues des villes.
Aux Etats-Unis, la diminution de l'effectif de la
main-d'oeuvre agricole a été beaucoup plus rapide ces dernières alinees. De 1939 h 1954,
le nombre d'ouvriers employes dans l'agrieulture
tendance h la réduction des heures de travail.
1135
GRAPHIQUE VI-7.
Augmentation de
la
productivité de
la
main-d'ceuvre agricole
(Indice : avant-guerre= 100 ; échelle semi-logarithmigue)
Production par annie-ouvrier
200
Etats-Unis
175
Danemark
150
Royaume-Uni
Belgique
Autriche
125
elob
0400
Australia
100
Production par heure-o-Jvr*.er
Etats-Unis
Royau me-Un i
Suede
Avant-guerre
1946
1948
1950
1952
1954
Sources : Estimations de la production érablies par la FAO et tableau VI-5; Belgique : L'agriculture beige ; évolution-situation actueile (octobre 1954).
1.36
engrais supplémentaires, etc., qui ont contritme
Ces renseignements si iii i exprimes pour les m emes
h augmenter la production. On DC possede d'esti-
pays au graphique VI-7 en fonction de la production nette estimée par la FAO afin de donner une
indication de revolution du rendement par ouvrier.
L'accroissement continu de la productivité qui
mations de ce gente et de données comparables
de la productivite dans l'industrie que pour un
petit nombre de pays particulièrement developpés (tableau VI-6). La production agricole est
toujours subordonnee étroitement aux conditions
atmosphériques ; e'est pourquoi les indices de la
productivite agricole varient davantage cl' une
apparait pour ces pays petit etre chi', dans une
certaine mesure, aux conditions atmosphériques
favorables, mais il est h pen pres certain qu'il est
surtout imputable h l'amélioration des métiv:)des
d'exploitation et h une utilisation plus rationnelle
de la main-d'atuvre.
Les estimations du graphicrie VI-7 montrent
revolution de la productivité brute de la maind'oeuvre agricole, mais si l'on veut établir des
comparaisons avec d'autres industries, il faut
egalement tenir compte de l'accroissement des
dépenses d'exploitation, c'est-à-dire du co6t des
année h l'autre clue ceux de l'industrie. Les indices
du Canada, en particulier, ont augmente dans des
proportions importantes par suite des récoltes
exceptionnelles de 1951 et 1952, II convient de
note]' également que ces derniers indices sont
estimés aux prix courants, et que leur accroissement
serait sensiblement inférieur s'ils avaient été,
comme ceux des autres pays, calculés sur la base
TABLEAU VI-6. TAtix D'ACCROISSEMENT DE LA PRODUCTIVITIII DE L'AGR CULTUB E ET D.
R UT/3
1946
Q
1919
1947
1919
19511
IN D UST RIE
1951
1952
1953
128
132
/00
Canada
CRendeinent net par annéeouvrier au x prix courants)
Agriculture
A utres branches d'activité.
69
81
83
87
99
98
100
100
107
107
155
114
151
100
114
106
105
11)8
107
110
123
E t ats-ljn is
(Rendement net par bemireou vrier)
Agriculture
87
.11n dustri e privee
95
86
93
100 -
113
Royaurne-Uni
(Regalement net par annéeouv)'ier)
Agriculture
Tndustrie
(Rendernent par het e ou 'er)
Agriculture
97
96
100
100
1(11
Ill
111
106
106
104
97
100
101
112
113
90
100
100
102
104
101
108
110
110
109
t' unid
( Reuel emeut par lieure-ouvrier)
Agriculture
Industries mal) ufacturieres .
89
Cltiffres non disponibles.
Soupe!s: Canada :
Anderson, op. cit.
Etats. Linis :
.13ernstein, Productivile
9')
96
inericaine el le p bleme des paictnents.en do
les chiltres utilises par le (A
oinies and Statistics mai 1955, on
da
115
la Recie-w La' Econ.-
inixte sur le Rapport
économique.
Royaume-Uni : Agriculture : donnees fondées sur Williams, op. cit.
industrie : estimations Rates par la FAO en utilisant les du/met:is otlicielles sur le rendement et la mainiFteuvre industriels, d'apres les méthodes adoptées par Adams dans son article : La production réelle
d-ti Royaume-Uul de 1946 it 1952, t London and Cambridge Economic Service Bulletin :V° I (Nouvelle
Suede
série) para dans Times Review of Industry, septembre 1953.
Agriculture : Jureen, on. cit.
Industrie : Anuaire s) atistioue suinlois, 1951.
137
Revenu dans l'agriculture, les for8ts et les pêches, en pourcentage du revenu
dans d'autres branches d'activité
GRAPHIQUE VI-8.
(Echelle semi-logarithmique)
A
200
150
200
150
Nouvelle Zéland°
100
AIM mag ne
100
occidencale
Royaume-Uni
80
80
Dane mark
Autriche
60
z
40
z/
30
60
Turquic
Canada
40
z
Etats-Unis
Ns\s,.
Pérou
30
Philippines
20
20
1938
1946
48
50
52
1938
100
100
80
80
1946
48
50
52
60
60
Greco
Norvège
Mande
Finlande
40
40
Belgique
Italic
Japon
20
20
1938
1946
48
50
1938
52
1.38
1946
48
SO
52
de prix constants. Les indices des Etats-Unis sont
affectés pour certaines alinees par les mesures de
restrietion des superficies et atares limitations
imposées h la production agricole.
Cependant, il ressort de l'ensemble des données
Mais, dans la plupatt des pays, les revenus
agricoles sont très inférieurs souvent moins
de la moitie) à ceux des autres branches
d'activité.
Dans tous les pays pour lesquels on possede des estimations comparables, les revenus
Incricoles individuels avaient augmente considerablement par rapport aux autres revenus,
du tablean VI-6 que pendant toute la periode
d'aprCs-guerre, l'accroissement de la productivité
des pays étudiés a été au moins aussi rapide clans
Pagriculture, et, peut-étre meme plus rapide, que
entre 1938 et les premières années d'après-
dans l'industrie. Si cette tendance se maintient,
guerre.
on peut prévoir une reduction progressive de l'écart
des revenus agricoles et non agricoles, à condition
que les prix agricoles ne subissent pas une ,baisse
supérieure h celle de l'ensemble des atares prix.
Les tendances d'après-guerre n'ora pas été
uniformes. Dans un groupe de pays comprenant l'Allemagne, le Danemark, l'Autriehe,
la Turquie, le Férou, et peut-étre la NouvelleMande, les revenus agricoles individuels
continué h s'améliorer par rapport aux reve-
Revenus individuels agricoles par rapport
nus de l'industrie. Mais, le plus souvent, la
situation relative de l'exploitant s'est détériorée, et dans quatre pays (Finlande, Grèce,
Italie et Japon) la baisse consecutive h la
ceux des autres branches d'activités
Cependant, 'neme pour la période d'apresguerre, il est peu de pa,ys ofi la moyenne des
situation relativement favorable d'apresguerre a été très importante. Mais dans deux
pays seulement (Finlande et Norvège) sur les
dix-sept cites au graphique VI-8, la situation
relative de l'exploitant était en 1953 (date des
dernières estimations) apparemment aussi
défavorables qu'en 1938.
gains agricoles soit comparable h cene des autres
branches d'activité. Aux Etats-Unis, par exernple,
le revenu //luyen de tous les agriculteurs (exploitants et ouvriers) pulir 1938 n'était estimé qu'h,
37 pour cent environ de celui d'un ouvrier de
l'industrie. Par suite de l'accroissement de la production et, de l'élévation des prix h l'exploitation,
la moyenne des revenus agricoles individuels est
monté en 1947 jusqu'A, 80 pour cent de celle des
ouvriers d'usine mais en 1953 elle était retombee
h 50 pulir cént.
L'importante amelioration du niveau des revenus agricoles par rapport, h l'avant-guerre a constitué le facteur principal de l'expansion agricole
d'après-guerre, car la majeure partid des recettes
supplémentaires a été consacrée h l'achat d'équipement, à la modernisation des bhtiments,
Le graphique VI-8 donne, pour un certain
nombre de pays, les estimations fondees sur les
données nationales du revenu, des revenus agricoles individuels, y compris ceux des foréts et des
l'accroissement de l'effectif du beta, etc. Sans
cette injection de capital tiré de l'industrie agri-
pêches, exprimées en pourcenta,ge des revenus
moyens de l'ensemble des atares a,ctivites. Les
d'après-guerre aurait été beaucoup plus lent.
colo elle-méme, le développement de la production
estimations comportent inevitablement une marge
d'erreur importante, mais les tendances de claque
pays, ainsi que les différences d'un pa,ys h l'atare,
sont probablement significatives. Il semble que
ron puisse resume]: comme suit les principales
conclusions h en tirer
Bien que la situation de la population rurale
suit encore très supérieure h ce qu'elle était aux
annees trente, la détérioration qu'elle a subie
De tuus les pays p01:117 lesquels on possède
des estimations, la Nouvelle,-Zélande est le
Unis les achats d'équipement et de imitables
récemment clans un grand nombre de pays, particuliCrement par rapport h celle des atares secteurs
de la communauté, ne peut manque]: d'affecter
l'ensemble de l'économie. C'est ainsi qu'aux Etatsagricoles ont diminue depuis 1951 en meme temps
que les revenus des exploitants, et en 1954 la pro-
seul où le niveau des revenus agricoles soit
toujours superieur à celui des a,utres industries. La paTité a ete approchée, depuis
duction de ce materiel etait inférieure d'un tiers
environ à eelle de 1951. Les achats d'autres biens
effectués par les agriculteurs suivront très pi'obablement la m'eme courbe. C'est particulièrement
dans les pays on la population rurale est eneore
guerre, au Royaume-Uni, et, derniCrement.
Allemagne occidentale et, au Danemark.
assez importante que la prospérité de la nation tout
entière est étroitement liée à cene de l'agriculteur.
1U.S.D.A. Situation des revemis agrieoles, n" 149,
oct. 1954.
139
MOUVEMENTS DES PRIX ET CONSOMMATION
n'est pas fait A, intervalles réguliers dans les mitres pays. Aux Etats-Unis, la part revenant, h
Pour autant que le niveau de la consommation
de denrées alimentaires et autres produits agricoles est affecté par les prix, c'est le prix de détail
payé par le consommateur qui importe. Le prix
l'exploitant dans le prix de détail final a normalemeat été de 40 h 30 pour cent. Elle est tombée h
un minimum de 32 pour cent pendant les années
de crise 1932-35. et atteint un maximum (le 53
pour cent en 1943 pour retomber cnsuite A 43
pour cent en 1934 (graphique VI-9). En général,
le coat de la commercialisation, qui comprend le
payé h l'exploitant, ou (TIM auquel le produit
alimentaire est importe, ne constituent qu'un élément, et pas toujours le plus important, du prix
traitement et la distribution, voile beaucoup
que le prix à la produetion, ce qui explique la part
plus importante du prix de détail qu'il représente
.tina l.
Ls Etats-Unis et le Canada procèdent périodi-
quement à l'estimation détaillee du coat de la
lorsque les prix h la production baissent, et la
part plus réduite lorsqu'ils montent. Il en est de
méme dans les autres pays comme le montre la
commercialisation des denrées alimentaires eul-
tivées sur le territoire national, mars ce travail
eomparaison des prix h la production et des prix
de détail.
Part revenant à l'exploitant
et marge de commercialisation, en pourcentage
du prix de détail des produits agricoles alimentaires
constituant le « panier à provisions » aux EtatsUnis 1925-1954
GRAPHIQUE VI-9.
Tendances récentes des coats de commercialisation
Toutefois, au cours de la baisse subie ces der-
nières années aux Etats-Unis par les prix h
production, les marges de commercialisation ont
augmenté aussi bien proportionnellement qu'en
valeur absolue. Le principal élément de cette diver-
gence a été constitué par le comportement des
frais de main-d'aiuvre qui représentaient 53 pour
cent des coats de commercialisation en 1953 contre une moyenne de 47 pour cent en 1935-39. Les
salaires horaires des ouvriers travaillant dans les
entreprises de commercialisation des produits alimentaires ont continué d'augmenter et étaient en
1954 superieurs en movenne de 4 pour cent h. ceux
de 1953, malgré les augmentations elle0170 plus
importantes obtenues les annees précédentes. Les
frais de transport et les prix des autres services
et matériaux payés par les entreprises de commercialisation ont pen varié depuis 1952. Dans certaines
regions, les loyers et les impôts ont augmenté.
Il est probable que le rendement de la main20
d'ceuvre des services de commercialisation a augmenté au corns de cette période, mais ou bien
taux d'aecroissement de la productivité n'a, pas
compensé la hausse des salaires, ou bien des ser-
o
vices supplémentaires ont été consentis au consom1925
[1930
1935
1940
1945
1950
mateur. Il semble que ces deux facteurs ont joule
simultanément.
195
L'experience acquise aux Etats-Unis indique
également que les marges de commercialisation
peuvent évoluer dans des sens différents suivant
Marge de commercialisation
Part revenant à l'exploitant
Source :
les groupes de produits. De 1947 h 1954, les marges
brutes de commercialisation des fruits et légumes,
Département de l'agriculture des Etats-Unis : Marketing
frais et traités, ont augmenté de 10 pour cent,
and Transportation Situation.
140
alors que la hausse moyenne de toutes les denrées
alimentaires constituant le « panier h provisions )
était de 21 'tour cent. E semble done que la COMmereialisation des fruits et légumes soit un secteur
aussi directement les marges moyennes annuelles
de commercialisation pour certains produits determines. De 1949 h 1953, la marge du lait
est, passée de 7,9 h 9,9 cents par qua,rt soit une
où l'atwmentation de rendement provoquée par
la concurrence ait permis de compenser, et, a,u
delh, la hausse genérale des éléments du prix de
reVient. Par contre, il convient de noter que les
marges des houlangers ont presque double de
atnrmentation de 25 pour cent, et celle de la
23,3 h 26,3 cents par livre,
viande de beeuf
1946 h 1954 1. Les marges de commercialisation
du lait liquide ont également augmenté dans une
mesure importante : 20 pour cent depuis 1950.
soit 13 pour cent. Au coas de la me:me période,
l'ensemble des coas de commercialisation clu producteur att consommateur a augmenté de 16 poni'.
cent, ce qui est relativement peu si ron consi-
les
dere que pendant ce temps la hausse des salaires
et des frais de transport a dépasse 30 pour cent.
De 'neme qu'aux Etats-Unis, c'est (laos le domaine
marges du lait vendu en récipients d'une capacite
supérieure h un litre ont diminue en 1953-54, ce
de certaines conserves de fruits et de légumes
que la hausse des coas de commercialisation a
qui indique une possibilité d'économie sur les
coas de distribution.
Dans les autres pays, la détermination directe
été le moins marquée.
Cependant, au coas de la meme .période,
des marges de commercialisation est rarement effectuée, bien que les tendances des coas de com-
mercialisation aient été obtenues par déduction
de l'évolution relative des indices des prix h
production, des prix de gros des procluits agricoles, et des prix de déta,i1 des denrées alimentaires. Des comparaisons de ce genre peuvent
des conclusions erronées car
parfois conduire
les éléments des prix de cha,que indice sont géA,
nérale,ment ponderes d'une facon différente. C'est
ainsi qu'au Canada, par exemple, dans l'indice
de prix de gros des produits agricoles 2, la moitie
de la pondération totale est, affeetée aux cereales
et aux aliments du bétail. Mais, dans l'indice
des prix de détail des denrées alimentaires, cette
un dixième et ron affecte,
proportion tombe
A..
un tiers de la ponderation totale h des produits
comme le café, le thé et le sucre, qui n'intéres-
En Angleterre et en Australie, les coas de
commercialisation du lait liquide ont été compares sur différentes périodes. Les programmes
de rationalisation mis en vigueur pendant
guerre les ont sensiblement réduits. Les économies ainsi obtenues ont pu are réalisées d'une
part grhce h la répartition par zone du réseau
de distribution, et au traitement et h la maitu-
tention du lait en grand, et de l'autre par la
réduction des services eonsentis au consommitteur, tels que les livraisons de l'apres-midi et
par un grand choix des fournisseurs. C'est ainsi
que de 1937/38 h 1948/49 la marge de commercialisation du lait liquide n'est passée que de
12,7 h 15,3 pence par gallon en Angleterre et
dans le Pays de Galles, alors que l'ensemble des
prix avait presque doublé. La hausse limitée des
coas d'abattage des animaux et de la vente en
gros de la viande de boucherie, qui est passée
à 1,7 pence par lb. pendant la méme pede
1
sea en rien l'indice des prix à la production.
Nea,nmoins, dorsque l'on pea comparer les prix
de certains groupes de produits h chaque stade
de la commercialisation, on constate que les mar
ges de distribution ont également augmenté
Cariada. Le prix des produits laitiers a augmente
de 2,1 pool] cent de 1951 h 1954 h l'écbelon du
eontre 1,3 ponr eent h celui de la produetion. 'Les prix des produits de l'élevage ont diminué de 17 poni. cent au détail, contre 20,7
pour cent h la production. Au Callada, on évalue
TABLEA-u' VI-7. STRUCTURE DU PRIX DE D.ETAII. DE
CERTAINES IDENREES ALIMENTAIRES .DANS L'INDE
Poureentago d 11 PriX
par te emi.mumatm
PI'
IQ
Pommes de
ve.ries, exprimés en pourcentage des dividendes des
actionnaires, ont été en moverme de 6,6 poni. cent
en 1953 contre 12,5 pour cent pour les principales
sociétés de boulangeries et O.] pour cent poni'
l'ensemble de toutes les industries de traitement
des denrées alimentaires.
2L.F. Woollam, Economic Anolyst, Ottawa, annt
1954 et février 1955.
1,a 11
te/Te
1111111.
Part revenant au producteur
Frais divers
Marge du grnssiste.
Marge clu dkaillant
-
ce nt
56,0
67,0
65,0
65,0
12,0
7,0
11,0
7,0
17,0
9,0
---
.
6,0
3,0
5,0
15,0
.
19,0
6,0
10,0
20,0
Tran sport -
1f,es prolits des principales soeiétés de conser-
1Ziz
a vS
Ncquit.
K lt. Kulkarni, A grie)//f Hrtil
Bombay, 1951.
Son ree :
.11,1r1,4 i ng
in I od
tant entre le prix h la production et le prix
riode, traduit également les economies relatives
qui ont pu étre réalisées.
Dans la plupart des autres pays, les renseignements disponibles en ce qui concerne les marges
de commercialisation sont beaucoup moins precis. Les quelques chiffres dités ici ont poni but
de donner une indication du niveau general de
ces marges, mais ils ne sauraient ètre utilises
pour procéder h une comparaison détaillée entre
pays. En Italic, en 1954, la valenr ajoutée aux
prix bruts 5., la production des denrées alimentaires, des produits pour boisson et du tabac, entre
leur passage du producteur :au consommateur, a
été estimée récemment à environ 39 pour cent
du prix de detail En France, pour les denrées
alimentaires produites et consommées à l'exploitation, la marge entre les valeurs attribuées h la
production et au detail a été estimée h environ
50 pour cent en 1951/52. Ce chiffre est probablement inférieur h celui qui s'applique à l'ensemble de la population, du fait que, dans son calcul,
il
la consommation.
Les conditions ne sont pas nécessairement les
memes dans tout l'Extrême-Orient cal, dans certains autres pays, les marges de commercialisation semblent etre plus grandes. L'amélioration
des conditions de sécurité au cours des cinq dlernières
dans des pays comme la Birmanie,
ainsi que la reduction des frais de transport et
des risques commerciaux, par suite d'une meilleure organisation du marché, mat permis recemment de réduire la marge de commercialisa-
tion du riz.
Dans la plupart cles Jays, on a tente, partieulièrement pendant et immédiatement après la
guerre, de réduire les marges de commercialisa-
tion par des mesures autoritaires. Néainnoins,
méme au Royaume-Uni où l'intervention administrative a été extrèmement poussée, les mesures
prises ont été dans nombre de cas tenues en échec
par la nécessité de maintenir des marges commerciales suffisantes pour permettre aux entreprises
n'a pas été tenu compte du pain ni d'autres
denrées exigeant un traitement très pousse. 'Pant
en France qu'en Italie, la cadence du renouvellement des stocks et les taxes sur les ventes accentuent considérablement l'éeart, entre les prix
moins bien organisees de continuer h fonctionner. On a obtenu certains résultats lorsque les
marges ont été determinées par des autorités
compétentes plutôt que par le jeu de la concurrence. Le Gouvernement a favorisé certains pro-
h la production et les prix th la consommation.
On admet communement que les marges de
commercialisation des denrées alimentaires sont
importantes dans les pays sous-développés,
raison du nombre élevé des petites entreprises,
du faible rendement des systèmes de commercialisation et des méthodes priinitives de manuten-
duits en aménageant la répartition des taxes coin-
tion. On dispose de peu de données qui aient
une valeur statistique. Cependant, l'écart total
est un sujet de preoccupation génerale en raison
de l'obstacle
constitue aux ventes, particulièrement dans les couches pauvres de la population. Il est certainement possible de realiser
des economies importantes sur la commercialisation, particulièrement (laos les pays sous-développes, en réduisant par exemple la proportion
des pertes provoquées par la lenteur du système
de distribution ou un entreposage défectueux et
en supprimant les intermédiaires inutiles (bien
que cette dernière mesure puisse poser des problèmes de réemploi). Les pays développés ont
dep., realise des progrès importants clans eette
voie, mais la reduction des marges de commercialisation a 6,te inférieure aux previsions en raison de la tendance à offrir (et souvent h imposer)
au consommateur des services plus étendus ou
des produits qui ont fait l'objet d'un traitement
plus poussé.
merciales ainsi que le bareme des systèmes de
transport contrôles par lui.
La part importante du prix de detail correspon-
dant aux frais de traitement et de distribution
entre les valeurs h la production et au detail des
denrées alimentaires produites à Ceylan, en 1951,
représentait d'après des calculs effectués en vue
d'évaluer le revenu national, 29 pour cent de
la valeur au detail. Ces chiffres laisseraient supposer que la proportion comparativement réduite
de denrées exigeant un traitement très pousse
qui entrent dans le regime alimentaire, ainsi que
la
simplicité des services de ventes au detail,
maintiennent les coats de commercialisation h un
.pourcentage relativement bas par rapport au prix
final. Ces conclusions ressortent également du tableau VI-7 qui donne, pour divers produits agri-
eoles de l'Inde, une indication de 'Wart exis" Giuseppe Orlando, Rivi.sla gli Eco9wInia 4 gr ri(r,
IX, 4, dec.
1954.
142
Il semble que la réduction des coats de commercialisation constitue le seul moyen qui permette à la fois d'abaisser le prix paye ,pour les
la production et l'indice général des prix de
gros avait augmenté de 58 pour cent.
denrées alimentaires par le consommateur (ce qui
est indispensable pour élever le niveau nutrition-
son analogue entre un certain nombre de pays
nel) et d'assurer aux populations rurales un niveau de vie comparable à celui qu'offrent les
autres branches d'activité. Les progrès réalisés
jusqu'à présent dans ce domaine sont très limités. Le fait le plus encourageant est peut-étre
le regain d'intérét accordé ces dernières années
ainsi qu'aux Etats-Unis et au Canada, l'indice
des prix de détail des denrées alimentaires est
aux coopératives d'agrieulteurs ou aux offices de
commercialisation organisés par les producteurs,
aussi bien dans les pays industrialisés comme les
Etats-Unis, que dans les régions sous-développées
comme le Sud-Est asiatique. Le problème n'est
pas nouveau mais il compte parmi les plus importants dans le domaine alimentaire et agrieole.
Il mérite un sureroit d'attention maintenant que
les pénuries d'après-guerre ont été surmontées
que les excédents agricoles refont leur apparition
dans un monde oil une partic importante de la
population demeure sous-alimentée et insuffisamment habillée et logée.
Rapports existant entre les prix de détail
des denrées alimentaires et ceux de
l'ensemble des autres produits
Comme déjà indiqué, à la fin de la guerre les
prix des produits agricoles à l'exploitation et sur
les marchés internationaux avaient tous deux aug-
Si Foil fait, à l'échelon du détail, une comparai(graphique VI-10) on rereve des différences. C'est
demeuré, pendant toute la période d'après-guerre,
de 20 h 30 pour cent supérieur h l'indice genéral
des prix de détail et n'a manifesté aucune tendance h suivre le mouvement de baisse des prix
agricoles h la production par rapport h l'ensemble des prix. Il en a été de méme en Argentine,
ainsi que dans certains pays d'Extréme-Orient,
Oill'on a observé des tendances plus ou moins
analogues. Par ailleurs, dans les pays du Commonwealth situés dans l'hémisphère Sud, le rapport existant entre les prix de détail des denrées
alimentaires et l'ensemble des prix de détail était
sensiblement le méme a la fin de la guerre qu'en
1938, ce qui impliquait h. la fois la mise en eeuvre
d'un système efficace de contrOle des prix et
l'absence de pénurie grave. Cependant, sous l'effet des pénuries mondiales, l'indice des prix des
denrées alimentaires a progressivement augmenté
plus rapidement que l'indice général et le rapport des deux indices est actuellement presque
aussi élevé qu'en Amérique du Nord.
En Europe, la situation est plus complexe. Les
différentes mesures de précaution prises avant la
guerre dans eertains pays ont empêché la chute
eatastrophique des prix des denrées alimentaires
et agricoles qui s'était produite au eours des années trente en Amérique du Nord et dans d'au-
menté par rapport à la période d'avant-guerre
tres régions exportatrices. Grace à l'éta,blisse-
beaucoup plus que l'ensemble des autres prix.
en a (4.6 de méme h l'échelon du détail, oa les
prix des denrées alimentaires avaient subi, dans
ment d'un équilibre initial plus raisonnable, joint
h un contrOle très strict des prix, le rapport des
l'ensemble, h eette époque une hausse très supérieure a eelle du niveau de vie en général. Mais,
en raison de la rigidité relative des coats de clis-
tribution, les fluctuations des prix de détail de
l'alimentation ont été, aussi bien en valeur absolue que par rapport h l'ensemble cles prix
detail, inférieures à eelles des prix h la produc-
don et des prix de gros. Aux Etats-Unis par
exemple, le rapport existant entre l'indice des
prix de détail des denrées alimentaires et l'indice
général des prix de détail était en 1946 supérieur
de 20 pour eent h celui de 1938, alors
que, le
rapport existant entre l'indice des prix agrieoles
prix de détail des denrées alimentaires et de
l'ensemble des prix de détail était en 1946 très
voisin de celui de 1938. Dans certains pays, eomme
ia France et l'Italie, ce rapport a eu ensuite
tendance à baisser legèrement. Da,ns d'atares,
comme l'Allemagne et le Danemark, les prix des
denrées alimentaires ont brusquement monté par
rapport à l'ensemble des prix quelques années
après la guerre, lorsque les contrOles de prix et,
les subventions à la eonsommation furent supprimés en raison des charges qu'ils constituaient,
ou paree que la période critique de pénurie alimentaire était passée et que les principaux facteurs d'infiation avaient disparu.
Rapport entre l'indice des prix de detail des denrées alimentaires et l'indice
general des prix de detail (1938 = 100)
GRAPHIQUE VI-10.
140
Etats-Unis
Canada
120
120
Ausualie
Afrique du Sud
Nouvelle-
Allemagne
Occidentale
Mande
Belgique
100
Danemark
100
1946
48
50
52
54
1946
48
50
52
54
Turquie
120
Egypte
Iran
lnde (1944=100)
100
1946
48
50
52
54
Rapport entre les prix de détail et
prix à la production
les
L'évolution des prix de aff,ail des denrees alimentaires a été quelque peu différente de celle
des prix h la production (graphique VI-l1). Dans
presque tous les pays, les premiers ont augmente
plus lentement que les seconds pendant et immédiatement apres la guerre. Par la suite, dans les
pays eomme les Etats-Unis, le Canada et les
.Pays-Bas, ot't les prix h la production se sont
mis à baisser, les prix de detail sont demeurés
stables. Dans ceux, comme le Danernark et le
,Tapon, où les prix h la production se sont sta-
les prix de detail des denrées alimentaires
ont continué d'augmenter en mettle temps que
les cofits de commercialisation. Dans tous les
pays, les prix de détail ont varié moins que les
prix h la producticm, et avec un .important décalage. Mettle en Allemagne, on le rapport des indices des prix des denrées alimentaircs h la production et au détail s'est maintenu beaueoup plus
étroitement que (laos la plupart des autres pays,
il s'est ecoulé beaueoup de temps avant que les
hausses de prix survenues en 1950-51 se soient
entièrement répercutées à l'échelon du detail. Lors-
que les prix h la production baissent, l'ajnste-
Indice des prix à la production et indice des prix de détail des denrées all-
GRAPHIQUE VI-11.
mentaires dans certains pays
(Moyenne 1952-53 == 100 ; échelle semi-logarithmique)
Canada
Etats-U nis
100
100
90
80
90
80
70
70
60
60 -
50
SO 40
40
2..*
Pays-Bas
Dan emark
100
90
80
100
90
80
70
60
50
70
-
-
60
-
-
5040-
-
-
--
72
.///
///
///
Japon
40
100
90
80
70
Al I emag ne occid en tal e
60
50
100
90
80
Brési I
70
60
50
100 -
90 80 70 60 50 -
Australie
100
90
80
70
60
50
40
30
--
Avant-guerre
10
1946 47
48
49
50
51
52
53
Avant-guerre
54
-
Indice des prix à la production
145
1946 47
48
49
50
51
52
53
54
indice des prix de détail des denrées alimentaires
ment des prix de détail est genéralement encore,
plus lent.
Certains pays dont la tendance fait exception
h la règle générale figurent au graphique
Au Japon, le fait que la hausse de l'indice des prix
de détail ait été au début, plus rapide que celle de
l'indice des prix h la production semble imputable
au fait que l'indice des prix h la production se
fonde uniquement sur les prix officiels, tandis que
les éléments de l'indice des prix de détail compren-
nent également les ventes sur le marché libre.
Au Brésil, il se peut que le rapport anormal des
deux indices des prix soit imputable h une pond&
ration différente du café h la production et au détail, par suite de l'inflation permanente qui sévit
dans ce pays.
prix de détail des denrées alimentaires pour
miner l'incidence des fluctuations des prix.
Le résultat n'est pas autre chose qu'une mesure
approxirnative du volume de la consommation
des produits alimentaires. Dans les pays d'Arnérique du Nord en particulier, la forte augmentation dn budget alimentaire du consommateur est,
imputable d'une part a une élévation du niveau
de la consommation, caractérisée notamment par
un déplacement marqué des achats vers des denrées plus coûteuses, mais d'autre part, également
A, des méthodes plus onéreuses de traitement, de
conditionnem.ent et de distribution. Qu'elle soit
exprimée en quantité ou en qualité, l'augmentation réelle de consommation alimentaire par habitant est probablement inférieure à celle des ven-
tes au détail par habitant ramenées h des prix
constants. Il en est probablement de méme, quoique dans une mesure moindre, pour les estimations
correspondantes relatives aux autres pays.
Les estimations des achats, par consommateur,
de denrées alimentaires h. des prix constants sont
indiquées par comparaison avec l'indice des prix
de détail de l'alimentation, et également avec les
changements intervenus dans la « valeur réelle
du revenu national par habitant. Dans le cas du
Callada, on voit aisément l'influence des prix et
des revenus sur les adults. Malgré l'augmentation
continue des revenus réels de 1948
1951., les
Prix de détail et niveaux de consummation
des produits alimentaires
Pendant les années où la pénurie a été la plus
grave, le contrôle des prix, et, dans certains pays,
les subventions h la consommation, ont fortement
limité la hausse des prix de détail des denrées alimentaires. Au fur et h mesure de l'accroissement
des disponibilités, les contröles se sont relhchés
pour disparaitre finalement, tandis que les subventions octroyées h la consommation alimentaire
étaient- reduites ou supprimées. Dans un grand
nombre de pays, ces mesures ont provoqué paradoxalement une forte hausse des prix de détail de
l'alimentation au moment précis oil les disponibi-
A,
achats de denrées alimentaires par habitant ont
tendu à diminuer par suite de la hausse des prix
de détail. Mais a partir de 1951, les ventes de pro-
duits alimentaires par habitant ont recommencé
h augmenter lorsque les prix de détail se sont stabilisés tandis que les revenus continuaient d'augmenter. De méme aux Etats-Unis, les achats de
denrées alimentaires par habitant ont diminué de
lités devenaient plus abondantes. Encore tout dernièrement, lorsque les stocks excédentaires ont
commencé à s'accumuler, les prix de détail Wont
pas suivi la tendance h., la baisse des prix h la production. En outre, cette dernière elle-mérne a été
limitée par la mise en ceuvre de politiques de soutien des prix et des revenus agricoles. Tous ces
facteurs ont tendu h freiner un aceroissement de
la consommation parallèle h celui de la production et des disponibilités mondiales, et contribué
1946 A, 1948 lorsque les prix ont augmenté tandis
que les revenus réels demeuraient stationnaires,
mais ont commencé h augmenter lentement h partir de 1949 lorsque les revenus réels se sont mis h
monter et que les prix sont devenus plus stables.
dans une certaine mesure h l'accumulation de
Cependant, dans les deux pays d'Amérique du
Nord, la réapparition progressive des textiles et
autres biens industriels de consommation sur le
marché après les pénuries du temps de guerre a
tendu à. détourner de l'alimentation une partie
stocks excédentaires.
Très peu de pays possèdent des statistiques assez détaillées pour permettre une estimation, méme grossière, de l'effet des variations des prix de
détail ou des niveaux de consommation alimentaire. Cependant, le graphique VI-12 donne une
clu pouvoir d'achat des consommateurs.
Au Danemark et en Norvège, la hausse des prix
des denrées alimentaires consécutive à l'abolition
indication de la tendance des achats de denrées ali-
mentaires par habitant dans plusieurs pays, fondée sur l'estimation des dépenses alimentaires
totales par consommateur, ou éventuellement sur
les indices des ventes au détail. Dans tous les
les estimations ont été corrigées par l'indice des
des contrôles
et des subventions survenue en
1949-50 semble avoir provoqué une diminution
des achats de denrées alimentaires par habitant
en dépit de Faccroissement continu des revenus
réels. En Allemagne occidentale, l'augmentation
146
Dépenses par habitant pour l'achat de denrées alinnentaires à des prix constants,
GRAPHIQUE VI-12.
revenu réel moyen par habitant et indice des prix de détail des denrées alimentaires
(Moyenne 1952-53
100)
Allemagne occidentale
Etats-Unis
110
100
90
80
70
1946
47
48
50
49
51
52
53
54
Canada
Danemark
100
70
90
49
1948
50
51
52
53
54
80
Japon
70
110
1948
49
50
51
52
53
54
52
53
54
Norvège
110
100
90
80
49
1948
50
51
52
53
54
70
Dépenses par habitant pour l'achat de denrées
alimentaires, à des prix constants
=OM&
64188101
n us au am au as
Revenu réel par habitant
Indice des prix de detail des produits
alimentaires
1948
49
50
51
Pourcentage des dépenses totales personnelles consacré à l'achat de denrées
GRAPHIQUE VI-13.
alimentaires
Pourcentage
Pourcentage
50
Honduras
40
Japon
Porto Rico
Allemagne
occidentale
Royaume-Un i
30
Etats-U nis
Dane mar k
1938
1946
48
50
52
Canada
40
1938
1946
48
50
52
Mande
Suède
30
des revenus et la stabilité relative des prix ont
trainé un développement confirm des achats
No ryèg e
denrées alimentaires par habitant ; néanmoins,
dans ce pays, et encore plus au Japon, où les pénmies alimentaires d'après-guerre ont été particulièrement graves, il se peut que l'amélioration
des disponibilités ait constitué, jusqu'à une époque récente, le facteur principal de l'accroissement continu des ventes de denrées albnentaires
par habitant. Dans les pays oil la pénurie n'a pas
été grave, il semble que les prix et le S revenus
aient exercé une influence comparable sur le voume des ventes de produits alimentaires.
1938
1946
48
50
52
taires. Aux Etats-Unis, la proportion moyenne
des dépenses familiales consacrées h l'alimentation est passée de 31 pour cent en 1938 h 40 pour
cent en 1946 (époque h laquelle il y avait cepen-
dant une pénurie d'autres biens de consommation), et était encore de 36 pour cent en 1953. Cet
accroissement doit étre attribué principalement
au fait que la hausse des prix de détail des denrées
alimentaires a été plus importante que celle de
l'ensemble des prix de détail. Au Royaume-Uni,
Rapport des dépenses alimentaires et des
dépenses totales
la proportion du revenu consacrée à l'alimentation
est tombée de 30 pour eent en 1938 h 26 pour cent
en 1946, époque h laquelle les denrées alimentaires
L'un des effets produits par les changements
intervenus après la guerre dans les rapports de
étaient fortement subventionnées h la consommation, mais elle est remontée régulièrement depuis pour atteindre 32 pour cent en 1953. Le cas
extréme s'est produit au Japon on la proportion
prix est la tendance manifestée par les consomma-
teurs d'un grand nombre de pays A. consaerer
l'achat de denrées alimentaires une proportion
de leur budget total supérieure h celle d'avantguerre, et ceci malgré l'élévation importante du
niveau des revenus réels (graphique VI-13). En
règle générale, une augmentation du revenu se
traduit par une diminution de la part du budget
consacrée h l'alimentation, mais cette influence a
été quelque peu exagérée avant la guerre du fait
du prix anormalement bas des denrées alimen-
est passée de 36 pour cent en 1938 h, 66 poni- cent
en 1946, et était encore de 50 pour cent environ
en 1953. Dans les pays comme l'Irlande, la Norvège et la Suède on la proportion du budget consacrée à 1:alimentation n'a pas augmenté, le rapport entre les prix de détail des denrées alimentaires et l'ensemble des prix de détail a'peu varié
par rapport h Faxant-guerre.
148
GRAPHIQUE VI-14.
Inde : Mouvement des prix de gros 1951 - 1955
(Indices ; moyenne 1952-53
100)
Tous produits
P oduitsagricoles
Céréafes
Blé
Riz
Gram (légurnineuses)
Jovvar (millet indien)
Jan,
Avr.
Juil. Oct.
Jan.
1951
Avr.
1952
Juil.
Oct. Jan.
Ave.
Juil.
1953
Source : Reserve Bank of India Bulletin.
149
Oct.
Déc.
Jan.
1954
tion de stocks exchlentaires. Dans les pays monis
fortunés, le plafond imposé par la faiblesse du pouvoir d'achat au volume des ventes et de la consommation de denrées alimentaires et autres produits
agricoles, est encore plus rigide. L'évolution ré-
Niveaux des prix et évolution future
La conclusion générale de cette breve étude est
que le pouvoir d'achat limite à nouveau la vente
et la consonunation des produits alirnentaires.
II s'ensuit que le niveau de la consornmation alirnentaire ne peut réellement s'améliorer que si
le pouvoir d'achat se trouve accru par l'augrnentation des revenus ou la baisse des prix de detail
de l'alimentation. De méme, le maintien de l'expansion de la production agricole dépendra, à la
longue, des mêmes facteurs; car la production ne
peut demeurer longternps supérieure à la demande
cente de la situation dans l'Inde en fournit un
exemple frappant. Bien que la population de ce
pays compte parrni les plus mal nourries du
monde, l'augmentation récente de la production
indigène a provoqué une forte baisse des prix à
l'exploitation des céréales et autres denrées alimentaires (graphique VII-14). Si Von ne parvient
pas à stopper la baisse des revenus à la production, par exemple en assurant à l'exploitant une
proportion plus importante du prix final de vente,
ou en prenant des mesures destinées à développer
la demande de produits alimentaires, la diminution de la rentabilité de la production alimentaire risque de faire obstacle à l'expansion agricole et, par contre-coup, à l'amélioration du ni-
effective.
Il est exact qu'actuellement, dans les pays développés, la plupart des consornmateurs peuvent
aisément faire les frais d'un régime alimentaire
satisfaisant du point de vue nutritionnel. Néanmoins, l'expérience de ces derniers temps montre
que les achats de denrées alimentaires sont encore nettement influencés par le niveau des prix
de détail la rigidité de ceux-ci peut donc contribuer dans une mesure importante à l'accurnula-
veal' de la consommation alimentaire. Certaines
incidences de ces questions sont examinées plus
en détail au chapitre suivant.
150
Chapitre VII
-
LES PROBLÈMES Q-LI SE POSENT ENCORE
des progrès considérables de sorte que les regions
qui étaient considérées autrefois comme inaccessibles sont maintenant en production ; de méme
Avec le recut, les changements qui sont inter-
venus dans la situation de Falimentation et de
l'agriculture ces dix dernières années apparais-
on a fortement amélioré rutilisation du bois en
sent saisissants. La production agricole mondiale
a augmenté de près de 30 pour cent. Dans la plupart des pays, quelques années ont suffi pour mettre fin aux pénuries alimentaires aiguës de l'aprèsguerre. On a évité de graves disettes et dans de
nombreux Etats la consommation alimentaire
atteint un niveau sans precedent. Les. programmes d'assistance, par exemple les programmes
d'alimentation destines aux enfants, ont fait une
large .place aux principes nutritionnels dont on
s'est inspire par ailleurs de facon croissante dans
rélaboration de programmes généraux (le developpement agricole. Dans les pays développés, la mecanisation et radoption généralisée des dernières
ameliorations ont presque révolutionné les methodes agricoles. De leur côté les regions sous-developpées ont fait un effort impressiomiant pour
rationaliser rutilisation des ressources en terres
et en eaux. La productivité des terres et le render
ment de la main-d'ceuvre agricole ont augmenté
une cadence exceptionnelle.
On a etiregistré des progrès parallèles dans le
:réduisant le gaspillage au minimum.
Si le bilan des dix années d'après-guerre est nettement positif, il va de soi que les résultats obte-
nus n'ont pas toils été satisfaisants. Sauf pentétre en U.R.S.S. et en Europe orientale, où Yon a
délibérément réduit les investissements agricoles
en faveur de rindustrialisation, revolution a laissé
davantage h désirer en matière de distribution et
de commercialisation qu'en matière de production. Durant la période la plus critique de la pénude, la distribution de produits alimentaires sur
le plan mondial a été assurée avec hardiesse et
dans rensemble de fawn satisfaisante par le Combined Food Board, le Conseil international de la
crise alimentaire et l'UNRRA. Mais ces organismes avaient un caractere exceptionnel et il ne fut
jamais envisage d'en prolonger rexistence une fois
la crise surmontée. Avec le retour graduel de con-
ditions plus proches de la normale, certains des
problèmes inherents à ralimentation et h ragriculture sont reapparus, en revetant parfois une
forme nouvelle. Quatre (l'entre eux méritent une
domaine des pêches, progrès qui se sont expri-
mention particulière
L'inaptitude de ,la consommation à suivre
més par exemple dans l'emploi croissant de l'énergie mécanique et dans une utilisation plus efficace
des produits de la péche. De vastes perspectives
sont en train de s'ouvrir, par exemple en piscicul-
rexpansion de la production, alors que la sousalimentation sévit manifestement dans un grand
nombre de regions et, partant, la 'formation de
ture, pour rintensification de la mise en valeur
stocks excédentaires de certains produits.
Le manque de souplesse de la production
agricole lorsqu'il s'agit de l'ajuster aux tendances
changeantes cle la demande, inconvenient qu'aggravent souvent des systèmes de soutien des prix
agricoles excessivement rigides. Ce fait contribue
des péches intérieures et maritimes.
Dans le domaine forestier, le progrès le plus
marquant realise ces dix dernières années reside
pent-étre dans le fait que Yon comprend mieux
rimportance que revét une politique forestière
rationnelle pour maintenir le niveau de la production, et le rôle essentiel qu'elle joue dans la conservation des sols et rexploitation efficace des terres. En consequence, on s'attache plus que jamais
h conserver, h améliorer et h développer le capital
forestier. En outre, rexploitation forestière a fait
aussi pour beaucoup à raccumulation des excédents.
La stagnation du commerce mondial des
produits agricoles qui fait contraste avec l'expansion rapide du commerce mondial dans son en151
sellable et l'instabilité des cours d'un grand nombre
L'expérience récente offre de nornbreux exernpies à l'appui de cette observation ; signalons notamment que le ralentissement de l'expansion
agricole en Amérique du Nord est dô à la limitation des débouchés. En outre, des excéclents ne
se sont pas accumulés uniquement dans les pays
où les besoins nutritionnels essentiels sont en g6-
de produits agricoles sur les marchés internationaux. Les obstacles h la libre circulation des produits agricoles entre les pays concourent également h la formation des excédents.
4) Le bas niveau des revenus agricoles dans
la plupart des pays par rapport à celui des revenus dans les autres secteurs économiques, disparité qui en définitive ne peut être supprixnée qu'en
néral satisfaits, tels que les Etats-Unis ou clans
des pays comme Cuba qui se spécialisent dans
la production de certaines denrées d'exportation.
Wane dans des Etats tels que l'Inde où la production alimentaire d'exportation est limitée et
où il est exclu que les disponibilités puissent cxcécler les besoins essentiels de la population en
matière de nutrition, des excédents commencent
améliorant fortement la productivité, et le fait
que les gains réalisés durant l'après-guerre immédiat tendent à disparaitre malgré l'existence
de systèmes de soutien des prix et des revenus
agricoles.
Tels sont certains des principaux problèmes qui
actuellement retiennent le plus Fattention dans
le domaine de l'alimentation et de l'agriculture
et il est probable qu'il en sera de méme au cours
des dix prochaines années. Cela ne signifie pas
qu'il n'existe pas d'autres problèrnes en matière
de technologie et de production. Le besoin d'éle-
se former en raison de l'insuffisance du pouvoir
d'achat, comme l'attestent la baisse des prix,
Faccumulation des stocks et les nouvelles mesures de soutien prises par le gouvernement. Bien
que dans certains pays la pénurie alirnentaire
contribue encore h maintenir les pressions infla-
ver les niveaux de production et de consornmation
dans les pays sous-développés n'a guère perdu de
son acuité. On peut s'attendre dans l'avenir immédiat à ce que la technique marque des progrès
aussi rapides et aussi importants que ceux de ces
dix dernières années, mais le profit que l'on pourra
en tirer dépendra de fawn croissante de l'efficacité avec laquelle on résoudra les problèmes économiques et sociaux de l'agriculture.
Ces problèmes, qui ne datent pas d'hier, sont
redoutables et il est certain qu'on ne leur ap-
il s'agit là en général de pays oit
a fallu limiter les importations de produits alimentaires pour des raisons tenant h la politique
générale ou à la balance des paiements.
tionnistes,
Aussi est-on amené à poser deux questions fon(lamentales : quel sera selon toutes probabilités
le taux d'accroissement clu niveau de la demande ? Quelles mesures peut-on prendre pour aceroitre la demande de produits agricoles ?
portera pas de solution définitive au cours des
Taux d'accroissement de la demande
clix prochaines années. Néanmoins, il est perrnis
de penser, sans faire preuve d'optimisme excessif, qu'on peut s'y attaquer avec plus de chances
de succès dans les conditions actuelles que dans
celles qui ont caractérisé l'entre-deux guerres. On
examinera maintenant les quatre problèmes mentionnés ei-clessus, à la 'unlike de l'expérience acguise ces dix dernières années.
La demande mondiale de produits agricoles,
forestiers et des péches n'a cessé de s'élever ces
dix dernières années ; il est probable que cet accroissement continuera et il se peut méme qu'il
s'accélère. Le renforcement de la demande dépend normalement, en premier lieu, de l'accroissement démographique et, en second lieu, de trois
facteurs étroitement liés dont dépend le niveau
de la demande par habitant : a) les fluctuations
du revenu réel par habitant et de la distribution
Le problème de la sous-consommation
des revenus ; b) les efFets des fluctuations du re-
On a montré dans les chapitres précédents que
venu réel sur la demande de prodnits alimentaires et c) les variations autour de la tendance
long terrne.
On escompte que la population mondiale augmentera de 10 à 17 pour cent durant les 10 prochaines années et que l'accroissement maximum
sera enregistré en Amérique latine et l'accroissement minimum en Europe occidentale. Ces prévisions font entrevoir une évolution comparable
dans une grande partie du monde, l'expansion
de la production et de la consommation est limi-
tée, en général, plutôt par le niveau de la demande effective de produits agricoles que par
l'insuffisance de moyens techniques ou le manque
d'organisation. Aussi un nouvel accroissement de
la production ne pea se justifier que s'il s'accompagne d'un accroissernent parallèle de la consommation.
h celle de ces dix dernières années (tableau VII-1).
152
TABLEAU VII- I. ESTIMATION DE LA POPULATION
MONDIALE PAR REGION, 1955 ET 1965
TABLEAU V11-2. FLUCTUATIONS DE LA PRODUCTION IN DUSTRIELLE ET AGRICOLE MONDIALE
PAR HABITANT
1965
1955
Estitna- Estima- Estima- Estimation
tion
tion
tion
mini-
maxi/1111M
..
Monde .
.
2 603
Amérique Latine
181
.
.
U.R.S.S.
215
Proche-Orient .
122
Afrique .
165
Extr6meOrient .
1 318
.
Océanie
14
Arnerique du
Nord .
179
Europe orientale . . . .
75
Europe oecidentalei. . . 334
SIilUoi,s
. .
minimum
Non compris les
E'tats-Unis
Tndustrie
Agriculture
11111111
Indices 1955
ra nt-g nun.?
100
100
2 853
3 052
220
230
121
127
241
251
112
117
135
143
176
199
107
121
1 436
1 559
109
110
N-N
maxi-
Industrie
(production Agriculture
minter° et
industrielle)
117
1946
100
90
69
81
1947
110
91
76
84
1948
117
95
85
88
1949
116
96
93
91
1950
131
97
102
93
1951
140
98
Ill
94
118
1952
141
102
112
96
1953
149
103
117
98
1954
147
100
125
97
117
15
16
109
116
197
204
110
114
82
85
109
113
351
365
105
109
Non commis l'U.E.S.S
a chine et l'Europe orientate,
industrialise's et de eelui de l'activité économique
nationale.
L'accroissement de la production industrielle
Framework of Future Population Eetim«tes, (E/Conf.
13/126), Division de la population de l'Org,anisation des
So urce, :
mondiale qui a été très marqué de 1946 à 1051,
s'est quelque peu ralenti par la suite (tableau VII-
Na tions trines.
' Y compris l'Allemagme tout entière.
2). De 1950 à 1954, l'accroissement annuel moyen
par habitant a été environ de 3 pour cent pour
l'ensemble du monde (exception faite du groupe
de pays communistes) ou d'environ 4 pour cent
Les facteurs qui déterminent le niveau de la
demande par habitant sont fonction d'un si grand
nombre d'éléments variables que toute estimation h long terme est nécessairement très approximative. Tout all plus peut-on indiquer l'orientation et l'orclre de grandeur des effets que chaque facteur principal pent exercer.
Fluctuations du revenu par habitant. Il n'existe
si l'on exclut également les Etats-Unis. I-1 est probable que ces chiffres seraient légèrement plus éle-
vés si l'on tenait compte de 1955. Si l'accroissement moyen de 4 pour cent par an se maintient
cl urant les dix prochaines années, l'augmentation
totalc de la production industrielle par habitant
sera de près de 50 pour cent. Si l'on applique la
règle des deux tiers, on obtient un accroissement
pas de statistiques satisfaisantes du revenu national à l'échelle mondiale, mais l'accroissement
cle la production industrielle mondiale peut in-
du revenu national par habitant de près de 30
pour cent. On ne doit conSidérer ce ehiffre que
comme constituant une indication du taux pos-
diquer approximativement les fluctuations du reVellU réel qui sont susceptibles d'influer sur la
demande des produits agricoles qui sont commer-
sible d'aecroissement et non compile une prévision. Il ne pourra etre atteint, bien entendu, que
si les gouvernements réusSissent h empécher de
graves crises avec autant de sucU's que durant la
cialisés. Les renseignements provenant cl 'une clouzaine de pays pour lesquels on dispose de données
montrent que le rythme d'accroissement clu revenu national réel est à peu près les deux tiers
de celui de la production inclustrielle. Ce rapport
pent étre différent dans les pays sous-développés, mais dans la mesure où ceux-ei sont affectés
par la demande de produits d'exportation le niveau de leur revenu dépend, dans une large mesure, du niveau de Factivité industrielle des pays
période qui s'est écoulée depuis la guerre.
Revenus et dépenses consacrées à l'alintentation.
L'effet d'un tel accroissement du revenu par habitant sur la demande de produits agricoles et en
particulier de denrées alimentaires dépendra de
sa localisation. Lorsque les individus ou les nations
disposent d'un revenu plus élevé, ils tendent
153
GRAPHIQUE VII-la.
Rapports entre le revenu national par habitant et les dépenses consacrées
l'alimentation, aux boissons et au tabac par habitant (tout en dollars E.-U.)
Dépenses consacrées à l'alimentation, aux boissons et au tabac (S)
400
CANADA
300
DÉPENSE
OYENNE
AUSTRALIE
NORVÈGE
200
PORTO RICO
IRLANDE
ALLEMAGNE OCCIDENTALE
100
HONDURAS
o
EQUATEUR
200
400
600
800
1000
1200
Revenu nationai par habitant (S)
GRAPHIQUE VII-lb.
Part estimée de chaque centaine de dollars supplémentaire du revenu consacrée
ralimentation, aux boissons et au tabac
Dépenses supplémentaires consacrées à l'alimentation, aux boissons et au tabac (S)
1 00
50-
o
0100
100200
200300
300400
400-
500-
500
600
600700
700800
800900
900-
1000-
1000
1100
11001200
12001300
Augmentation, en centaines de dollars, du revenu national par habitant
aeheter relativement moins de procluits alimentaires, de boissons et de tabae que d'autres produits bien que le montant total de leurs dépenses
augmente. Ce fadt ressort elairement des ehiffres
de dépenses qui sont donnés pour un certain nom-
bre de pays au graphique VII-1. L'ande graphique approximative des quelques observations pré-
cédentes montre (graphique VII-1 b) qu'en mo154
L'accroissement du pouvoir d'achat n'influe
pas de fawn identique sur tous les produits. Comme on l'a montré dans le precedent rapport 3 , la
consommation humaine de céréales et de pommies
yenne la part de chaque centaine de dollars de re-
venu national par habitant qui est dépensée
achats de produits alimentaires, de boissons et
de tabac tombe de 55 pour cent pour la première
de terre augmente avec le pouvoir d'achat si le
centaine à 38 poni cent pour la deuxième, à environ 25 pour cent pour la septième, h., 20 pour cent
pour la neuvième et les centaines successives
Les accroissements du revenu national dans les
revenu est faible, mais elle tend à fléchir lorsque
ce dernier dépasse environ 200 dollars par habitant. En revanche, la consommation de protéines
animales, c'est-h-dire de viande, de produits laitiers, de poisson, etc., continue h augmenter jusqu'h un niveau élevé de revenu national par ha-
pays qui ont un très faible revenu par habitant
sont done susceptibles d'exercer des effets beaucoup plus sensibles sur la demande de produits
agricoles que des accroissements parallèles dans
les pays à revenu élevé. En accelerant leur effort
de developpement éconornique durant les dix pro.
chamesannées, les pays peu développés influerout profondément sur l'accroissement de la demonde de produits agricoles.
Le niveau de la consommation de produits alimentaires et d'autres denrées agricoles dépendra
non seulement du revenu reel par habitant, mais
également du prix payé par le consommateur. On
a montré dans le chapitre VI que mettle dans les
pays les plus riches, il existe encore pour les produits alimentaires une forte élasticité par rapport
aux prix et il semble que dans le monde en general cette élasticité soit sensiblement plus forte que
bitant. A son tour, une forte consommation de pro-
duits de l'élevage élargit les débouchés pour les
céréales secondaires et d'autres produits fourragers. Ainsi, un accroissement continu de la demande dans les années h venir pourra exercer des
effets très différents selon les produits alimentaires.
Etant donne que les carences mitritionnelles
sont plus graves dans les pays peu développés
qu'ailleurs, il importe particulièrement que ces
derniers développent leur consommation d'aliments protecteurs tels que les produits de l'élevage,
les fruits et les legumes. L'éducation nutritionIlene peut faciliter la realisation de cet objectif.
l'élasticité par rapport au revenu pour les pro(hits agricoles, et en particulier les denrées alimentaires. Il faut s'attendre que revolution des
prix des produits alimentaires et autres denrées
précédemment, la production industrielle augmente
de quelque 50 pour cent au cours des dix prochaines
années, m calcul approximatif montre que la production alimentaire mondiale par habitant augmen-
tera peut-être de pies de 4 pour cent si les prix
restent constants. En combinant cette estimation
et les previsions démographiques figurant au tableau VII-1, on s'apercoit que si les prix restent
inchangés, il n'est pas exclu que la consommation
mondiale de produits alimentaires augmente de 14
h 22 pour cent ces dix prochaines années. Des calculs analogues indiquent, toutefois, que l'accroissement de la consommation par habitant serait
annulé par une hausse des prix d'environ 5 pour
agricoles par rapport h celle de l'ensemble des prix
exerce sur le volume de la consommation des effets
au moins comparables à ceux des variations du
revenu 2.
1 L'étude des fluctuations annuelles enregistrées
dans les mêmes pays durant cette période conduit
cent ou double par une baisse de 5 pour cent. Dans
le premier cas, il se peut que l'accroissement de
la consommation totale n'atteigne que 10 pour
cent alors que dans le second il West pas exclu
atteigrte jusqu'h 26 pour cent selon les previsions
démographiques utilisées. Des fluctuations plus
fortes du nivean des prix entralneraient des fluctuations parallèles en hausse ou en baisse du volume
de la consommation.
L'élasticité par rapport aux prix est apparue plus
h des conclusions analogues.
2 On peut se faire une iclée très approximative
des effets des fluctuations passées des prix et de la
production industrielle mondiale sur le niveau de
la consommation en analysant les rapports entre les
indices de la production agricole (chapitre V), ceux
des prix pratiqués dans les échanges internationaux
(chapitre VI) et ceux de la production industrielle
mondiale que l'on a déjh Undies. Une telle etude
indique que la consommation d'ensemble de produits agricoles (que Fon suppose équivalente h la
production dans Phypothèse choisie) a fléchi Wenviral' 9 pour cent pour chaque hausse de 10 pour
cent des prix (le niveau de la production industrielle
restant inchangé) mais a augmenté d'environ 5 pour
faible pour les matières premières agricoles, les
boissons et le tabac que pour les produits alimentaires, mais l'élasticité du premier groupe de produits
par rapport au revenu a semble nettement plus
élevée.
Cette etude préliminaire, toutefois, ne tient pas
compte de facteurs tels que les effets exercés par
cent pour chaque accroissement de 10 pour cent
de la production industrielle (les prix restant cons-
les politiques nationales de prix sur les fluctuations
des prix mondiaux, les mouvements des stocks ou
les changements intervenus dans la répartition géo-
tants).
Pour les produits alimentaires et fourragers, l'élasticité de la demande a été modérée par rapport aux
graphique de la production industrielle et elle ne
doit 'are considérée que comme indiquant un ordre
prix mais elle a été assez faible par rapport aux
fluctuations de la production industrielle considérées
ici comme representatives des fluctuations du revenu reel. Par exemple, si, comme on l'a suggéré
de grandeur.
La situation mondiale de l'alimentation
l'agrieutture, 1954, pages 38-40.
155
et de
On a estimé par exemple que pour atteindre les
modestes niveaux de nutrition indiques dans la
deuxième Enquéle mondiale de la FAO sur l'ah-
Les problèmes que soulèvent Paccroissement
du revenu national et l'élargissement de sa distribution ont été examines par le Conseil économique et social et il est clair qu'ils débordent largement le cadre du manciat de la F.A0 aussi les at-on laissés de côté. Les mesures destinées à relever le niveau de consommation des produits alimentaires, et auxquelles est consacrée la dernike
conclusion ei-dessus ont été clairement expoEées
dans le rapport de la septième session de la Conférence (fin 1953). Ces mesures peuvent se classer, en gros, sous trois rubriques
Mesures destinées diffuser les principes
nutritionnels et A. faire l'éducation du
mentation, le pourcentage d'accroissement des
disponibilités en lait du Proche-Orient devra 'are
presque le double de celui qui est nécessaire
l'Europe. Dans toutes les régions, il est souhaitable; du point de vue nutritionnel; d'assurer aux
disponibilités d'aliments protecteurs un accroissement proportionnellement plus important qu'aux
disponibilités de cereales, par exemple.
Fluctuations cycliques. La tendance générale
l'accroissement de la demande peut ôtre serieusement contrariée par les fluctuations cycliques
eonsommateur
Programmes spéciaux de distribution gra-
de l'activité économique. On est maintenant beau-
coup mieux armé pour amortir
ces
fiuctua-
tuite ou à prix réduits visant a assurer
une nutrition satisfaisante aux groupes
tions et l'apparition de graves crises semble maintenant beaucoup plus improbable que par le passe.
Néanmoins, il faut reconnaitre que la stabilité relative de l'économie mondiale depuis la guerre
vulnerables de consommateurs, et
Mesures destinées
remire les produits
alimentaires et atares denrées agricoles
meilleur marché pour l'ensemble des con-
est due autant à l'existence de eirconstances favorables qu'A, Papplication d'une politique délibérée. Il serait imprudent d'affirmer dès mainte-
sommateurs.
nant que Paceroissement à long terme des revenus
et de la demande ne s'accompagnera pas de reculs
temporaires ou m'eme de difficultés plus durables.
La Conférence a recommandé d'entreprendre
cette triple action, mais les derniers renseigneincas dont on dispose semblent indiquer que,
pour le moment, relativement peu de progrès out
Mesures destinées à développer la demande
été réalisés dans la plupart des pays.
Les paragraphes précédents permettent de degager, semble-t-il, un certain nombre de conclu-
Dif fusion des principes nutritionnels et éducation du, consammateur. On peut souvent stimuler
la demande de eertains produits alimentaires
et la consommation
sions
familiarisant le public avec l'importance nutri-
Le principal moyen d'accroitre la demande de
tionnelle de ces produits et avec leur préparation
pour la consomraation. Le développement de la
consommation de iait liquide dans un grand nombre de pays occidentaux est clfi, en grande partie;
au vaste effort éducatif qui a été fait pour souli-
produits agricoles est de prendre des mesures pour
élever le revenu national par habitant.
Pour les produits alimentaires, en particulier,
mi obtiendra un accroissement maximum de la
demande effective si la hause des revenus se limite au groupe de consommateurs les plus (lefavorises, c'est-à-dire aux pays les moins développés et aux couches sociales les plus pauyres de
chaque Etat.
gner la valeur nutritionnelle de ce produit. De
m'eme pendant la guerre, de nombreux Etats ont
entrepris, avec un succès considerable, une action
de propagande afin d'ineiter les consommateurs
consommer certains aliments AL la place de ceux
dont Foffre était insuffisante ; quelques pays ont
encore recours à eette méthode.
Etant donné que l'élasticité par rapport aux
prix, en particulier pour les produits alimentaires,
sernble comparable sinon supérieure à l'élasticité
par rapport au revenu, le moyen le plus efficace
d'acercare les niveaux de consommation des pro-
summation si les irix restent inchangés, ou uno
hausse de ces dermei:s si le volume des disponibilités
duits alimentairesl sera de prendre des mesures
pour réduire les prix de detall.
reste constant. Un renforcement de la consummation imputable uniquement h une baisse des prix
de detall n'implique done pas un accroissement de
la demande de produits alimentaires, sauf peutetre s'il resulte de l'élimination cle méthodes de
distribution ou de transformation excessivement
compliquées. On peut considere!: que la demande
s'est déplacée des services vers les produits ali-
il semble indique de préciser comment les accrois-
sements de la demande se distinguent de ceux de
la consummation. Un relèvement de la demande
de produits alimentaires da h. une hausse des revenus peut entrainer 1.111 accroissernent de la con-
mentaires.
156
risquerait de provoquer une baisse de la produc-
La diffusion des principes nutritionnels et l'éducation du consommateur revétent une importance
particulière lorsqu'on entend développer la production des denrées alimentaires dont la consommation est souhaitable au point de vile nutritionnel mais avec lesquelles la population est peu fa-
tion. En pratique, pour obtenir une baisse des
prix au détail, il faut comprimer les conts de com-
mercialisation ou les coûts de production de faque le producteur puisse accepter une baisse
des prix sans avoir à subir une réduction de ses
revenus, ou appliquer ces deux mesures simulta.nément. L'amélioration de la productivité clans le
secteur de la production et la rationalisation de la
distribution sont les conditions de l'accroissement
miliarisée. Mais si l'on ne prend pas en meme temps
des mesures pour faire connaître aux consommateurs taut la valeur nutritionnelle de ces denrées
que les meilleurs moyens de les préparer, tous
les efforts destinés à en accroître la production
des ventes et de la consommation de produits agricoles.
risquent d'étre \rains.
Programmes spéciaux de distribution. Parmi les
Compression des rais de commercialisation. Le
moyen le plus direct de réduire les prix au detail
est de réduire l'écart qui les sépale des prix à la
production. Comme on l'a montré plus haut, cet
kart a tench' à s'élargir ces dernières années. Dans
certains cas, ce sont les profits élevés qui sont en
grande partie responsables de la cherté des denrées alimentaires, mais le plus souvent il fatit incriminer l'inefficacité et le caractère périmé de
méthodes de commercialisation dont l'emploi se
traduit par de fortes pertes dues a.-u gaspillage,
méthodes qui ont été utilisées avec profit tant
pour le consommateur que pour le producteur de
denrées alimentaires, citons la distribution gratuite ou subVentionnée de lait aux enfants et aux
mères, les programmes de déjeuner scolaire,
distribution de vivres aux indigents, l'octroi (le
rations supplémentaires sous forme de dons aux
titulaires d'une assurance-chômage et enfin les
secours publics (programmes de distribution de
bons (l'alimentation). Bien entendu, les ressources financières des gouvernements assignent une
limite aux mesures de ce genre. L'exécution de
bien le faible volume du commerce et le cofit élevé
de chaque unité ali detail. Ce dernier inconvenient
est particulièrement fréquent clans un grand nombre de pays oh le chômage et le sous-emploi sont
ces programmes sur le plan international a été
facilitée par
une action intergouvernementale,
multilatérale comme pour le lait (UNICEF) ou
bilatérale (écoulement des excédents détenus par
1e3 Etats-Unis dans le cadre de programmes spé-
élevés et oft un trop grand nombre crindividus
sont incites h ouvrir des magasins de vente au
détail, accentuant ainsi l'émiettement des affaires
dont le volume est insuffisant. En outre, de nombreux producteurs agricoles dans les pays peu developpés consacrent une grande partie (le leur
activité h la vente au detail en écoulant leur production sur les marches locaux.
On a déjà souligné l'intérét croissant que l'on
porte aux organismes de commercialisation
établis par les
notamment les cooperatives
producteurs, organismes qui, s'ils sont gérés de
fa9on avisée, peuvent fortement contribuer h (16velopper les yentes et h réduire le coíit de la commercialisation, voire de la production. L'Office de
commercialisation (In lait au Royaume-Uni en
offre un exemple saisissant. Ces organismes, s'ils
ciaux d'alimentation ou de distribution de paquets alimentaires). De vastes possibilités s'offrent encore aux gouvernements pour developper, individuellement ou collectivement, la consommation de produits alimentaires par de telles
mesures ou par des mesures analogues.
Abaissement des prix au (Wail. Les programmes spéciaux d'éducation et de distribution, quel
que soit leur intérét, n'ont évidemment qu'une
application limitée et il semble que seules les mesures destffiées à rendre les produits alimentaires
meilleur marché pour le consommateur aillent
au cceur du problème. La rigidité des prix de detail, en entrainant celle des niveaux de consom-
sont dotes de pouvoirs suffisants, peuvent réorienter les courants d'approvisionnement, affecter des parts variables de l'offre à différentes utilisations et distribuer l'ensemble des quantités
mation, est un des facteurs qui tendent à provoquer la formation de stocks excédentaires.
Avant de proposer une reduction du prix de detail des denrées alimentaires, il faut en examiner
les effets sur le revenu du producteur, car dans la
plupart des pays les revenus de l'agriculture sont
déjà faibles par rapport h., ceux des autres branches d'activité et tendent h perdre encore du terrain ;il serait contre-indiqué, du point. de -vue social, de les réduire davanta;ve et une telle mesure
qu'ils ont re9ues de fa9on h assurer une commercialisation rationnelle. Dans de nombreux pays,
les cooperatives de consommation penvent éga.lement jotter un rôle important.
De méme, on est -souvent en mesure
ser les prix en rationalisant la commerCialisation,
157
sans en refondre entièrement les méthodes. Pa mi
les moyens d'améliorer cette dernière dans les
ne se propage que lentement, en particulier dons
les pays sous-développes, si on laisse le mouvement
grandes villes et dans les pays developpés, citons
s'entretenir de lui-méme. En accelerant l'effort
la vente massive au detail, le « self-service », Fame-
de vulgarisation et d'éducation rurale, les gouvernernents peuvent hater du méme coup la diffusion de la technologie moderne dans les regions
encore peu avancées. Cet effort devrait s'accom-
nagement de vastes installations de vente 1, Forganisation rationnelle des marches de gros et enfin la distribution efficace des denrées périssables
(lait, fruits frais et legumes). L'organisation de
moyens d'entreposage, de traitement et de transport satisfaisants afin de réduire le gaspillage,
l'adoption de poids et de mesures rationnels et
commodes et le contr6le de l'observation des nor-
mes de qualité, comptent parmi les mesures qui
conviennent le mieux pour améliorer les systèmes de commercialisation les plus rudimentaires.
Dans certains pays, les gouvernements peuvent également apporter une aide appreciable
en levant certains obstacles à la reduction des
frais de commercialisation tels que les taxes sur
le chiffre d'affaires et les taxes locales prélevées
sur les produits alirnentaires essentiels ; ils peuvent aussi faciliter la compression de ces frais en
créant des services charges de fournir des renseignements et des previsions sur le marché et les
récoltes et, en particulier, en octroyant du credit
pour financer l'entreposage des denrées et atténuer la dépendance des producteurs vis-à-vis des
negociants locaux.
La baisse des prix de Mail par l'amélioration
de la productivité et l'abaissement des prix des denrées agricoles. Le prix à la production est un
pagner d'une intensification des travaux de recherche tant pour rnettre au point des méthodes
plus satisfaisantes que pour adapter les résultats
de ces travaux aux conditions humaines et au
milieu propres à chaque pays. On reconnait de
plus en plus l'importance de développer les services de vulgarisation et les moyens de recherche
et c'est peut-étre dans cette direction que l'on
est en mesure de réaliser les progrès les plus encourageants, comme le montre clairement l'étude
effectuée au chapitre III.
Coût en capital de l'amélioration des métbodes de
production. Dans de nombreux cas, l'amélioration
des méthodes de production en agriculture, en sylviculture et dans le domaine des pêches nécessite
peu de dépenses en capital. Dans d'autres cas,
au contraire, il faut accroitre sensiblernent le capital fixe ou d'exploitation et on a souligné, au
chapitre VI, que dans les pays developpes, les
dépenses afférentes aux facteurs de production
augmentent de fawn continue. Etant donne les
foibles revenus de la plupart des agriculteurs et
des pêcheurs, cette augmentation des wilts pent
étre un obstacle insurmontable à l'amélioration de
la productivité, et l'octroi de moyens supplémen-
element du prix de detail des produits alimentaires aussi important que la part prelevée par
taires de financement et de credit est souvent
les intermédiaires. On a examine dans le chapitre
IV du present rapport les nombreux progrès technologiques realises en agriculture, en sylviculture
et dans le domaine des péches et leurs applications. La diffusion des méthodes agricoles modernes et l'amélioration de la productivité perrnet-
indispensable pour obtenir des progrès substantiels.
Les gouvernements ou les établissements publics
de financement devront souvent tout au moins au
début
se charger d'octroyer aux agriculteurs des
facilités de credit agricole ab des conditions acces-
traient d'abaisser les prix à la production non
seulement sans avoir à réduire les revenus des
sibles meme au petit exploitant. Il s'agit là du
credit à court terme nécessaire aux dépenses
exploitants rnais meme en les augmentant. L'emploi de la technologie et des méthodes modernes
d'exploitation telles que l'achat de semences améliorées, d'engrais ou de petit outillage et encore
davantage du credit h moyen terme qui est indispensable pour moderniser l'élevage, acheter des
Une etude comparative effectuée récemment
sur les systèmes de vente au detail au RoyaumeUni, aux Etats-Unis et au Canada montre que si
ces deux derniers pays ont moins d'épiceries par
anirnaux de trait, et des machines agricoles et
enfin aménager les installations ou améliorer le
sol. Dans de nombreux cas, les cooperatives de
credit peuvent étre le meilleur moyen d'assurer
un flot suffisant de credit à court et à moyen
mille habitants que le premier, le rythme des ventes
par rapport au nombre d'employés y est, en revanche, plus rapide. C'est lh une consequence du
niveau élevé des revenus et du coat de la maind'ceuvre que n'a rien de surprenant. Néanmoins,
les Etats-Unis et le Canada ont davantage de ma-
terme. En fait, ces cooperatives peuvent avoir un
double rôle en effectuant également des achats en
bloc, afin de réduire au profit de leurs membres,
le cart des engrais, des prodnits antiparasitaires
gasins de luxe et de demi-luxe que le Royaume-Uni,
de sorte que le nombre total de magasins par male
habitants est à peu près le méme dans les trois pays.
Hall and Knapp, The Economic Journal, mars 1956.
158
difficultés d'application. La présente section étudie
et de l'équipement. Néanmoins, lorsque les conditions sociales et le degré d'évolution d'un pays ne
certains des efforts que l'on fait actuellement
pour éliminer les effets secondaires indésirables
que le soutien des prix exerce sur l'économie, par
exemple la rigidité qu'il lui confère, sans sacrifier
pour autant ses avantages incontestables. Il s'agit
là non seulement d'un problème urgent A, l'heure
actuelle, mais il est probable qu'à l'avenir l'évolution de la situation de l'alimentation et de l'agriculture dépendra pour beaucoup de l'efficacité de
la solution qui lui sera apportée.
permettent pas encore d'y instituer la coopérafive, il faudra peut-ëtre laisser aux organismes
uouvernementaux
le soin de remédier à cette can
rence.
LE PROBLÈME DU SOUTIEN DES PRIX
ET DE L'ASSOUPLISSEMENT DE LA
PRODUCTION
L'insuffisance du pouvoir d'achat était déjà 1'une
des principales raisons de Faccumulation soudaine
Soutien des prix et surproduction
de stocks excédentaires de produits agricoles,
alors méme que Von n'avait pas complètement
Des son application aux Etats-Unis, premier
surmonté la dernière des pénuries d'après-guerre.
Cette accumulation a été due également à. la rigidité de la structure de la production, rigidité
aggravée par l'adoption généralisée de politiques
pays b. l'adopter, on s'est rendu compte que le
soutien des prix pouvait amener la production à.
excéder la demande. Tout de suite des dispositions
furent prises pour limiter les superficies cultivées et
allouer, pour certaines cultures, des contingents de
de soutien des prix. La production agricole, de
par sa nature même, ne peut s'ajuster aussi rapidement aux fluctuations de la demande que la
commercialisation et on a appliqué ces mesures
de façon croissante ces dernières années. POUr
limiter à l'avenir les accroissements indésirables
de la production, il faudra compter davantage sur
ces mesures que sur l'assouplissement relatif du
système de soutien des prix qui vient d'être assuré par la legislation. La limitation des superficies cultivées a contribué de façon assez efficace
dans le passé à restreindre la surproduction de
certaines denrées, telles le coton et le tabac. S'il
y a néanmoins surproduction généralisée de den -
production industrielle. Le soutien des prix, toutefois, a permis de maintcnir la production à. un
niveau rentable ou nre'me de la développer une
fois la demande effective satisfaite, les disponibilités qui ne trouvaient pas d'acheteur venant
bien entendu grossir les stocks dont le volume
allait croissant.
Le soutien des prix s'identifie maintenant si bien
plus de
avec l'aspiration de tous les hommes
sécurité et de bien-étre qu'il est probable que peu
d'Etats l'abandonneront. Il a donné aux agriculteurs une stabilité et une confiance sans précédent
A.,
rées agricoles, il se peut que l'emploi de cette
méthode ne fasse que déplacer le problème d'un
produit à l'autre. En outre, cette limitation implique la mise sur pied d'un appareil administra-
et a contribué de fa çon importante h la rapide
reprise de la production après les hostilités. Sa
tif complexe, elle est longue à appliquer et ne
justification réside dans le fait que les agriculteurs,
revé't évidemment qu'un caractère restrictif.
Un autre système qui a été adopté ces dernières
années en France pour le blé et au RoyaumeUni pour le lait, consiste h n'appliquer le soutien
des prix qu'à un montant limité de la production.
et en particulier les petits exploitants, sont mal
armés pour traiter avec les négociants, les usiniers
etc., lesquels disposent de ressources financières
très supérieures aux leurs. Aussi les producteurs
sont-ils fondés à créer des organismes de commercialisation qui peuvent dans une certaine mesure
rendre le soutien des prix moins nécessaire.
En France, les garanties de prix portent sur le
volume estimatif des besoins nationaux en blé
pour la consommation humaine directe et, au
Royaume-Uni, sur la demande intérieure de lait
En mitre, si ce dernier a contribué dans une
grande mesure à Faccumulation d'excédents, il en a
également, pour une large part, prévenu les conséquences les plus néfastes. Il a perrnis au gouverne-
liquide.
Tout supplément de production doit 'are vendu
au prix qui est offert : le blé est écoulé sur le marché d'exportation ou sert h l'alimentation animate,
ment de tenir solidement les stocks sans quoi
eut été quasi-impossible d'éviter un effondrement
des cours et des revenus agricoles, qui aurait pu
avoir de fhcheuses répercussions sur l'ensemble
et le lait utilisé dans l'industrie laitière. Il est
probable que ce système atteint le maximum
d'efficacité lorsque l'ensemble de la production
est vendue par l'intermédiaire d'un organisme
central. Méme dans ce cas, son utilisation peut
de l'économie mondiale.
On a examiné dans le chapitre II la genèse des
politiques de soutien des prix et les raisons qui
soulever des problèmes complexes si l'on n'a pas
fixé de prix moyen pour les différents usages de
les ont motivées et dans le chapitre IH leurs
159
chaque produit, en particulier s'il fatit affecter
chaque exploitant un contingent de production
profitent, qu'ils en aient besoin ou non) et de tendre,, à favoriser une production à coat élevé. Aussi
fait-on des efforts croissants pour comprimer ce
dernier, en particulier sur les exploitations marginales, en abaissant par les subventions ou d'au-
ou de commercialisation. Ce système est nettement
moins restrictif que la fixation d'un plafond fixe
A, la production et à la commercialisation, mais
en l'utilisant on s'expose davantage au risque de
stimuler exeessivement la production d'exportation.
tres moyens le coat des facteurs de production
tels que les engrais, le earburant pour les trac-
Le soutien des prix et la structure de la
teurs, les machines agricoles et autre équipement
(voir chapitre III). On peut également accorder
production
des subventions dans un but particulier, par
exemple pour l'élevage des bovins sur les exploitations de coteau marginales.
Le soutien des prix peut fausser l'adaptation
de la structure et du volume de la production A.
la demande sur le marché. Une des critiques qui
Ce système carte moins cher à l'Etat qu'un
soutien rigide des Prix lequel tend A, maintenir les
prix au niveau nécessaire pour empécher la disparition des producteurs les moins efficaces. Il profite également aux consornmateurs, car en rédui-
a été achessée au système cies Etats-Unis est qu'en
limitant le soutien des prix à un certain nombre de
produits tels que le blé, le coton et le tabac,
favorise la production de ces produits au détri-
sant les coats de production il permet d'abaisser
le prix de soutien. On peut obtenir des résultats
semblables en développant les services de vulgarisation et les facilités de crédit et en prenant
ment de ceux qui ne bénéficient d'aucun soutien,
par exemple la viande, dont la demande est en
train d'augmenter et l'élasticité par rapport aux
prix assez forte. En outre, le prix-plancher fixé pour
d'autres mesures analogues pour récluire les coats
de production.
les autres céréales fourragères limite dans une
certaine mesure la possibilité de récluire le coat
de production de la viande.
Le Royaume-Uni et la Suède, par exemple, se
sont efforcés d'éviter ces causes de rigidité dans
Le soutien des prix et le commerce international
la structure de la production. Ils mettent l'accent,
On a également reproché au soutien des prix de
mettre des entraves supplémentaires au commerce
international. Des prix de soutien élevés peuvent
limiter les importations afin d'éviter une
chute des prix du marché qui se traduirait par un
accroissement des dépenses publiques. De metne,
il tend
provoquer le subventionnement des
clans une large mesure, sur le soutien de l'ensemble
des revenus agricoles pluta que sur celui des prix
de produits déterminés. Dans la limite chi revenu
de soutien, les stimulants sont fournis selon le cas
pour le lait, le blé, le bacon, etc., suivant la poli-
tique natimiale ou la demande des consomrnateurs.
A,
exportations et peut faire craindre que l'on n'ait
II semble que l'on puisse ménager beaucoup
recours à d s procédés de concurrence déloyaux si
la product:on nationale dépasse la demande effective sur le marché intérieur au niveau chi prix de
plus de souplesse au système du soutien cles revenus
qu'à celui du soutien des prix. Mais il petit etre
A, appliquer. Une étucle qui vient d'étre
difficile
soutien.
effectuée sur le système utilisé au Royaurne-Uni
laisse penser qu'en pratique les encouragements
sont fournis parfois aux produits dont l'offre est
déjà abondante plutôt qu'à ceux clont il faut
développer la production, par exemple du fait de
rapplication d'une formule rigide pour tenir
compte des changements clans le coat des produits
L'effort le plus intéressant qui ait été effectué
dernièrement pour limiter ces entraves au mécanisme normal des échanges est la récente mise au
point par le Royaume-Uni d'un système de versemerits de compensation pour les céréales. Ces der-
nières font concurrence sur le marché libre aux
céréales importées qui ne sont soumises à aucune
restriction. Toute différence entre le prix moyen
réalisé et le prix de soutien est comblée par les
sommes que le Trésor verse directement à chaque
fourragers.
Le soutien des prix et le cotit élevé de la
production
exploitant A. titre de compensation..
Outre la rigidité
confère à l'agriculture, on
a reproché au soutien des prix d'etre inutilement
coateux (étant donné que tous les exploitants en
Il est clair que ce système fait passer tout le
poids du soutien des prix du consommateur au
contribuable. Néanmoins, il comporte plusieurs
avantages, cae il libère aussi bien le commerce
E. M. Lloyd, clans le Times de Londres, 20 et
21 juillet
intérieur que le commerce international, rétablit
160
si le pa,,s en cause fournit la plus grande partie
des approvisionnements mondiaux 1. Ou bien,
comme c'est le cas pour le blé australien, la totalité de la récolte peut être achetée par le gouvernement ou par Forganisme de commercialisation
h, un prix fixe, et vendu h des prix différents sur
le marché intérieur et sur le marché d'exporta-
les écarts de prix sur le marché entre les différentes civalités et évite l'effet restrictif que les
prix de soutien élevés peuvent exercer sur la
consommation. En outre, ce système pourrait peut-
&Are fournir un moyen d'étendre le soutien des
prix a,ux denrées périssables, tels que fruits et
legumes, encore que rien n'ai éte essayé dans ce
sens. On lui a toutefois reproché, tel qu'il a été
appliqué aux céréales, de provoquer inutilement
tion. Mais les ressources disponibles sont en general trop faibles pour freiner durablemerit une forte
chute des valeurs d'exportation.
Aussi, le plus souvent, faut-il compter sur
d'autres méthodes pour stabiliser les revenus. La
plus simple d'entre elles consiste h créer un fonds
une injection monétaire (ce qui est probablement
inevitable si Von entend liberaliser le commerce)
et de coater excessivement cher à l'Etat du fait
des bas prix h la production qui sont pratiqués
immédiatement après la récolte, encore que ces
derniers puissent provenir en grande partie de
de regularisation, grâce auquel une partie des
recettes effectuées durant les bonnes années est
mise de côté pour relever le revenu des producteurs durant les mauvaises années. Mais pour un
certain nombre de raisons, dont quelques-unes
sont discutées ailleurs, ces fonds ont été difficiles
l'insuffisance des installations de séchage et d'entre-
posage du grain ou de la difficulté h obtenir du
credit. En outre, le système de versements aux
exploitants parait compliqué au point de vue
gérer et l'on court toujours le risque de leur
administratif et pourrait être simplifié si les producteurs créaient un organisme de commerciali-
voir perdre de la valeur en cas d'inflation generalisée. Ce système pourrait étre étendu aux
sation pour centraliser les ventes. Un système adop-
té encore plus récemment au Royaume-Uni pour
offices publics de commercialisation, mais depuis
la guerre ceux-ci ont servi plus souvent à augmenter les rentrées fiscales qu'à soutenir les prix à la
production. Les manipulations des taux de change,
en particulier dans le cas de fluctuations prolongees des prix d'exportation, sont depuis longtemps
le bétail de boucherie parait impliquer des méthodes
de paiement encore plus complexes. Les EtatsUnis, pour maintenir le revenu des producteurs
de laine, appliquent un système de versements de
compensation qui ressemble pour l'essentiel h celui
du Royaume-Uni.
un moyen de renforcer la stabilité des prix intérieurs. Une innovation récente est la fixation de
taux de change multiples, qui permet d'instituer
un regime particulier pour chaque produit sans
affecter pour autant l'ensemble de l'économie.
Soutien des prix dans les pays qui produisent surtout pour l'exportation
C'est peut-étre dans les pays qui procluisent dans
une large mesure pour l'exportation, que le soutien
Toutefois, du fait de l'importance que le commerce
international revel pour l'économie des pays inté-
des prix s'impose le plus, par suite des fortes
ressés, on ne peut en general appliquer aucun de
ces systèmes sans contrôler en méme temps les
fluctuations des prix sur les marches moncliaux
mais il est alors d'autant plus difficile à appliquer.
importations.
Les pays exportateurs ont peu de contrôle sur
les prix de vente h l'étranger, et si, comme cela
est souvent le cas, l'agriculture occupe un vaste
secteur de l'économie, il est impossible pour le
Il semble improbable que l'on puisse apporter
une solution pleinement satisfaisante aux problèmes qui se posent dans les pays produisant principalement pour l'exportation, si l'on ne réussit
pas h, limiter les fluctuations des prix des produits
gouvernement cl'octroyer des versements sur une
large échelle.
Les achats effectués sur le marché par les gouver-
sur les marches d'exportation au moyen d'un
accord international. Cette question est discutée
dans la section suivante.
nements ou par un organisme de commercialisation, lorsque les prix tombent au-dessous d'un
certain minimum, constituent un procédé classique de soutien des prix auxquels les pays principalement exportateurs font parfois appel (la
Nouvelle-Zélande l'a utilise récemment pour la
L'exemple le plus saisissant a été la destruction,
au cours des annees trente, des stocks excédentaires
de café brésilien, qui s'étaient accumulés sous l'action
coniuguée de récoltes exceptionnelles et d'une crise
mondiale. En 1907-14, et immédiatement après la
première guerre mondiale, le Brésil avait rérussi h
éviter un effondrement des cours du café, grhce ò la
constitution de stocks-tampons (financée partiellement avec une aide étrangère).
laine). CAte méthode est susceptible de dormer de
bons résultats si les fluctuations de l'offre et de
la demande ne sont pas excessives, sinon son
emploi risque d'entrainer de lourdes pertes, meme
161
humaine et qui, comme on l'a montré dans le chapitre V, est en fait le seul produit dont les stocks
aient atteint jusqu'ici des niveaux sans precedent
en temps de paix. Aussi est-il peut-être nécessaire
de faire appel h des méthodes particulières lorsqu'il
s'agit d'écouler les excédents de produits dont la
Le soutien des prix, frein et la consommation
Les paragraphes qui précèdent laissent penser
qu'un grand nombre des critiques qui sont adres-
sees aux procédés traditionnels de soutien des
prix, visent pour beaucoup, en dernière analyse,
demande est peu élastique par rapport aux prix.
La possibilité d'utiliser les stocks excédentaires
le fait qu'ils risquent de limiter la consommation
en maintenant les prix h un niveau élevé.
A cet égard, les critiques portent par exemple
sur le besoin périodique &imposer des limites aux
superficies cultivées et à la commercialisation, et
sur le risque de voir le contr6le des prix detourner
les ressources produetives de la 'production des
deurées dont la consommation pourrait être développée ; on reproche egalement au soutien des
prix de protéger les producteurs, et de nécessiter
parfois l'application de restrictions aux importations. De même on reproche assez souvent aux
systèmes de soutien fondés sur une formule de
poni accélérer le développement économique dans
les regions sous-développées est discutée dans une
section ultérieure. On peut également fixer deux
prix de vente. Ainsi, des excédents de pemmes de
tc,rre out eté vendus h de has prix par le Ministère de l'alimentation du Royaume-Uni, et des
excédents de lait écrémé en poudre ont été écoulés
par la Commodity Credit Corporation des EtatsUnis pour servir à l'alimentation du Wail. En fait,
ce système consiste h transformer un produit dont
la demande n'a qu'une très fable élasticité par rap-
port aux prix, en produit à ela.sticité plus forte.
Avant la guerre, le ble fourrager exporte par la
France était teint d'une couleur peu appétissante
parité d'être trop rigides pour que l'on puisse
apporter aux coûts de production les changements
qu'imposent les ameliorations technologiques.
outre, comme on l'a note au chapitre II, la stabi-
afin d'empecher qu'il revienne dans le circuit commercial normal ; le Royaume-Uni a utilise la même
méthode pour écouler les excédents de pcmmes de
terre comme produit d'alimentation du bétail. Des
precautions analogues peuvent etre utilisées pour
lisation des prix, en évitant la baisse qui suit
normalement une récolte exceptionnelle, a tendance h empêcher un relevement temporaire des
niveaux de consommation qui petit profiter tant
aux consommateurs qu'aux producteurs. Ainsi les
procédés traditionnels de soutien des prix peuvent
tendre A. retarder l'amélioration des . niveaux de
consommation et à agaraver le risque d'une accumulation d'excédents.
Aussi s'intéresse-t-on pa.rticulièrement aux formules modifiées de soutien des prix déerites eidessus (et aux autres systèmes (l'aide aux agriculteurs) qui, en comprimant les coats de production,
d'autres produits et permettre d'étendre l'emploi
du système du double prix pour l'écoulement des
excédents sur les marches intérieurs et d'exportation. On petit également imaginer d'autres formules pour trouver d'utiles débouchés aux excédents,
par exemple dans le secteur industriel.
On peut reprocher au système du double prix
d'abandonner le principe du soutien des cours.
Toutefois, si les excédents résultent de récoltes
exceptionnelles, le cofit de production par tonne
permettent d'abaisser les prix de soutien ou, comme
dans les cas des versements de compensations, de
&chit et les agriculteurs .peuvent en consequence
accepter un prix plus faible sans baisse de leurs
soutenir les prix tout en assurant le fonctionnement d'un marché libre.
En examinant les effets exerces par le soutien
revenus. Ce sont les conditions de chaque pays qui
déterminent les possibilités d'application de ce
système. Normalement ou ne les utilisera qu'avec
eirconspection et en dernier ressort.
des prix sur le niveau de la consommation, il con-
vient toutefois de ne pas perdre de vue d'autres
Si l'on veut maintenir le cofit des programmes
de solider' des prix dans des limites raisonnables,
il faudra souvent limiter les approvisionnements
qui arrivent sur le marché et il est inevitable
qu'une telle mesure exerce un effet restrictif sur la
consommation. Cet effet sera réduit au minimum
si le volume de la production reste de façOn durable plus ou moins voisin de celui de la demande
effective, les prix se maintenant h des niveaux raisonnables et non gonflés par l'inflation. On pourra
alors se bonier h répartir les approvisionnements
des années de bonne récolte sur les années de mau-
considerations. Il importe particulièrement de no
par exemple, que les produits agricoles Wont
pas tous une forte élasticité par rapport aux prix.
Les ventes de viande et d'autres produits de l'élevage peuvent fort bien être sensiblement accrues
par l'emploi de méthodes permettant d'abaisser
les prix de soutien et de leur ménager davantage
de souplesse. Toutefois, tout au moins dans les pays
occidentaux, cette observation ne s'applique pas
au blé, qui a une très faible elasticité par rapport
aux prix quand il est utilise pour la consommation
162
fiteraient de la sorte tant à l'Etat, qui
réaliserait une économie nette, qu'aux
vaise récolte, afin d'éliminer les fluctua,tions saison-
nières dues aux conditions atmosphériques. Tel
est le fondement du principe du « grenier normal »
aux Etats-Unis et du système des stocks intérieurs
consommateurs.
Le risque d'une accumulation d'excédents, qui est dans une certaine mesure
inherent aux procédés traditionnels de
de réserve que l'on est en train d'établir en lude.
Mais il est évidemment impossible de se prémunir
complètement contre le risque d'une série de bonnes récoltes et d'une accumulation excessive des
soutien des prix, peut ètre réduit par
l'adoption de systèmes tels que les versements de compensation qui n'empèchent pas le fonctionnement du marché
libre. Il en va de méme de la méthode
stocks. Il vaut peut-are la peine de noter ici que
le risque de la constitution d'excédents qui est,
dans une eertaine mesure, inhérent au soutien des
prix, peut étre écarté en utilisant la méthode h laquelle on a déjà fait allusion au sujet des pays
qui consiste à stabiliser les revenus agricolas grâce à la constitution d'un fonds
de regularisation. Ces systèmes peuvent
évidernment comporter des inconvénients
susceptibles de les rewire inutilisables
dans certains cas.
exportateurs et qui consiste h stabiliser les revenus
agricoles en constituant un fonds de régularisation.
Cette méthode peut étre également appliquée clans
les pays non exportateurs ; le Royaume-Uni, par
exemple, l'utilise pour la laine.
Enfin, il ne faut pas exagérer les effets des prix
de soutien sur les prix de détail et les niveaux de
consommation. Comme on
montré, plus haut,
clans l'ensemble, le prix h. la production ne représente environ que la moitié du 'mix h la consonimation, et les frais de. commercialisation, qui sont
généralement plus rigides que le prix h la production, mémè si les cours sont soutenus, influent
done autant que ce dernier sur les prix au détail
et les niveaux de consommation.
iv) En ce qui concerne les produits qui n'ont
qu'une faible élasticité par rapport aux
prix, des mesures spéciales d'écoulement,
par exemple l'adoption d'un système
de double prix, peuvent étre parfois
nécessaires poni' empécher une accumu-
lation excessive de stocks après des
récoltes exceptionnelles.
LA STAGNATION ET L'INSTABILITE
DES PRIX DANS LE COMMERCE IN-
Soutien des prix ; essai de conclusion
TERNATIONAL DES PRODUITS AGRICOLES
E est trop C5t pour porter un jugeme t déflnitif
sur l'efficacité des différents aménagements que
l'on essaie crapporter actuellement aux prineipes
de base de soutien des prix. En tout cas
il
On a souligné au chapitre V que le commerce
mondial des denrées agricoles s'est, relevé plus
lentement que leur production après la guerre et
qu'il a cessé de se développer depuis 1950. En
est
inévitable que la méthode optima varie selon les
produits et scion les pays. Il semble néanmoins
possible de formuler quelques conclusions pro-
revanche, le commerce mondial dans son ensemble
a continué à marquer une vigoureuse expansion
tout au long de la période d'après-guerre. En conséquence, le commerce des produits agricoles est
moins important qu'il n'était avant-guerre, tant
visoires
i)
II est probable que les systèmes qui met-
tent avant tout l'accent sur le maintien
par rapport 5, la production agricole totale que par
de l'ensemble des revenus agricoles, ménagent plus de souplesse à la production
que ceux
prévoient des niveaux
soutien plus ou moins fixes pour chaque
produit.
est possible que le's mesures visant h
réduire les coats de production, par
exemple l'octroi de subventions pour
Paella d'engrais ou d'une aide
rapport au volume de l'ensemble du ccmmerce
mondial,
Il est douteux que cette évolution générale se
renverse, Il semble qu'à long terrne la production,
aussi bien industrielle qu'agricole, tencle h se
développer plus rapidement que le ccrnmerce
international et il se peut que cette tendance
s'accélère avec l'amélioration du niveau de la
production et de la consommation intérieure dans
les pays sous-développés. Les efforts que font
pécu-
niaire pour accomplir certains travaux
agricoles, permettent d'abaisser les niveaux de soutien des prix sans réduction
de,s revenus agricoles ; ces mesures pro-
un grand nombre de pays pour satisfaire euxmérnes dans une plus large mesure leurs besoins
en produits alimentaires et matières premières
163
agricoles, que ces efforts soient dus h une politique de sécurité ou à des raisons d'ordre social
ou h la situation de la balance des paiements,
entravent également l'expansion du commerce
des produits agricoles il en est de mème d'ailleurs de la politique de certains pays qui consiste
importer des biens d'équipement plutôt que des
biens de consommation. Le remplacement croissant des matières premières naturelles par les
matières premières synthétiques limite également
occasionnées par le transport. Enfin, et ceci est
encore plus important, les mesures destinées h
comprimer les coas de production et de commer-
l'essor du commerce des produits agricoles.
produits synthétiques de remplacernent.
L'extrème instabilité des prix des produits agri-
cialisation
des- denrées d'exportation, permet-
traient souvent d'exporter avec bénéfice h des
prix moins élevés. L'expansion industrielle s'est
effectuée en grande partie sur cette base. Il importe particulièrement de rendre concurrentiels
les prix de matières premières dont le marché
souffre parfois des incursions qu'y effectuent les
Il est probable que ces facteurs continueront
h retarder l'expansion du commerce international
des denrées agricoles, mais ils n'excluent pas la
possibilité d'une nouvelle expansion. En outre,
il existe un certain nombre d'éléments qui peuvent jouer en sens inverse ; ainsi avec la détente
coles sur les marches internationaux handicape
lourdement les pays importateurs et, peut-ètre
encore davantage, les pays exportateurs. Les
fluctuations des cours sont particulièrement fortes
pour les matières premières et les produits pour
boissons. Les prix internationaux de certaines
denrées alimentaires sont plus stables qu'auparavant, grace au soutien des prix intérieurs (en
particulier aux Etats-Unis), aux contrats h long
internationale et la solution du problème des
paiements internationaux, les pays poturaient
étre moins tentés de rechercher l'autarcie ; étant
donné leurs besoins croissants en devises étranOres, il est probable que les pays sous-développés
seront fortement incités à accroitre leurs exporta-
terme
bien que ces mesures aient perdu de
l'importance par rapport h l'après-guerre immédiat
et enfin, grace aux accords internationaux sur les produits. Mais cette action stabi-
tions ; en outre, il se peut que l'amélioration des
niveaux de consommation dans les pays sousdéveloppés et tropicaux, oblige ces derniers à
importer des tonnages croissants de produits
provenant des regions tempérées.
De plus, la tendance varie selon les produits
lisatrice n'a guère influé sur la situation de la
majorité des produits agricoles et les mouvements
des prix des matières premières agricoles depuis
la cleuxième guerre mondiale ont été au moins
aussi accentués que par le passé.
L'expérience d'après-gume a montré combien
il était difficile de réaliser des progrès dans ce
domaine ; néanrnoins une amélioration, si limitée
soit-elle, a été réalisée. Il est probable que le renforcement de la stabilité des prix s'avérera aussi
ces
et peut-étre aussi difficile
nécessaire
dix prochaines années que durant la précédente
agricoles. Comme on l'a montré dans le chapitre V,
les besoins d'importation de blé, qui ont fait un
bond après-gume, fléchissent maintenant progressivement, et il semble que le commerce du
riz, des huiles végétales et des graines oléagineuses, se soit stabilisé à un niveau inférieur à
celui d'avant-guerre. En revanche, les exportations d'autres produits, notamment les fruits, le
sucre, le café, et jusqu'à une date récente le caoutchoue, continuent h augmenter. En outre, le com-
période décennale. La meilleure méthode sera
merce d'autres produits, par exemple la viande
de bceuf et le cacao, pourrait ètre développé si
les disponibilités exportables étaient plus abondantes. En alignant leur production sur les ten-
par produit, comme l'a laissé prévoir la récente
réunion organisée par la FAO sur la stabilisation
des prix de l'huile d'olive et cette méthode sera
dances de la demande mondiale, les pays exportateurs pourraient contribuer beaucoup à intensifier
les ventes.
tions sur le riz. Lorsque des accords internatiopaux sur les produits, comme ceux qui ont été
Une autre méthode consisterait
h
peut-étre de procéder graduellement, produit
de nouveau évoquée lors des prochaines consulta-
conclus pour le blé et le sucre, sont irréalisables.
cles consultations internationales périodiques sur
lever les
obstacles au commerce. Ceux-ci, cependant, sont
liés h l'ensemble des problèmes économiques,
les
sociaux ou stratégiques, propres à chaque pays
importateur et débordent le cadre du présent
rapport. On pourrait également
perspectives des disponibilités exportables,
des besoins d'importation et des politiques de
prix pour des produits déterminés, aideraient à
renforcer la stabilité. Il se peut que des accords
internationaux sur la gestion des stocks nationaux
soient encore plus efficaces. Il est mème possible
que l'on fasse appel, au cours des dix prochaines
années, h des solutions encore plus énergiques,
entreprendre
avec profit une action plus spécifiquement agricole, par exemple, améliorer la classification par
qualité et le conditionnement. ou récluire les pertes
164
les mitres seeteurs, il est probable que la situation
par exemple h la constitution des stocks-tampons
gérés et finances à l'échelon international. Dans
le passe, une des principales difficultés a été de
réaliser un accord sur les prix de base h pratiquer
pour les accords internationaux sur les produits,
économique relative de Pagriculteur continuera
à décroitre.
Les progrès techniques realises en agriculture,
dont le chapitre IV donne un résumé, offrent
possibilité d'accroitre rapidement la productivité
par agriculteur. Les quelques données qui figurent dans le chapitre VI font penser qu'au moins
un certain nombre de pays développés ont, tire
parti de cette possibilité et que l'amélioration de
la productivité de la main-d'ceuvre y est tout,
fait comparable h celle de la productivité de la
par exemple pour le blé, et les pays pourraient
peut-étre y remedier en se mettant d'accord pour
limiter l'amplitude des hausses et baisses de prix
au cours d'une année ou d'une periode plus courte,
notamment en contingentant les exportations
et les importations, en arrêtant de concert la
uestion des stocks nationaux ou bien en constituant un stock-tampon international.
main-d'ceuvre industrielle.
Mais les progrès techniques ne pourront entrainer un accroissement cle la production si les condi-
Il semble qu'à l'avenir la sta,bilité des prix inter-
nationaux sera surtout mise en danger par les
énormes stocks d'excédents de certains produits
agricoles qui menacent les marches mondiaux.
tions ne permettent pas de les mettre à profit. Il
faut tout d'abord que les méthodes améliorées
Aussi, importe-t-il particulièrement de poursuivre
les consultations internationales sur l'écoulement
des stocks et que les principaux pays detenteurs
soient mises à la portée de Pagriculteur par Pintermédiaire de services consultatifs et de vulga,risation et que Pon dispose de credits ou d'autres ressources financières pour effectuer les investissements supplémentaires qui peuvent s'imposer. Ces
problèmes ont déjh été discutés. Il faut également
que l'on dispose de débouchés rémunérateurs pour
d'excédents continuent h faire preuve de prudence en mettant ces derniers sur le marché international. A cet égard, l'application des principes
recommandés par la FAO pour l'écoulement des
excédents, principes qui ont rep Padhésion inter-
écouler au besoin tout surcroit de production et
Pon a également examiné cette question, sur le
nationale, peuvent aider de façon inappreciable
h empécher un effondrement des prix tel que celui
qui a été, enregistré entre les deux guerres.
plan mondial, dans la section consacrée à Paccrois-
sement probable de la demande.
Dans chaque pays toutefois, l'ampleur du marché des produits agricoles ne depend pas seulement, du niveau general de Factivité économique.
Elle est également fonction des effectifs relatifs
employes en agriculture et dans les autres sec-
REVENU ET PRODUCTIVITE AGRICOLES
Les changements qui sont intervenus dans
l'équilibre entre les prix agricoles et les autres
teurs. Par exemple, dans un pays industrialise,
cours durant la guerre et l'après-guerre immédiat
ont permis aux agriculteurs de sortir de la crise
des années trente. La politique de soutien des prix
et des revenus agricoles leur a assure une securité
économique sans precedent. Toutefois, exception
si les effectifs occupés par Pagriculture représentent 10 poni' cent de la population, ils ont la possibilité d'augmenter leur production jusqu'au point,
où chaque famine rurale pourra subvenir à ses
propres besoins alimentaires et h ceux de 9 familles citadines. A Poppose, dans un pays sous-deve-
faite de quelques pays, cette evolution n'a pas
loppé, oil 75 pour cent de la population est employee dans Pagriculture, seul un tiers de chaque
famine citadine constitue un marche pour chaque
famille, rurale. Ce fait imposera un plafond très
bas à Pexpansion de la production agricole par
donne à Pagriculture des revenus comparables à,
ceux des autres branches d'activité. Elle n'a pas
permis non plus aux revenus agricoles de suiyre
la hausse générale des revenus nationaux depuis
la guerre. Dans la plupart cies Etats, les gains
individu.
Cet exemple, cela va de soi, simplifie beaucoup
relatifs realises par la population agricole au cours
des premières années d'après-guerre tendent
la réalité :il ne tient pa,s compte du marché d'exportation et de la possibilité d'a,ccroître la production pour améliorer le niveau de la consommation alime,ntaire de la population rurale, niveau
qui est parfois très insuffisant clans les pays sousdéveloppés. Il permet néanmoins de dégager un
principe d'ordre general qui revét une très grande
disparaitre.
Les effets des fluctuations de prix sur le producteur agricole ont été discutés dans les deux sections
précédentes. Toutefois, en dernière analyse,- le
niveau des revenus depend, da,ns une très large
mesure, du niveau de productivité de la maind'ceuvre et si la productivité par individu n'augmente pas aussi vite dans Pagriculture que dans
importan ce.
165
II faut en conclure, et cela bien entendu ne cons-
tion. Les pays sous-développés auraient intérèt
étudier attentivement cette possibilité. Le développement de la production alimentaire dans les
pays sous-développés pourrait ainsi fournir h lui
seul de nouvelles possibilités de hater le dévelop-
titue en rien une innovation, que les progrès de
l'industrie et de l'agriculture sont étroitement
liés et que l'expansion de Factivité industrielle
dans les pays sous-développés est le prelude indis-
pensable h toute amelioration substantielle de la
productivité agricole et, partant, de la prospérité
de la population rurale. L'accroissement des investissements dans les secteurs non agricoles peut
are ainsi le moyen le plus rapide d'améliorer
sort de l'exploitant.
En outre, les pays sous-développés ont souvent
une population rurale à forte densité, de sorte que
la superficie moyenne de terre cultivable par famille agricole est trop faible pour que celle-ei soit
pleinement occupée. Il en résulte un sous-emploi
rural généralisé, à moins qu'il existe des possibilités d'emploi h temps partiel dans d'autres occupations. Dans de telles conditions, il s'ensuit
qu'une amelioration sensible de la situation économique de la population rurale postule une reduction de ses effectifs taut en pourcentage qu'en
chiffre absolu, sinon, l'étendue moyenne des exploitations ne pourra pas étre portée à un niveau
pement économique.
En outre, les disponibilités exeklentaires des
pays très développés peuvent servir h financer une
accélération clu développement économique si elles sont fournies aux pays sous-développés dans
des conditions et avec des garanties satisfaisantes.
Les prineipes qui s'appliquent à ces utilisations
des denrées excédentaires et les garanties qu'i1
faut fournir poni- que Faccélération du developpement économique n'entraine pas une baisse des
revenus agricoles, ont été examines dans une ré-
cente etude de la FA01.
CONCLUSION
On a étudié sous quatre rubriques distinctes les
problèmes qui se posent encore et le parti que Pon
peut tirer de l'expérience acquise ces dernières
années pour les résoudre. 1VIais il vaut peut-etre
rentable. Cette nécessité constitue un obstacle qu'il
est extrémement difficile pour les pays sous-déve-
la peine de souligner une derniere fois les liens tres
étroits qui existent entre les différents problèmes
de l'agriculture. Pour ne citer qu'un exemple, la
compression des cans de production grace h la
rationalisation de cette derniere peut adder h relever les niveaux de consommation, h alléger le
fardeau que fait peser le soutien des prix, à déve-
loppés de franchir et cet état de choses va en
s'aggravant, étant donné Faccélération de Faccroissement démographique que ces pays connaissent du fait de Famélioration de leurs services sanitaires.
Les mesures énergiques que la plupart des gou-
lopper le commerce mondial des produits agricoles
(en particulier ceux qui sont concurrences par des
vernements ont prises ces dix dernières années
pour relever le niveau de leur production alimentaire et développer l'agriculture, en particulier
dans les pays sous-développés, commencent main-
produits de remplacement synthétiques) et enfin
améliorer les revenus agricoles.
Les problemes que l'on vient d'examiner sont
peu de chose au regard de MIX qui se posaient
l'humanité il y a une dizaine cl'années. alors que
tenant à porter leurs fruits et h entrainer une
hausse sensible de la production. Dans certains
pays, tels que la Grèce et l'Inde, l'essor de la pro-
dans une grande partie du monde l'agriculture
duction a été remarquable et, dans ce dernier pays,
a entraine une baisse des cours agricoles et rendu
difficile l'absorption des disponibilités par la con-
était completement désorganisée et que la famine
menaçait des millions d'invidus. Il n'en reste pas
moins que les problemes d'aujourd'hui seront
peut-étre encore plus difficiles h résoudre. Ceux de
l'après-guerre immédiat avaient un caractere exceptionnel et il n'était guère douteux que l'huma-
sommation. Ce fait laisse entrevoir une intéressante éventualité. Les pays sous-développés sont
génés par une pénurie ehronique de capitaux. En
finançant leur développement économique, ils sont
souvent obligés d'utiliser leurs propres ressources
les résoudre.
nité toute entière s'emploierait
Mais les problemes actuels suscitent inevitablement des conflits d'intéret plus graves et il sera
financières avec parcimonie afin d'éviter l'inflation. Dans d'autres cas, par exemple dans certains
pays d'Amérique latine, ils ont dû amputer leur
programme de développement pour atténuer la
par conséquent plus difficile, tant h l'intérieur des
pression inflationniste. Il se peut toutefois que l'accroissement des disponibilités alimentaires modifie
cet état de ch.oses et offre la possibilité d'accroitre.
Etudes sur les politiques en matière de produits,
nu 6, oanbre 1955. Utillsution dcs excédents de produlls cifiricoles pour finance,' le développment éconoinique des pays insurnsamment déceloppfis. Elndepilote egectuée dans l'inde.
les investissements nationaux sans creer d'infla166
pays que sur le plan international de réaliser un
accord sur leur solution et l'effort de coopération
pensables au développement agrieole. Les progrès
se sont répartis de fa9on inégale et si certains pays
que celle-ei exige.
sont encore aux plises avec les diffieultés déjà
mentionnées, d'autres sont déjh en train d'élaborer leurs plans h long terme. Mais cette disparité
Pour la première fois ou presque depuis 1945,
la majorité des gouvernements disposent du temps
et de la latitude néeessaires pour formuler leurs
politiques. Les problèmes fondamentaux subsistent : sous-alimentation, faible niveau des revenus
agrieo)es, forte pression exercée par la population
est en soi un avantage. Elle permet d'évaluer,
comme On a essayé de le faire dans les pages pr.&
cédentes, les avantages et les inconvénients des
différentes pobtirples adoptées par les pays les
plus avancés et fournit ainsi des points de repère
pour les autres Etats. C'est en s'inspirant de l'expérience aequise et en évitant de retomber dans
rurale, etc., mais dans l'ensemble les gouvernements
peuvent les envisage'. à plus longue échéance
qu'auparavant, sans "are excessivement preoceupés par de pressantes diffieultés journalières telles
que eelles eausées par l'inflation, le déficit commercial et la pénurie cl 'approvisionnements
les erreurs passées qu'on formulera les politiques
les plus efficaces pour la mise en valeta de l'agriculture, des forêts et des pèches.
67
r\&II
PARTIE
RÉTROSPECTIVE DES DIX DERNIÈRES ANNÉES
ET PERSPECTIVES A COURT TERME,
PRODUIT PAR PRODUIT
tion des conditions d'existence et au déveloprement de Purbanisation. Enfin, les changements
territoriaux et politiques ont privé certains pays
importateurs de sources importantes d'approvisionnement, en ble et en autres céréales, qui faisaient autrefois partie de leur territoire ou avec
BLE
Evolution de la production et des échanges
L'économie mondiale du blé, ces clix dernières
années, a traversé trois phases. Durant la première, qui a duré, jusqu'à la fin de 1947/48, la
production se ressentant de la guerre, dont les
lesquelles ils étcient étroitement lies politiquement
ou économiquement. Aussi, les besoins d'impor-
tation, malgre leurs fluctuations, n'ont-ils cessé
de se maintenir des niveaux sensiblement plus
effets ont été prolongés par de mauvaises campagnes, est restée à un niveau insuffisant, allant jus-
élevés qu'avant la guerre.
La production de l'Europe oecidentale, prinei-
qu'à la pénurie. Il a fallu conserver le système
d'allocation internationale des disponibilités exportables mis sur pied pendant les hostilités par
le Combined Food Board et appliqué plus tard
par le Conseil international de la crise alimen-
pale région importatriee, n'a rejoint son niveau
d'avant-guerre qu'en 1950/51. Au emirs de certaines années, la production a accuse un déficit
anormal en France, en Italie et en Yougoslavie,
du fait de mauvaises récoltes ; de son ceité, l'Allemagne occidentale, qui recevait autrefois de forts
tonnages d'Allemagne orientale, et, où Furbanisa-
taire. Au cours de la seconde phase, qui s'est poursuivie jusqu'h la fin de 1951/52, la production mon-
diale s'est progressivement relevée et malgré le
maintien des besoins mondiaux cl'importation
tion a fait des progrès sensibles depuis l'avantguerre, est devenue l'un des principaux importa-
un niveau élevé, les disponibilités exportables ont
été suffisantes pour faire face h la demande effec-
teurs mondiaux de We.
En Asie, la contraction des re,coltes de ceréales
alimentaires, la forte baisse des disponibilités de
riz et les besoins d'une population croissante ont
donne naissance A. une nouvelle demande d'importation de blé d'un volume appréciable. Par suite
tive. Au cours de la troisième phase, que nous
traversons actuellement, les disponibilités sont devenues excessives.
En ce qui concerne la demande, la situation
apres la guerre présentait des changements saisis-
niveau élevé de la demande dans toutes les
sants dont certains out subsisté méme après
disparition des pénuries immédiates. Le déficit
autres régions importatrices, l'Extrème-Orient n'a
pu satisfaire entièrement ses besoins accrus au
emirs des premières années (l'(près-guerre. Cette
d'un grand nombre de pays traditionnellernent importateurs s'est alourdi du fait de l'accroissement
démographique et clu recul de la production. Cer-
situation a subsisté alors qu'ailleurs la reprise
était achevée et il a fallu attendre 1951/52 pour
tains pays qui étaient producteurs excédentaires
de blé ou qui tout au moins suffisaient à leurs besoins, ont dû faire appel h des tonnages supplementaires pour nourrir nne population croissante
et pour faire face h revolution du gofit des consommateurs qui a favorisé le blé au clétriment des
autres céréales, évolution imputable à l'améliora-
que les importations de cette région atteignent leur
maximum. L'Inde a importé de forts tonnages
au cours de plusieurs années et le Japon qui, avec
une population nettement accrue, est coupé de
ses anciennes sources d'approvisionnement en riz
et en autres céréales situées dans les pays voisins,
171
GRAPHIQUE C-1.
Production mondiale de blé ; moyenne 1934-38 et de 1945 à 1954
Millions de tonnes
130
120
110
100
800
90
00
000
000
000
00
300
0O
8O8
8880
000
0
00
0080
00
000
0O0
00
000
00
000
8000
80
a00
a
000
0
0
0El0 0
80
0O8
00
0 0 0COO
00
00
0 0 0000
00
00
000
0 0 2000
00
00
08000
00
0 U03
0
00
008
70
80
300
00200
00
DUD
00
80800
0.0
60
0 000
0
50
0U
03
000
00000
800
0 0 0000
00
00
808
00000
082
800
0800
0
00 000
0000
00
000
0
00
0
a00
00 000
MOO
0
a
0
00
O 003
0
a0
40
a
0
8U0
00
000
0880
88
00
00
00
8 0800 2 C000
0
00
00
80
00
0 0UO
0
e
00
00
00
80800
00
0O0
00
000
0008
00
8088
00
O
00
30
20
10
1934-38
Moyenne
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
Argentine, Australie, Cenada et Etats-Unis
Europe occidentale
Reste du monde, non compris l'U.R.S.S., l'Europe o
ntale t la Chine
compte maintenant parmi les principaux importa-
en Amérique du Nord. notamment aux Etats-
teurs mondiaux de blé. Les autres régions ont
également accru leurs achats, mais leurs besoins
ne représentent qu'une faible partie des importa-
Unis, où des gains importants ont été enregistrés
grAce à une série de bonnes campagnes et à l'extension des emblavures encouragée par
cation d'un système de prix de soutien élevé. Cet
essor a été suffisamment prononcé aux Etats-Unis
pour que ce pays puisse en meme temps faire face
tions mondiales.
Ces fortes demandes ont été satisfaites principalement par un aecroissement de la production
172
Exportations mondiales de blé et de farine de blé (en equivalent de blé), moyennes 1934/35-1938/39 et de 1945/46 à 1954/55
GRAPHIQUE C-2.
Millions de tonnes
30
25
20
000
00E3
MO El
15
II
OM
Ili 0
CI
as
a
5
o
Moyenne
1934/351938/39
'OD
1945/46
46/47
47/48
48/49
49/50
50/51
51/52
52/53
53/54
luillet- uin
54/55
(proyisoire)
Etats-Unis
Canada
Austral!e
Argentine
E.71 Reste du monde, y compr
l'intérieur de ce groupe
e
exportations de l'U.R.S.S. et de ses satellites,
mais
non comp s
le
commerce
après le conflit, et les exportations de ces deux
pays ne sont pas revenues tout de suite à leur niveau d'avant-guerre. En fait, la reprise de la production argentine de blé n'est apparue durable qu'h
partir de 1953, mais l'Australie a pu exporter de
forts tonnages de 1948 h 1953. Ces quatre pays
exportateurs ant fourni à eux seuls, durant la plus
grande partie de "la période d'après-guerre environ 90 poni- cent des expeditions mondiales. Les
TABLEAU C-1. BLE : STOCKS DE FIN DE CAMPAGNE
DA NS LES QUATRE PRINCIPAUX rAys EXEORTATEURS
tArget
tine
ANN
Cana da EtatsUtds
leI
T oUt
ter
he I
decent- dei()Irt
bre
aont
juillet
millions de 100.0(5
1924-28, moyenne.
1929-33,uno'yenne.
1934-38, moyerine
1945
1946
1947
1948
1910
1950
1951
1952
1953
1954
1955 (chiffres provisoires)
0,5
0,5
0,3
2,2
1,2
1,1
2,0
1,2
0,2
0,5
0,1
2,0
1,6
0,2
0,4
0,5
0,3
0,5
1,4
4,1
3,3
7,0
2,0
0,7
0,5
1,9
2,1
2,8
3,1
5,1
5,9
10,0
15,9
15,3
24,5
12,8
27,0
0,5
0,5
1,0
2,6
2,5
I
3,1
5,2
8,9
4,3
7,6
2,7
2,3
5,3
8,4
13,9
1,6
0,8
7,0
autres Etats exportateurs 'font expédié que très
peu de blé. A cet égard, on constate un étroit pa-
8,4
17,1
6,4
rallèlisme entre les deux après-guerre. On a enregistre au cours de chactin d'eux un accroissement
de la dépendance vis-h-vis des quatre principaux
6,1
10,1.
12,9
16,1
16,9
13,5
28,3
44,6
exportateurs et particulièrement de l'Amérique
du Nord, encore que cette dépendance ait été moins
prononcee après la deuxième guerre mondiale ; de
mème, on a observe chaque fois un fiéehissement
des expeditions des fournisseurs d'importance secondaire, en particulier l'U.R.S.S. et les pays d'Ettrope orientale. Vers les années « trente », ces four-
pulses auto nt lute possible anx
de l'Agriculture des Eta' s-Unis, Bureau des Statistic-pies
du Dominion du Ca nada et FA O.
Non disponible.
Sources : Itenscignements
sources offinielles : Food Research Institute, Département
nisseurs avaient porté leurs expeditions à un
veau variant entre 1/3 et 1/4 des exportations -mon-
.
diales, alors qu'à la fin de la période de 10 ans
h une forte expansion de sa consommation et devenir le principal exportateur mondial de We durant la plus grande partie de la période d'aprèsguerre. Le Canada a également développé sa production pendant et apres les hostilites et porte
ses exportations h des niveaux supérieurs à ceux
des années « vingt ». En Argentine et en Australie, la pénurie de main-d'oeuvre et de biens nécessaires à l'agriculture et la sécheresse qui a sevi
pendant quelques campagnes ont entrainé un re-
qui vient de s'écouler, mettle si l'on ajoute h. ces
expeditions celles de la France et de la Turquie,
leur part ne s'est élevée qu'à 1/5. Du fait de Faccroissement démographique, du renforcement de
la consommation et des profonds changements qui
sont intervenus dans Forganisation de l'agricul-
cul de la production durant et immédiatement
des pays de ce groupe, ont al importer.
TABLE
PA 3'8
ot- RI:ow:38
C-2. PRODUCTION DE
3
:
ture, il est improbable que les pays du groupe
oriental retrouvent la position prédominante qu'ils
occupaient autrefois ; en fait, au coins de la plupart des années d'après-guerre, un, sinon plusieurs
945-1954 ET MOYENNE D'AVANT-GUERRE
Moyen-
ut-1945
1947
1934-38
1948
1949
1950
1951
1952
1953
2,1
6,2
5,4
16,7
31,8
8,1
26,4
1954
millions de tonnes
Argentine
Australie
Canada
Etats-Unis
6,6
6,5
5,2
5,2
5,9
12,3
6,0
9,3
31,4
37,0
10,5
35,2
46,6
52,5
58,8
30,8
9,6
12,1
4,6
18,2
26,1
17,7
94,6
86,4 100,9
7,2
19,5
3,9
3,9
8,7
30,1
Total (4 pays)
37,5
Europe oceidentale
Proche -Orient
Extréme-Orientl
Autres pays
TOTAL MONDIAL2
4,2
6,5
11,8
3,3
5,6
3,2
8,5
10,3
3,5
7,6
9,2
5,0
29,9
10,1
15,0
26,7
7,6
5,3
18,8
35,3
56,1
51,0
514
48,1
67,0
60,1
46,5
27,9
10,8
10.5
5,5
30,1
30,6
30,2
10,7
12,0
1,1
12,1
32,6
13,3
11,0
6,6
35,1
15,7
11,5
35,2
13,3
13,5
130,5
129,9
116,9
9,0
11,1
5,6
4,3
6,2
98,3 110,8 107,1 1110,6
5,9
108,2
ilNon compris la (bine et la Mandchourie.
'Total mondial, non contorts l'U.R.S.S., 1'El ri»e orientate, la Chine et la Mandchourie.
174
7,5
4,5
5,8
5,0
12,6
27,7
5,1
1,
7,5
8,4
TABLEAu C-3. EXPORTATIONS DE BLE ET DE PARINE DE BLE ; 1945/46-1954/55 ET MOYENNE D'AVANT-GlIERRE
.Inillet - lulu
PA vs
Moyenne
1934/35
1935/39
1954/
9451/
1946/
1947/
1946
1947
1948
1,9
1,7
4,8
1,0
10,2
1,3
6,2
2,8
2,6
5,6
1,3
10,7
10,8
12,3
23,8
5,2
17,5
I
1949/
195ii
1948/
1949
millions de tonne
Argentine
Australie
Canada
3,3
2,9
Etats-1Jnis2
Total (4 pays)
Autres pays
TOTAL MONDIAL3
.
.
959/
1951
1951/
1952/
1952
1953
1953
1954
195,5
e hif f res
prowlsoires
en eti tivalent de ble")
2,4
13,1
1,7
3,3
6,1
13,8
6,3
8,2
20,0
2,41
24,9
0,2
1,3
1,4
24,0
21,3
25,5
8,7
3,0
1,9
7,8
6,0
3,5
2,5
6,8
7,4
26,0
22,9
18,7
20,2
3,9
2,5
3,4
4,6
4,8
25,7
28,5
26,3
23,3
25,0
2,8
3,5
0,8
2,7
6,1
10,1
0,9
2,7
9,4
13,0
10,7
20,0
22,5
2,4
2,2
27,3
22,2
3,1
'La conversion de la farine en equivalent de ble a et& faite en appliquant les taus de blutage suivants : Argentine 70 %
Australie 72 %, Canada 72,6 %, Etats-Unis 71,5 '3; autres pays 75%.
'Ces chiffres eomprennent les exportations effeetuées au titre des différents programmes d'aide à l'étranger des Etats-unis ainsi
que les tonnages expédiés aux territoires et aux possessions de ce pays, mais Tle tiennent pas eompte des exportations de
partir de blé eanadien importé pour étre moulu sous le régime le l'admission temporaire.
farine obtenue
'Y eompris les exportations de l'U.R.S.S. et de ses satellites ; non compris le commerce it l'intérieur de ce groupe.
En 1950/51, la production de blé dans les pays
autres que les quatre principaux exportateurs
était revenue h son niveau d'avant-guerre. La pers-
avant meme cette campagne et avait amené les
Etats-Unis à imposer des restrictions aux emblavures pour les récoltes de 1950/51 et les main-
pective d'un accroissement excessif des disponir
JAR& mondiales de blé était apparue nettement
tenir en 1951/52. Au cours de cette dernière campagne, par suite de la crise coréenne, ces restric-
TABLEAU C-4. IMPORTATIONS DE BLE ET .DE EARINE DE BLÉ : 1946/47-1953/54 ET MOYENNE D'AVANT-GDERRE
Juillet144:Gloss
:doyenne
1948/49
1949/50
1950/51
1951/52
952/5:3
19;53/54
1934/35
1938/39
946/47
1947/48
112,5
12,4
17,3
16,8
12,6
12,9
14,4
13,8
12,0
'1,3
0,7
5,8
99
3,3
2,3
5,7
9,4
2,3
1,3
4,2
1,8
4,6
3,6
2,4
5,3
2,4
1,3
4,9
2,3
1,2
4,7
2,4
0,6
3,9
1,9
3,7
3,8
5,3
5,6
5,2
7,9
5,6
6,1
1,3
1,0
2,0
1,7
6;/7
1,6
2,0
2,1
1,6
4,1
1,7
1,4
1,2
0,7
2,5
mill ns de tonnes. en equitalent de blé
Europe oecidentale.
.
dont
Allemagne occident..
Italie
Royaume-Uni
Asie
dont :
Inde
...Tarpon
1,2
4,7
Autres régions
dont
3,2
4,4
3,8
4,3
4,6
5,8
6,6
6,5
5,4
Brésil
1,0
0,9
0,6
0,8
1,1
1,4
1,4
1,4
1,6
17,6
20,5
24,9
26,4
22,8
23,9
28,9
25,9
23,5
TOTAL MONDIA.L
moyenne d'axant-guerre a été établie d'apres l'estimation des quantité importées dan, le territoire actuel, en provenance de tous les pays, y eompris des autres parties de Pandemic Allemagne.
.. Non disponible.
175
tions ont été supprimées avant la fin des semailles ; le niveau élevé de la demande nffindiale, dà
l'apparition d'une demande de stockage engen-
tion et h contrôler les exportations et les importations. En général, dans chaque pays, le gouverne-
par les hostilités en Corée et au faible
volume des récoltes de quelques pays impor-
le sens de l'expansion sans tenir compte de l'évolution des prix et de l'offre h l'étranger. L'apparition des excédents a mis en évidence le besoin
d'ajuster cette politique ; aussi, certains pays ont
ment a orienté sa politique de production dans
drée
tateurs, en particulier l'Inde, a retardé l'apparition d'excédents. En 1952/53, toutefois, des récoltes exceptionnelles dans les quatre principaux pays
modifié la leur en abeAssant le prix de soutien con-
exportateurs et quelques-uns des pa-ys exporta
teurs d'importance secondaire, ainsi que le recul
de la demande crimportation dû à d'excellentes
senti aux agriculteurs et en réduisant les quantités auxquelles il s'applique. D'autre part, dans
récoltes dans les pays européens ont entrafné Paxcumulation de gros excédentes. Au cours de cette
seule anné_s, les stocks de fin de campagne dans les
viennent d'assouplir le contrôle des importations
par suite de l'amélioration des disponibilités et
d'une distribution plus large des exportations de
blé ainsi qu'en raison de Patténuation des diffi-
certains pays importateurs, les gouvernements
quatre principaux pays exportateurs sont passés
de 13 millions à 28 millions de tonnes. .rannée
cultés posées par les transactions en devises fOrtes, mais en général le système de prix garantis
suivante, la production s'est maintenue à pet] près
au méme niveau et les stocks ont atteint 45 millions de tonnes, volume sans précédent représentant
pi-6s du double du volume annuel récemment atteint par les expottations mondiales. En 1954/55,
les disponibilités exportables et les stocks de re-
à la production a été maintenu. Dans les pays
exportateurs, les ventes à l'exportation sont d'ordinaire le monopole d'offices publics de commercialisation qui a,chètent toute la production na-
tionale ou bien sont prèts à prendre en charge
les quantités qu'on leur offre. Ces offices, en sto-
port ont atteint un niveau record et, malgré une
médiocre récolte au Canada ct une baisse de la
production aux Etats-Unis, due au rétablissement
des restrictions aux emblavures, il apparaissait
douteux que le volume total des stocks de fin de
ckant et en assurant une commercialisation ordonnée, ont évité le cléséquilibre des prix mondiaux qui aurait pu se produire après les abondantes récoltes de 1952 et 1953.
Le commerce international a été caractérisé
par le fréquent recours aux contrats d'achat en
bloc dont l'exécution a été assurée par des orga-
campagne fléchisse sensiblement. On pense qu'aux
Etats-Unis l'application à la récolte de 1956/57
de nouvelles restrictions aux emblavures permettra d'aligner les disponibilités assurées par eette
récolte sur la consommation prévue et peut-ètre
méme de réduire légèrement les stocks. Toute-
nismes gouvernementaux ou semi-göuvernenten-
taux. Les transactions effectuées dans le cadre
de l'Accord international sur le blé ont représenté
plus de la moitié du volume du commerce international du blé de 1949/50 à 1952/53 et une par-
fois, &rant donné que la récolte mondiale de 1955
semble devoir étre bonne, les stocks reportés
1956/57 seront encore élevés.
tie importante des exportations au cours de ces
révolution de la production des stocks et du
deux dernières années ; une grande partie des au-
commerce et les changements intervenus (laos la
structure des exportations et des importations sont
résumés dans les tableaux C-1 b. C-4.
tres transactions s'est effectuée au titre de contrats gouvernementaux bilatéraux souvent con-
Evolution du marché et des prix
L'intervention gouvernementale dans le domaine de la production, des prix et du commerce du
blé, qui s'était déjàmanifestée sur une assez grande
échelle au cours des années « tiente », s'est élargie
considérablement pendant et après la guerre lorsqu'il s'est agi surtout de développer la production
de devises et non de prix qui ont souvent déterminé la source et la destination des expéditions
de blé et qui ont entrainé une grande partie des
variations de cours enregistrées durant la période.
Dans ces conditions d'isolement des marchés
nationaux et de systèmes de prix multiples sur
les marchés d'exportation, il est difficile de parler
d'un « prix mondial » au sens où on l'entendait
au maxinmm. Par la suite, d'autres raisons, en
primitivement. Lorsque le premier Accord interna-
particulier soutenir les revenus agricoles, encourager le développement économique et protéger
la balance des paiements, ont joué un rôle préclominant. L'intervention gouvernementale a consisté généralement à garantir les prix à la produc-
tional sur le blé a été appliqué, il existait en grcs
trois, prix d'exportation, à savoir par ordre crois-
clus dans le cadre de vastes accords commerciaux
ou d'accords de troc. Ce sont des considérations
sant : le prix fixé pour les ventes effectuées au titre
de l'AIB, en pratique le prix maximum fixé par
ce dernier ; le prix pratiqué pour les ventes effec176
TABLEAU C-5.
PRIX DU BL1 AU C_A.1,7AD A ET A-UX ETATs-ITNis : 1945/46-1954/55
Etats-Unis
Canada
N°. 1 Northern
ANNEES
COMMENCANT
EN jUILLET
1954/555
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
1,83
1,83
1,83
1,83
1,83
1,85
1,84
1,84
...
1,40
1,46
1,43
1,87
)1,87
1,77
1,80
1,85
1,86
1,91
1,38
1,49
1,83
2,00
1,95
1,99
2,18
2.20
2.21
2.94
2,27
2,61
2,14
1,99
1,97
2,31
2,23
'
131edur
dollars E.-U. par bushel .....
lolIars ealualiesn par bushel
1945/46
1946/47
1947/48
1948/49
1949/50
1950/51
1951/52
1952/53
1953/54
Subventions accordées
pour les tonnages
expédiés des ports dll
d'hiver N° 2 Golfe du Mexique, dans
Prix moyen
''''
par les
le cadre de PAII3
Kansas
initiomil
jamduch.hrs
Prix
,
de sontien productehrs
City,
(moyenne
c iooyeb ;le
d'exporta- .- kutres prix
comptant
la
(h
toutes
(I i.s dilYebm- tion fixés
d'exporta- production)
(moyenne
tion i
nnnimum
maxinium
gualités)
tes gunnies), par contrats
pondérée)
123
Prix reeus
par les
prix re ,,,,s
Manitoba
41,93
, 73
1.49
1.90
2.29
1.98
1.88
2.00
2.11
2.09
2.04
2.09
1.60
2.09
2.52
2.19
2.16
9.32
2.44
2.27
2.30
2.43
eel ts des Etats-T7
s
par bushel
49
67
53
39
76
40
74
62
68
667
662
'87
° En magasin, Fort \Vilna m/Polt Arthur.
° Les chic' premiers prix indiqués dans cette colonne sont ceux du contrat conclu entre le Royaume-Cni et le Canada. Les
autres prix s'appliquent aux yentes effectuées &Ins le cadre de PATE.
a Y eompris les frais de detention d'aoht 1947 h aofit 1953.
Depuis la première senutine d'aoht 1953, les prix au comptant pour les ventes effectuées par eontrat ou non sont blend( es.
a Provisoire.
Ces chiffres s'applignent également h certaines yentes effectuées en dellors de PA HL
... Non disponible.
Néant ou négligeable.
tuées en dehors de l'AIB et determine généralement par les cours du marché des Etats-Unis
et enfin, le prix en vigueur pour le blé provenant
de pays de la zone non dollar, prix comportant
d'ordinaire une prime. Toutefois, après 1952/53,
rait pu l'étre dans des conditions de marché libre.
Un certain nombre de series de prix importantes
de cette période figurent au tableau C-5.
Perspectives
du fait de l'apparition d'excédents et de l'atténuation de la pénurie de dollars les prix ont flé-
Les stocks de report abondants dont disposent
les pays exportateurs continueront h peser sur
le marché du blé l'année prochaine. Les restrictions h la production appliquées aux Etats-Unis
chi et l'écart qui existait entre les trois categories
a été Min-line en grande partie. Le prix pour les
ventes effectuées dans le cadre du nouvel Accord
sur le blé est tombé au-dessous du maximum fixé
et les conditions atmosphériques défavorables qui
ont sévi au Callada en 1954, ont freiné l'accroissement du volume cles stocks en 1954/55 et il se
par ce dernier et les prix pour les transactions
effectuées en dehors de l'AIB sont tombés au niveau des prix AIB Aux Etats-Unis le prix du marché libre, qui a continué à faire l'objet d'un soutien dans le cadre du système de préts sur récoltes, a beaucoup perdu de son importance en tant
peut que le maintien des restrictions aux EtatsUnis amène une légère baisse de la production
vers la fin de 1955/56. Ailleurs, la production n'a
fait l'objet d'aucune limitation et le mouvement
ascendant qu'elle accuse dans de nonibreux pays
n'est probablement pas encore arrive à son terme.
Aussi ne peut-on guère s'attendre, dans l'avenir
immédiat, à une reprise sensible du commerce et
il est probable que les disponibilités continueront
a exercer une pression sur les marches de céreales. Jusqu'ici, la politique gouvernementale de
stockage et de commercialisation ordonnée a ,empéche des variations brutales sur le marché d'exportation il n'est pas exclu que ces mesures de
que prix d'exportation et la prime dont bénéficiait le We vendu par les pays de la zone non dol-
lar a disparu. Exception faite du Canada et de
l'Australie, oit les prix h la production sont fixes
au-dessous du prix d'exportation, les pays fournisseurs se sont vus dans l'obligation de verser
des subventions à l'exportation ou de couvrir
l'aide des fonds publics les pertes que subissent
leurs offices de commercialisation. Toutefois, grace
l'existence de ces offices, la baisse des prix
d'exportation a été moins prononcée qu'elle au-
sauvegarde soient maintenues et méme renfor177
peu fléchi. Le Canada a également développé sa
production de eéréales fourragères en augmentant
cées si l'Accord international sur le WC est recoil-
duit en 1956/57 et si son application est étendue
une partie importante du commerce mondial.
La situation future dépendra principalement des
conditions atmosphériques dans le monde, de 1'6eoulement des excédents actuels des Etats-Unis
et des changements gin pourront intervenir dans
la politique agricole de ce pays
h la fois les superficies cultivées et les rendements,
notamment Forge dont le tonna,ge est maintenant
entre le double et le triple de celui d'avant-guerre
le Canada est ainsi devenu récemment le plus gros
exportateur de céreales fourragkes. L'Australie
a également augmenté régulièrement les superficies cultivées et les rendements et, au cours de ces
dernières années, sa production a atteint environ
le double du volume d'avant-guerm. L'expansion
CEREALES SECONDAIRES
de ces trois pays a eu des repercussions sur la
structure des cxportacions mondialcs. La production, principalement celle de Forge, a également
augmenté d'une façon continue au Proche-Orient
oil les récoltes des trois dernikes années ont été
Production et échanges
Contrairement à ce qui s'est passé pour le WC,
la production de céréales seeondaires était, h
supérieures de 50 pour cent environ à
fin des hostilités, légkement supérieure à celle des
années qui ont immédiatement précédé la guerre
elle s'est encore accrue notablement depuis 1954.
Cependant, des changements importants sont intervenus dans sa repartition. Aux Etats-Unis, bien
que la superficie cultivée Wait pratiquement pas
augmenté, la production s'est sensiblement accrue,
principalement par suite de l'adoption généralisée
de variétés hybrides de mals. Après la guerre, les
récoltes de eette céréale ont oscillé autour de SO
millions de tonnes, contre 53 millions de tonnes
au cours de la période 1934-38. L'orge et l'avoine
ont également été produites en quantité croissante
et le sorgho, céréale relativement peu importante,
a fait un bond en avant. Seul le seigle a quelque
celles
d'avant-guerre. Par rapport a. cette période les
exportations d'orge de la région ont récemment
doublé et eelles de l'Afrique du Nord franqaise ont
également augmenté considérablement L'Union
Sudd-Africaine a également élevé très sensiblement
le niveau de sa production de mais par rapport
h la moyenne d'avant-gueue mais, en raison de
l'accroissement de sa consommation intérieure,
ses exportations ont rarement atteint leur volume
d'avant-guerre.
La production de l'Argentine a suivi une évo-
lution très différente. Ce pays était le principal
exportateur avant la guerre, mais la dhninution
des surfaces cultivées, jointe à plusieurs mauvaises
TABLE TJ C-6. PRODUCTION DE CÉREA ES SECONDAIRES1 ; 1945-54 ET MOYENNE D'AVANT GUERRE
A103-0000
19141938
PAYS Ou RÉO IONS
1945
1946
1947
1949
1945
1950
1952
1953
2,9
1,2
7,3
1,7
6,9
13,7
14,7
1951
1954
,eOliofls de Ionnes
2,0
4,8
120,1
1,1
8,1
106,1
1,1
10,9
105,3
101,1
136,1
117,3
122,1
33,8
35,2
32,2
36,0
38,9
36,3
39,2
40,8
37,1
40,1
178,1
196,4
169,3
211,3
197,3
199,3
6,6
26,9
42,8
101,8
7,3
29,6
43,5
116,0
6,6
28,7
36,2
97,8
8,4
33,4
41,8
5,5
0,9
Argentine
Australie
9,4
0,7
7,1
Etats-ITnis
72,6
9,7
101,4
89,8
Ca:nada
Total (4 pays).
.
Europe oceidentale.
Autres pays
TOTAL MON-DIAL'
.
8,2
0,7
9,5
109,0
8,7
1,4
7,3
83,7
117,5
127,4
42,7
36,3
28,4
32,2
168,8
9,4
5,1
1,0
9,9
1,6
13,2
6,6
1,2
9,5
98,9 107,1 104,4
105,8
116,7 130,8 126,1
123,1
40,4
45,2
45,8
49,5
44,3
48,3
200,5 216,4 221,4
215,7
9,8- 9,4
41,3 43,4
43,8 42,3
10,2
43,7
43,8
42,5
41,3
dORT
seigle
orge
avoine
ntaYs
27,9
37,4
94,1
127,7
8,4 ' 8,8
31,9
34,9
40,1
43,5
116,9 112,1
°Seigle, orge, avoine et mals.
'Non compris l'U.R.S.S., l'Europe orientale, la Chine et la Mandeltourie.
178
8,2
37,4
44,2
110,7 121,5 126,3
118,0
récoltes, ont sensiblment réduit sa production.
Dans l'ensemble, sa récolte de mais a été inférieure
de rattraper tout son retard. On a enregistré ce-
atteint son niveau de 1934-38. Au cours des premières années d'après-gueiTe, les exportations de
céréales fourragères furent entravées par la prior
rité accordée aux transports de blé, plus que par
le manque de ressources (sauf pour le ma:is) ; la
pénurie de dollars a continué pendant quelques
pendant un accroissement notable de la production
années h constituer un obstacle car, depuis la
d'orge, d'avoine et de seigle ; la culture de ces
céréales a été moins affectée que celle du maYs
guerre, l'Amérique du Nord a régulièrement fourni
par la hausse des dépenses d'exploitation et la pénurie de main-d'ceuvre et de biens nécessaires
la production, pendant et après la grime. Le recall
des exportations de mals d'Argentine n'a été compensé que partiellement par l'accroissement des
exportations d'autres céréales fourragères.
En 1945, la production de l'Europe occidentale
était tombée aux deux tiers de son niveau d'avantguerre, mais elle n'a, cessé d'augmenter au cours
des dix années ; elle n'a toutefois rejoint ce niveau
qu'en 1951. Dans l'ensemble, le développement de
la production a été plus marqué clans le norcl et
contre un peu plus de 10 pour cent avant la guerre.
l'ouest de l'Europe que dans les autres régions
tions mondiales de ma:is sont encore inférieures
de 50 pour cent à celles d'avant-guerre. Les expéditions de l'Europe orientale et de l'U.R.S.S. sont
de plus de moitié à celle d'avant-guerre et le relèvement des prix h la production, survenu ces dernières années, n'a pas encore permis à cette culture
la moitié au moins des exportations mondiales,
Bien que la part de l'Australie dans les exportations soit faible par comparaison celle du Canada et des Etats-Unis, elle accuse une augmen-
tation relativement importante. Par contre, les
expéditions des autres exportateurs de céréales
secondaires ont beaucoup diminué. L'Argentine
n'a réussi que deux fois depuis dix ans h atteindre
la moitié de ses exportations d'avant-guerre, qui
étaient de 7 millions de tonnes environ et, certaines
années, le volume de ses exportations a été extrèmoment faible. En raison de ce recul, les exporta-
de ce continent, et il convient de noter l'importance
prise par la culture de Forge, particulièrement au
Royaume-Uni, en France et au Danemark.
Contrairement à ce qui s'est produit pourle blé,
le commerce de céréales secondaires n'a, repris
que très lentement et ce n'est qu'en 1953/54 qu'il
également tombées très au-dessous
d'a,vant-guerre (tableau C-7).
de
celles
La majeure partie des exportations mundiales
a continué, comme avant la guerre, à étre dirigée
TABLEAU C-7. EXPORTATION-S DE CEREALES SECONDAIRES1 ; 1945/46-1954/55 ET MOYENNE D'AVANT-GUERRE
,Tuillet - juin
PA T'S
1931/351938/39
M oyenne
945/If'
1948/47
1947%48
1948/49
9-19/50
1950/51
1954/55
1951/52 1952/53 1953/54 provisoires
millions de tonnes
(0,5)
2,6
(1,9)
0,1
0,7
3,4
(2,9)
(3,0)
0,3
0,4
1,4
(0,8)
2,3
(1,9)
0,5
1,2
3,2
(2,3)
8,9
4,9
6,8
6,5
Autres pays
et
(dont
l'Europe orientale),
5,9
0,3
1,4
(2,5)
(-)
TOTAL MONDIAL
14,8
4,5
(dont maYs)
7,3
(6,5)
2,2
(1,1)
(dont maYs)
0,5
1,1
(0,8)
1,0
1,0
Argentine
-
Australie
Canada
Etats-Unis2
Total (4 pays).
.
-
4,4
0,9
3.8
2,7
(2,8)
0,6
(0,2)
0,5
1,1
3,9
(2,9)
7,2
6,9
6,1
6,8
9,5
11,5
8,3
3,1
3,5
3,9
3,6
4,6
3,5
3,3
2,9
(...)
(1,3)
(1,3)
(2,0)
(1,1)
8,2
9,6
10,7
10,8
9,7
1,9
(1,2)
0,4
1,0
3,6
1,1
(0,6) (0,6) (1,3) (1,7)
0,7
0,7
0,5
2,1
3,9
3,0
3,9
3,1
(2,0) (3,1) (2,8) (1,9)
0,5
2,5
2,7
4,0
(1,5) (0,9) (0,5)
11,4
13,0
'Seigle, orge, avoine et nulls. Exportations brutes.
'Les Etats-Unis ont ego lenient exporté après la guerre d'importantes quantités de sorgho dépassait
de tonnes ; avant la guerre es exportations étaient très foibles.
n." eompris les exportations de ELT.R.S.S. et de ses satellites ; non eompris le commerce it l'intéri
- 2..sTeant on négligeable.
... Non disponible.
170
14,8
(...)
11,2
arfois un million
de ce groupe.
TABLEAU C-8. IMPORTATIONS DE CEREALES SECONDAIRES1 ; 1946 4
953/54 ET MOYENNE D'AV_ TT-GUERRE
Juillet - juin
RI7BRIQT.71,:S
1934/351938/39
1946/47
1947/48
1948/49
1949/50
1950/51
1951/52
1952/53
1953/54
millions de tonnes
Europe oceidentale . .
dont
.
Belgique . .
Allemagne oceid.2
Pays-Bas
.
Royaume-T_Tni
Asie
12,5
5,0
7,0
8,0
9,3
7,9
9,2
8,2
9,5
1,4
1,6
1,3
4,3
0,5
0,9
0,3
0,5
0,7
0,8
0,7
1,5
0,8
1,7
0,6
2,1
1,1
1,8
1,0
1,8
0,7
0,8
0,8
1,0
1,8
0,6
9,1
1,3
2,0
0,8
1,8
0,8
2,7
1,2
1,3
2,8
0,3
1,3
1,2
1,0
0,7
0,8
0,8
1,9
1,3
dont
Japon
0,2
0,3
0,3
0,6
0,5
0,7
0,6
1,3
1,1
Autres pays
1,9
1,5
1,5
1,6
1,5
1,5
1,9
2,4
3,5
14,7
7,8
9,7
10,6
11,5
9,5
11,9
12,5
14,3
1,0
2,7
0,9
0,5
1,4
2,3
0,7
5,3
1,1
2,6
1,3
5,6
1,5
3,6
0,8
3,2
0,9
4,3
0,7
6,0
1,6
4,2
1,6
5,6
2,0
5,1
TOTAL MON-DIAL
dODT1:
Seigle
Orge
Avoine
Mai:s
le
10,1
1,7
1,1
4,5
1,1
5,3
1,1
4,4
1,8
4,9
orge, avoine et n als. Importations brutes.
21946/48 - 1948/19 : Bizone. La moyenne d'avant-guerre a été établie d'après l'estimation des quantités importées dans
territoire actuel, en provenance de tons les pays, y commis des mitres parties de l'ancienne Allemagne.
sur l'Europe occidentale, mais actuellement, la
part achetée par eette région est plus faible, aussi
bien en valeur absolue qu'en valeur relative. En
1953/54, ses importations n'atteignaient que 9,5
d'une mauvaise récolte de ma:is aux Etats-Unis. Cette
millions de tonnes, contre 12,5 millions de tonnes
avant la guerre. Cependant, en raison de l'accrois-
année-là, les cours du mais ont dépassé 90 dollars
la tonne h Chicago, et les cours des céréales fourragères ont atteint un niveau analogue au Callada
et dans les autres pays. Ils se sont effondrés l'année suivante h un niveau moyen de 60 dollars la
sement de la production intérieure, les disponi-
tonne. Il y eut ensuite une certaine reprise, puis
Wines européennes sont actuellement un peu supé-
une nouvelle pointe h 72 dollars la tonne en 1951/
52, coincidant avec la hausse des prix provoquée
par la guerre de Corée. Par la suite, les cours ont
évolué clans le sens de la baisse, malgré un certain
renversement de la tendance survenu en 1954/55.
ridures h ce qu'elles étaient avant la guerre et le
niveau de la consommation pour l'alimentation
animale aussi bien que pour les usages industriels
a légèrement augmenté.
En dehors de l'Europe, la demande demeure
supérieure à celle d'avant-guerre en raison des
besoins d'importation du Japon. Les Etats-Unis
Dans l'ensemble, les prix des céréales fourracières ont subi sur le marché mondial « libre » des
fluctuations plus importantes que ceux du blé et
ont également importé du Callada de grosses quail-
beaucoup plus marqnées que les prix de cette
tités d'orge, d'avoine et de seigle (tableau C-8).
méme céréale fixés par l'Accord international sur
le blé. Comme pour le blé, les cours de la zone
dollar et ceux des pa-ys situés en dehors de cette
zone ont accuse de grands écarts jusqu'en 1951/52,
mais les ajustements qui se sont produits les deux
années suivantes ont ramené à un niveau sensiblement uniforme les prix des céréales fourragères
de différentes provenances (tableau C-9).
Prix
Les prix des céréales fourragères ont atteint
leur niveau maximum d'après-guerre en 1947/48
h la suite de l'abolition des contr6les de prix et
180
GRAPHIQUE C-3.
Prix des céréales secondaires, 1945/46 à 1954/55
Dollars E.U. par tonne
TABLEAU C-9. PRIX DES CEREALES SECONDAIRES;
1945/46-1954/55
.
,
.
Prix au comptant
Canada
CAMPAGNE
COMMENVANT
Avoine
Orge
Etats-Unis
Orge
N° 1 N° 1 fourra- Yellow
N° 3
fourra- fourra- gère
Chigère°-
Minné-
apolis
El=
Prix e.a.f.
ports de la Mer
du Nord
1948 /49
1949/50
1950/51
1951/52
1952/53
1953/54
1954/55
30
258
273
53
62
'76
46
291
81
51
57
60
57
59
50
50
27
50
57
56
52
47
45
53
52
56
56
54
45
47
-1)
argentin c.a.f. Europe
Mafs Chicago yellow N.° 3
Argen, Irak
tine
Mals
Orge
cago
Situation actuelle et perspectives
dollars E. Upar tonne
1945/46
1946/47
1947/48
Orge canadienne (fourragère N.°
atesestoomessece Mais
Mais
EN JUILLET
gère°
teasegasesfamansestma Orge irakien c.a.f. Europe
49
68
94
60
52
66
72
63
'61
60
L'abondante production enregistré généralement
. .
.
106
131
86
73
76
en Amérique du Nord au cours de ces dernières
années a provoqué un gonflement des stocks. Au
Canada, la tendance à l'expansion a été renversée
.
84
105
76
53
64
en 1954/55 par suite de conditions météorologiques
défavorables. Cependant, les premiers renseignements parvenus de ce pays indiquent un certain
accroissement des superficies ensemencées en cé-
Die Weltmiirkte wiehtiger Ntihrungsnuttel, Bonn
(March& mondiaux des principales denrées alimentaires).
°En magasi a Fort William/Port Arthur.
°Comprend, d'août 1946 k juillet 1948, les taxes d'égalisation appliquées aux ventes k l'exportation.
°En mai 1954, des subventions it l'exportation s'élevant
près de 7 dollars par tonne out été oetroyées pendant 3
mois environ.
'Chiffres provisoires.
Non disponible.
Source :
réales fourragères en 1955. Aux Etats-Unis,
dépit des restrictions de superficie appliquées au
mais en 1954 à la suite de l'augmentation des
stocks, ces derniers ont atteint en 1954/55 un
chiffre record. Les restrictions de superficie seront
.
181
TABLEAU C-10. CEREALES SECONDAIRES : STOCKS DE FIN DE CAMPAGNE ; 1945/1955 ET MOYENNE D'AVANTGUERRE
CAMTAGNES
seigle
ler juill.
orgo
ler j'ano
avoine
ler
Arge
Ca lada
E tats-Unis
er oct.
Total
seiglo
orge
ler aolit ler aoftt
Une
avoine
aofit
Total
mals
1 cr avril
millions de tonnes
1935-39 moyenne
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
1955 (chiffres
res)
Source
.
)rovisoi-
1,6
1,1
1,5
2,5
3,4
4,2
4,0
2,6
4,2
3,1
4,2
4,1
3,7
3,4
7,2
3,1
20,7
21,5
18,8
12,4
19,5
23,3
2,9
4,7
25,4
0,3
0,3
0,1
0,1
0,1
0,2
0.9
0,1
0,1
0,2
0,4
0,S
2,1
1,3
1,2
0,5
Renseignement=4 pulses anta
Néant ou ueg1iga I de.
1,1
2,2
1,7
2,0
9,5
8,0
4,4
26,5
25,1
18,2
94.5
28,6
0,3
0,2
0,1
0,2
0,4
0,5
0,2
0,6
0,7
0,6
0,7
0,6
0,4
1,2
1,7
2,4
3,1
33,5
0,5
2,2
13,1
13,8
10,0
12,5
6.9
27,3
0,1
0,1
0,8
2,2
1,9
1,7
9,2
1,9
1,7
1,4
1,8
1,3
2,8
3,6
5,0
5,5
0,4
2,5
0,3
0,4
0,8
0,8
0,7
0,1
0,3
0,1
0,1
0,6
3,3
0,1
0,5
1,5
1,2
1,1
0,7
0,9
0,7
1,5
lue possible aux sources officielles et complétés par des estimations MI Ministère de
l'agriculture des Eisen et e la FAO.
fourragères. Néanmoins, d'après les premières in-
tion était réduite, les besoirts considérables et les
échanges désorgnisés. Contrairement à ce qui
s'était passé pendant la guerre de 1914-18, où il
n'y eut pas de combats dans les régions productrices de riz, les destructions et les bouleversements
formations sur les perspectives de la récolte de
economiques ont été très étendus de 1942 h., 1945
1955, fondées sur les prévisions d'ensemencement,
il se pourrait que la récolte soit supérieure à celle
de l'année passée. Le développement de la culture
de plus, lorsque les opérations militaires furent
terminées, des troubles civils qui, dans certains
encore appliquées h la campagne de 1955 et le
niveau des prix de soutien a été ramené de 90 h
87 pour cent de la parité. Les prix de soutien seseront également abaissés poni- d'autres céréales
pays, prirent les proportions d'une véritable guerre, se sont étendus h de vastes régions intéressant
fourrag,ère enregistré cette saison et l'année dernière aux Etats-Unis est en grande partie imputable h raffectation h cette culture de terrains précédemment consacrés à d'atares céréales frappées
par des mesures de restriction de superficie et de
contingentement de commercialisation. Bien que
les stocks de céréales fourragères détenus par les
Etats-Unis représentent une 'proportion plus faible
des besoins mondiaux que leurs stocks de blé, e,t
que l'accroissement emitan' de la consommatinn
de produits de l'élevage permette de prévoir une
trois des quatre principaux pays exportateurs
d'avant-guerre. Des unités politiques ont été scin-
dées et de nouvelles barrières commerciales se
sont dressées. Le drainage et l'irrigation, qui constituent les veines et les artères de la culture du
riz, ont été genés ou négligés, et les mouvements
de main-d'oeuyre, de capitaux et de biens néCessaires h leur entretien et h. leur remise en état ont
été entravés. Pour toutes ces raisons, la production
mondiale de paddy en 1945 etait inférieure de 25
millions de tonnes, soit 17 pina cent, h son niveau
amélioration de la demande, l'existence de ces stocks
risque de peser lourdement sur les marchés, particulièrement lorsque lex prix s'ajusteront aux prix
minima de soutien (tableau C-10).
(1' ay ant -gu erre.
L'année 1952 a marqué un tournant. Alors
que la reprise de la prodnction avait été lente
jusqu'en 1951, principalement pour des raisons
politiques comme celles que nous venons de cita,
RIZ
la demande a été stimulée par les cbangements
La situation au cours des dix dernières
années
sociaux, l'aide internationale et les revenus accrus
de ceux qui avaient bénéficié du boom consécutif
a: la guerre de Corée. Pendant toute cette période,
Des changements importants sont intervenus all
la quantité de riz cultivé en Asie est demeurée
cours des dix dernières années dans la sitnation
mondiale du riz. A la fin de la guerre, la produc-
inférieure h celle d'avant-guerre mais, entre temps
la population avait rapidement augmenté, de sorte
182
TABLEAU C-11. PRODUCTION- DE RIZ (PADDY) ; 19464954 ET MOYENNE D'A ANT ITERRE
Moyenne
PAY-s
1934-38
1949
1946
1951
19.52
1953
1951
(chiffres
provisoires)
edili S de tonnes
Inde
Japon
Pakistan
132,3
11,5
111,2
29,9
33,0
11,4
12,8
7,7
3,8
35,3
11,9
12,4
1
11,3
11,8
34,3
12,4
12,4
10,0
41,3
10,3
13,9
10,8
36,9
11,4
12,8
'11,1
5,9
4,4
9,9
4,3
4,6
7,6
6,7
9,2
5,5
5,4
7,3
11,1
13,7
12,9
13,1
12,2
continenta1e)
92,7
85,2
95,6
95,8
98,3
107,9
100,5
Autres continents
6,4
7,3
10,9
11,3
19,2
13,0
13,7
99,1
92,5
106,5
107,1
110,5
120,9
114,2
50,5
46,3
45,5
47,8
48,3
Indonésie
Birmanie
Cambodge, Laos et Viet-Nam
Thallancle
Autres pays cl'Asie
7,0
6,5
.
Total Asic (non compris la Chine
TOTAL MONDIAL (non compris l'Europe orientale, la Chine et
Chine continentale (estimation)
.
.
8,4
31,6
25,2
24,6
5,8
4,6
6,6
5,6
'4,7
8.2
24,2
6,0
=Moyenne 1936-38.
=Estimation non otfieielle.
... Non disponible.
Etats-Unis sept fois plus. L'action intergouvernementale entreprise sous les auspices de la FAO
assura jusqu'en 1949 la répartition des exportations de riz de façon h en réserver la majeure partie
qu'en 1951 l'Extreme-Orient avait à nourrir une
population supérieure de plus de 100 millions
d'habitants à celle de 1938. Des pénuries se produisirent dans les pays qui étaient tributaires des importations pour une partie de leurs approvisionnements en riz et les prix se mirent h monter rapidement sur les marchés libres ou « marchés noirs ».
aux pays on il constituait Paliment de base, ce
qui entraffia une réduction importante des expéditions vers l'Europe. Par ailleurs, l'Asie qui assurait avant la guerre 93 pour cent des exportations mondiales brutes et avait été un exportateur
net de plus de 2 millions de tonnes, était devenue
Trois méthodes principales furent appliquées
pour faire face à cette pénurie : augmentation de
la production de riz, répartition équitable des
quantités disponibles et substitution d'autres den-
un importateur net. Comme la quantite de riz
rées alimentaires. La mesure la plus efficace h long
disponible pour le commerce mondial était encore
terme était Paugmentation de la production. Les
efforts des exploitants, aidés par les gouvernemeats et stimulés par des prix relativement éle-
inférieure h la moitié du niveau d'avant-guerre,
l'Asie se mit h importer également de grosses
quantités d'autres céréales. En 1934-38, les sept
vés, ont permis rapidement d'accroitre la superficie
des terres cultivées en riz qui, en 1948, dépassait
celle d'avant-guerre. Cependant, une grande partie
de ces nouvelles ten-es ne convenait pas très bien
h la culture du riz, ce qui entraina une baisse des
rendements dans certains pays gros producteurs
par suite, le taux d'accroissement de la production
fut inférieur h celui des superficies cultivées, par-
principaux pays importateurs d'Asie avaient acheté
environ 5 250 000 tonnes de riz et moins de 250 000
tonnes d'autres céréales (importations nettes)
en 1951, ils importèrent seulement 3 250 000 tonnes
de riz mais par contre 7 500 000 tonnes d'autres
céreales.
Ce changement radical intervenu dans le com-
merce mondial du riz fut accompagné d'autres
modifications de longue portée dans la structure
ticulièrement en Asie. Cependant, dans d'autres
régions, notamment au Brésil, en Egypte et aux
Etats-Unis, la production augmenta dans des
proportions très importantes, et une partie de cet
du marché. A l'exception des Etats-Unis, les expor-
tations et importations de riz furent effectuées
presque partout par les gouvernements et non par
le commerce privé. Les marehés furent isolés les
tins des autres et les prix d'exportation varierent
suivant les pays et parfois meme suivant les dif-
accroissement devint disponible pour l'exportation.
C'est ainsi qu'en 1951, le Brésil et l'Egypte expor-
tèrent trois fois plus de riz (peen 1934-38, et les
183
GRAPHIQUE C-4. - Modifications importantes survenues dans
la
structure des échanges de riz
moyenne 1934-38 et 1947 à 1953
Commerce
net de
l'Europe
Ri
Commerce
net de l'Asie
Commerce
net de
I 'Amériq ue
Moyenne
1934-38
1947
1948
1949
1950
1952
1951
1953
Les surfaces sont proportionnelles au volume des échanges.
Importations
nettes
Exportations
nettes
férents acheteurs d'un méme exportateur. Le rationnement intérieur se généralisa et se maintint
quelques années de plus que le système d'allocations
d'approvisionnement très lointaines poni remplacer
les importations de Formose et de Corée. Les changements intervenus dans la commercialisation
internationales. Les consommateurs durent accepter des sortes et qualités de riz auxquelles ils ne
n'étaient pas habitués, particulièrement le Japon
qui fut contraint de trouver d'autres sources
fluent souvent accompagnés d'un usinage défectueux et, dans certains pays, la qualité du riz exporté devint très infèrieure h ce qu'elle était auparavant. On vit s'intensifier l'activité intergouver-
TABLEAU C-12. n-OMMERCE MONDIAL DE RIZ "[NINE
Moyen Re
1911-38
Moyenne
1918-50
1946
1954 (chiffres
provisoires)
1953
1152
PAYS
Expor- 14n por- Expor- Impot- Ex por - liii por-1 Expor-
Expor- Importa dons tations
m por-
t9tions tations tations tations tations tations tations
millier.s de lea les, ea équivalent
Birmanie
Thailande
Etats-Unis
Cambodge, Laos, Viet-Nain
31
Italie
01
Chine
,Tapon
Tilde
Malaisie
-
Indonésie
0.1
1.3
Singapour
9,3
Autres pays d'Asie
Autres régions
TOTAL MONDIAL 1
03
.
0.4
0.5
0.4
0.1
14
8.6
0.7
1.7
1.9
0.5
0.3
1.0
0.2
1.2
1.2
0.5
0.1
0.3
0.1
0.3
0.6
0.3
0.7
0.5
0.9
0.8
1.0
4.0
3.8
0.3
0.3
9
0.4
0.6
0.1
0.7
0.3
8.3
2.3
1.9
de
1.3
1.4
0.8
0.9
0.2
0.3
0.9
0.5
1.0
0.7
0.4
0.8
0.8
0.9
4.9
4.7
usin,
1.5
1.0
0.6
0.3
0.9
0.2
1.0
1.3
0.7
0.2
0.3
0.9
1.1
.9
0.5
0.4
0.1
1.1
0.4
0.9
0.3
0.2
4.3
4.2
4.3
1.4
0.6
0.3
0.9
1.0
0.7
4.9
- NCarrit on négligeable.
Les exportations totales représentent les exportations de riz in digène des pays it production excédeutai ri:c ri °litre,
rr ys irriportateurs nets out exporté 300.00() tonnes environ de riz indigene au cours des années d'avant-gue Pre el moins
de 50.900 tonnes apres la guerre. Pone les importations, il s'agit de chifrres nets.
les
184
Les résultats commencèrent h se faire sentir vers
nementale sur les problèmes du riz ; la Commission internationale du Riz fut créée sous l'égide de la
la fin de 1952. Les récoltes augmentèrent clans tous
FAO, mais sa competence ne s'étendait pas aux
questions relatives au commerce international.
les continents et la production de l'Asie dépassa
Les difficultés que Pon éprouvait A, se procurer
du riz à l'étranger, jointes h. une tendance générale
fut encore plus important en 1953. Etant donne
enfin son niveau d'avant-guerre. Cet accroissement
que l'augmentation de la production en Asie avait
eu lieu principalement dans les pays importateurs,
h l'autarcie, incitèrent un grand nombre de pays
la reaction qui s'ensuivit l'année d'après sur le
marché international fut tres marquee. Les importations de l'Inde baissèrent de 75 pour cent environ
Importations nettes de riz
GRAPHIQUE C-5.
et d'autres céréales dans six pays d'Extr'èmeOrient, avec indication des mouvements relatifs
des prix. Moyenne 1934-38, et 1947-54
et celles de l'Indonésie de plus de 50 pour cent
Les expeditions de riz commencerent à étre determinées par les decisions des importateurs plutôt
que par les quantités disponibles h l'exportation.
En prenant leurs decisions, les importateurs pouvadent également faire entrer en ligne de compte
la comparaison des prix avec d'autres ceréales qui
avaient bénéficié d'une plus grande faveur parmi
les consommateurs pendant la période de pénurie
millions de tonnes
aiguë de riz. Parini ces céréales susceptibles de
concurrencer le riz, Forge commença à. subir une
forte baisse de prix au début de l'automne 1952,
et le blé libre » une baisse moins marquee h
fin de la mëlne saison. Cependant, les exportateurs
refusèrent de faite subir au riz une baisse parallèle,
ce qui provoqua une forte diminution du volume
des ventes. La reduction des exportations entraina
un gonflement anormal des stocks dans l'Asie
du sud-est. Au milieu de l'automne, les organismes
de vente gouvernementaux commencèrent à consentir quelques concessions sur les prix, mais les
récoltes record de 1953 avaient alors provoqué
un effondrement des cours sur les marches des
Etats-Unis et ce mouvement de baisse fut renforcé
par l'apparition de nouveaux exportateurs comme
1934-38
47
48
49
Importations nettes
de riz
50
LJ
51
52
53
la Chine et le Pakistan. Une nouvelle reduction
marquee des importations frit évitée en 1954 par
suite de la trés mauvaise récolte de riz au Japon
et de la decision prise par l'Inde de constituer
une reserve alimentaire. Cependant, les amtorités
54
japonaises, principalement pour des considerations
de prix, décidèrent de couvrir plus de la moitie du
déficit de la récolte de riz par l'importation d'autres
Importations nettes
d'aut res céréales.
Importations de riz en pourcentage des importations totales de
céréales.
céréales.
Rapport des prix entre les autres céréales et le riz, d'après les
indices des valeurs unitaires d 'importation.
Ainsi, pendant près de trois ans, les pays exportateurs ne purent écouler tout le riz dont ils pou-
NOTE : Les autres céréales comprennent: WC et farine de blé, seigle,
orge, avoine, mais et sorgho, et millet. Les six pays d'Asie
sont : Ceylan, lnde, Indonésie, Japon, Malaisie, Philippines.
vaient disposer. Néanmoins, certaines ,mesures
correctives ont commence h produire des effets.
Les restrictions imposées h la consommation de
importateurs à. de nouveaux efforts en vue d'augmenter la production. Les prix d'exportation, qui
avaient baissé en dollars des E.U. après la. devaluation de la livre sterling survenue en septembre
1949, remontèrent rapidement après le déclenchement de la guerre de Corée et fournirent un nouveau stimulant h. l'expansion de la production.
riz ont été progressivement supprimées et le rationnement a été aboli presque partout sauf au Japon.
Les échanges ont été liberalises et les importations
sont à nouà l'exception encore du Japon
veau entre les mains du secteur privé, intéressé au
185
premier chef h développer les marches. Les pays
du Sud-est asiatique se sont attachés davantage
satisfaire les désirs des acheteurs ; on accorde
plus de soin h la qualité de l'usinage et les vieux
stocks qui s'étaient détériorés ont été vendus au
rabais pour l'alimentation animale. La chute des
prix a réduit la concurrence cles exportateurs
autres régions ; les expéditions de riz des Etats-
d'une reprise de la production exportable dn
Dans eertains autres pays ofi les terres et la moin-
d'oeuvre se prètent assez bien au ehangement
de eultures, il est vraisemblable aussi que l'expansion des superficies rizicoles sera stoppée. Les prix
du blé sont demeurés stables l'année dernière en
sorte que la nouvelle baisse des prix du riz intervenue pendant eette période sur certains marches
de detall a tendu à stimuler les achats de ce dernier produit ce qui, avec la suppression genérale
du rationnement, entrainera presque certainement
une augmentation de la consommation de riz.
Il est difficile de dire si ces mesures correctives
auront ou non une portee suffisante pour rétablir
Unis et de l'Italic ont baissé fortement et une
partie du fardeau que constitue le stockage est
passée de l'Asie du Sud-est h l'Amérique du
Nord et aux pays méditerranéens. Bien qu'abondante, la récolte mondiale de 1954 a été quelque
peu inférieure au niveau record de 1953 et la réduction a été particulièrement marquée au Cambodge
un certain équilibre h longue, échéance. Des forces
agissant h long teme sont en oeuvre. Le développement des connaissanees en matière de rizieulture
et en ThaTlande qui produisent principalement
pour l'exportation.
conduit eertaines autorités
croire que <( nous
sommes à l'aube d'une révolution de la produc-
Situation actuelle et perspectives
tion ». Il est certainement possible de produire plus
de riz mais la mesure dans laquelle on y parviendra
dépendra, sur une moyenne de bolines et de mauvaises années, des stimulants apportes h cette cul-
Les disponibilités exportables de riz sont encore
suffisautes pour satisfaire la demande probable des
importateurs clans l'avenir immédiat. Le pouvoir
d'achat s'est, dans l'ensemble, maintenu mais la
demande d'importation menace de se contracter
ture. On pourrait egalement eonsommer plus de
riz, méme sans tenir eompte de l'accroissement
démographique. Pour que ce développement
en 1955 en raison de changements intervenus dans
les deux facteurs qui avaient caractérise la situa,tion de 1954. D'une part, la récolte de riz du Japon
la consommation se produise sur une échelle vraiment importante, il faudrait augmenter le pouvoir
a été supérieure de plus d'un million de tonnes
faire en sorte que le prix du riz soit suffisamment
intéressant par rapport h celui d'autres aliments.
d'achat des millions de Chinois et d'Indiens et
celle de l'al-1116e precedente et, d'autre part,
reserve alimentaire que rinde avait decide de
Les pays traditionnelletnent exportateurs de riz
sont, par la nature mème de leur économic, en
mesure de satisfaire eet accroissement de la demande. Entre temps, des fluctuations à eourt terme se produiront à nouveau. On est partout de
constituer a deja: presque atteint le niveau prevu.
C'est en Chine et en Europe orientale, que l'on
observe les principaux indices d'accroissement de
la demande d'importation, bien que dans ces deux
cas on ne sache pas encore exactement dans quelle
mesure (-Tac demande se traduira par une augmen-
plus en plus désireux de les limiter et l'on recher-
che les moyens d'y parvenir sans contrarier les
tation des importations nettes. Il se peut que la
developpements h long terme.
part de l'Asie dans les importations mondiales soit
supérieure h ce qu'elle a été après la guerre jusque
SUCRE
en 1953, mais la situation dépendra en grande
partie de la politique des Etats-Unis en ce (fui
L'évolution d'après-guerre de l'économie suerière
mondiale peut se diviser en deux periodes principales. La première, caractérisée par une pénurie
aigrie initiale, par un rationnement prolongé et de
vigoureux efforts pour développer la production
s'est étendue de la fin de la guerre A, 1950. Elle a
été suivie d'une période marquée par une impor-
concerne les stocks gouvernementaux, étant donne
que la presque totalité des excédents exportables
de la récolte de 1954 de ce dernier pays est actuel-
lement entre les mains de l'Etat.
En dehors des stocks actuels, les quantités disponibles pour l'exportation sur la nouvelle récolte
tante augmentation de la production dont le rythme a dépassé eelui de la consommation, par un
gonflement des stocks et une chute des prix qui
des Etats-Unis diminueront presque sfirement,
les exploitants ayant approuve les contingents
de commercialisation qui impliquent une réduetion de pi-6s de 25 pour cent de la superficie rizi-
ont provoqué des mesures gouvernementales destinées à restreindre la production et conduit h
l'Accord international sur le sucre.
cole en 1955. Il est probable également que les
prix mondiaux actuels ont recita les perspectives
186
1954/55
TABLEAU C-13. SUCRE: PRODUCTION PAR CONTINENT ; MOITENNE D'AVANT-C1LTERRE ET 1946/47
(SUCRE CENTRIFUGE SETTLEMENT)
Mosenpe
1934/35- 1946/47
1933/39
RtoloNs
1947/48
1948/19
1949/50
rique centrale
.Amérique du Sud
Asie
Afrique
Océanie
Total (non compris
l'U.R.S.S.)
1951/52
1952/53
1953/51
1951/55
(charros
Drovi-
soires)
millions de t07112CS
Europe
Amérique du Nord et Amé-
1950/51
en équivalent de sacre brut
8,9
8,7
8,0
10,5
9,4
12,7
10,8
11,0
10,9
6,6
5,2
4,5
6,8
6,8
7,0
1,8
4,3
10,4
10,9
10,2
2,9
2,9
1,4
10,8
2,7
3,1
11,6
3,1
2,1
4,0
4,4
1,9
2,4
4,3
4,5
2,0
2,5
30,7
34,2
33,6
132
121
159
142
154
200
105
155
117
157
156
222
102
145
106
181
183
98
136
100
173
133
239
105
182
139
134
142
136
151
149
3,6
4,5
1,9
3,3
4,2
1,5
1,8
30,3
32,2
1,1
1,8
2,5
1,5
1,2
1,5
2,8
2,3
1,4
1,5
2,0
1,4
2,0
22,6
22,3
23,4
26,2
26,8
79
68
103
103
135
149
139
35
109
156
156
53
127
146
154
150
166
172
72
74
83
83
161
67
127
111
127
111
99
104
116
119
3,2
1,6
1,7
moyenne 1934-38 - 100
Europe
Amérique du Nord et Amé-
ligue centrale
Amérique du Sud
.
Asie
Afrique
Océanie
Total (non compris
l'U.R.S.S.)
tiers à celui de l'avant-guerre immédiat; 20 ce déficit a été largement compensé par un fort dévelop-
De 1946 el 1950
pement de la production et un accroissement des
exportations de l'hémisphère occidental, notam-
La situation de l'économie sucrière mondiale
h la fin de la seconde guerre mondiale ressemblait
sur deux points h., celle qui régnait h la fin de la
première : lo la production de l'Europe avait baissé et, en 1947/48, son niveau était inférieur d'un
TABLEAU C-14. SUCRE : EXPORTATIONS MONDIALES
1\1 o yenne
ItrilutoNs
1934-38
1946
1017
ment en provenance de Cuba. D'autre part, en
Asie, la production qui n'avait pas souffert de la
première guerre, avait diminué des deux tiers en
NETTES ; MOYENNE D'AVANT-GUERRE ET 1946-54
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1951
(eniftreS
provisoires)
?nillions de ton les, en equivalent 7c sucre brut
Europe
Amérique du Nord et
Amérique centrale
Amérique du Sud
.
Asie
Afri que
Océanie
Total
...
Total
0,3
0,2
0,4
0,5
0,5
0,5
0,6
0,4
0,5
1,0
3,5
0,5
2,8
0,7
0,6
4,7
0,4
6,6
0,5
6,3
0,5
1,1
7,0
0,9
0,6
0,6
0,5
1,8
0,7
6,7
0,5
0,9
0,8
0,4
6,4
0,6
0,5
0,2
6,2
0,5
0,8
0,5
0,3
6,8
0,8
0,4
0,6
0,5
0,4
0,8
0,9
5,7
0,8
1,7
1,0
0,7
8,4
6,1
9,6
9,3
9,5
9,9
9,9
11,9
10,9
0,1
0,1
0,1
0,1
10,0
10,0
12,0
11,0
0,1
8,5
6,1
8,2
9,6
... Non disponible,
- Néant ou négligeab e.
187
9,3
9,5
1,4
0,7
AU C-15. SUCRE: INDICES DES IMPORTATIONS NETTES -ANNUEELES PAR CONTINENTS (SUCRE CENTRIPT_TGÉ
TAB
SEUEEMENT)
ItEnioNs
1948
1917
1916
1949
7110yenne 1931-38
Europe
Amérique du Nord et
Amérique centrale
Amérique du Sud
Asie
Afrique
Oceanic
92
197
115
108
150
104
131
106
150
78
100
100
125
116
119
200
67
200
125
100
200
100
200
83
175
100
125
150
106
225
100
125
150
33
100
100
225
100
128
150
167
225
100
72
96
107
111
113
1
120
141
134
1946/47, et les exportations nettes avaient cessé
au
123
81
Total
complètement
100
119
200
22
75
100
.
.
85
1954
(chiffres
provisoires)
1953
1955
1951
1950
72
200
133
premières années d'après-guerre. Si la production
mondiale avait augmenté de 15 pour cent environ
eours des premières années
en 194S-50, époque à laquelle la production de
d'après-guerre. A la fin de la guerre, le sucre était
done rare et de ce fait, et également pour des rai-
sons monétaires, son rationnement a duré plus
l'Europe occidentale a rejoint son volume d'avantguerre, une part importante de cet accroissement
longtemps que eelui de la plupart des autres produits. Les chiffres de la production globale ne font
s'était produite dans des pays h faibles revenus
où l'élévation du niveau de vie avait commencé
pas ressortir toute l'étenduc de la pénurie dont
les pays importateurs ont souffert pendant les
h stimuler la demande de sucre. Les disponibilités
exportables étaient insuffisantes pour satisfaire les
TABLEAU C-16. SUCRE: CONSOMMATION DANS CERTAIN-S PAYS A FAIBLE CONSOMMATION ; AVANT .17 RRE
ET 1954
Estimation de la consom:nation en 19;14
Consommation avant la
guerre
PArs
Totale
...
Amérique latine
République Dom 'e
Guatemala
'
.
.
19 300
13 600
3 000
23 400
26 000
67 700
392 500
.
HaYti
Boli-vie
Equateur
Pérou
Argentine
Afrique
Congo Beige
1 400
150 500
Egypte
Côte-de-l'or
Nigéria
Nyassa
6 200
8 800
800
Algerie
Tunisie
Maroc
80 000
35 000
166 000
32 000
Afrique orientade britannique
Asie
Ceylan
Iran
Irak
Sy-rie
Liban
Turquie
tonnes
Par Im.bitant
1
79 700
97 000
41 300
34 600
80 000
.
.
.
.
.
.
kg
.
.
.
.
.
.
12,7
6,7
1,1
9,1
11,7
10,3
29,6
0,1
9,5
2,0
0,4
0,5
11,0
13,6
25,0
2,3
14,2
6,1
11,0
9,9
t
3,8
.
Totale
Par habitant
tonnes
kg
Totale
Par habitant
,pouree Wage
48 900
45 000
32 000
70 000
65 000
186 000
650 000
21,0
15,0
10,0
22,0
19,0
20,0
35,0
22 000
300 000
25 000
35 000
7 000
140 000
65 000
290 000
140 000
1,3
13,0
140 000
250 000
110 000
55 000
27 500
210 000
Augmentation
154
231
966
199
150
175
66
1
6,0
1,2
2,8
15,0
18,0
35,0
7,0
17,0
12,0
20,0
15,0
20,0
9,0
471
99
303
298
775
75
86
75
338
76
158
166
138
1
162
65
124
808
142
69
94
18
1
200
37
200
200
460
36
32
40
204
90
97
82
52
102
88
la guerre), de l'Afrique et de l'Océanic. Cette evo-
besoins des pays importateurs ainsi que la nouvelle demande des pays dont le niveau de vie s'a-
lution a démontré que la caractéristique essentielle de l'économie sucrière d'avant-guerre (ten-
méliorait.
dance à la surproduction) continuait de jouer. En
fait, Faccroissement des stocks et l'effondrement
des prix, qui étaient généralement prévus, n'ont
eté evités que par le déclenchement de la guerre
Ces circonstances ont contribué à stimuler le
développement de la production dans les regions
déficitaires. Les difficultés de change ont constitué
un stimulant de plus. Bien que les prineipaux
de Corée qui a stimulé la reprise économique gené-
exportateurs n'aient pas exploité la pénurie mondiale en élevant les prix d'une favn excessive, les
prix « reels » monterent partout et en 1946-50 ils
dépassaient de 150 pour cent environ le niveau
de 1934-38. Diverses techniques financières rendirent le rapport des prix encore plus avantageux
rale. Cependant, contrairement à ce qui s'était
passé avant la guerre, l'expansion de la production
d'après-guerre s'est accompagnée dl 'un accroissement de la consommation stimulé par la suppression du rationnement et l'augmentation de la demande dans des regions tres peuplées (par exemple
PU.R.S.S. et l'Inde), et soutenu par le plein emploi
pour les pays exportateurs situés en dehors de
la zone dollar ainsi que pour les producteurs nationaux.
general et l'élévation des revenus dans les pays
très développés. L'accroissement de la consommation a également été facilité dans un granul nombre
L'exception la plus importante fut constituée
par le commerce d'exportation du Commonwealth
britannique vers le Royaume-Uni qui s'effectua
des conditions sensiblement inférieures à celles
du marché libre. En contrepartie, le Royaume-Uni
accorda aux producteurs du Commonwealth des
garanties de prix qui, en 1951, firent l'objet d'un
accord d'une durée de 10 ans. En fait, la garantie
de pays par le courant continu d'aide financière
eonsentie sous diverses formes par les Etats-Unis.
La situation devint critique pour les pays producteurs en 1951/52. Au début de 1952, Cuba enregistra la plus abondante récolte de son histoire
(7,2 millions de tonnes contre une moyenne de
5,7 millions de tonnes au cours des cinci années
accordée par le Royaume-Uni constitua un important stinaulant de la production. Les disponi-
précédentes, et 2,8 millions de tonnes en 1934-38).
bilités exportables des pays britanniques passèrent
de 1,5 millions de tonnes en 1934-38 h 2,4 millions
de tonnes en 1954, soit 36 pour cent de l'accroissement des exportations mondiales nettes pendant
Les disponibilités exportables augmentèrent fortement en 1952/53, surtout chez les pays expor-
tateurs situés en dehors de la zone dollar, bien
que Cuba ait réduit sa récolte de 1953 de 25 pour
cent par rapport a, la récolte record che l'année
précédente, et que la production mondiale ait fortement diminué. Les exportations mondiales nettes atteignirent, en 1953, leur niveau le plus élevé d'après-guerre avec 12 millions de tonnes, soit
41 pour cent de plus qu'en 1934-38. Cependant,
Cuba avait commence l'année (1953) avec un accroissement che 2 millions de tonnes environ de
stocks de report qui, bien que répartis en différelates reserves spéciales, ne pouvaient que peser
sur le marché. En janvier 1953, les prix du marché
libre tombèrent à 3,50 cents environ la lb. eontre
4,50 a. 4,70 cents en janvier 1952. La vente par
Cuba d'un million de tonnes au Royaume-Uni
des conditions spéciales pour faciliter la suppres-
cette période. En (nitre, au colas des deux dernières années, les prix garantis au Commonwealth
ont été supérieurs de 55 pour cent environ aux
prix mondiaux.
En general, de nombreux perfeetionnements
techniques, realises aussi bien dans le secteur agricole que dans le secteur industriel, out contribué
également à développer la production en la ren-
dant plus profitable et en permettant d'élever
sensiblement le niveau des salaires.
De 1951
et
1955
La transition de la pénurie à l'abondance s'est
effectué très rapidement entre 1950 et 1952. En
1950, les disponibilités par habitant (non compris
l'U.R.S.S. et la Chine) étaient encore inférieures
de 2 pour cent h la moyenne 1934-38. En 1952
la production avait augmenté de 42 pour cent et
les disponibilités par habitant dépassaient de 15
pour cent le niveau d'avant-guerre. Ce résultat
sion du rationnement, contribua à stabiliser les
Tes prix mondiaux ; mais du fait de conditions me-
téorologiques extremement favorables au cours
de l'été 1953 et de l'accroissement des plantations
dans certaines regions, la récolte de 1953/54 fut
supérieure de 11 pour cent h celle de 1952/53, soit
51 pour cent de plus que la moyenne 1934-38.
C'est h. ce moment que l'Accord international
était dû non seulement à Paugmentation de la
production de l'Amérique du Nord, mais aussi
celle de l'Europe (32 pour cent de plus qu'avant
sur le sucre fut negocié pour régularisex l'offre du
189
TABLEAU CSUCRE: pitix MONDIAUX, COURANTS ET AJUSTES, ET INDICES DES PRIX ; LA MOYENNE 1924-28,
1934-38, ET 1946-1954
Indices des prix mondiaux
Prix mondial
NNE ES
Courant
Ajusté'
Courant
Ajusté'
Moyenne 1924-28 - 100
1Cc cents E.-L. par 11.4
Courant
.
.
Moyenne 1934-38
1924-28 moyerine
1934-38 moyenne
2,82
0,96
4,39
100
100
294
1,85
34
42
100
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
4,19
4,96
4,24
4,16
4,98
5,70
4,17
3,41
3,26
5,32
5,15
4,06
4,19
4,83
4,97
3,74
149
176
150
148
121
117
93
95
110
113
436
177
202
148
3,11
2,95
121
116
517
442
433
519
594
434
355
340
73
67
Ajusté'
100....
237
100
288
278
219
226
261
268
202
168
159
'Ajustéd'a rès l'indiee des prix de gros aux Eltats-Unis 1947/40 - 100.
marché libre de fawn à maintenir les prix entre
3,25 cents E.-U. la livre (minimum) et 4,35 cents
(maximum). Il entra en vigueur en 1954 et réduisit la pression Stu le marché par l'important accroissement des clisponibilités. En dépit de la re-
d'utiliser les contingents d'exportation dont
disposaient au titre de l'Accord, certains pays
d'Europe Oiientale durent importer du sucre pour
couvrir leurs besoins. Les stocks qui avaient augmenté en 1953 et 1954, diminuèrent quelque peu
et les prix du marché libre commencèrent à s'améliorer au début de 1955. La moitié de la réduction de 20 pour cent imposée aux contingents par
duction maxima autorisée des contingents A., l'ex-
portation (20 pour cent des contingents de base
spécifiés à l'Accord), à différentes reprises les prix
tombèrent légèrement au-dessous du minimum,
et en 1954, le prix moyen mondial d'exportation
n'était que de 1/1000 de cent au-dessus de cette
Conseil international du sucre en decembre
1954, fut supprimée en avril 1955 et un nouvel
le
allègement des restrictions A, l'exportation fut dé-
limite (3,26 cents).
cidé en juin. La consommation continua à s'accroitre, particulièrement en Afrique et en Ame-
Un autre facteur, important surtout à long terme, a commencé à faire sentir ses effets. La consommation a continué d'augmenter. L'Inde, qui
suffisait pratiquement à ses besoins est. devenue
un gros importateur en 1954. En plus d'une diminution relativernent peu importante de la production intérieure, les importations de l'Inde,
750 000 tonnes environ, sont imputables pour une
large part A, l'accroissement de la demande qui
résulte du développement économique général et
de l'extension de l'habitude de boire le thé. Les
importations se sont également accrues dans d'autres pays 6., faible consonimation, notamment
Afrique et au Proche-Orient. Vers la fin de 1954,
l'U.R.S.S. a commence à acheter de grosses quantités de sucre sur le marché mondial.
rique latine.
Perspectives
Il est probable que la production de sucre augmentera en 1955/56, dans la plapart des principales régions productrices, ceci malgré les restrictions imposées aux cultures dans nombre de pays
producteurs importants. D'autre part, il y a tout
lieu de s'attendre de nouvelles augmentations
de la consommation, notamment en Afrique, en
Amérique latine et au Proche-Orient. Toutefois
ce ne sont pas seulement des questions de dispoA,
nibilités qui détermineront vraisemblablement les
politiques commerciales de l'U.R.S.S. et des pays
de l'Europe orientale en ce qui concerne le sucre,
et il West pas du tout certain qu'ils continueront
en importer de grandes quantités. En Inde éga-
Au cours des premiers mois de 1955, l'économie
sucrière mondiale a atteint un équilibre assez satisfaisant. La production s'eSt développée dans
toutes les regions sauf en Europe, où les récoltes
de betteraves ont été, réduites par suite des conditions météorologiques défavorables de l'été 1954,
et h., Cuba et Porto Rico où les récoltes ont été
mitées par des mesures akiministratives. Au lieu
lement, les besoins de la consommation seront
converts en grande partie par une production intérieure accrue et par des prélèvements sur les
stocks, ce qui pourra éviter de nouvelles importations. C'est le développement des cultures de
190
Dans beaucoup de pays, l' accroissement de la production est dû en partie a. de meilleurs rendements
qui résultent eux-mémes de l'amélioration des re-
betteraves en Europe qui aura pour le marche libre mondial une importance eapitale. Si les conditions atmosphériques permettaient tine recolte
producteurs, d'une alimentation plus rationnelle
et de taux de reproduction plus élevés par rapport
l'.avant-guerre. En Europe occidentale, la production de 1954 a dépasse de SO pour cent celle
supérieure h 10 millions de tonnes (comme en 1953/.
1954), il en résulterait eertainement une diminution des besoins européens d'importation. Le problème d'assurer, dans le catire de l'Aceord international du sucre, l'équilibre entre les disponibilités et les besoins du marché libre pourrait étre
particulièrement difficile h résoudre.
TABLEAU C-18. PRODUCTION ET EXPORTATIONS MONDIALES DE VIA-N-DE ; 1946-1954
ANN das
Production'
Exportations
PRODUITS DE L'ELEVAGE
arant-giterre
Viande
Tendances de l'aprì!s-guerre. A la fin de la deuxiè-
me guerre mondiale, le niveau de production de
viande en Europe était bas, les effectifs des troupeaux ayant été fortement réduits par suite des
devastations de la gueiTe et du manque d'aliments
du bétail. L'Europe connut en outre au cours de
l'été 1947 une sécheresse exceptionnelle. Les rares
disponibilités .d'aliments du bet:ail riches en proteines étaient soumises h un regime de répartition
internationale et les importations de céréales four-
1946
1947
1948
1949
105
107
104
1950
1951
1952
1953
1954
116
119
124
130
134
'Non commis l'Europe orie
111
100
.
131
106
94
95
96
94
104
111
'U.R.S.S. et la Chine.
de 1946 et de 17 pour cent celle d'avant-guerre.
En Amérique du Nord, la production, qui avait
d'abord diminue par rapport aux niveaux élevés
atteints immédiatement après la guerre, eut une
reprise très nette en 1951 et, en 1954, elle dépassait des deux tiers le volume d'avant-guerre
ragères étaient limitées en raison du besoin
gent de céreales panifiables. La situation s'améliora au fur et à mesure qu'augmentaient les disponibilités fourragères des divers pays et graCe
au Programme de relèvement européen. Dans la
plupart des pays, la viande n'était plus rationnée
en 1950, mais au Royaume-Uni elle le resta jusqu'en juillet 1954. Toutefois, aux Etats-Unis et
et de 15 pour cent celui de l'après-guerre inmédiat.
En Amérique latine. la production augmenta pendant les premières années de l'après-guerre, mais
depuis 1949 elle n'a pas varié beaucoup, dépassant
d'environ un cinquième celle d'avant la guerre.
Quant à la production de l'Océanie, elle s'est développée régulièrement et, en 1953/54, dépassait
au Canada, sous la pression des nécessités du temps
de guerre et grhce à une abondance d'aliments du
bétail, la production de viande avait été portée
des niveaux exceptionnellement hauts. Malgré une
consommation intérieure élevée, les Etats-Unis
et le Canada purent exporter de grandes quantités
de 28 pour cent le volume d'avant-guerre.
Grace aux progrès satisfaisants realises dans le
domaine de la production, la consommation par
de viande pendant les premières années de l'après-guerre pour satisfaire la forte demande de
l'Europe. En Océanie, la production se maintint
h peu près au meme niveau qu'avant la guerre,
habitant de FEurope occidentale, tombée à un
niveau très faible dans les premières années de
l'après-guerre, s'est améliorée considérablement
toutefois, en 1953/54, les niveaux d'avant-guerre
mais une diminution de la consommation par habitant permit h cette region d'exporter vers l'Europe d'importantes quantités de viande. La production argentine qui, en 1946, dépassait de plus
d'un dixième celle d'avant-guerre augmenta sensiblement en 1947 si bien que les exportations de
cette année-lh depassèrent nettement la moyenne
n'avaient été dépassés que dans quelques pays
seulement. En Océanie, la consommation par habitant est restée inférieure à celle d'avant la guerre. D'autre part, l'Amérique du Nord a consommé,
depuis la fin de la guerre, plus de viande qu'avant
la guerre et, en 1954, sa consommation de viande
de boeuf, de veau, de pore, de mouton et d'agneau
dépassait de près d'un quart celle de 1935-39. En
de 1934-38.
La production mondiale de viande a beaucoup
augmenté h partir de 1948 et, en 1954, elle depassait de 34 pour cent celle d'avant la guerre.
Amérique latine c'est seulement dans quelques
pays, dont l'Uruguay, la Colombie et le Vene191
GRAPHIQUE C-6.
Consommation de viande i par habitant en 1953/54 (Estimations)
Kilogrammes par un
o
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
110
120
130
Uruguay
Australie
Argentine
Nouvelle-Zélande
Etats-Unis
Cenada
Royaume-Uni
Danemark
France
Sued e
Irlande
Belgique, Luxembourg
Suisse
Autriche
Allemagne occidentale
Union Sud-Africaine
Cuba
Pays-Bas
Fin lande
Noryège
Bresil
Chili
Mexique
Turquie
Italle
Grèce
Portugal
Egypte
Pakistan
Japon
lnde
'Bceuf, veati, porc, mouton, agneau et chèyre.
zuela que les niveaux actuels de consommation
dépassait que légèrement celle d'avant-guene.
graphique C-6 fait ressortir les grandes différences qui existent entre les niveaux de consommation de divers pays.
dépassent ceux d'avant-guerre. En Argentine,
après le niveau record atteint en 1949, la consom-
mation par habitant a baissé et, en 1954, elle ne,
192
TA.BLEAU C-19. IMPORTATIONS
DE
eté mis fin aux contrats à long tome, h l'exception de ceux qui avaient été passés pour le bacon
avee le Danemark et les Pays-Bas et qui expirent
DU
VIANDE
ROYAUME-UNI PAR CATEGORIES ET PAYS DE PROVENANCE ;
1938 ET 1952-1954
CATEG ORIES DE VIANDE
PAYS DE PROVENANCE
1938
.
1952
1953
Miters de tonnes
. .
en automne 1956.
La physionomie du commerce international de
1954
la viande s'est sensiblement modifiée depuis la
fin de la guerre. La demande de l'Europe sur le
marché international s'est considérablement ralentie avec la reprise de la production. Ces dernières années certains pays européens ont aug-
.
Catégories
Bceuf et veau (non
compris les abats)
Mouton et agneau
(non compris les
abats)
Pore (non compris les
abats)
Volaille (sacrifiée) .
Bacon
Boma' et veau, en conserve
Pore, préparée, en conserve
Total
598
134
313
273
351
357
358
332
62
22
349
15
45
25
256
18
33
14
317
306
59
83
95
Ill
9
49
42
41
919 1 188
1 110
239
61
46
62
4
242
48
49
45
25
1 450
menté considérablement leurs exportations, si bien
qu'en 1954 la quantit'é totale de viande exportée
par le Danemark, la France, l'Irlande et les PaysBas était presque double de celle d'avant-guerre.
IL'Amérique clu Nord, l'une des principales régions
exportatrices de viande dans l'après-guerre inmédiat, est devenue depuis quelques années importatrice nette. Les exportations de l'Amérique du Sud
qui, en 1946 et 1947, avaient atteint le fort volume
d'avant-guerre de 800.000 à 900.000 tonnes par
an, ont diminué depuis lors, la consommation intérieure ayant augmenté tandis que la production
Pays de provenan,ce
Danemark
Irlande
Pays-Bas
Pologne
Canada
Etats-Unis
Argentine
Brésil
Uruguay
Union Sud-Africaine
Australie
Nouvelle-Zélande. .
Autres pays
Total
174
34
28
28
67
10
456
31
196
115
150
154
54
6
34
1
4
83
325
23
3
39
10
2
176
316
43
919 1 188
1 110
120
104
1 570 1 073 1 308
1 214
231
270
66
1 450
et provenance
non spécifiées
246
304
baissait, surtout en raison de fortes sécheresses en
Argentine. En 1954, le volume des exportations
71
44
48
sud-Américaines ne représentait méme pas la moi-
4
tié de celui d'avant la guerre. Ces toutes dernières années, l'U.R.S.S. a commencé à importer de
la viande.
Dans l'ensemble, les prix de la viande sont res-
tés favorables aux. producteurs depuis la fin de
la guerre, étant donné la forte demande de viande,
et ils ont eu tendance à augmenter davantage que
les prix du lait. On en trouve un exeruple frappant
aux Etats-Unis où les prix à la produetion du
boeuf de boucherie out augmenté de 263 pour
Catégorie
Total'
U.NTon compris :
120
151
cent entre 1935-39 et 1948-52, tandis que les prix
du lait n'augmentaient que de 146 pour cent, ce
qui provoqua une diminution du nombre des vaches
laitières et une augmentation considérable du nom-
viande de baleine congelee, extraits de
11:ludo de bmuf et do ream vessies, intestin, boyau
cisses, etc.
Néant ou négligeable.
sau-
bre des boeufs de boucherie. Toutefois, en 1953,
il se produisit une forte baisse des prix du bétail
par suite de l'alourdissement du marché et les
prix du boeuf de boucherie, chez le producteur,
Etant donné la position de premier plan qu'occupe le Royaume-Uni parmi les pays importateurs de viande, les achats massifs effectués par
ne se 3ituaient plus qu'à 148 pour cent au-dessus
des cours d'avant-guerre.
C'est en 1951 et 1952 que les prix de la Viande
atteignirent leur maximum depuis la fin de la guer-
le Ministère britannique de l'Alimentation en vertu de contrats-à long terme passés avec les prin.
cipaux fournisseurs, ont été un trait saillant du
commerce mondial de la viande pendant la période d'après-guerre. De tels contrats ont été signés, par exemple, avec l'Australie, la NouvelleMande, l'Argentine, l'Uruguay, le Danemark et
l'Irlande. Comme les importations de viande et
re. En Amérique du Nord, ils ont commencé à
baisser en 1952 et cette baisse s'est poursuivie
l'année suivante où l'on enregistra une baisse particulièrement. forteforte des prix du bétail aux Etats-
Unis. L'année dernière, par contre, la baisse a
été insignifiante. En Europe occidentale, les cours
les plus élevés ont été atteints en général en 1952.
de bétail au Royaume-Uni ont été rendues au com-
merce privé, sauf le bacon, en juillet 1954, il a
193
TABLEAU C-20. EXPORTATIONS DE VIANDE DE CERTAINS PAYS ; MOYENNE D'AVANT-GUERRE ET 1952-1954
Viande en conserve
Toutes catégories, sauf viande en conserve
PAYS
Moyerme
19 34-3 8
1952
1953
Moyenne
1954
1934-38
milliers de
Argentine
Uruguay
Australie2
Nouvelle-Zélande
Canada
Etats-Unis
Danemark
France
Mande=
Pays-Bas
496
73
244
267
84
57
217
40
62
249
45
40
10
58
69
1 526
1 243
3
Total
209
52
268
333
42
76
318
179
58
124
394
66
454
'1 526
16
74
1
'Chiffres provisoires.
'Le bacon et le jambon en conserve figurent dans la rubrique
3.14loyenne de quatre ans.
1953
1954
to-lines
70
33
4
1216
155
208
377
42
70
350
55
85
68
1952
58
14
64
14
10
57
11
96
16
3
35
5
8
6
4
2
'65
'23
67
13
23
11
11
34
40
11
17
19
10
12
46
14
10
52
44
12
51
137
316
277
'325
Toutes cat6gories, sauf viande en conserve
'1938.
Les cours de 1953 marquaient dans l'ensemble
une baisse, mais en 1954, contrairement à ce qui
a fait monter réguliérement les prix payés aux
producteurs. En 1953, les prix du bétail engrais-
se passait en Amérique du Nord, il y eut des hausses dans plusieurs cas. Au Royaume-Uni, la politique inaugurée par l'Agriculture Act de 1947
sé se situaient A, 200 pour cent au-dessus des mo-
yennes de 1936-38 et ceux des pores A, bacon h
350 pour cent. En 1954/55, les prix garantis du
TABLEAU C-21. PRIX DE LA VIANDE ET DU BÉTAIL DANS CERTAINS PAYS ;
1948
PAYS
1949
1950
1952
1951
953
1948-1954
1953
1954
100
Etats-Unis
Prix de gros de la viande
Animaux de boucherie (prix payés
au producteur)
120
104
112
129
119
100
99
121
104
114
137
118
100
99
98
103
116
142
110
100
98
81
77
106
110
100
106
80
98
100
110
100
108
93
103
106
100
103
Callada
Prix de gros du bétail
France
Prix de gros de la viande, des animaux de boucherie, de la volaille
et du lapin
Allemagne occidentale
Animaux de boucherie (prix payés
au producteur)i
Prix d'importation de la viande et
des animaux de boucherie
Danemark
Valeurs unitaires moyennes des exportations de viande de bceuf, de
veau et de pore
.
88
89
89
100
110
100
97
74
68
71
77
90
100
108
Nouvelle-Zélande
Prix d'exportation de la viand&
.
'Période de 12 mois terminant le 30 juin de l'année indiquée.
... Non disponible.
194
encore importé, en 1954, 187 000 tonnes de viande
(en équivalent de poids carcasse).
En Allemagne occident*, la demande d'importation est en augmentation depuis 1952 ; les importations de viande, de produits 6, base de viande
boeuf et du mouton gras n'ont pas subi de changement par rapport h l'année précédente, tandis
que ceux du porc gras ont baissé pour la première fois depuis la fin de la guerre. Les prix de la
viande en provenance de l'hémisphère sud ont
augmenté régulièrement jusqu'en 1954 par suite
de la forte demande du Royaume-Uni et aussi de
l'augmentation des coas de production dans les
pays exportateurs. Une nouvelle hausse marquée
des prix dans cette région semble toutefois peu
et d'animaux vivants, exprimées en poids carcasse, ont été de 145 000 tonnes en 1954 contre
81 000 tonnes deux ans auparavant ; étant donné
le fort développement de la .production nationale
de viande de pore, la demande portera surtout
cette année sur le bétail et la viande de boeuf.
L'année dernière, les achats de viande effectués
par l'U.R.S.S. et les pays de l'Europe orientale
probable.
Situation actitelle et perspectives. En 1955, les dis-
ponibilités de via,nde sont abmdantes et la demande se maintient ferme. On prévoit que, cette
sur le marché mondial ont été beaucoup plus importants qu'en 1953, et l'on estime que ces pays
année, la production continuera d'augmenter dans
une mesure satisfaisante. Cette augmentation por-
ont ainsi importé 120 000 tonnes de viande en
provenance principalement d'Argentine, d'Uruguay, du Danemark et de France. Les deux tiers
de cette quantité ont été importés par l'U.R.S.S.,
le reste surtout par la Tchécoslovaquie et l'Allemagne orientale. L'U.R.S.S. continue ses achats
cette année.
En Europe occidentale, la consommation est
6., un niveau qu'elle n'avait encore jamais atteint
depuis la guerre, mais dans plusieurs cas elle reste
inférieure h celui d'avant-guerre. On estime que
la consommation par habitant est actuellement
d'environ 5 pour cent inférieure à celle d'avant
la guerre au Roy-aume-Uni, et d'environ 15 pour
cent en Allemagne occidentale. Aux Etats-Unis,
la consommation par habitant, en 1955, semaintiendra au niveam élevé de l'année précédente,
tandis qu'elle parait devoir augmenter légèrement au Callada et en Australie.
D'une manière générale, les prix du bétail resteront relativement stables cette année et se maintiendront aux niveaux de l'an dernier. Par contre,
les prix des pores ont récemment fléchi dans un
certain nombre de pays en raison de l'augmentation de l'offre. Aux Etats-Unis, le rapport entre
tera principalement sur la viande de porc dans
l'hémisphère norcl, étant donné que les ventes de
ce produit sont beaucoup plus fortes qu'en 1954
dans beaucoup de pays, notamment le Canada,
les Etats-Unis, l'Allemagne occidentale, les PaysBas et le Royaume-Uni. En Océanie, la production de la campagne 1954/55 est considérablement
plus forte que celle de la eampagne précédente.
La production argentine sera peut-être légère-
ment plus forte que celle de l'an dernier, mais
en Uruguay elle a diminué en 1954 et il est peu
vraisemblable qu'elle reprenne cette année.
On estime qu'en 1954 les exportations mondiales de viande (en équivalent de poids carcasse) ont
dépassé de 7 pour cent celles de l'année précédente
et de 11 pour cent les chiffres d'avant-guerre. Comme la production dans les prineipaux pays exportateurs est, en général, élevée, il est peu probable
que le volume des échanges diminue en 1955, mal-
gré la contraction prévue de la production uruguayenne. Au Royaume-Uni, le tonnage des importations de viande de toutes catégories en 1954
a été inférieur de 7 pour cent à celui de l'année
précédente, en raison surtout de la diminution
des expéditions de l'Australie et de l'Uruguay.
Le volume importé en 1955 sera sans doute plus
élevé, mais la préférence du consommateur pour
les prix de la viande de pore et ceux du maïs,
calculé d'après les prix à la production, était de
11,7 en mai 1955 contre 16,8 un an auparavant.
La méme contraction s'est produite au Callada.
Au Royaume-Uni, les prix garantis pour 1955/56
pour les boeufs, moutons et agneaux gras ont été
la viande fraiche, produite dans le pays, rend dif&He l'écoulement des viandes congelées d'impor-
augmentés, cette augmentation étant pour les
tation. C'est pourquoi les pays exportateurs, et
en particulier l'Argentine, développent leurs expéditions de viande de boeuf réfrigérée. A l'exception du bacon, les importations de viande au
Royaume-Uni ont été rendues au commerce privé et les préférences du consommateur influent
beaucoup sur les yentes et sur les prix. Tout en
ayant diminué leurs importations par rapport
aux trois années précédentes, les Etats-Unis ont
boeufs gras de 4 pour cent environ, tandis que
pour les pores gras ils subissaient une réduction
de 5 pour cent.
Contrairement 6., ce qui s'était produit en 1953
oh le gouvernement des Etats-Unis avait acheté
de fortes quantités de viande de boeuf en vue de
stabiliser le marché du bétail, aucun achat de ce
genre n'a été effectué en 1954. A la fin d'avril 1955,
195
les stocks de viande entreposés aux Etats-Unis
dépassaient de 16 pour cent ceux de l'année pré-
sur le plan mondial, la production laitière de 1954
ne dépassait celle d'avant-guerre que de 20 pour
cent environ, tandis que celle de la viande se situait à. 34 pour cent au-dessus. Un important as-
cédente, mais se situaient à, 9 pour cent au-dessous
de la moyenne de la période 1950-1954. Tandis
que les stocks de viande de bceuf diminuaient,
ceux de viande de pore augmentaient fortement.
pect de la production de lait après la guerre est
l'augmentation des rendements par vache laitière dans bon nombre de pays. Aux Etats-Unis,
ils dépassaient, en 1954, d'un quart ceux d'avant-
Au Callada, les stocks totaux de viande, non compris la viande en conserve, étaient A, la fin d'avril
légèrement plus faibles qu'une année auparavant.
guerre. Des augmentations notables de rendement
ont été enregistrées aussi dans les pays de l'Europe occidentale et en Océanie.
Depuis la fin de la guerre, la production laitière a
trouvé son principal débouché, dans la consomma-
Produits laitiers ; Oeufs
Tendances de l'après-guerre. Immédiatement
après la deuxième guerre mondiale, la production
tion de lait liquide, au lieu de beurre avant la
de lait était à un niveau élevé en Amérique du
Nord, tandis qu'en Europe occidentale elle était
guerre. Il semble cependant qu'avec les rapports
actuels des prix la consommation de lait ait at-
inférieure d'un quart A., celle d'avant la guerre par
teint un point de saturation dans beaucoup
pays de l'hémisphère occidental. En fait, depuis
suite de la réduction du cheptel et de la baisse
des rendements. En Océanie, la production lai-
1950/51 la consommation par habitant n'a guère
tière diminua pendant la guerre A, cause du manque de main-d'ceuvre, de la sécheresse et de difficultés d'écoulement, mais le niveau d'avantguerre fut atteint de nouveau en 1947/48. En
Amérique latine, la production dépassait en 1946
d'environ un tiers celle d'avant la guerre. La pro-
change en Amérique du Nord, tandis qu'elle a
baissé en Océanie et dans beaucoup de pays de
l'Europe occidentale.
La production de beurre et de fromage a suivi
depuis la fin de la guerre des tendances bien différentes, comme le montre le tableau C-22. La
production de beurre qui, pendant la guerre, avait
diminué beaucoup plus que celle du fromage, aug-
duction de l'Europe occidentale a bien repris et
en 1954 elle était supérieure de 50 pour cent A,
celle de 1946 ; toutefois, cette production ne dépassait encore que de 16 pour cent celle d'avantguerre. En Amérique du Nord, la production qui
avait diminué pendant les premières années de
l'après-guerre, en partie à cause de la mauvaise
récolte de 1947, est demeurée assez stable entre
1948 et 1952, puis s'est remise A, augmenter. En
TABLEAU C-23. CONSUMMATION DE LAIT LIQUIDE1
PAR HABITANT, DANS CERTAINS PAYS; AVANT-GUERRE,
1950/51 ET 1953/54
44
4:5
PAys
Océanie, la reprise a été freinée par la forte séche-
resse dont a souffert l'Australie en 1951 et par
.
le niveau élevé des salaires agricoles. Considérée
Finlande'
Norvège
ANN tES
Lait
107
112
113
112
118
121
74
77
77
86
91
89
87
96
99
190
944
Pays-Bas
Canada,
Autriche
Danemark2
Etats-Unis'
Royaume-Uni .
Allemagne occident
10
93
98
104
123
127
130
135
146
148
146
181
186
167
141
Irlande"
.
arant-guerre
98
98
100
250
Suisse"
poudre
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
188
Suède
Lait
Beurre Fromage écréme
en
Australie3
Belgique
bourg
209
221
233
311
308
256
323
445
471
kilogrammes par en. .
260
Nouvelle-Mande
TABLEAU C-22. P RODUCTION MONDIALE1 DE ',Air,
DE BEURRE, DE PROMAGE ET DE LAIT ÉCREME EN
POUDRE ; 1946-1954
.
150
.
107
139
110
276
253
232
224
226
196
184
165
172
167
160
158
119
133
Luxem-
France
Italie
Grèce
31
36
104
36
42
48
91
31
280
245
224
216
213
199
184
176
171
165
160
154
131
130
109
87
50
39
101
97
97
96
94
102
100
107
99
99
100
97
110
93
105
96
104
126
'Sant indications cont aires, ces chiffres eomprennent
l'équivalent en lait entie de la crème consommée. Dans
quelques pays, la consommation comprend du lait standard.
=Après-guerre : années civiles 1951 et 1954.
'Non compris l'Europe orientale, l'U.R.S.S. et la Chine.
'Non commis la crème.
196
menta jusqu'en 1950 oft, en raison de la concur-
comme au Royaume-Uni, la consommation moyenne de beurre par habitant pendant la période 195054 était de 45 pour cent inférieure à celle d'avant-
rence croissant° de la margarine, elle se mit à baisser. C3 mouvement se renversa en 1953 ghee sur-
guerre, aux Pays-Bas de 50 pour cent, en Nor-
tout à une très forte augmentation de la production en Amérique du Nord. Néanmoins en 1954,
peine son
la production de beurre atteignait
niveau d'avant-guerre, tandis que celle de fro-
vège de 40 pour cent, au Canada de 33 pour cent,
en Allemagne occidentale de 27 pour cent et en Au-
h.,
stralie de 10 pour cent. Par contre, la consommation de margarine a été beaucoup plus forte qu'a-
vant la guerre dans la plupart des pays. La tendance à la diminution de la consommation de
beurre s'est renversée ces deux dernières années
dans de nombreux pays.
Les exportations mondiales die beurre avant la
TABLEAT7 C-24. EXPORTATIONS MONDIALES DE BEURRE, DE FROMAGE ET DE LAIT CONCENTRÉ ; 1946-1954
ANNEES
Beurre
Lait
Frornage
concentré
avant-guerre
46
54
62
70
80
74
70
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
255
210
187
217
210
217
210
210
202
97
96
86
125
129
132
121
130
128
72
70
guerre étaient en moyenne de 610 000 tonnes par
an. Après la guerre, elles étaient tombées A, 46
pour cent du volume d'avant-guerre, mais elles
remontèrent ensuite pour atteindre 80 pour cent
de ce volume en 1950 ; il y eut alors un mouvement de contraction et, en 1954, le tonnage exp)rté représentait environ 70 pour cent de celui
d'avant-guerre. Les exportations de fromage qui
se situaient à un niveau relativement élevé immédiatement après la guerre dépassent actuellement
d'environ 30 pour cent le niveau d'avant-guerre.
La plus grande partie des échanges de beurre et
de fromage se font entre le Royaume-Uni et ses
principaux fournisseurs (Australie, Nouvelle-Zé-
100
mage, qui n'avait cessé d'augmenter cle.puis la fin
de la guerre, l'avait dépassé de presque 50 pour
cent. La production de lait écrémé en poudre a
plus que doublé ces dernières années par rapport A.,
lande et Danemark) en vertu de contrats à long
1946. La consommation de beurre s'est modifiée
considérablement depuis la guerre. Aux Etats-Unis
t?rme. Le contrat passé avec la Nouvelle-Zélande
TABLEA-U C-25. EXPORTATIONS DE BEURRE, DE FROMAGE, DE LAIT CONDENSE OTT EVAPORE ET DE LAIT
POUDRE, DE CERTAINS PAYS ; AVANT LA GUERRE, 1953 ET 1954
PAYSS
1953
1954
enne
1031-
1953
8
11
60
1954
193S
1935
Bait en poudre
Aloy-
Moy-
Moy-
Moy-
ennc
I934-
Lait condense
on évaporé
Fromage
Beurre
enne
19341935
1953
1954
:enne
19341038
1953
1954
zilliers tie tonnes
Danemark
France
Irlande
Italie
Pays-Bas
Norvège
Suède
Suisse
Canada
149
137
141
4
24
1
3
3
1
50
53
52
23
5
13
2
13
2
Etats-Unis
Argentine
Australie
Nouvelle-Zélande
Total
1
2
15
59
19
18
42
30
5
6
13
6
'17
1
11
2
2
12
32
36
4
2
1
1
1
24
60
2
17
17
2
86
92
2
5
162
2
208
'1
209
3
6
9
15
4
5
8
4
60
2
18
11
69
2
58
90
326
325
53
40
206
2218
17
19
5
18
33
7
22
2
1
3
2
4
3
94
103
24
94
7
3
37
20
11
6
2
7
348
341
235
399
352
30
8
15
100
140
40
161
135
2
9
87
502
425
2414
257
48
17
compris le lait en poudre.
'Chiffres provisoires.
compris le lait
Néant ou négligeable.
197
21
guerre, l'Allemagne oecidentale est devenue
depuis quelques années le principal importateur
a été résilié par commun accord en 1954 ; les autres prennent fin en 1955. Le volume du commerce
la
de lait concentré a été, pendant la plupart des
en 1954 les importations de ce pays étaient supérieures de 75 pour cent à celles du Royaume-
années d'après-guerre, environ le double de celui
d'avant-guerre. Dans cette catégorie de produits,
les exportations de lait en poudre ont augmenté
beaucoup plus que celles de lait condensé ou éva-
Uni.
Situation actuelle et perspectives. La production
laitière mondiale, qui a augmenté d'environ 2,5
pour cent en 1954, augmentera probablement encore de 1 à 2 pour cent en 1955. Aux Etats-Unis,
le nombre de vaches laitières, au début de 1955,
était légèrement inférieur à celui dril y a un an,
mais cette réduction pourra étre compensée par
une amélioration des rendements et l'on estime
que la production sera à peu près égale à celle de
poré.
Pendant les premières années d'après guerre,
les prix de détail du lait et des produits laitiers
ont été, en grande mesure, influencés, contr6lés
ou directement fixés par les gouvernements. C'est
une des raisons pour lesquelles les prix du lait
liquide ont moins augmenté pendant les années
« quarante » que ceux des autres produits laitiers,
contribuant ainsi au développement de la consommation du lait liquide.
1954. Dans plusieurs pays d'Europe la production
laitière, qui a souffert de conditions climatiques
défavorables pendant l'hiver et au début du printemps, a été inférieure à celle de la campagne
précédente. D'autre part, en Océanie, elle est plus
élevée que l'an dernier, en raison surtout de bon-
TABLEAU C-26. :PRODUCTION ET EXPORTATIONS MONMALES D'OEUFS ; 1946 à 1954
ANNÉES
Production r
nes conditions en Australie.
Exportations
Il est probable que cette année la production
de beurre sera légèrement inférieure à (elle de 1954.
moyenne d'avant-guerre
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
112
113
116
125
134
135
142
145
152
Dans un certain nombre de pays de l'hémisphère
100
noi* notamment au Danemark, en Allemagne
occidentale, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, la
74
49
61
production beurrière du premier trimestre de l'année
en cours a été inférieure à celle du trimestre corres-
70
95
86
pondant de l'année précédente. La production
88
98
de fromage se maintiendra probablement au niveau
record de 1954 ; la diminution prévue de cette
production aux Etats-Unis sera en effet compensée
par une augmentation en Europe. On pent prévoir
aussi une diminution du volume de la production de
lait écrémé en poudre.
En 1954, la consommation de beurre a augmenté
111
'Non compris l'Europe orientale, l'U.R.S.S. et la Chine.
En ce qui concerne les oeufs, la situation de
l'offre a évolué favorablement depuis la fin de la
guerre. A l'échelle mondiale, on estime que la pro-
duction a dépassé de 50 pour cent
aux Etats-Unis, en Allemagne occidentale et au
Royaume-Uni. On s'attend à ce qu'en 1955 les
Etats-Unis augmentent leur consommation de
lait liquide et d'autres produits laitiers. La demande poni' l'ensemble des produits laitiers parait
niveau
d'avant-guerre ; l'augmentation est de 75 pour cent
le
en Amérique du Nord et de 25 pour cent en Europe occidentale. La consommation est plus élevée
qu'avant la guerre dans nombre de pays et les
devoir rester ferme.
On ne s'attend pas cette année à de grands changements par rapport à l'année 1954 dans le commerce des produits laitiers. Il est probable que les
exportations de beurre européen baisseront, mais
cellos de l'Océanie seront vraisemblablement plus
fortes qu'en 1954 et par conséquent, s'il y a dimi-
augmentations les plus fortes ont été enregistrées
aux Etats-Unis et au Canada. Pendant les premières années d'après guerre, les exportations européennes d'oeufs ont été extrêmement faibles et
la plus grande part des exportations mondiales est
revenue à l'Amérique du Nord. Plus tard,
les
nution du volume total des exportations, elle ne
pourra être que faible. Les exportations de fromage devraient se maintenir car il y a une tendance
évidente à développer cette production chez les
principaux exportateurs d'Europe, comme le
Danemark, les Pays-Bas et la Suisse. Au Royau-
exportations des pays d'Europe ont augmenté de
façon continue. En 1954, les exportations néerlandaises étaient plus du double de celles d'avant la
guerre ; le Danmark exportait également beaucoup plus qu'avant-guerre. Tandis que le Royaume-Uni a importé moins d'oeufs en coque qu'avant
198
TABLEAU C-27. QUANTITES DE PRODUITS LAITIERS
DETENUES PAR LA « COMMODITY CREDIT CORPORATION » DES ETATS-UNIS A CERTALNES DATES
o
,7
PRODUITS
doute pas au-dessous de celui de 1954. Au Royau-
me-Uni, le prix garanti aux producteurs a été
2 pour cent. Aux EtatsUnis, il y a en une tres forte baisse des prix en
1954, mais il est peu probable qu'une nouvelle
augmenté d'environ
-.
baisse se produise cette année. En moyenne, les
prix des oeufs se maintiendront en 1955 plus ou
moins aux niveaux de l'année dernière.
. .milliers de tonn s
Beurre industriel.
Cheddar
.
.
Lai écrémé en poudre .
163
200
121
107
177
187
162
149
272
137
42
39
PRODUITS DES PÉCHES1
La production et le commerce du poisson sont
en grande partie fonction de l'exploitation de
quelques espèces importantes que l'on rencontre
en quantités abondantes sur des lieux de peche
me-Uni et en Allemagne occidentalc, la demande
de beurre d'importation reste ferme. L'U.R.S.S.
et les pays de l'Europe orientale ont acheté en
accessibles : rnorue, hareng et sardine, par exemple.
La peche offre done beaucoup moins de possibilités
de sélectivité que l'agriculture, et les changements
1954 environ 57 000 tonnes de beurre sur le mar-
ché mondial, mais cette année les importations
de cette région seront vraisemblablement beau-
dans la composition des quantités pechées sont
dus .surtout aux variations soit de l'abondance
des peuplements, soit de l'intensité de la peche
de certains d'entre eux. C'est ainsi que, durant
coup plus faibles.
Les prix des produits laitiers devraient, cette
année, rester stables, aidés en cela, dans bien des
l'après-guerre, la disparition de la sardine de Californio a provoqué une diminution du volume des
cas, par les mesures de soutien des prix. Au Royau-
me-Uni, le prix garantí du lait pour la campagne
1955/56 a été augmenté d'environ 2 pour cent
aux Pays-Bas, le prix minimum garanti à la production est légèrement supérieur à celui d'il y a
un an. Aux Etats-Unis, les prix de soutien dont
bénéficient le baurre, le cheddar et le lait écrémé
en poudre pour la campagne 1955/56 n'ont pas
varié par rapport à Pannée précédente ; le Canada
continuera lui aussi à soutenir le prix du beurre
au méme niveau que l'an dernier. Dans quelques
pays, par exemple en France, les prix du beurre,
qui avaient fléchi sensiblement en 1954, augmen-
quantités débarquées, qui avait atteint en 1936
681 400 tonnes et qui est tombé de 149 200 tonnes
en 1951 et à 6 500 tonnes en 1952 ; dans la mer du
Nord, l'épuisement des peuplements des variétés
de qualité supérieure, importantes du point de
vue commercial, en particulier la plie et l'aiglefin,
a provoqué une diminution rapide des quantités
pêchées, dont le volume était tres élevé juste après
la guerre. L'augmentation des quantités débarquées, qu'il s'agisse du hareng en Norvège, du
menhaden et du thon aux Etats-Unis, de la plupart des espèces au Japon, de la rascasse du nord
en Islande, etc., s'explique par une exploitation
teront probablement quelque peu cette année.
L'accumulation des stocks gouvernementaux aux
Etats-Unis en 1953 et 1954 a été arrétée vers la
fin de 1954 et, fin mars 1955, les stocks clétenus
par le gouvernement étaient inférieurs à ceux de
l'année précédente, la réduction la plus forte portant sur le lait écrémé en poudre.
En dehors de l'Amérique du Nord, on ne prévoit
aucune modification particulière du niveau des
stocks pendant l'année en cours.
La production actuelle d'oeufs est à un niveau
élevé. Les prix défavorables en 1954 ont ralenti
l'augmentation des effectifs de pondeuses ; il faya
done prévoir qu'en 1955 la production augmentera
à un rythme beaucoup plus lent que l'année précédente. Le coramerce se maintient bien, en raison
surtout de la demande de l'Allemagne occidentale
qui demeure forte ; par conséquent, le volume des
plus intensive. La seule ressource o nouvelle
pré-
sentant une valeur marchande importante qui ait
été exploitée durant cette période a &té le pilehard
et le chinchard dont les quantités totales débarquées
en Union Sud-Africaine et dans le sud-ouest de
l'Afrique sont passées du chiffre négligeable qu'on
enregistrait avant 1949 à 500 000 tonnes environ
en 1953.
C'est done surtout en matière d'utilisation des
produits du poisson que s'effectuent les ajustements nécessaires pour faire face aux conditions
changeantes du commerce ; à cet égard, l'industrie
des peches, tout au moins dans les secteurs les
plus développés du point de vue technique, a fait
preuve dans l'ensemble d'une grande facilité
exportations totales de 1955 ne descendra sans
'Pour la présente section, voir le tableau C-28.
199
d'adaptation devant les modifications qu'ont subies,
dans l'après-guerre, la demande de différents types
de produits d'une part, et la balance des paiements
son de fond est peche 10 h 15 jours avant d'étre
débarqué ; on voit done que le problème de la
conservation à bord est primordial et limite les
efforts en vile d'améliorer la qualité. Aux EtatsUnis, en particulier, on recourt largement à la
congélation afin de varier la presentation des
produits des péches et l'on s'efforce surtout de
plaire au consommateur. C'est ainsi qu'on a
vu apparaitre un produit entièrement nouveau
les « baguettes de poisson », dont la production
d'autre part.
Si, immédiatement après la guerre, on avait
cherché surtout, pour faire face aux pénuries alimentaires qui existaient alors, à produire en mas-
se, on s'est par la suite attaché davantage h la
qualité et à la varieté, hmesure que la demande se
faisait plus selective, et sourtout parce que les
marches de l'Amérique du Nord, qui constituaient
une source de dollars mais pour lesquels la concur-
a atteint, en 1954, plusieurs milliers de tornes
rence était très forte, attiraient de plus en plus
Le commerce de produits frais et congelés a
subi après la guerre certains changements importants. Avant la guerre, les principaux pays importateurs d'Europe étaient le Royaume-Uni et l'Allemagne. Le Royaume-Uni importe toujours de
grosses quantités ; on note une augnientation marquee des importations de produits frais et conge-
par mois.
les exportateurs européens et autres. C'est à cette
époque qu'on a vu apparaitre de nombreux types
nouveaux de produits comestibles h base de poisson, destines à éveiller l'intérét du consommateur,
et que les investissements dans l'équipement pour
la conservation du poisson durant l'entreposage
et le transport ont augment:6.
Parallèlement l'intensification de la production
animale, aux Etats-Unis notamment, a determine
et soutenu une forte demande de farines de pois-
lés (83 000 tonnes en 1938, 186 500 tonnes en 1949)
au detriment de celles des produits en conserve,
dont les prix sont plus éleves.
Le volume des importations allemandes ele poisson frais et congelé avait augmenté en flèche après
la guerre ; il depassait 200 000 tonnes, soit 30 pour
cent de plus qu'avant la guerre, mais.il est tombé
moins de 90 000 tonnes en 1950 et au cours des
son, ce qui a permis aux industries des péches
d'utiliser les issues, les excedents ou les espèdes non
recherchées et dans certains cas d'employer, surtout la transformation du poisson en farines et
en huiles, leur surcroit de capacité.
A.,
années suivantes. De ce fait, les exportations de
hareng frais et congelé du Royaurne-Uni vers
Produits frais et congelés
l'Allemagne, qui depassaient 35 000 tonnes en 1938,
n'étaient plus que de 200 tonnes en 1953. Tous
C'est toujours la consommation h l'état frais
qui constitue la principale utilisation du poisson
(de 40 à 50 pour cent des disponibilités totales
les autres pays exportateurs irnportants d'Europe,
le Danernark, l'Islande et la Norvège, ont enregistré des augmentations marquees de leurs exportations de produits frais et congelés, parmi lesquels
il convient de signaler les filets congelés, innovation d'après-guerre. Les exportations islandaise
de ces produits étaient passées de 17 500 tonnes
exprimées en poids vif) ; les organismes de vente
consacrent, depuis longtemps, la plus grande par-
tie de leurs activités h la vente du poisson frais
et dans bien des regions le consommateur a une
preference marquee pour ce produit. An cours de
l'après-guerre, c'est surtout dans les méthodes de
preparation, d'emballage et de transport que des
progrès ont été realises ; on s'est attaché en particulier h la preparation de filets, en vue de faciliter
la manutention et de réduire les frais de transport,
environ en 1938 A- plus de 156 000 tonnes en 1949,
après quoi elles sont retombées par suite de la
diminution des importations du Royaume-Uni et
ele l'Allemagne. Le Danemark a, par rapport
l'avant-guerre, presque double le volume de ses
exportations, qui s'élevait alors h 52 000 tonnes
ainsi qu'à Futilisation des issues qui autrement
auraient été perdues.
En méme temps, l'emploi des méthodes cle con-
quant A, la Norvège, elle a. exporté 182 000 tonnes
en 1949, contre 120 000 tonnes en 1938. A la suite
du fléchissernent des exportations vers l'Allemagne
gelation, appliquées depuis longtemps déjà en
occidentale et le Royaume-Uni, les exportations
Amérique du Nord, s'est répandu progressivement
en Europe ; on a pu ainsi d'abord reporter les
excédents temporaires, puis varier la presentation
annuelles sont tombé au-dessous de 97 000 tonnes
en 1950, mais elles se sont un peu améliorées en
1951/52. L'exportation de produits congelés vers
du produit et aussi le transporter A, plus grande
distance, notamment pour ce qui est des exportations européennes vers l'Amérique du _Nord. En
Europe occidentale, plus de 50 pour cent du pois-
les Etats-Unis présente une importance de plus
en plus grande pour ces pays, que l'affaiblissement
des marches de l'Europe occidentale contraint
200
débarquer du poisson frais directement dans les
ports du Royaume-Uni. Plus tard, la reduction
depuis quelques années à rechercher de nouveaux
débouchés en Europe centrale et orientale ainsi
des importations de poisson frais par le RoyanmeUni et l'Allemagne obligèrent l'Islande à revenir
à la production de morue salée ; ce changement
fut facilité dans une certaine mesure par l'augmentation des importations de morue salée en Grèce,
gu'au Moyen-Orient. Depuis 1951, le volume des
exportations du Japon dépasse celui d'avant-guerre ; ce pays expédie, notamment vers les Etats-
Unis, deux fois plus de thon congelé. D'une =TUC-re générale, si le poisson frais continue de do-
Espagne et Brésil, notamment de 1947 h
miner le marché intérieur dans la plupart des régions situées hors de l'Amérique du Nord, les produits congelés gagnent lentement du ten-am n et,
surtout, contribuent grandement h diversifier et
à développer le commerce international.
1952.
Hareny, sardine, anchois, etc. Outre le Japon,
qui produit des quantités importantes (130 000
tornes en 1952) de sardines et de harengs séchés
ou sales, destinées surtout à la consomrnation intérieure, les principaux producteurs out, en 1953,
été l'Allemagne (55 400 tonnes), l'Islande (23 100
tonnes), les Pays-Bas (72 000 tonnes), la Norvège
Produits séchés, sales et fumes
Le quart environ du volume global des quantités
de poisson 'creche dans le monde est conservé, séché ou sale, et, h un moinclre degré, fumé. Ces méthocles de traitement et de conservation sont particulierement utilis6es en Europe, en Asie du sud-
(82 800 tonnes) et le Royaume-Uni (30 500 tonnes).
Les barrières commerciales et autres mesures de
restriction ont freiné les exportations traditionnelles de l'Islande, des Pays-Bas, de la Norvège et
du Royaume-Uni vers l'Allemagne occiclentale
et les pays d'Europe orient-ale. La conclusion
est et en Extreme-Orient.
Morue, merlu, aiglefin, etc. En Europe, les iles
Féroé, l'Islande, la Norvege, la France, le Portugal
et l'Espagne produisent d'assez grandes quantités
d'accords commerciaux a permis d'exporter annuellement des quantités appréciables. Les difficultés
qu'ont éprouvées certains pays exportateurs
6couler leur production de hareng salé les ont
de morué salée ; sauf les trois derniers, qui en con-
somment également de grandes quantités, ces
pays exportent leur production vers les pays de
l'Europe méridionale ainsi que vers le Brésil et
la region des Caranes.
amenés à créer des conserveries qui absorbent une
partie des quantités pechées ; en outre, les usines
d'huile et de farine de poisson absorbent- des quailtités appréciables de hareng.
Poisson divers. En Asie, le commerce des pro-
Au cours des dix années qui ont precede la denxieme guerre mondiale, l'Espagne et le Portugal
avaient entrepris de créer une flottille nationale
de morutiers ; ces deux pays ont, après la guerre,
accéléré le développement de leur flotte de peche,
et ils produisent aujourd'hui un pourcentage appréciable de leurs besoins domestiques. De ce fait
on a enregistré une diminution générale des quantités entrant dans le commerce international.
duits séchés et salés se fonde d'une part sur les
importations ceylanaises en provenance du Pakistan, de l'Inde et des Maldives et d'autre part sur
les tonnages provenant de ThaVande et d'Indochine, destines à l'Indonésie et transitant par Singapour.
Les importations de Ceylan en provenance du
Pakistan, de l'Inde et des Maldives (qui attei-
Durant les années d'après-guerre,les pays exportateurs ont continué de se ressentir des difficultés
monétaires et des restricions imposées aux khan-
gnaient en 1938 16 000 tonnes environ) sont passées de 25 600 tonnes en 1947 à 34 700 tonnes en
1952, mais elles sont tombées à moins de 20 000
tonnes en 1953 ; ce recul est dû surtout h la diminution des quantités fournies par l'Inde.
En 1938, une cinquantaine de milliers de tonnes
de poisson en provenance de la ThaYlande et de
l'Inclochine et destinées à l'Indonésie transitaient
par Singapour. Durant les années d'après-guerre,
ges ; le Callada (y compris Terre-Neuve), pays
exportateur à devise forte, a en beaucoup de mal
écouler sa production de morue salée. Il a done
été amené, non seulement à cause des difficultés
d'ordre monetaire que connaissaient les marches
traditionnels de poisson salé; mais aussi h la suite
de l'accroissement de la demande de produits frais
et congelés aux Etats-Unis, à réduire sa produc-
les Etats associés n'ont, en raison des hostilités
qui s'y poursuivaient, fourni que des quantités
très réduites. Les exportations de la Thailande
vers la Malaisie, très faibles en 1947-50, n'en ont
pas moins atteint en 1951 leur niveau d'avant-
tion de morue salée et à augmenter celle de produits
frais et congelés, parmi lesquels les filets congelés
tiennent une place assez importante.
Immédiatement après la guerre, l'Islande, dont
la flotte de peche s'était agrandie, continuait de
guerre ; comme, par ailleurs, les quantités fournies
201
par le Japon ont augmenté, la Malaisie et Singapour ont pu reprendre dans une certaine mesure
les envois à destination de l'Indonésie. Le volume
dues surtout aux variations de l'abondance du
saumon rose sur les lieux de pèche de ces deux
Etats.
des exportations vers ce pay-s a atteint 37 000 tonnes en 1952, contre 49 000 en 193S. La tendance
L'Alaska, qui produit surtout des saumons chum,
pink et sockeye, est la principale source d'où provient le saumon en conserve des Etats-Unis. Depuis
Faugmentation qui s'était manifestee après la
guerre s'est renversée en 1953, année pendant
laquelle l'Indonésie n'a importé que 24 000 ton-
la fin de la guerre, sa production a tendance
diminuer (94 000 tonnes en 1947, 62 300 tonnes
en 1953) ; ce fléchissement est dû principalement
nes.
au fait que l'on prend moins de saumons pink
et sockeye. La pêche du sockeye connatt un cycle
quadriennal dont les niveaux avait été gravement
affecté par l'éboulement de rochers qui s'est produit en 1913 à Hell's Gate, sur le fleuve Fraser
la construction de nouvelles échelles à poissons a
pernais de relever quelque peu ces niveaux.
Le Japon, qui a (HI ceder A, l'U.R.S.S. des lieux
de pèche important, a vu, après la guerre, sa production tomber bien au-dessous du niveau d'avantguerre. Comme on ne possède de statistiques ni
de la production ni des exportations, il n'est pas
possible d'évaluer dans quelle mesure les quantités
de saumon pêchées en U.R.S.S. et la production
de poisson en conserve de ce pays ont compensé
Produits des peches en conserve
Près de 10 pour cent du tonnage total 1)&116
dans le monde est absorbé par les conserveries.
Mais en Afrique, en Amérique du Nord et en Amé-
rique du Sud, le cinquième seulement des prises
totales est utilise de cette manière. Dans plusieurs
Pays européens, ainsi qu'au Japon, l'industrie de
la conserve joue un r6le important dans l'économie
nationale.
La production mondiale de conserves consiste
surtout en saumon du Pacifique, hareng, sardine
et pilchard, et en thon, bonite scombre et chinchard. De petites quantités de crustaces et de
mollusques sont raises en conserve, mais il s'agit
le fléchissement de la production japonaise. Celle-ci
de produits dont le prix est Cleve. Aux Etats-Unis,
la production de conserves à base de poisson, des-
augrnente lenternent depuis cinq ou six ans, par
suite de l'envoi de navires-usines destines
la
tinées à l'alimentation des animaux, y compris
les animaux d'agrément, est fort importante
pêche au saumon.
Aux Etats-Unis, le recul de la production ainsi
(84 500 tonnes en 1953).
que le fait que le Royaume-Uni a pratiquement
cessé d'importer ont entrainé la diminution des
h..
Salmons du Pacifique. Les cinq saumons du
exportations de saurnon en conserve qui, de 27 900
Pacifique (on entend par la, l'ensemble du groupe
d'espèces designees sous le nom de saumon, truite,
éperlan, etc.) sont débarques au Canada (Colombie
britannique), aux Etats-Unis (Oregon et Washington), en Alaska, au Japon et sur la c6te Pacifique
tonnes en 1947 (contre 21 900 tonnes en 1938),
sont tombées à moins de 1 000 tonnes par an depuis 1950. De même, les difficultés monétaires, les
mesures de contr6le des irnportations et des de-vi-
ses ont réduit les exportations annuelles de saumon canadien, notamment vers le Royaume-Uni,
l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Union SudAfricaine. Les producteurs canadiens, profitant
de la diminution de la production de saumon de
l'Alaska et malgré la concurrence plus Apre provoquée par l'accroissement de la production de
thon en conserve, ont contrebalancé ces pertes en
augmentant leurs exportations vers les EtatsUnis. En 1954, le Royaume-Uni, l'Australie, la
de l'U.R.S.S. Dans ces regions, la plus grande
partie du tonnage débarque de ces cinq espèces est
mise en conserve ; le reste, ainsi que la presque
totalité du tonnage débarque dans les autres parties du monde, qui est relativement foible, se vend
sur le marché à l'état frais, congelé ou sale.
Au Canada, le volume de la production annuelle
de saumon en conserve de la Colombie britannique
est resté constant (entre 30 000 et 40 000 tonnes)
durant les dix années qui ont suivi la guerre ;
s'agit principalement de produits à base de saumon rose, de saumon chum et de saumon sockeye. La production des Etats-Unis clans les
Etats d'Orégon et de Washington, qui se caracterise par un cycle biennal, est plus forte les an-
nées se terminant par un nombre impair ;
Nouvelle-Mande et l'Union Sud-Africaine ont pris
diverses mesures pour faciliter les importations
de saumon en conserve, produit pour lequel les
oerspecti-ves du marché en 1955 sont done plus
favorables.
Harengs, sardines, anchois, etc. L'industrie portugaise a connu, sartout en 1948/49, une situation
ces
fluctuations cycliques (qui ont oscine entre 19 400
et 28 900 tonnes par an entre 1947 et 1953) sont
critique, la sardine étant devenue moins abon202
TABLEAU C-28. QUANTITES ANNUELLES TOTALES DE POISSONS, CRUSTACES, MOLLUSQUES, ETC., rtent's ET
DEBARQUEES PAR CE.RTAINS PAYs ; 1938, 1946-54
P
Quantités débarquées (poids débarqué)
D
Quantités péchées (poids vif)
Les quantités pêchées et débarquées sont identiques
PD
1938
PAYS
1947
1946
1943
1951
1952
1 048 1 013
940
849
1950
1949
1953
milliers de tonnes
Gravds producteurs
Canada (y compris Terre-Neuve)
Japon
Nrorvège
P
D
PD
P
837
760
D
3 562
1 153
1 065
1 198
1 098
2 253
1 930
P
97
D
89
530
463
777
714
274
249
D
Royaume-Uni
P
Etat,s-Unis (y compris l'Alaska)
P
D
.
5.98
2 130
.
355
.
.
..
925
.
...
2 021
988
878
1 053
1 000
955
899
2 206
1 195
1 032
1 172
2 431
1 502
1 313
1 206
1 098
2 410
2 041
2 642
226
217
468
422
409
368
478
258
245
474
426
1 047
2 283
1 967
962
927
3 086 3 666 4 649
2 590 2 365 2 391
2 216 2 002 1 950
4 577
1 506
1 378
1 122
1 030
2 385
2 019
293
281
528
482
680
636
418
371
763
277
294
262
299
296
307
223
603
546
465
324
343
312
488
426
665
621
402
335
752
331
314
.
277
318
313
334
254
612
549
641
460
631
343
310
312
306
392
293
635
568
628
623
136
58
33
43
59
53
153
43
177
78
157
222
38
37
79
46
48
..
57
71
52
84
104
94
1 466 1 831 1 806
1 279 1 669 1 670
989 1 086 1 105
926
993 1 038
1 297
1 084
1 159
1 049
2 504
2 172
925
837
Productemrs moyeits
Danemark
France
Allemagne occidentale
Islande
lude
Corée du sud
Pays-Bas
Philippines
Portugal
Espagne
P
D
P
D
P
D
PD
PD
P
D
P
D
P
D
P
D
Union Sud-Africaine (y compris P
le Sud-Ouest africain)
Petits producteurs
Angola
Argentine
Australie
Congo beige
Belgique
Brésil
Ceylan
Taïwan
Chili
Egypte
Iles Féroé
Finlande
Maroc fran9ais
Grèce
Hong-Kong
Irlande
Italie
Malaisie
Mexique
Nouvelle-Zélande
Pérou
Pologne
Maroc espagnol
Suède
D
Tunisie
Turquie
Ouganda
Venezuela
Yougoslavie
... Non disponible.
...
...
.
265
..
206
195
476
441
...
.
4.84
371
.
433
..
6 9.
414
530
2.9 9.
256
256
195
302
295
256
251
251
282
230
581
540
115
106
285
294
258
195
195
275
221
547
504
176
165
51
113
65
71
...
38
14
81
39
18
64
145
24
84
65
64
43
92
46
56
34
S1
81
240
218
408
388
74
53
.
..
50
2.60
.
571
...
...
PD
PD
PD
PD
P
26
D
39
103
79
122
75
140
90
...
52
32
30
61
63
61
60
47
97
46
PD
PD
PD
P
55
34
1
43
...
D
PD
PD
PD
PD
PD
P
PD
PD
PD
PD
PD
PD
42
65
31
25
22
...
181
17
29
25
D
P
..
26
51
13
12
PD
PD
P
PD
PD
PD
..
...
51
22
71
5
13
.
2.1
169
...
55
..
11
161
..
9
...
...
77
...
131
65
35
25
68
50
98
93
66
93
35
66
123
52
66
..
43
.
35
40
22
96
95
27
31
17
31
17
16
35
18
16
157
179
162
186
162
215
162
58
35
33
139
68
11
11
165
156
151
10
194
184
161
12
31
281
214
571
518
201
191
,
44
40
28
23
501
459
408
343
570
300
264
234
238
238
454
408
553
512
373
324
827
219
258
230
226
220
307
229
598
538
258
254
55
100
34
33
36
48
31
2.9
22
22
20
160
119
54
33
29
-
124
161
10
76
14
251
241
63
175
26
122
119
118
54
87
58
122
43
.
P
D
PD
58
58
36
38
63
44
D
D
ThaYlande
19 0.
61
153
36
80
77
76
68
36
34
45
49
10
182
173
154
11
88
87
16
186
170
74
34
91
32
74
66
9
187
9
183
176
178
173
187
12
15
100
20
75
24
...
...
9
11
76
12
92
12
75
28
15
78
14
91
75
31
32
97
72
...
...
158
37
27
19
18
107
...
11
204
194
192
13
100
23
.
520
459
730
694
425
361
...
..
52
74
66
..
26
131
107
107
.
8.9
62
128
46
36
32
19
18
214
164
67
...
...
...
...
11
196
186
205
12
103
23
.
23
.
24
dante sur les lieux de péche. Le manque de fer
Aux Etats-Unis, la diminution très marquée
de la sardine de Californie, que l'on trouve géné-
blanc a, effecté les producteurs portugais et espagnols qui, de même que les producteurs francais,
ont
faire face h la concurrence accrue de la
production marocaine ; celle-ci, qui est en pleine
expansion, s'est élevée de 12 800 tonnes seulement
ralement en abondance sur les lieux de péche
traditionnels, a pratiquement réduit à néant l'industrie de la conserverie qui ne produisait plus,
en 1952 et en 1953, que 2 000 tonnes environ contre plus de 100 000 en 1950. Ce recul n'a été compensé que faiblement par l'augmentation (15 500
tonnes en 1953) des produits en conserve à base
d'anchois et de hareng du Pacifique et par le maintien, à un niveau relativement élevé (de 15 à 35 000
en 1938 h 56 100 tonnes en 1950 et h 42 500 tonnes
en 1953. La concurrence s'étant faite plus apre
sur l'ensemble du marché de la sardine en conser-
ve, le Maroc francais a, par la suite, vu son expansion se ralentir, notamment à la suite de la
diminution de la demande du Royaume-Uni.
Immédiatement après la guerre, la production
allerhande et japonaise a été négligeable ; mais le
relevement de lenr économie a permis b. ces deux
pays d'améliorer rapidement la situation de leurs
tonnes par an), de la production de sardines en
conserves du Maine.
Thons, bonites, maquereanx, etc. La production
mondiale de produits en conserve A, base de thon,
bonite, maquereau, etc., a augmenté très rapidement durant les années d'après-guerre ; la production totale de 1953, qui s'est élevée à 200 000 tonnes environ, a triplé par rapport h., 1938. Cette ex-
conserveries de poisson, dont la production a
peu près atteint, en 1953-54, les niveaux d'avant-
b.,
guerre.
Au Royaume-Uni, la production de hareng en
pansion rapide est due surtout à l'accroissement
du marché des Etats-Unis, qui a provoqué le développement de la production locale de conserves h partir du poissnn capturé dans les eaux nationales et de matières premières importées, ainsi que l'augmentation de la production de conserves de thon au Japon et de bonite au Pérou.
Que ce soit aux Etats-Unis ou affieurs, les in-
conserve (16 000 tonnes en 1952) a augmenté ; ce-
la s'explique en partie par les efforts de ce pays,
qui parvenait de plus en plus difficilement à écou-
ler le hareng salé et d'autres produits à base de
hareng traité, pour trouver de nouveaux débouchés. De méme, les Pays-Bas ont, durant les années d'après-guerre, créé une industrie de la conserve de hareng, dont la production a atteint
dustries connexes sont extrémement sensibles aux
14 400 tonnes en 1953, contre 3 100 tonnes en
droits de douane dont les Etats-Unis frappent
les importations non seulement du produit fini,
mais encore du thon congelé destiné à être mis
1947.
De nouvelles conserveries ont été créées au Venezuela et au Mexique. En Union Sud-Africaine
en conserve aux Etats-Unis.
A la suite du redressement de l'industrie japonaise après la deuxième guerre mondiale, les exportations de thon congelé vers les Etats-Unis ont
augmenté très rapidement (néant en 1947, 16 000
tonnes en 1952) ; le Japon a également développé
et dans le sud-ouest africain, la production arm-11cl-
le de pilchards en conserve, entreprise durant la
guerre, a augmenté très rapidement à partir de
1946. L'expansion de la production de cette région (3 500 tonnes en 1947, 28 200 tonnes en 1953)
correspond non seulement à l'augmentation de la
demande intérieure (encouragée, jusqu'à un certain point, par les mesures de contr6le des importations en vue d'économiser les devises étrangères) mais aussi à l'augmentation de la demande
de pays d'Asie qui ne peuvent s'approvisionner
dans les pays h monnaie forte.
Au Canada, la production de conserves est restée forte en Colombie britannique (30 100 tonnes
en 1947) durant la guerre et les années qui l'ont
immédiatement suivie ; mais l'augmentation de
l'ensemble des disponibilités alimentaires et le renforcement des mesures de contrôle des importations de la part des pays h monnaie faible Font
rapidement fait tomber ; elle n'atteignait pas
2 000 tonnes en 1953 ; les quantités péchées ont
done été utilisées pour la fabrication de farine de
son industrie de la conserve en vue d'exporter
vers ce marché du thon à l'huile (300 tonnes en
1948 ; 14 400 tonnes en 1950). A l'expiration de
l'accord commercial conclu entre les Etats-Unis
et le Mexique, le droit ad valorem a été rétabli
h 45 pour cent. De ce fait, les importations des
Etats-Unis ont pratiquement cessé en 1951 (1 600
tonnes seulement contre 16 500 en 1950). L'accroissement des importations de thon conservé
dans la saumure est venu compenser cette dimi-
nution.
Farines de poisson
Environ 15 pour cent du total des quantités
pêchées dans le monde est absorbé par les usines
de traitement industriel qui les transforment en
poisson.
204
farines et en huiles. Pour un certain nombre de
pays, qui ont pêché au total près de 16 000 000
de tonnes en 1953, environ le quart du tonnage
a été utilise aux fins du traitement industriel.
leurs pêcheries après la guerre a permis au Royaume-Uni et à l'Allemagne de remettre sur pied
leurs industries de la farine de poisson qui utili-
Les farines de poisson, y compris les solubilisés et les concentrés homogènes de poisson destines h l'alimentation animale, proviennent de deux
sources principales : i) issues, résidus et cléchets
des poissons destines à l'industrie du poisson frais,
congelé, traité et mis en conserve ; ii) poissons entiers utilises uniquement et en grand pour la fabrication de farine de poisson et, pour ce qui est
des espèces à huile, également pour l'extraction
de l'huile de chair. Après la deuxième guerre mondiale, on a enregistré de la part des centres d'élevage et d'aviculture de l'Amérique du Nord et de
l'Europe occidentale et de certains pays tels que
l'Afrique du Sud, une très forte demande de fa-
débarquées des chalutiers. Les difficultés qu'a
éprouvées le Royaume-Uni à vendre le hareng co-
sent surtout les issues provenant des quantités
mestible a également encourage l'écoulement de
cette espèce dans les usines de farine de poisson.
En Colombie britannique, le fléchissement de
la demande de hareng du Pacifique en conserve,
survenu en 1948 à la suite de l'amélioration générale de la situation alimentaire mondiale, a eu
comme consequence que de grandes quantités de
hareng de cette espèce ont été utilisées pour la
fabrication de farine. Il en a été de même en Norvège ; l'utilisation du hareng dans l'alimentation
humaine, à l'état frais ou congele, a en effet diminué dans la periode qui a suivi l'après-guerre
immédiat, et des quantités plus grandes ont été
acheminées vers les usines de farine de poisson.
A l'exception de fluctuations insignifiantes du
niveau de la production de farine de poisson enregistrées dans quelques pays, la tendance génétale était à l'augmentation ; de 400 000 tonnes environ en 1947, la production mondiale totale est
passée à 950 000 tonnes en 1953/54. En Union
Sud-Africaine et dans le Sud-Ouest africain, la
production a cessé d'augmenter, des mesures limitant le nombre d'usines de farine de poisson
ainsi que leur capacité de production ayant été
prises en vue de protéger les peuplements.
Mais il y a lieu de signaler l'exception h la tendance générale que constitue l'industrie de la pe-
rine de poisson pour l'alimentation du bétail et
de la volaille et pour incorporation dans les rations équilibrées destinées au bétail.
Afin de répondre à cet accroissement de la demande rnondiale qui, en 1953, a absorbé quelque
950 000 tonnes, divers moyens out été utilises pour
augmenter la production. On ne s'est pas contenté
d'augmenter la capacité des centres de traitement
industriel pour la fabrication de farine de poisson, quelle que ffit leur source d'approvisionnement : issues ou autres industries connexes ou
poisson uniquement destine à la production de
farine, mais on a ouvert de nouvelles pêcheries
dans des regions ofi la pêche aux fins susindiquées
n'etait pas pratiquée avant la deuxième guerre
mondiale. Lorsque, après la deuxième guerre mondiale, la situation alimentaire générale s'est amélioree, certains pays ont vu disparaitre les marches
sur lesquels ils écoulaient du poisson en conserve
ou congelé ; ils ont alors utilise la matière première
che au pilchard de Californie qui, en 1952 et 1953,
a produit moins de 500 tonnes alors qu'elle en
avait produit 82 000 en 1938. Ce recul spectaculaire est dfi à la disparition presque complète de
la sardine de Californie sur les lieux de pêche habituels. Il samble toutefois que des quantités notables ayant été signalées en 1954, cette tendance
pour la production de farine de poisson. En outre, l'amélioration des méthocles de traiternent industriel a permis d'augmenter le taux d'extraction, et la creation d'usines traitant les eaux residuaires a eu pour effet d'augmenter de manière
appreciable les quantités de protéines et de vitamines contenues dans la farine de poisson.
à la diminution de la production pourrait étre
renversée, en partie du moins durant les années
à venir ; les causes de cette disparition n'ont pas
été encore pleinement déterminées et il est difficile de prédire quel sera le niveau et le rythme de
relèvement de l'industrie californienne.
La pêche au menhaden de l'Atlantique aux
Etats-Unis et celle du hareng en Norvège ont été
développées en vue d'augmenter la production de
farine de poisson, et des quantités plus grandes
que jamais ont été pêchées uniquement à cette
fin. De nouvelles industries ont été créées dans
les pays suivants : Angola, Maroc fran9ais, Sud-
Perspectives
En raison de l'augmentation des disponibilités
en viande, produits laitiers et autres denrées riches en protéines animales, l'industrie de la pe-
Ouest africain et Union Sud-Africaine, Danemark,
Pays-Bas et Chili ; leur part dans la production
mondiale West pas négligeable. La reconstitution de
che continuera d'être concurrencée de plus en plus
dans les pays à développement économique avan205
cé, par la viande destinée h la consommation
mais il se pourrait aussi qu'on enregistre par contre un accroissement de la demande de produits
base de poissons de qualité supérieure (filets
congelés, baguettes de poisson, produits améliorés
salés, et tout particulièrernent ceux en conserve
ainsi qu'une augmentation de la consommation
h.,
dans les pays oit le niveau des revenus croft et
où les méthodes de distribution s'améliorent. L'em-
ploi de plus répandu de alines de poisson clans
l'alimentation animale, ainsi que la forte demande
de produits animaux riches en protéines, inchnent à penser que le marché de ce produit des
péches ne cessera de se développer.
MATIÈRES GRASSES ET OLPAGINEUX
Tendances de Paprès-guerre
La seconde guerre mondiale a bouleversé le com-
merce et la production des matières grasses. En
1945, les disponibilités exportables mondiales
étaient inférieures h la moitié de leur niveau d'avant-guerre, et en Europe, principal marché, la
demande non satisfaite était considerable. Les
destructions et bouleversements éconoraiques provoqués par la guerre ont entrainé d'importantes
réductions de la production de beurre et de grais-
fixées dans leurs grandes lignes. La production
mondiale (non compris l'U.R.S.S.) de matières
grasses était légèrement supérieure à celle d'avant-guerre. En Amérique du Nord et en Afrique,
la production était considérablement plus élevée
qu'avant-guerre et la consommation et les exportations avaient toutes deux augmenté. En Amérique du Sud et en Asie, la production totale était
presque identique à celle d'avant-guerre, mais la
consommation augmentait rapidement en raison
de Faccroissement démographique et du développement de l'industrialisation, et les exportations
étaient en baisse. En Europe occidentale, la production et la consommation ont augmanté régulièrement et atteint approximativement leur niveau
d'avant-guerre. La production mondiale a encore
augmenté depuis et elle atteint maintenant environ
24 millions de tonnes, en équivalent d'huile.
La consommation de toutes les matières grasses
(comestibles et non comestibles), par habitant,
est actuellement légèrement inférieure à celle
d'avant-guerre en Europe et en Amérique du Nord.
Cependant, elle est plus élevée dans d'autres regions et le déficit enregistré en Europe et en Amérique du Nord est h peu près comblé par l'emploi
accru de nouveaux produits de substitution, notamment de détergents synthétiques
la place
A.,
ses animales en Europe, d'huile de coprah, de
palme et de palmiste, en Indonésie, aux Philip-
du savon, et de produits à base de caoutchouc
et de résine synthétique à la place de l'huile de lin
et d'autres huiles dans les peintures.
Bien qu'en voie d'accroissement, les disponibilités exportables de matières grasses sont demeu-
pines et en Malaisie qui sont les exportateurs habituels de ces produits. Les disponibilités exportables ont également été réduites du fait de l'accroissement de la consommation de certains pays,
principaux exportateurs avant la guerre
no-
tamment l'Inde, l'Egypte et la Chine
d'après-guerre de la production, des échanges et de
la consommation de matières grasses s'étaient
rées relativement faibles jusqu'en 1949, et leur
répartition entre les pays importateurs a été déterminée en grande partie par les allocations du
Conseil international de la Crise alimentaire et
par des contrats b., long terme et autres accords
la
population augmente rapidement. Une convention
internationale signée en 1944 a limité la production d'huile de baleine de l'Antarctique A, 60 pour
commerciaux bilatéraux conclus entre certains
pays exportateurs et importateurs. Les contrôles
établis par les gouvernements sur le commerce
cent environ du niveau d'avant-guerre. Cependant, la production de matières grasses des EtatsUnis a été supérieure de 30 pour cent environ, soit
un million de tonnes en equivalent d'huile, à celle
d'avant-guerre. Das mesures gouvernementales
ont provoqué une augmentation considérable de
et la consommation de matières grasses, qui étaient
en vigueur pratiquement dans le monde entieur pen-
dant la guerre furent maintenus dans la plupart
des pays. Les prix subirent une forte hausse chaque fois que le contrôle des prix fut aboli. Pour
atténuer les effets de la diminution des exporta-
la production de graines de soja et de lin pour
remplacer les importations arrétées par la guerre,
et les Etats-Unis sont devenus de gros exportateurs nets de inatières grasses alors qu'ils étaient
importateurs nets avant la guerre. L'Afrique occidentale et l'Argentine ont également augmenté
leur production d'oléagineux pendant la guerre.
tions de l'Extréme-Orient et remédier à la pénurie
des dollars nécessaires à l'achat de matières grasses
aux Etats-Unis, de grands efforts furent entrepris
La production mondiale a repris rapidement
'En 1947 ce Conseil est devenu le Comité international de la Crise alirrientaire de la FAO.
après 1945, et en 1949 la structure et les tendances
206
pour développer la production commerciale dans
les territoires non-autonornes, particulièrement en
Afrique Occidentale Fran9aise et en Afrique Occidentale Britannique ainsi qu'au Congo beige.
GRAPHIQUE C-7.
Prix moyens mensuels des
matières grasses sur les march& internationaux
1951-55
(Echelle semi-logarithmique)
Les échanges furent marqués par deux autres
facteurs importants. Les pays producteurs traitaient sur place une proportion de plus en plus
SEO. la tonne
1100
900
grande d'oléagineux et augmentaient leurs expor-
700
500
400
300
GRAPHIQUE C-7
200
NOTE: Ces prix, empruntés au Public Ledger (Londres), ont été con-
vertis en dollars des E.U. aux cours de change officiels ; sauf
indication contraire, ils sont c.a.f. ou c. et f., port européen.
Huile d'olive nord-africaine, 1 pour cent, f.o.b. A partir de mars
1955, tunisienne 1 pour cent, f.o.b.
Huile d'arachide : indienne, en vrac ; de juin 1953 à juin 1954,
sud-africaine, en ffits.
Huile de soja : Etats-Unis, brute, f.ob., port des Etats-Unis.
Huile de coton : américaine, semi-raffinée, en vrac, f.o.b.
Huile de coco : Straits, 3 ou 3% pour cent, en vrac.
Huile de palme : Congo beige, en vrac.
Huile de ricin : Bombay first, en ffits.
Huile de lin : Argentine, en vrac.
Saindoux : raffiné, boites de 37 lbs., franco quai, New-York.
Suif, non comestible : américain, extra, en vrac, f.o.b. New-York.
600
500
400
^N.
300
J
200
Ne>
0".1 ba.
150
1951
1952
1953
1954
1955
1953
1954
1955
Huile d'olive
.11.11.1111001¢.
tations d'huile a,ux dépens de eelles d'oléagineux.
Cette évolution est imputable pour une large part
à la raise en oeuvre de plans gouvernementaux
Huile d'arachide
Huile de soja
Huile de coton
Huile de coco
Huile de palme
d'industrialisation clans certains pays producteurs,
notamment l'Argentine et l'Inde ; elle a provoqué
une importante diminution de l'activité des industries européennes et japonaises de traitement
des oléagineux. En outre, les exportations mondiales d'huiles liquides comestibles (huiles d'arachide, de soja et de baleine) ont été sensiblement
inférieures à celles d'avant-guerre, tandis que les
échanges d'huiles concrètes (huiles de palme, de
pairniste, de noix de coco, et suif) étaient plus importants ; cela tenait principalement à une forte
diminution des exportations de graines de soja de
Mandchourie et d'arachides de Uncle, au developpement de la production d'huile de palme en Afrique équatoriale et à l'accroissement de la production et des exportations de suif des Etats-Unis.
En 1949, on enregistra une augmentation marquée de la production mondiale de matières grasses et lex prix du marché international subirent
une forte baisse. La production des Etats-Unis
atteignit un niveau record ; les récoltes d'oléagi-
900
700
600
500
400
300
200
100
500
400
300
200
100
1951
neux étaient également abondantes en Europe
occidentale et en Indonésie, et les disponibilités
1952
Huile de ricin
Huile de lin
d'arachides de la Nigeria provenant de la récolte
de fin 1948 étaient importantes. Le,s exportations
des Etats-Unis, qui étaient financées pour moitié
Saindoux
ANSI. MIMS
207
Suif
sur les fonds américains d'aide économique
l'étranger, passèrent de 400.000 tonnes environ,
en equivalent d'huile, en 1948, à près d'un million
de tonnes en 1949. Parallèlement au relèvement
des ressources mondiales, les contrôles officiels
furent abolis dans la plupart des pays et les allocations du Comité international de la Crise alimentaire furent suspendues en février 1949.
Les échanges re9urent une nouvelle impulsion
à la suite de la crise corée,nne en juin 1950, quand
des stocks importants se constituèrent aux Etats-
sur l'huile d'arachide provenant de récoltes exceptionnelles en Afrique occidentale. On a enregistré
également une augmentation de la production
d'huile de coton des Etats-Unis et d'huile de coco
de l'Inde et des Philippines, qui compense, et au
delà, une léaère diminution de la production de
saindoux et d'huile de soja aux Etats-Unis, d'huile
de colza en Europe occidentale et de tournesol en
Argentine. La production d'huile de palme et de
palmiste se maintint à des chiffres records dans
la Nigeria.
Unis et en Europe occidentale, provoquant un
Les échanges internationaux d'huiles et de matières grasses se sont développés rapidement pour
atteindre un nouveau record d'après-guerre. Les
exportations mondiales se sont élevées h 6 400 000
fort accroissement de la demande d'importation.
Les exportations mondiales s'élevèrent h un niveau
sans précédent et les prix du marché international
subirent une forte hausse qui atteignit son maximum au début de 1951. Les politiques d'achat se
firent ensuite plus prudentes et l'abondance des
tonnes environ, en equivalent d'huile, et ont &-
disponibilités aux Etats-Unis et en Afrique en-
passé de plus de 10 pour cent celles de 1953 (voir
tableau C-29). L'augmentation a porté surtout sur
les huiles de lin et de coton, et dans une mesure
traina une baisse des prix jusqu'en avril 1952. En
moindre sur les huiles d'arachide, de coco et de
1953, les stocks de la plupart des pays importateurs
avaient diminué. Il y eut une reprise de la demande
palme. A la fin de 1953, d'importantes exportations
ont été effectuées sur les stocks gouvernernentaux
mondiale d'importation et les prix remontèrent
légèrement. Les exportations mondiales totalisèrent 5 600 000 tonnes en equivalent d'huile, soit
un peu moins seulement qu'en 1951. Les stocks
des pays exportateurs augmentèrent au cours de
d'Argentine, ct d'huile de coton des Etats-Unis, à
des prix très inférieurs à ceux des marchés intérieurs. Les exportations d'huile de coton des EtatsUnis sont passées de 36 000 tonnes, en 1953, à
de graines et d'huile de lin des Etats-Unis et
260 000 tonnes en 1954, chiffre qui dépasse de loin
l'année 1953. La production des Etats-Unis atteignit un nouveau chiffre record et le gouvernement
accumula des stocks considérables d'huile de coton
tous les précédents. Les exportations mondiales
de graines et d'huile de lin en 1954 ont atteint
630 000 tonnes, en équivalent d'huile, chiffre record d'après-guerre et plus de deux fois supérieur
au titre du program.me de soutien des prix des
graines de coton. Le gouvernement détenait également de gros stocks d'huile de lin constitués en
1948. Ii existait aussi d'importants stocks gouvernementaux d'huile de lin en Argentine et d'arachides dms la Nigeria où les chemins de fer n'avaient pu acheminer la totalité de la récolte aux
ports d'embarquement.
à celui de 1953. A la fin de 1954, les stocks gouver-
nementaux invendus de l'Argentine et des EtatsUnis avaient été ramenés A, un niveau relativement bas, et la Nigeria avait liquidé ses stocks de
report d'arachides à la suite de l'amélioration
de ses moyens de transport ferroviaires. L'Inde,
qui avait suspendu ses exportations d'huile d'arachide au début de 1953, les a reprises au milieu de
1954 à la suite d'une recolte exceptionelle.
En dépit de l'importance des exportations mon-
Situation actuelle
En 1954, la production mondiale (non compris
l'U.R.S.S.) de matières grasses a été supérieure de
4 pour cent environ à celle de 1953 et de près de
3 pour cent au chiffre record de 1952 Ce résultat
est chi aux conditions atmosphériques favorables
à la récolte d'oléagineux de fin 1953. L'accroissement de la production a porté principalement sur
cliales,
le niveau général des prix des matières
grasses sur les marches internationaux n'était, en
1954, que légèrement inférieur à celui de 1953
(voir graphique C-7). Les prix des huiles siccatives
(de lin, de ricin et d'abrasin) et_ceux des huiles
d'olive et de coton ont subi une baisse sensible.
Ceux des huiles de coco et de palmiste ont baissé
modérément. Cependant, les cours de la plupart
des autres matières grasses sont restés à peu près
les memes, ou ont été plus élevés, que ceux de
l'année précédente. La demande mondiale d'importation de matières grasses a été plus forte en
l'huile d'olive de la région méditerranéenne et
'La production comprend la quantité d'huile tirée des oléagineux (olives comprises) récoltés en
automne do l'année précédente, et consommée ou
mise en vente, pour la plus grande partie, au cours
de l'année civile indiquée. On ne possède pas les
chiffres de production de l'U.R.S.S.
1954. La reduction des stocks de report en Europe
208
TABLExu C-29. MATtintEs GRASSES ET OLEAGINEUX : EXPORTATIONS MONDIALES1 EN EQ IVALENT D'HUILE
PAR
EGIONS ET PAR cATÉ.GoRtEs, 1938 ET 1950-1954
1954
R.UBRIQUE8
1959
I 938
1951
I
1955
(chiffres
provisoires)
1953
n 'lliers de tonnes
Régions
Europe2
495
157
665
402
399
1 003
1 130
580
596
1 087
2 730
1 353
1 501
1 104
1 794
396
566
378
344
354
348
490
410
301
6 096
5 561
5 680
509
166
396
260
350
351
1 797
2 193
1 299
2 426
1 292
2 518
678
753
519
661
6 096
5 561
Amérique du Nord
Amérique du Sud
Afrique
Asie
Océanie
Antarctique
TOTAL "MONDIAL
1
301
079
177
294
354
360
1 227
1 805
342
395
1 438
1 434
1 500
1 500
428
424
395
. 415
5 052
5 647
6 370
360
249
365
300
1 307
2 680
1 570
2 755
521
648
333
317
1 077
2 490
436
399
586
465
590
790
5 680
5 052
5 647
6 370
1
1
Catégories
Beurre, teneur en matières grasses
Saincloux2
Huiles liquides comestibles'
Huiles concretes'
Huiles de baleine et de poisson5
Huiles siccatives et mitres' .
TOTAT. MONDIAL
.
=Compre/Inca seulement les oléagineux indigènes et les huiles produites it partir de matiéres premières indigénes. Les
années d'après-guerre ne comprennent pas les échanges entre l'LT R.S.S. et les pays d'Europe orientale.
=Non eompris l'U.R.S.S., sauf en 1938.
=Rrincipalement les huiles d'arachide, de soja, de eoton, d'olive, de colza, de tournesol et de sésame, ainsi que
valent en huile des graines d'arachides, de soja, de coton, de colza, de tournesol et de sésame.
=Rrincipalement les huiles de noix de coco, de palme et de palmist°, le suit les graisses et l'équivalent en huile du coprah et des palmistes.
=On compte ici comme exportation toute la production d'huile de baleine de l'Antaretique. Les chiffres ne comprennent
pas les huiles de blanc de baleine et les huiles de foie de poisson. On a déduit sur l'année 1952 70.000 tonnes que l'on a
ajoutées aux chifires de 1953 pour tenir compte des stocks d'huile de baleine de l'Antarctique de la saison 1951/52 qui Wont
pas été vendus avant 1953.
=1Trincipalement les huiles de liii de richn et dl 'abrasin et l'équivalent en lmile (Tes graines de lin et de Hein.
continentale et le niveau élevé de Factivité économique ont été les deux principaux facteurs de
cette fermeté. En outre l'U.R.S.S. est devenue
un gros acheteur de matières grasses, important
plus de 100 000 tonnes d'huile de lin d'Argentine
et 33 000 tonnes de beurre. Au Royaume-Uni,
dont les achats de matières grasses représentent
plus du quart des importations mondiales, la demande totale d'importation est demeurée ferme
malgré l'écoulement sur le marché intérieur de
tonnages importants (principalement de palmistes) en provenance des stocks gouvernementaux.
Le rationnement des matières grasses a été aboli
en mai 1954, et la consommation, par habitant,
Perspectives
En 1955, la production de matières grasses demeure abondante dans la plupart des régions, sauf
dans le bassin méditerranéen oil la production
d'huile d'olive a fortement baissé par suite des mauvaises récoltes enregistrées fin 1954, particulièrement en Italie. La production de graines de tournesol a subi ces dernières années un recul important
en Argentine en raison de la reduction des superficies cultivées en faveur de la culture céréalière.
Le gouvernement a fixé un prix relativement plus
favorable pour la récolte de 1955, ce qui a provoqué une légère augmentation des superficies, mais
les disponibilités totales en huiles comestibles
de beurre et de margarine a dépassé de 5 pour cent
environ celle de 1953. Les importations de matières
grasses ont été libérées de toutes les restrictions,
sauf celles qui portent sur le contrôle des changes
les contrats à long terme conclus avec la Nigeria et
d'autres territoires d'Afrique occidentale, qui ont
meurent très inférieures aux besoins du pays.. La ré-
colte d'arachides de la fin 1954 en Afrique Occidentale Franoise a été sensiblement réduite par
suite de pluies défavorables, et celle de la. Nigeria
pris fin en méme temps, n'ont été remplacés
a également été moins abondante. Cependant,
que partiellement par des contrats commerciaux.
ces réductions ont été partiellement compensées
209
par une récolte exceptionnelle en Tilde et une
récolte abondante en Chine.
La production des Etats-Unis atteindra un
nouveau chiffre record au cours de la campagne
prenant fin en septembre 1955 ; la production
d'huile de coton est en léger recul, mais celle d'huile
de soja et de saindoux sera en forte augmentation.
de coton, d'arachide et de mix de coco était stoppée. II est probable que, dans l'ensemble, les prix
internationaux se maintiendront au cours du second semestre de 1955 et au début de 1956, h condition que le rythme de. l'activité économique
mondiale reste élevé.
En outre, bien que les stocks d'huiles végétales
FRUITS FRAIS
détenus par le gouvernement des Etats-Unis soient
beaucoup moins importants que l'année précédente, les disponibilités de graines de soja (y compris les stocks des exploitants) étaient exception-
nellement élevées en avril en raison du rythme
relativement lent de broyage. D'après les prévisions, la récolte d'oléagineux qui doit avoir lieu
en automne 1955 sera abondante aux Etats-Unis
la production de graines de coton sera probablement Plus faible par suite des restrictions imposées
aux superficies plantées en eoton, mais on prévoit
de nouvelles augmentations de production de soja
Tendances de l'après-guerre
La production des prineipaux fruits s'est accrue rapidement depuis la guerre. La production
d'oranges et de pamplemousses est d'environ 50
pour cent supérieure à ce qu'elle était en 19341938 et celle des autres fruits accuse une augmenta,tion. de 30 h 35 pour cent.
Le commerce s'est moins développé, mais la
moyenne che 1951-1953 a dépassé cello de 19481950 pour les principaux fruits, A, l'exception des
pamplemousses, et en 1954 on a noté une augmen-
et de graines de lin. La production de saindoux
continuera de croitre en raison du nombre élevé
de pores nés au printemps et Von s'attend k ce
tation importante du commerce fruitier, sauf en
ce qui concerne les poires. On s'attend à cc que
le niveau plus élevé des exportations se main-
que la production de suif demeure élevée.
Les exportations d'huile de coton des EtatsUnis ont été exceptionnellement fortes dans les
premiers mois de 1955, et il existait des stocks
impartaats en entrepôt de douane dans les ports
hollandais. Les exportations d'huile d'arachide
tienne également en 1955. Le tableau C-30 indique
la tendance générale de la production et du commerce.
Les tendances des exportations montrent toutefois de grandes différences entre les diverses ré-
de l'Inde, où les disponibilités étaient abondantes,
ont augmenté considérablement, et le prix de
ce produit a atteint son niveau le plus bas depuis
la guerre. Les expéditions de soja, de saindoux et
de suif des Etats-Unis, et de coprah des Philippines
gions par rapport k l'ensemble des exportations
mondiales comme le fait ressortir le tableau C-31.
Les exportations che bananes d'Amérique du Sud
et d'Afrique sont montées en flèche depuis la guerre alors que celles des pays de l'Amérique centrale
ont augmenté également, de sorte que pendant
le premier semestre 1955, les prix de la plupart
ont diminué, principalement à la suite de malades et de cyclones.
Les exportations d'oranges des Etats-Unis ont
augmenté de plus de 100 pour cent par rapport
des matières grasses étaient bien inférieurs k ceux
de l'année précédente. Cependant, le relèvement
des prix de l'huife de lin, amorcé en automne 1954
la moyenne de 1934-1938, alors que les exportations de la région mécliterranéenne n'ont augmenté que de 22 pour cent en moyenne en 1951-1953.
Toutefois, en 1954, les exportations d'oranges de
h la suite de répuisement presque complet des
stocks gouvernementaux des Etats-Unis et de
l'Argentine, s'est poursuivi.
Bien que les disponibilités mondiales de matières grasses soient abondantes et que les exportations doivent encore étre importantes cette année,
la demande mondiale d'importation demeure généralement ferme. Elle a sensiblement augmenté au
cette région ont été de 35 pour cent supérieures
celles d'avant-guerre. L'Union Sud-Africaine
enregistré une augmentation notable de ses exportations d'oranges, qui reflète les tendances de sa
production, mais par contre, les exportations sud-
Royaume-Uni h la suite de la diminution des
américaines ont beaucoup diminué, nialgré une
production A., peu près stable. La consommation
intérieure en Amérique du Sud absorbe, en effet,
une partie plus importante de la production qu'avant la guerre.
L'augmentation importante de la production
européenne de pommes a eu pour résultat un
stocks survenue l'année dernière, et l'U.R.S.S.
continue k ètre un acheteur iMportant sur le marché mondial. En outre, au milieu de 1955, le tonnage invendu d'huile de coton sur les stocks détenus par le Gouvernement des Etats-Unis était très
réduit, e.t la baisse des courS mondiaux des huiles
2110
17ABLEAU C-30. PRINCIP-A.UX FRUITS FRAIS ; PRODUCTION ET EXPORTATIONS'
Production
FRUITS
M
oyene
n
1934-38
Banan.es.
.....
Oranges et mandarines
Citrons et limes . .
Pamplemousses
.
.
Pommes (a couteau)
Poires (a couteau)
.
.
.
Raisins2
.
Moyenne
1948-50
Moyt ne
1951-53
Exportat
19 54
minims de hl )01.CS
8 063
8 SOO
1 055
1 170
6 900
2 250
3 200
9 870
11 340
1 260
1 700
S 900
2 680
3 860
10 355
12 971
1 412
1 720
9 226
2 990
4 330
1951-53
en p our-
1951-53
en p0111' Mv enne Moyenne Moyenne
eentage 1934-38 1948-50 1951-53
de
1934-38
,0
128,4
147.4
133,8
147,0
133 7
132.9
135,3
eentage
194 5
de
1934-38
in illiers de to-nnes
0/
10 645
13 720
1 413
1 735
9 980
2 970
24 500
i 0 11 S
2 469
1 768
277
121
720
148
222
2 250
1 480
2 552
2 060
2 760
2.340
210
130
500
261
127
714
155
170
218
295
150
715
180
290
1
186
103,4
116,5
94,2
105 0
99,2
125.7
98,2
'Monde, non commis la Chine et l'U.R.S.S.
'Raisins de table.
'Estimation.
accroissement du commerce intra-européen et u ne
dimin.ution
TABLEAU C-31. BANANES, ORANGES, POMMES ET RAISINS: EXPORTATIONS MONDIALESI ET PAR REGION'S
très marquée des exportations de
l'Amérique du Nord et, jusqu'en 1953, de eelles de
l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Les exportations de raisins de table des Etats-Unis
d'Amérique du Sud ont augmenté alors que eelles
d'Europe out rejoint le niveau d'avant-guerre
lement en 1954.
A.Ioy-
Moy-
1934-
1918-
enne
enfle
1051-
1938
1050
1953
enne
FIlITITS ET RtaTONS
ni them
Bananes
dont
Amérique du Nord
L'Europe offre aux exportateurs de fruits frais
(sauf pour les bananes) le débouché le plus important, bien que 84 pour cent du volume total
des fruits consommés ,dans les pa.ys de l'OECE
soient d'origine intérieure. Daus les premières années d'après-guerre, les importations européennes
de fruits ont été sévèrement réduites pour économiser les devises étrangères et jusqu'à la fin de
1948 aueune importation n'a été autorisée en Al-
et ..kmérique cen-
trale .
.
.
.
..,kmérique du Sud
Afrique
gressive des échanges ont provoqué une expansion
très marquée du commerce intra-européen et der-
.
.
Argentine et Chili.
Australie et Nouvelle-Zélande .
Raisins
dont
Europe occidentale.
Etats--Unis et Canada
.
.
Argentine et Chili.
Union Sud-Africaine
depuis la guerre, les restrictions à l'importation
ont pratiquement empéehé les Etats-Unis d'ex-
420
429
727
141
130
187
286
1 734
.
dont :
Europe occidentale.
Etats-Unis et. Canada
des principaux fournisseurs du Royaume-Uni mais,
1 620 1 450 1 320
1 261 1 006 1 544
.
POMMCS (à couteau)
nièrement aussi des importations en provenance
d'autres régions, principalement de bananes et
d'oranges. Le tableau C-32 indique le volume des
importations en Europe oecidentale de quelquesuns des principaux fruits.
La situation de la balance des paiements s'étant
encore améliorée, notamment vis-à-vis de la zone
dollar, on peut s'attendre que la concurrence des
Etats-Unis se fasse plus intense, surtout pour les
oranges. AVant-gume, les Etats-Unis étaient l'un
2 760
2 340
Amérique du Sud
-Union Sud-Africa
ne
européenne depuis 1948 et la libéralisation pro-
de tonnes ....
2 469 2 250 2 552
.
Iles Canaries .
154
165
1 768 1 480 2 060
Oranges et mandarines
dont :
Bassin méditerra-
néen
Etats--Unis
lemagne occidentale. Le relèvement de l'économie
1054
150
160
203
307
91
37
330
35
85
113
128
197
720
500
714
715
199
269
417
417
348
12
119
26
102
79
70
70
108
68
90
114
222
170
218
290
165
100
133
131
24
40
58
69
9
6
9
8
16
16
15
..Exportations mondiales, non compris la Oliine et l'U.R.S.S.
... Non disponible
porter au Royaume-Uni. Les pays européens ont,
211
cependant, acheté aux Etats-Unis plus d'oranges
qu'avant la guerre, en partie en raison des subventions versées aux exportateurs américains, ce
qui, avec l'accroissement important des exportations vers le Canada, explique que, dans l'ensemble, les exportations d'oranges des Etats-Unis
aient augmenté. En Europe, la levée des restrictions à l'importation de marchandises provenant
de la zone dollar et l'instauration de la convertibilité auront très probablement pour résultat une
nouvelle augmentation des exportations d'agrumes des Etats-Unis à destination de l'Europe,
me si les subventions à l'exportation, comme
été dit officiellement au cours de la session du
GATT de novembre 1954, devaient étre suppri-
TABLEAU C-32. LIIPORT_ATIONS EN EUROPE OC DEN TALE DES PRINCIPAUX FRUITS PRAIS
Moy-
Moy-
Moy-
19481950
1951-
enne
enne
VIPS
19341938
enne
954
1953
milliers le to nne
Oranges et mandarines
Citrons et limes .
.
.
.
.
Pamplemousses
Total des agrumes
.
Bananes
Pommes (a couteau) .
Poires (à couteau).
1 280 1 148 1 690
198
80
217
1 558 1 380 1 941
2 220
560
325
790
483
1 030
135
152
140
157
190
735
620
125
150
.
Raisins
1 910
184
67
1Vr2
70
110
93
458
mées avec la levée des restrictions A, l'importation
de denrées en provenance de la zone dollar.
Total des principaux
fruits
1 630 1 130 1 565
1 835
Perspectives
TOTAL GENEn
3 188 2 510 3 506
4 055
Les milieux commerciaux estiment généralement qu'au rythme des nouvelles plantations ef-
TABLEAU C-33. artANGEsl. : SUPERFICIE ET PRODUCTION; PRINCIPAUX PAYS PRODUCTEURS
S ii p e
A
PA-s
Moy-
enne
'9341938
fi
1953
Muy-
cline
19481950
1053
milliers (l' hectares
tats-Unis
spagne
F:gypte
daroc français
.
Purquie
Total (7 pays).
.
3résillo
10481950
= 100
Muye/Ille
1934-
Doyenne
1938
1950
1948-
Merenne
19511953
1954
1954
milli(' rs de tonnes
i ml'ees
Avantguerre
= 100
1948195(1
= 100
i nd 'ces
130,7
103,6
2 284
4 299
4 917
5 315
232,7
123,6
78,4
'44,2
115,9
159,5
111,2
119,5
103,5
111,2
117,2
144,7
128,6
1 044
821
504
223
230
224
145
1 147
1 110
106,3
664
395
318
249
216
'111
170,7
114,2
49
633
337
278
266
186
91
349,4
135,3
744,8
317,1
135,2
131,7
107,1
138,3
111,2
149,0
226,5
-133,1
israël
klgérie
Avantguerre
=100
'174,7 '220,4 "228,4
',75,2
[tale
Production
ie
87,2
452,8
47,4
389
525,1
516.6
712,7
710,4
87,5
11,5
26,8
12,8
23,5
'15,0
'34,0
814,0
818,0
179,5
118,1
326,9
240,0
180,6
211,2
248,7
137,7
117,8
2 118
2 196
2 931
3 063
144,6
139,5
99,4
34,0
23,0
78,3
31,0
21,9
19,5
77,2
33,0
25,6
21,0
98,6
1 172
1 211
1 241
1 200
106,5
116,9
107,7
100,0
465
132
380
198
444
208
654
245
172,1
123,7
100
131
121
0100
'30
58
54
060
102,4
140,6
185,6
100,0
200,0
76,3
103,4
11,9
29,8
'346
91
184
29
35
99,1
'7,5
'15,0
815,0
77,7
97,1
111,3
125,0
200,0
.
180,7
165,7
171,8
95,1
103,7
1 899
1 973
2 068
2 259
118,9
114,2
l'0TAL GgiNÉRAL(13 pays)
536,0
597,3
648,9
121,1
108,6
6 301
8 473
9 916 10 637
168,8
125,5
rapon
ITnion Sud-Africainell .
k.ustralie
16,8
famaYque
Total (5 pays).
.
.
"I" commis les mandarines et les clémentines.
"Floride et Californie seulement et non compris les superficies non productrices.
'1931-35.
Plantations d'orangers et plantations mixtes ramenées aux pla,ntations d'orangers.
'Palestine.
'1938 et 1939.
"1938.
'Estimations d'apres le nombre des arbres.
'Estimations.
"Non compris les mandarines.
'Superficie de toutes les plantations d'agru es, en 1936, 1950 et 1952.
212
sensiblement. AlIC1111 indice ne permet encore de
fectuées ces dernières années, la production d'oranges pourrait d'ici quelques années présenter
sérieux problème d'écoulement. Le gouvernement
espagnol a restreint les nouvelles plantations d'orangers depuis 1953 et a préconisé l'adoption par
les autres pays méditerranéens d'une politique
analogue. Aucun autre pays, toutefois, n'a encore
appliqué de mesures restrictives. Le tableau C-33
indique les superficies consacrées aux oranges et
aux mandarines dans les principaux pays productents ainsi que les chiffres de leur production.
Daus les 13 pays figurant dans ce tableau, la superficie, en 1953, était de 21 pour cent supérieure
la moyenne d'avant-guerre et de 9 pour cent
penser que la production de jus d'orange et de
concentrés congelés, qui a permis de résouclre le
problème des excédents d'agrumes en Floride,
prenne une importance comparable en Europe
dans le proche avenir. Si les exportateurs ne peuvent ouvrir de nouveaux marchés ailleurs, les récents investissements affectés aux plantations d'o-
rangers risquent de ne pas étre profitables. Le
problème de la commercialisation des oranges deviendra vraisemblablement l'un des principaux
problèmes de l'industrie fruitière.
RAISINS SECS ET VIN
supérieure à celle de 1948-1950. Comme les orangers
commencent à produire quatre ou cinq ans après
la plantation, les arbres plantés entre 1950 et 1953,
devraient dormer leur première récolte au cours
des années 1955-1958, et Von sait que des planta-
Ces dernières années, les principaux pays producteurs de vin en Europe et en Afrique du Nord
tions considérables ont été faites en 1954. Les
données concernant les Etats-Unis qui figurent au
nementales ont été nécessaires pour écouler les
excédents par distillation et pour ajuster la pro-
tableau ne se rapportent qu'aux superficies en
duction.
ont en à résoudre de sérieux problèmes de commercialisation des vins ordinaires. Des mesures gouver-
production. En 1952, 13 pour cent de la superficie
Bien que ces problèmes d'excédents se soient
totale consacrée aux orangers en Floride n'était
déja posés avant la guerre les annecs où la récolte
était abondante, les superficies consacrées à la
pas encore en production ; maintenant 5 000 hectares environ s'ajoutent chaque année à la superficie en production, ce qui a pour résultat d'accrortre la production armuelle d'au morns 125 000 tonnes. Les rendements ont forteinent augmenté depuis l'avant-guerre. L'on s'attend à ce que la production d'oranges, en 1960, dépasse comme suit
la moyenne de 1951-1953 : 1 300 000 tonnes aux
Etats-Unis, 60 000 tonnes en Espagne, 200 000
vigne se
sont étendues régulièrement dans
la
plupart des pays. C'est seulement en France et en
Algérie que ces superficies sont encore inférieures
la moyenne d'avant-guerre. Après un recul
temporaire pendant la guerre, les rendements
l'hectare augmentent à nouveau, grace A, de
meilleures pratiques culturales et a, la sélection de
variétés résistantes aux maladies. Quatre-vingt
pour cent de la récolte totale de raisins sont
tonnes au Maroc français et 100 000 tonnes en
vinffiés, 12 pour cent vont au marché des raisins
Union Sud-Africaine. Israel, la Grèce, la Turquie
et le Brésil s'attendent également à des accroissements assez importants de production. Il est
peu probable que les importations européennes
continuent à augmenter aussi rapidement qu'en
1953 et en 1954, à moins que les prix ne diminuent
de table et le reste à la production de raisins
secs. On constate une tendance très nette à l'augmentation des ventes de raisins de table, mais, pour
l'ensemble de la viticulture, la production vinicole
restera vraisemblablement le principal débouché.
TABLEAU C-34. PRODUCTION MONDIALE DE VIN
ÉGIONS
Moyenne
1909-13
Moyenne
Moyenne
1924-28
1934-38
3toyiine
1918-52
1953
nullions d'heetolitre
Europe
Afrique du Nord
Autres régions
TOTAL MONDIAL
126,8
151,5
156,2
140,4
165,9
8,4
10,7
20,1
14,9
20,1
10,8
16,8
18,7
30,1
'27,0
146,0
179,0
195,0
185,4
"213,0
Estimation:
213
Les échanges ne représentent qu'un assez faible
pourcentage de la production et, jusqu'en 1954, ce
pourcentage était inférieur h ce qu'il était avant,-
guerre. Le gros de la production est consommé
dans les pays producteurs. La consommation au
cours de ce siècle a tendu à baisser daras les pays
d'avant-guerre. La production de raisins secs
(principalement aux Etats-Unis, en Turquie et en
Australie) est plus élévee, mais le commerce s'est
peu développé sauf aux Etats-Unis et en Grèce.
Les exportations turques ont fortement baissé
depuis 1951, en raison partiellement des subventions américaines et, plus récemment, de la déva-
h forte consommation, mais dans d'autres pays
elle a augmenté. On note, ces dernières années,
une augmentation générale de la consommation
par rapport au faible niveau enregistré à la fin de
la guerre. Dans les pays qui ont des problèmes
luation de la monnaie grecque. La Turquie applique
maintenant elle aussi un régime de subventions
et de prix minimum. La demande de fruits secs
n'a pas suivi la tendance ascendante de la demande
de fruits frais.
d'excédents, on applique généralement des Mesures
visant à restreindre les nouvelles plantations, en
insistant particulièrement sur la qualité, et on
octroie des primes pour la conversion des vignobles
en d'autres cultures ; toutefois, dans beaucoup de
régions montagneuses, auctine autre culture n'assu-
CAFE
Tendances de l'apre's-guerre
rerait un revenu brut suffisant pour faire vivre les
gens qui exploitent actuellement ces petits vignobias. Dans ces régions, un ajustement de la production dépend en grande partie du développement
d'autres industries rurales, là où la chose est possi-
Les dix dernières années ont marque à lid fois
la fin de l'un des longs cycles qui semblent caractériser l'économie mondiale du café et le commence-
ment d'un autre de ces cycles. Depuis 1890, trois
cycles principaux, chacun d'une durée approximative de vingt ans, se sont succédé. Alors que la
consommation augmente progressivement, la production suit un mouvement cyclique qui comporte
d'abord une expansion résultant des prix élevés et
entrainant l'apparition d'excédents puis une chute
des prix ; ensuite une diminution de la production
jusqu'à ce que les stocks soient épuisés et que les
prix recommencent à monter. Le dernier de ces
cycles semble avoir pris fin en 1948-1949. Depuis
1949, les prix élevés ont déclenche une nouvelle
ble.
La production de raisins secs est limitée à un
petit nombre de pays et n'offre ancune solution
au problème des excédents en ce qui concerne
l'ensemble de la vitieulture. Aux Etats-Unis,
cependant, 34 pour cent en- moyenne de la récolte
de 1951-1954 out servi h la production de raisins
secs et 45 pbur cent seulement ont été vinifiés.
Les problémes d'excédents en Californie ont éte
réSolus par l'octroi de subventions fédérales à
l'exportation de raisins secs et le retrait des circuits
phase d'expansion de la production.
Reste
l'évolution des cycles précédents se
reproduira ou si la coopération internationale
commerciaux des excédents de raisins secs.
savoir
Le tableau C-35 indique la production et les
exportations mondiales de raisins secs. La production et l'exportation de raisins de Corinthe
réussira à empécher tout au moins des fluctuations extrémes.
(Grèce, Australie) sont encore inférieures h celles
La situation du café en 1946 était bien cliff&
rente de celles des années antérieures à la guerre.
Par rapport aux années trente, la production mon-
BLEAU C-35. RAISINS SECS ;
PRODUCTION ET
EXPORTATIONS MONDIALES
Moy-
RUBRIQUES
Cline
19341938
Aloy-
Moy-
1945-
19511953
'emie
1.050
matters
enne
11.12eS
diale avait baissé de 20 pour cent et les stocks
précédemment accumulés avaient diminué. Au
Brésil, les superficies plantées et les peuplements
ont été réduits d'environ un quart au cours de cette
période. Ce fléchissement était ciû également en
19511
partie aux très faibles gains réalisés par les iíròducteurs e» terme de pouvoir d'achat. En Indoné-
.
Raisins
Production mondiale.
Exportations mondiales
481
477
554
502
224
236
225
234
180
97
93
82
mation aux Etats-Unis. Un système de contin-
85
gentement appliqué en vertu de l'Inter-American
Coffee Agreement avait permis d'organiser métho-
sie, troisième pays producteur avant la guerre,
les plantations avaient subi de sérieux dommages.
Mais, par ailleurs, les bas prix « réels » et d'autres
facteurs dus h la guerre avaient stimule la consom-
Raisins de Corinthe
Production mondiale.
Exportations mondiales
si
90
55
60
214
TABLEAU C-36. CAFÉ : PRODUCTIO.N, COINIMERCE, STOCKS ET PRIX ; PAR CONTINENTS ET TOTAL MONDIAL
Moyenne
RUBRIQUES
1946
1934-38
1949
1954
(chitrre
provisoires)
1953
milliers de tonnes
Production
Amérique du Nord et Amérique centrale
Amérique du Sud
Asie
Afrique
TOTAL MONDIAL
II.
Expor ations mondiales
328
324
391
403
1 784
1 355
1 475
436
1 594
1 570
155
142
31
226
67
239
110
334
94
335
2 415
1 942
2 175
2 448
2 442
1 650
1 760
2 070
2 090
1 760
805
695
1 286
1 364
1 305
1 070
331
446
581
610
1 613
1 770
1 960
2 007
1 800
1 607
983
646
357
III. Importations nettes
Amérique du Nord et Arnérique centrale
Europe
TOTAL MONDIA.L
IV. Stocks mondiaux
V.
Prix
Prix de gros Santos 4, New-Yor1c2
Prix de gros Santos 4, Nmv-York3
Prix de détail aux Etats-1fnis2 .
Prix de détail aux Etats-irnis3
Cents des Etats-Unis la lb
.
9,5,1
.
.
.
9,7
18,6
.
42,2
J)7 compris l'Océanie.
=Prix réel.
3Prix ajustés prix de gros, d'après l'indice des prix de gros
prix d la consummation, 1947 = 100.
.. Non disponible.
18,5
23,5
34,4
41,2
31,8
32,1
55,4
54,4
58,5
53,4
89,2
78,0
78,3
70,9
110,8
96,3
9 7- 9 = 100: prix de détail, d'après l'indice des
diquement la commercialisation du café pendant
de 70 pour cent du volume total des importations,
les années de guerre, et les prix avaient monté
l'augmentation du revenu national, les changements d'habitudes du consommateur pendant les
années de guerre et les prix relativement bas ont
progressivement. Par rapport au pouvoir d'aehat,
cependant, les prix payés aux proclucteurs n'étaient
certainernent pas supérieurs à ceux des années de
crise
continué à stimuler la consommation. Bien que le
contrôle des prix ait été supprimé en 1946, l'existence de stocks de report importants empêcha une
qui ont precede la guerre. Etant donne
l'augmentation extraordinaire de la consommation
de café aux Etats-Unis, le volume du commerce
mondial a dépassé celui d'avant-guerre bien que les
importations européennes aient diminué de moitié.
ha,usse des prix marquee jusqu'en 1949, on les
derniers stocks gouvernementaux bresiliens furent
liquidés ; cette méme année, les importations
américaines atteignirent leur chiffre record.
L'évolution de la situation mondiale du café
depuis 1946 comporte deux périodes dont les
Les importations européennes, tout en étant
entravées par le rationnement et la pénurie de
tableaux C-36 et C-37 font ressortir les traits saillants.
La période 1946-49 a été caracterisée par une
demande soutenue, qui n'était pas accompagnée
d'un accroissement suffisant de la production, par
dollars, avaient également commence à reprendre
aprés le fléchissement d'après-guerre et toutes les
indications obligeaient à conclure que les prix, qui
s'étaient élevés graduellement au cours des années
précédentes, monteraient encore.
La hausse des prix, particulièrement du café pro-,
duit hors de la zone dollar, commenea à susciter
un ra,pide fléchissement des stocks et par une
hausse des prix. La production totale était encore
sensiblement inférieure au niveau d'avant-guerre
et, dans les regions de- forte consommation, elle
était, par habita,nt, de 23 pour cent moins élevée.
Aux Etats-Unis, qui ont absorloé, en 1946, près
l'intérêt en faveur de nouvelles plantations. En
Afrique, les gouvernements coloniaux commence-
rent à organiser d'actives campagnes pour sti215
TABLEAU C-37. C- AFE : MODIFICATIONS SURVENUES DANS LA PRODUCTION, LE COMMERCE, LES STOCKS ET
LES PRIX, PAR CONTINENTS ET POUR LE MONDE
1919 par rapport
1946
par
rapport
RIJIILIIQUEs
h
nioyenne
1934-38
par
it la
moyenne
1934-38
par rapport
1951
1953
rapport
1946
h.
1949
h
moyenne
1934-38
1949
1916
1953
poureentage
Production
Amérique du Nord et
Amérique centrale
Amérique du Sud
.
Asie
Afrique
TOTAL MONDIAL.
24 17
35
16
12
6
40
203
137
48
40
40
13
1
26
12
1
6
6
4
84
22
37
18
30
33
12
17
35
11
2
12
2
8
10
--- 34
45
21
3
8
80
60
57
69
9
117
5
64
40
-- 20
10
12
25
18
60
52
69
36
10
22
II. Exportations mondiales
12
33
19
1
--
8
1
15
0.4
0.2
15 16
Importations nettes
Amérique du Nord et
Amérique centrale.
Europe
TOTAL MONDIAL.
.
39 60
IV. Stocks rnondiaux .
Prix
Santos 4 - N.Y.,
Santos 4 - N.Y.
Prix de détail
Etats-Unisi
Prix de détail
Etats-Unis2
.
.
aux
.
aux
.
.
.
5
91
96
228
72
37
84
66
' 707
73
281
323
209
146
121
34
33
37
121
61
61
341
992
100
24
2
29
32
43
128
134
77
23
'Prix réel.
'Prix ajusté.
En fait, en 1953, les prix ont de nouveau monté
lorsque les gelées surenues au Brésil ont réduit
les rendements et détruit des millions de jeunes
arbustes, et ce mouvement de hausse s'est accé-
muler des plantations. Quelques-unes fluent faites
également dans les pays producteurs secondaires de
l'Amérique latine. Toutefois, jusqu'aux dernières
années de la période considérée, les nouvelles
plantations ne se firent pas sur une grande échelle
et leur prOduction, qui ne correspond méme pas
l'accroissement demographique, sera par consequent insuffisante pour permettre une augmentation de la consommation.
L'épuisement des stocks, associé h l'augmentation des importations européennes, a été suivi par
une hausse rapide et sans precedent des prix. En
1950, le prix de gros moyen h New-York a monté
de plus de 50 pour cent (Santos X' 1) par rapport
léré en 1954. Aux Etats-Unis, au cours de l'été 1954,
les prix de detail et les prix de gros ont dépasse
respectivement d'environ 400 pour cent et 800
pour cent la moyenne de 1934-38.
Le résultat fut inevitable. La consommation aux
Etats-Unis, qui avait été soutenue par un accrois-
sement sans precedent du revenu par habitant,
s'est effondrée en 1951 et les importations ont
diminué de 19 pour cent par rapport h. l'année
précédente et de 23 pour cent par rapport h 1949.
En Europe, où le pourcentage d'augmentation
des prix de detail avait été beaucoup plus faible
étant donne que les droits à l'importation ont
toujours constitué une part importante des prix
la consommation, les importations et la consomma-
celni de l'année précédente. En prenant 100
comme indice du prix moyen de la période .1934-38,
le Santos No 4. atteignait l'indice 524, et le prix
ajusté 265. Bien qu'aux Etats-Unis la consommation et les importations aient diminué en 1950 par
suite des prix élevés, le jeu de divers facteurs a
empéche une réaction marquee de se produire.
tion ont continué d'augmenter. Mais, méme en
Europe, les prix élévés ont eu des consequences
216
dans.les deux principaux pays producteurs et l'on
de nouveaux accroissements de la
s'attend
production. De plus, les prix h. la production en
1955 sont encore, dans l'ensemble, très rémunérateurs et peuvent continuer à encourager de
nouvelles plantations. Si l'évolution observée au
colas des trois cyeles precedents devait se,répéter,
la production pourrait augmenter considérablement
particulierement fâcheuses sur la con sommation.
Contrairement à ce qui s'est passé pour la plupart
A,
des autres produits, dont la consommation par
habitant a atteint ou dépassé les niveaux d'avantguerre, le volume net des importations de café en
1954, pour l'Europe occidentale, était encore de 4
pour cent inférieur h la moyenne de 1934-38, et
les disponibilités par habitant inférieures de 13
pour cent.
pendant les 5 a 7 procha,ines années alors que
ferait
beaucoup plus progressiyement, méme si les prix
étaient bien inférieurs à ceux de 1955. Les gouFaccroissement de la consommation se
Les consequences h longue échéance de cet
état de choses sont plus importantes encore en
ce qui concerne la production. La stabilité des
prix a encourage la plantation tant en Amérique
latine qu'en Afrique. Au Brésil, une fraction
importante des augmentations de prix a été
vernements de certains pays producteurs prévoient de grands accroissements de production
au cours des proehaines années. Il se petit, par consequent, que l'économie mondiale clu café se
trouve A, nouveau dans une situation trés difficile
si une cooperation internationale effective ne
s'efforce pas de l'éviter.
soustraite aux producteurs par- le jeu des taux de
change multiples et, cependant, méme dans ce
pays, la culture du cafeier est devenue extremement profitable. De vastes superficies ont été
défrichées pour y planter des caféiers et dans les
anciennes plantations, où la productivité était
baisse, on a replante des variétés h haut rendement.
THE
Production
La production de the West accrue lentement et
régulièrement depuis la guerre, parallèlement à la
demande ; les fluctuations de prix, sauf ces deux
dernières années, n'ont pas été très marquees. En
les exportations et les plantations ont été
Situation actuelle et perspectives
La baisse de la consommation et la perspective
d'un accroissement de la production dans l'avenir
immédiat ont provoqué une chute des prix. Pendant le premier semestre de 1955, les prix ont
été de 32 pour cent inférieurs au maximum atteint
l'année précédente. Les prix actuels et cles prix
réglées sur le plan national par les associations
nationales et sur le plan international par le Comité international du the. La demande, au Royaume-Uni, premier pays consommateur, a été soumise au rationnement pendant la plus grande partie de la période d'après-guerre et, dans les autres
pays, la situation a évolué normalement. Le trait
encore plus bas pour le marché à terme occasionneront probablement une reprise de la consommation.
Alais des stocks importants- ont été constitués
r.PABLEAU C-38. PRODUCTION DE THE PAR PRINCIPALES REGIONS ; AVANT-GUERRE ET CERTAINES ANNE' ES
D 'APRES-GUERRE
Variation en poureen-
tage, 1954 par
PAYS OU RÉGIONS
Moyenne
avaut-guerre
1940
1949
rapport A
1954
(provisoires)
1952
l'avantguerre
milliers
Inde
Ceylan
Indonésie
Japon
Total pour l'Asie
Afrique
TOTAL :MONDIAL
.
s
pourcentage
265
140
306
144
27
13
37
57
427
516
590
9
16
17
466
440
535
178
104
75
49
227
456
135
2
21
Non disponible.
217
1916
288
27
62
59
39
130
610
34
43
20
96
189
63
615
639
37
45
165
46
22
68
le plus frappant des dix dernières années a été
taires de l'Accord international sur le thé n'ont
pas utilisé, ces dernières années, les contingents
de plantation et de replantation qui leur étaient
l'augmentation considerable de la consommation
intérieure en Inde.
Cependant, on note des modifications importantes de la structure géographique de la production. A la réouverture des marchés, l'Inde
et Ceylan ont pu compenser la perte des ressources indonésiennes et japonaises. La pro-
alloués. L'élévation des rendements a aide à compenser l'augmentation du coôt de la main-d'ceuvre
et des autres coins de production.
duction indonésienne est encore inférieure d'environ
40 pour cent à ce qu'elle était avant la guerre, mais,
Consontmation
au Japon, les niveaux d'avant-guerre ont été atteints des 1952. Par suite des augmentations
Des disponibilités suffisantes et des prix relativement bas, ajoutés au fait que le thé est un produit sterling, ont permis d'assouplir ou de supprimer rapidement le rationnement et les contrôles
l'importation. Au Royaume-Uni, si le rationne-
considérables de production en Incle, h., Ceylan et
en Afrique, la production mondiale en 1954 a dépassé de 35 pour cent celle d'avant-guerre. C'est
en Afrique que l'on observe le pourcentage
d'augmentation le plus élevé (près de 200 pour cent
au-dessus du niveau de 1934-1938). L'expansion
ment n'a été supprimé qu'en 1952, les rations
étaient généreuses et la consomrnation par habitant n'était que légèrement inférieure à celle
de la production se poursuivra, en particulier h
Ceylan et en Afrique, si la demande continue
d'avant-guerre. Cependant, la levée du rationnement
qui a coincide avec la hausse des prix du café et
avec une politique active de commercialisation
du thé a fini par influer sur la consommation et,
augmenter.
Sauf en Afrique, on la superficie consacrée
culture du thé s'est étendue, Faccroissement de
la production après la guerre a résulté presque
entièrement de rendements plus élevés obtenus
grhce b., des methodes culturales améliorées et h
en 1954, le niveau de consommation d'avant-guer-
re, qui était de 4,20 kg se trouvait dépassé. La
consommation a également augmenté dans les
autres pays du Commonwealth, de méme qu'en
l'emploi de variétés A, plus haut rendement. On a
replanté considérablement, mais les pays signa-
Afrique, en Europe septentrionale et en Amérique
du Nord.
TABLEAU C-39. Mt; : COMMERCE INTERNATIONAL, CONSUMMATION INTERIEURE DES PAYS PRODUCTEURS ET
PRIX ; AVANT-GUERRE ET CERTAINES ANNÉES D'APRÈS-GUERRE
Variation en pourAvantguerre
RuBRIQUES
centage, 1954 par
1946
1949
1952
1954
l'avantguerre
milliers de tonnes marigues
Exportations mondiales nettes .
Importations mondiales nettes
Importations nettes chi Royaume-Uni.
Importations nettes de l'Amérique du
Nord et de l'Amérique centrale . .
416
440
430
211
42
62
42
120
122
404
387
194
308
310
160
441
55
38
60
.
Consommation intérieure des pays producteurs
110
.
.
Importations nettes des Etats-Unis
.
rapport
1940
poureentage
17
53
21
51
215
472
467
232
20
45
63
72
49
52
31
37
20
24
170
54
42
25,2
31,1
52,9
47,0
377
282
85
63
36,1
24,7
63,6
46,1
361
14
Prix en pence par lb
Prix
Calcutta
Thé d'exportation
Colombo - tous les thés
Londres
Tous les thés
Prix réels"
11,1
12,3
'28,6
'28,8
34,9
34,7
13,6
40,6
g3rix de 1947.
=Prix d Londres, ajustés d'après l'indice Sauerbeck-Statist, 1948
... Non disponible.
218
100.
TABLEAU C-40. THA : PRIX DU TIIÉ, DU CAFÉ ET
Toutefois, le pourcentage d'augmentation le plus
DU CACAO; VALEUR UNITAIRE A L'IMPORTATION
élevé a été note dan § certains pays producteurs,
notamment en Inde, où il est probablement en
rapport avec l'augmentation du revenu national.
Bien qu'en Inde, les quantités de thé retenues pour
la consommation intérieure en 1954 se soient éle-
Valeur
unitai-
Thé
re des
ANxÉEs
vées h plus de 80 000 tonnes, contre 68 000 tonnes
en 1911-46, et 41 000 tonnes en 1937-39 pour
l'Inde et le Pakistan, on estime que la consommation
globale des pays producteurs a augmenté de plus
de 50 pour cent depuis l'avant-guerre.
Londres
Cal-
Café
cutta
imporCacao tations
du
Royaume- L'n
.
Moyenne 1925-29.
133
128
1930-32.
92
72
1948 ..
1949 ..
1950 ..
Echanges
1951
1952
1953
1954
Le commerce international qui, en 1946, était
tombé d'environ 22 pour cent au-dessous de celui
d'avant-guerre, a effectué une reprise rapide. En
1954, le commerce net dépassait d'environ 20 pour
cent celui de 1934-38 et de 50 pour cent celui de
1946. Toutefois, le pourcentage de la production
exportée a été régulièrement inférieur à celui
d'avant-guerre, etant donne l'augmentation de la
consommation dans les pays producteurs. On a
également observe un ralentissement du commerce
d'entrepôt aux Pays-Bas et au Royaume-Uni et
une augmentation des achats des pays consommateurs aux enchères de Calcutta et de Colombo
Grace en grande partie aux contrôles opérés par
le Comité international du thé, les prix du the ont
moyenne 1933-38
...
...
327
273
326
474
270
319
338
300
230
326
482
100
228
114
207
102
148
104
279
688
371
553
614
614
640
997
322
326
370
493
478
422
415
331
530
565
564
609
815
Londres, tous types de the, en pence la lb. Calcutta,
thé d'exportation, en pies la lb.; café Santos 4, 'New-York,
en cents la lb.; cacao, Spot Accra, New-York en cents la lb.
... Non disponible.
pas plus 'élevés qu'avant-guerre et ils ont probablement été constamment plus bas jusqu'en 1954,
du fait de l'augmentation d'un certain nombre
d'indices généraux : valetas unitaires h l'importation, coats de la main-d'ceuvre, indices du cad de
la vie dans les pays producteurs, prix du riz, etc.
Ces facteurs, en male temps que l'élévation du
revenu, sont probablement responsables de Fangmentation de la consommation en lude et dans
un certain nombre d'autres pays à faible revenu.
Au Royaume-Uni également, la moyenne des prix
reels aux enchères de Londres a été sensiblement
inférieure en 1951-53 h celle d'avant-guerre et,
en 1954, elle n'était que de 14 pour cent supérieure
été relativement stables pendant la période 1933-38,
alors que ceux du café et du cacao ont baissé.
Après la guerre, la hausse des prix a été moins
marquée pour le the que pour le café et le cacao.
Les prix courants nominaux (Calcutta prix d'exportation) ont été, pendant la période 1948-52 de .190
au prix reel de 1934-38.
pour cent plus élevés que pendaut les dernières
années qui ont précédé la guerre, tandis que pour
le café et le cacao, les prix étaient montés de 350
470 pour cent. En 1952, une récoltes indienne
exceptionnellement abondante en méme temps
que le maintien, pendant la majeure partie de
Pannée, du rationnement au Royaume-Uni, et
Perspectives
L'évolution de la situation sera en majeure
partie déterminée par des considerations d'ordre
économique. D'une part, il ne fait aucun doute
que la production dans les principaux pays d'Extréme-Orient et en AfriqUe pourrait etre encore,
accrue, sans augmentatien des superficies, en replantant avec des variétés à plus haut rendement,
en appliquant des fumures plus abondantes, et en
l'existence de vastes stocks, ont provoqué une chute
brusque et temporaire des prix clu thé indien. Toutefois, l'année suivante, des conditions atmosphériques defavorables et une restriction de la produc-
tion par les producteurs de l'Inde septentrionale
ont provoqué une hausse des prix qui s'est accélérée en 1954. En janvier 1955, les prix h
luttant plus efficacement contre les ennemis des végétaux. Il n'y a aucune Faison d'envisager un ren-
versom3nt des tendances actuelles de la consomrnation soit au Royaume-Uni, soit dans les pays
producteurs. D'autre part, le regime actuel des
iinpôts et les charges financières resultant de la
récente législation du travail ont élevé considérablement les cofits de production. Les producteurs
Londres étaient en moyenne supérietirs de 72 pour
cent et 154 pour cent h ceux de la fin de 1953 et
de la fin de 1952 respectivement. 'Par la suite, une
reaction violente est intervenue et en avul les prix
étaient retombés à leur niveati de la mi-1954.
Toutefois, en valeur réelle, les prix du the n'étaient,
219
essaieront sans nul doute de maintenir des niveaux
de prix rémunérateurs en ajustant la production sur
la demande courante, au besoin en limitant volon-
pendant la guerre ainsi que d'autres facteurs économiques, notamment la hausse des prix d'autres
denrées alimentaires out amené une modification
de la répartition de la production. A ces facteurs
s'en sont ajoutés d'autres, de caractère agronomique, tels que le vieillissemein, des arbustes, l'accroissement des dégats causés par les ennemis et
les maladies du cacaoyer (en particulier la diffusion d'une nouvelle virose) et la -rarefaction des
bons terrains 6, vocation forestière. La production
mondiale a marqué une reprise après 1948, mais
tairement les superficies cultivées. Pour l'année
en cours, les premiers rapports sur les récoltes
signalent une certaine augmentation de la production 6 Ceylan et en lude méridionale ; mais lorsque
les gros stocks actuels du Royaume-Uni auront
été écoulés, les prix devraient montrer une plus
grande stabilité que l'année dernière, tout en restaut inférieurs à la moyenne de 1954.
uniquement en raison de l'augmentation de la
production de l'Amérique latine, la production
CACAO
africaine ayant continué die baisser par rapport
la période 1934-38, tant en valeur relative qu'en
valeur absolue. Alors que la production s'est élevée
dans les territoires frainais et belge, elle a diminué
régulierement dans les deux principaux pays
producteurs, la Côte de l'Or et la Nigeria. La moyenne des cinq années 1948-52 a été inférieure
celle des cinq années d'avant-guerre, et la tendance
s'est poursuivie pendant ces deux dernières années oil la production a été de 16 pour cent inférieure à celle de 1948-52. Dans aucune des années
qui ont suivi la guerre, la Côte de l'Or ne s'est rapprochée de sa production maxima, d'avant-guerre
qui avait été de 305 000 tonnes.
Des facteurs d'ordre économique, social et agronomique expliquent la différence de tendance de
la production- depuis 1940 en Amérique latine et
en Afrique. En Amérique latine, les prix élevés
ont favorisé te développement des plantations de
Tendances de l'après-guerre
Le cacao et le café sont les deux seuls produits
agricoles dont les disponibilités soient restées peu
abondantes pendant les dix dernières années. .Alors
que les disponibilités de café devraient augmenter
au cours des quelques prochaines années, il est
probable que la pénurie mondiale de cacao durera
encore de nombreuses années. Par rapport A, la
population des dix pays qui sont les plus grands
consommateurs de cacao, les disponibilités rnon-
diales au cours de ces dernières années ont été
inférieures de onze pour cent la moyenne, de
A,
1934-38.
Pendant les 40 années de grande expansion de
la production qui ont pris fin au début de la deuxième guerre mondiale, la product;on mondiale
de cacao est passée de 100 000 66 740 000 tonnes.
Au cours de la période 1939-49 la production
cacao et Faccroissement de la production qui,
mondiale moyenne a été de 13 pour cent inférieure
celle des cinq années d'avant-guerre. La désorganisation de la marine marchande, la disparition
hésitant 9U début, s'est accéléré lorsque les plan-
teurs ont commencé à s'apercevoir que les prix
élevés du cacao n'étaient pas un phénomène passager. Des plantations abandonnées ont été re
mises en eulture et de sensibles efforts ont été
du marché européen, les prix très bas du cacao
la production, la demande de maiii-d'ceuvre
TABLEAU C-41. CACAO; PRODUCTION PAR CONTINENTS ; MOYENNE D'AVANT-GUERRE ET 1946/47 à 1954/55
Moyenhe
1934/35-
REGIONS
946/47
1947/48
1948/49
1938)11)
1949/50
1950/51
1951/52
952/53
1953/54
1954/55
(chiffres
provisoires)
milliers de tonnes
Arnérique dtt Nord et
Amérique eentrale.
59
200
65
Amérique du Sud
65
179
Afrique
Oeéanie
6
3
3
495
408
3
4
398
4
748
674
626
Asie
TOTAL MONDIAL
.
156
4
516
65
219
4
486
65
202
4
518
62
168
4
461
76
161
5
517
4
3
3
4
762
777
793
699
60
178
220
69
188
75
229
6
6
476
472
4
4
4
763
743
786
TABLEAU C-42. CACAO : INDICES DE LA PRODUCTION DE CERTAINS CONTINENTS ;
1946/47
111tGiONS
1947/48
1948/49
1949/50
1950/51
moyenne 1934-38
Arnérique du .Nord et
Amérique centrale.
112
Asie
50
82
Afrique
Océanie
TOTAL MONDIAL
.
92
99
100
87
50
91
Amérique du Sud
133
133
67
104
103
90
84
102
80
1951/52
1946/47
1952/53
1954/55
1953/54
1954/55
(chifires
provisoires)
100
133
106
105
100
96
133
115
128
100
95
133
102
99
105
100
122
67
98
100
100
113
95
67
105
100
67
93
133
104
104
106
93
94
117
90
83
déployés en vue d'améliorer les méthodes culturales et de lutter contre les maladies. En Afrique,
ceux que les cultivateurs auraient re9u sur un
marché libre. Il peut étre intéressant de noter
la culture du cacaoyer, qui se trouve entre les
mains de petits planteurs, a dû faire face des
que dans les territoires franyais d'Afrique, oil la
concurrence a été rétablie dès que cela fut possible, la production a augmenté par rapport 6, lavant-guerre, bien que les problèrnes agricoles (h
l'exception de la maladie « swollen shoot'») aient
été analogues A, ceux de la Côte de l'Or et de la
h.,
problèmes de plus en- plus difficiles qui grèvent
lourdement leurs ressources. La pénurie de zones A,
vocation forestière, l'augmentation de Pincidence des
parasites et des maladies, un pourcentage croissant
de vieux arbustes dont la productivité est en déclin
Nigeria.
ont concouru à faire baisser la production. 11 est
probable que ces difficultés ont été aggravées par
la faiblesse des gains. Pendant les années de guerre, et jusqu'en 1948, les prix « reels » re9us par les
cultivateurs ont été encore inférieurs à ceux de
La diminution des disponibilités par habitant,
survenant à une époque de revenus croissant rapidement, a inévitablement été suivie d'une importante hausse des prix.
En 'make de consommation, l'événement mar-
la période désastreuse de 1934-38. Bien que, depuis
'ors, les prix à la production se soient grandement
arnéliorés, les agents du monopole d'Etat ont ache-
quant des dernières années a été la reprise et
Paccroissement de la demande européenne. La part
de l'Europe dans les importations mondiales de
té le cacao à des prix sensiblement inférieurs
fèves de cacao a regulièrement augmente, passant
d'environ 40 pour cent dans les années qui ont
immédiatement suivi la guerre, h 51 pour cent en
1952, puis b., 55 pour cent en 1953 et à 58 pour
TABLEAU C-43. CACAO: PRIX COURANTS ET PRIX
AJUSTES ATJX ETATS-UNIS ET AU ROYAU
;
cent en 1954. Méme en 1948 les importations nettes
de fèves et de produits du cacao (en equivalent de
1946-54
Prix courant
ANxtEs
fèves de cacao) ne représentaient que les deux tiers de la moyenne d'avant-guerre. D'autre part,
les Etats-Unis, qui absorbaient 42 pour cent des
disponibilités mondiales immédiatement après la
guerre (contre 37 pour cent avant guerre), ont
réduit sévèrement leurs importations bien que le
Royaume-Uni
Etats-linis
Prix
Prix
Prix ajusté courant!
ajusté
I
Valeur Valeur Valeur
Valeur
unitai- unitai- unitaiunitaire 'a
re a re it
re b.
Spot
l'im- PintAccra l'im- Accra
porta- porta- portaportation
tion
tion
tion
Spot
moucane 1934-38
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
'Ajusté
190
574
654
352
526
584
584
608
948
176
672
643
367
470
602
578
548
906
127
313
329
187
268
267
275
922
452
416
683
476
691
962
879
828
87
210
303
201
256
293
260
246
434 1 942
367
119
260
325
196
241
277
275
265
revenu par habitant ait augmenté plus qu'eri Euro-
pe. En 1954, les importations américaines n'ont
représenté probablement que 32 pour cent des
importations mondiales et les échanges des cinq
100
158
premiers mois de 1955 indiquent que, cette année,
la reparation en pourcentages des importations
restera la môme qu'en 1954.
Depuis 1950, la tendance de la reparation des
importations est sensiblement différente de celle
observée en 1900-1939, période au cours de laquelle les importations des Etats-Unis se sont ac-
rès les indices des prix de gros.
221
C-44. CACAO : IMPORTATIONS NETTES PAR CONTINENTS ; 1946-54
A
1946
13,Bc;IoNs
1948
1947
1949
1950
moyenne 1934-38
Europe
Amérique du Nord et
Aniérique centrale.
Arnérique du Sud
Asie
Afrique
Océanie
U.R.S.S.
TOTAL MONDIAL
1951
1952
1953
100
73
70
69
91
110
96
87
105
118
190
Ill
105
120
75
117
120
125
113
150
75
350
150
200
125
188
99
160
125
150
112
150
250
200
125
103
160
100
300
100
188
250
100
170
225
200
112
250
87
104
113
101
96
107
150
100
50
400
400
162
62
188
65
94
89
1954
(chiffres
provisoires)
107
90
170
125
250
150
250
104
ernes plus rapidement que celles de l'Europe, s'élevant de 20 000 tonnes à 242 000 tonnes (19 et 37
pour cent respectivement des disponibilités mon-
de 17 pour cent inférieurc
cello de 1934-1938.
Une baisse des prix résultant d'un important ac-
diales), tandis que celles de l'Europe passaiént
de 82 000 à 365 000 tonnes (77 et 56 pour cent
ou plus renverserait cette tendance et ouvrirait de
nouveaux et vastes marchés aux produits à base
de cacao. Les perspectives d'ordre économique
sont done favorables
à condition que les recherches relatives aux produits de remplacement synthétiques, qui ont été énormément stimulées ces
clernières années par les prix élevés du cacao, ne
soient pas plus fructueuses que jusqu'ici et à condition également que la production aug-mente pro-
croissement des clisponibilités pendant deux années
respectivement des disponibilités mondiales). :Wine par habitant, Faccroissement au emirs de ces
années de forte immigration aux Etats-Unis,
été plus marqué que dans aucun autre pays, le
Royaume-Uni excepté. Et méme l'augmentation
réelle de la consommation a été probablement
plus élevée aux Etats-Unis qu'au Royaume-Uni
étant donné que dans les années qui ont immé-
gressivement pour permettre à la fabrication, à
la distribution et à la consommation de s'adapter
à un accroissement des disponibilités. Du point
diatement précédé la guerre ce dernier pays avait
constitué des stocks importants.
de vue éconorrique, les perspectives semblent effectivement plus favorables pour le cacao que pour
TABLEAU C-45. CACAO : DISPONrIBILITES PAR, HABL
TA-NT AUX ETATS-UNIS, EN FRANCE, EN ALLEMAGNE
ET AU ROYAITME-UNI
n'importe quel autre produit agricole important.
L'étude des rapports A., long terme entre la consom-
Etats-
ANNÉES
Unis
France
Alleniagne
mation, les prix et le revenu fait ressortir qu'en
1960 la consommation mondiale sera supérieure
Royau-
de 150 000 tonnes à la production de ces dernières
années, soit 20 pour cent, à un prix « réel » de 25
cents la livre (prix nominal courant: 28 cents). Un
tel prix serait rémunérateur pour les producteurs
gra) vines
1909
moyenne 1924-28
moyenne 1934-38
1954 (chiffres provisoires) .
.
680
610
690
580
1 470
990
I 130
1 280
1 880
1 000
1 230
1 870
1 560
1 000
'1 530
22 780
et fournirait aux pays pouvant développer leur
production de cacao les devises étrangères dont
ils ont le plus grand besoin.
,Alleinagne oceidentale seulement.
'Cltiffre ajusté pour tenir eompte des variations estimées
des stocks.
TABAC
Production et consommation
Perspectives
La production mondiale de tabac a été fortement influencée par l'accroissement constant de
Pour diverses raisons, les prix élevés ont influé
davantage sur la consommation américaine que
sur la consommation européenne et, en 1954, la
consommation par habitant aux Etats-Unis a été
la demande au cours du -XXème siècle, et en par-
ticulier par l'augmentation extraordinaire de la
consommation de cigarettes. Les deux guerres
222
disposait de grandes quantités de tabac en feuilles
et, dans les pays où les disponibilités étaient
faibles, il y a eu après la guerre une rapide augmentation de la eonsommation. Dans les pays où
les femmes ou la jeunesse ont pris l'habitude de
La consommation de tabac pour cigares a accuse un fléchissement ces dix dernières années;
d'autre part, les disponibilités de ce type de tabac
ont été tres faibles après la guerre. Cependant,
dans les pays où le niveau du revenu est élevé, la
demande semble s'ètre maintenue ces dernières
années. La demande pour les types plus foncés
fumer, l'augmentation de la consommation par
habitant est plus accusée, en particulier en ce qui
employes comme tabac A, pipe, A, chiquer ou à priser s'est amenuisée ces 20 ou 30 dernières années.
concerne les cigarettes. En effet, celles-ci ont gagné la faveur du public dans de nornbreux pays
oè, avant la deuxième guerre mondiale, la majorite des fumeurs preférait le cigare ou la pipe. La
consommation de cigarettes augmente encore dans
presque tous les pays, sauf aux Etats-Unis on elle
a légèrement fléchi depuis le niveau record atteint
en 1952, en raison surtout de la campagne sur les
effets nocifs qu'occasionne l'abus des cigarettes.
La preference des consommateurs a généralement
Il y a une correlation étroitc entre le revenu reel
et la consommation de tabac par habitant. C'est
pourquoi, le niveau élevé de l'emploi et l'augmentation du revenu reel ont stimulé la consomma-
mondiales ont merle un accroissement marque
de la consommation dans tous les pays oit l'on
tion.
La production mondiale de tabac en 1950-54
a dépasse de plus de 20 pour cent le niveau d'avant-guerre (voir tableau C-46). Avant la guerre,
le flue-cured, le Burley et le tabac d'Orient représentaient 20, 5 et 8 pour cent respectivement de
la production totale ; ces pourcentages sont de
32, 8 et 8 pour cent, par rapport A, la moyenne de
la production en 1953 et 1954. La production de
tabacs bruns air-cured et fire-cured a diminué.
L'augmentation rapide de la production de ta-
stimulé la demande de tabac A, cigarette claire,
tel que le flue-cured (bright Virginia), souvent
mélange au tabac Burley et au tabac d'Orient.
Les cigarettes faites uniquement de tabac (1'0rient avaient la preference avant la guerre dans
bac flue-cured résulte de l'accroissement de la con-
de nombreux pays europeens. Dans les premières
années d'après-guerre, la demande de tabac d'Orient a diminué, mais elle augmente A, nouveau
et on l'emploie de plus en plus, mélange à d'autres
types de tabac.
sommation de cigarettes, en particulier des types
« straight Virginia » et « blended ». Les rendements
moyens à l'hectare, aux Etats-Unis ont augmenté
régulièrement et sont passes de 960 kg en 1934-38
TABLEAU C-46. TABAC : PRODUCTION- ET ECHANGES MONDIAUX
Moyenne
1934-38
RUBRIQUES
Moyenne
1946-48
milliers
Production totale (poids à la production)
dont :
flue-cured
Taba:c d'Orient
autres types
Exportations totales (poids sec)
dont
Principaux exportateurs de
flue-curedl
tabac d'Orientl
feuilles à cigarel
Autres pays
Importations totales (poids sec)
dont :
Europe occidentale
Etats-Unis
Asie
.
Moyeune
1949-51
Moyenne
1952-54
&MACS
2 715
3 095
3 155
3 360
560
204
1 951
841
934
269
1 065
246
2 008
1 952
2 019
540
527
234
112
322
304
114
86
121
118
314
96
86
76
31
61
92
70
550
490
550
550
2370
302
30
80
39
41
364
43
47
362
47
52
,Tous types de tabae, en feuilles.
2Y eompris l'Allemagne d'avant-guerre.
223
276
587
1 425 kg. en 1950-54. Les restrictions h la superficie cultivée imposées aux Eats-Unis en application du programme de soutien des prix et adop-
tees des le début des années trente, ont incite
GRAPHIQUE C-8.
Exportations mondiales de
tabac en feuilles
(Milliers de tonnes)
les planteurs à obtenir les meilleurs rendements
possibles. Les rendements ont également augmen-
te dans d'autres pays. La production américaine
de flue-cured a presque double par rapport à 193438. Les prix relativement élevés et stables du tabae
américain ont encourage d'autres pays cultiver
du tabac, en particulier du type flue-cured ; le
Canada, la Rhodésie du Sud et l'Inde ont ensemble quadruple; leur production par rapport h l'avant-guerre et font maintenant figure de concurrents importants sur le marché international. La
production brésilienne de tabac fine-cured est également 4 à 5 fois celle d'avant-guerre. L'application de droits préférentiels l'importation par le
Royaume-Uni, le plus grand importateur du monde, a eu également un effet stimulant sur la production des pays du CommonWealth dans les années trente, et la pénurie de dollars pendant les
années qui out suivi la guerre a donne un nouvel
élan an développement de la production dans les
pays à monnaie faible. La culture du tabac s'est
étendue sensiblement dans le sud et dans l'ouest
1934-38
moyenne
1946-48
moyenne
1949-51
moyenne
1952-54
moyenne
Etats-Unis d'Amérique
Autres principaux exportateurs de tabac flue-cured
pour cigarette
Principaux exportateurs de tabac d'Orient pour
cigarette
Principaux exportateurs de feuilles de tabac b cigare
de l'Europe et certains des marches des EtatsUnis, sur lesquels se vend le tabac flue-cured en
feuilles, comme les Philippines et l'Indonésie, font
de grands efforts pour développer leur propre pro-
Autres pays
duction de ce type.
Parini les productenrs de tabacs d'Orient,
Grèce a souffert de la guerre et de la guerre civile
38 et en 1950-54, les Etats-Unis ont exporté en
moyenne respectivement 147 400 et 176 900 tonnes
de ce type. Les exportations de flue-cured du Cacles Rhodésies et de l'Inde sont ensemble
passées de 22 000 tonnes (moyenne d'avant-guerre)
à: 90 000 tonnes (moyenne de 1950-54). Les expor,
tations grecques de feuilles de tabac d'Orient ont
dépassé, en 1953 et en 1954, la moyenne de 193438, mais la Turquie a exporté deux fois plus qu'avant la guerre, par suite notamment de l'accrois-
et sa production n'a rejoint le niveau d'av9ntguerre qu'en 1950 ; elle est maintenant d'environ
10 pour cent supérieure à, ce niveau, tandis que
la Turquie a augmenté sa production d'environ
80 pour cent par rapport h la moyenne de 1934-38.
La Yougoslavie a également augmenté fortement
sa production, alors que la Bulgarie et la Roumanie
avaient supprimé, après la guerre, toutes leurs
sement de ses exportations vers les Etats-Unis.
Les exportations de feuilles de tabac à cigare,
exportations vers l'Europe occidentale.
La production de feuilles de tabac à cigare en
Indonesie, aux Philippines et au Brésil a diminué
principalement d'Indonésie, ont fléchi.
Les importations mondiales de tabac, d'après
la moyenne des six dernières années, ont égalé
en raison du coat élevé de la main-d'oeuvre et
du remplacement de cette culture par d'autres
types, notamment le tabac à cigarettes, de sorte
que la production de feuilles- de -tabac à cigare
d'avant-guerre ; la consommation totale
ayant augmenté, cela signifie qu'on a atteint un
celles
reste encore au-dessous du niveau d'avant-guerre.
niveau plus élevé d'autarcie, en particulier en Asie,
oil les importations ont diminué depuis la guerre.
Echanges et prix
La Chine constituait avant-guerre un important
débouché pour le tabac américain.
Les fluctuations de prix des tabacs- à cigarette
flue-cured et d'Orient ont suivi des courbes très
différentes. Le gra,phique Q-9 indique la valeur
La structure du commerce reflete les modifications de la production. Les exportateurs de tabac
flue-cured ont développé leurs marches. En 1934224
Valeurs unitaires des exportations de tabac en feuilles
GRAPHIQUE C-9.
;
1946-1954
SE.U. le kg.
2.50
2.40
2.30
2 20
2.10
2.00
1.90
1.80
1.70
1.60
1.50
1.40
1.30
1.20
1.10
1.00
1946
1947
1948
1=16==.712211
Gr6ce
914=811 e @MEMO
Turquie
1949
1950
1952
1951
1953
1954
Rhodésie du Sud (flue-cured)
IncOMMieral 1101111...ri
E.U. (flue-cured).
unitaire des exportations de tabacs d'Orient et
vantage aussi les autres tabacs depuis la dévaluation de la livre sterling, en 1949. La valeur unitaire
des exportations des Etats-Unis indique une légère
de flue-cured pour les années 1946-54, exprimée
en dollars des Etf.,,ts-Unis.
tendance à la hausse depuis la deuxieme guerre
Le tabac d'Orient qui, avant la guerre, était
plus coté que le flue-cured a grandement amélioré
sa position compétitive grAce A, une forte baisse
mondiale.
Perspectives
de son prix en dollars des Etats-Unis, à laquelle
a contribué la dévaluation des monnaies grecque
et turque. Le tabac de Rhodésie concurrence da-
Malgré le contròle considérable qui s'exerce
sur les plantations de tabac, des stocks se sont
TABLEAU C-47. VALEURS UNITAIRES DES EXPORTATIONS DE TABAC EN PEUILLES ; 1946-54
1946
RUBRIQUES
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1951
195.1
doliars des Etats-Unis par kg.
Tabac d'Orient
Grèce
Turquie
Flue-cured
Etats-Unis . .
Rhodésie du Sud
.
.
2.28
1,79
2,17
1,53
1.97
1,28
1,59
1,16
1,44
1,16
1,24
1,15
1,25
1,08
1,08
1,18
1,18
1,34
1,24
1,39
1,21
1,45
1,13
1,47
1,13
1,06
1,18
1,19
1,42
1,24
1,39
1,32
1,48
1,35
1.52
1,29
225
TAI3LEATT C-48. STOCKS DE TA13AC EN FEITILLES ET LELTR ECOULEMENT AUX ETATS-UNIS E'T AL1 CANADA
Stock de report en début
de Cain pagne
111713RIQ UES
1952/ 9,
Exporta-
tions
Production 1954/1955
1954/1955 (estima953/1954 1954/1955
tion)
'minters de to 1111
Etats-Unis
Tous types
dont
fine-cured
Burley
flue-cured
Burley
stock de
report au
mation
début de
intérieure la cam1954/55
pagne
(estima- 195511956
don)
(estimation)
s, poids è la production
1 544
1 658
1 706
998
244
680
1 780
785
481
840
528
869
543
602
302
205
16
354
225
910
604
Canada
Tous types
dont
Consom-
SO
82j
79
83
18
46
98
64
69J
69
78
17
41
89
9
6
4
2
2
3
'Pour les Etats-Unis: stocks de feuilles -de flue-eured au ler juillet; stocks d'autres types au ler octobre. Pour le Ca-
nada : au ler octobre.
accumulés ces dernières années dans les pays expor-
Unis, dont une partie considerable avait été stec-
tateurs, principaIement aux Etats-Unis, au Canada, à Cuba et en Inde. Les stocks de tabacs d'Orient, encombrants pendant quelques années, ont
pratiquement tous été écoulés. Le tableau C-48
donne l'estimation des stocks aux Etats-Unis et
au Canada au début de la campagne 1955-56 et
les chiffres des stocks effectifs au début des trois
campagnes précédentes. On s'attend à ce que les
stocks des Etats-Unis augmentent h nouveau au
cours de la campagne 1954/55, malgré l'aide qu'apportent h l'exportation les ventes effectuées contre
paiement en monnaie étrangère. Les stocks canadiens pourront également s'a.ccroitre en raison de
kee. Dans toutes les autres principales regions
cotonnières, la production est restée bien inférieure
au volume d'avant-guerre ; on a enregistré par
contre une augmentation importante des récoltes
dans les regions oil; avant la guerre, cette production était très secondaire.
Les chic' dernières années ont marque une nouvelle augmentation de la production mondiale,
avec une modification considerable de sa répartition géographique. En dehors des Etats-Unis,
la production a augmenté dans toutes les régions,
mais eette augmentation été assez faible en ce
qui concerne les principaux pays producteurs qui
participent au commerce mondial du coton: Egypte, Brésil, Pakistan et Inde. Au contraire, l'augmentation a été 'tres marquee pour les récoltes de
l'Union soviétique et de la Chine et encore plus
pour celles des producteurs les moins importants.
la production record de 1954. Aux Etats-Unis,
les superficies consacrées aux tabacs fine-cured et
Burley ont encore été réduites en 1955 pour équilibrer l'offre et la demande, et Pon prévoit que le
marché du tabac restera stable en 1955/56. Les
producteurs américains de flue-cured sont d'avis
En fai.t, l'augmentation de IS pour cent de la
qu'au cours des prochaines années, la concurrence
s'intensifiera tant en ce qui concerne les prix que
la qualité et qu'il faudra s'efforcer plus que jamais
de réduire les corns de production.
production en 1954/55 par rapport au volume d'avant-guerre était presque entièrement due h ces
deux derniers groupes de pays.
Depuis la fin de la guerre, les prix du coton
Wont pu qu'en encourager la production. Le niveau
des prix de soutien pratiqués aux Etats-Unis
COTON
servi de niveau minimum aux prix mondiaux clu
coton. Les prix ont toutefois dépassé les prix de
soutien pendant des périodes assez longues et parfois avec une marge considerable. D'autre part,
un des facteurs les plus marquants qui aient agi
sur les coats de production depuis la guerre est
la forte tendance h l'augmentation des rendements.
Depuis quelques années, avec une superficie récol-
Productiorz
La reprise de la production mondiale de coton
après la guerre a été lente et mal equilibrée. Le
volume moyen d'ava.nt-guerre n'a été atteint de
nouveau qu'en 1949/50, et presque uniquement
en raison de l'augmentation des recoltes aux Etats226
relativement peu depuis la fin de la guerre ; il en
TABLEAU C-49. PRODUCTION DE COTON ; MOYENNE
D'AVANT-GUERRE ET 1945 h 1954
CAMPAGNE
COMMENÇANT
LE 1Cr AO'C'T
E tuts-
itnis
les engrais disponibles pour la culture du cotonnier afin de favoriser l'extension des cultures vi-
Total
vrières rendue nécessaire par l'aocroissement rapide
de la population. Au Brésil, d'autres cultures,
millions de tonnes
Moyenne 1934-38
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
Autres A.utres
princi- pays
paux produet
U.R.S.S. produ- eteurs
eteurs
Chine
a été de méme au Brésil. En même temps, ces
trois gouvernements ont limité les superficies et
notamment le café, ont été relativement plus favo-
2,8
1,3
1,9
0,7
6,7
2,0
1,9
2,6
3,2
3,5
2,2
3,3
3,3
3,6
3,0
0,8
0,9
1,0
1,0
1,0
1,3
1,6
1,5
1,7
1,7
1,3
1,3
1,3
1,3
1,4
1,6
1,8
1,8
1,7
1,8
0,5
0,6
0,6
0,8
0,9
4,6
4,7
5,5
6,3
6,8
6,9
7,8
7,8
8,3
7,9
1,1
1,1
1,2
1,3
1,4
risées.
Consommation et échanges
Pendant les premières années d'après-guerre,
les conditions de la demande dans le secteur de
l'habillement et du textile ont été extrémement
favorables et les disponibilités de matières premières ne posaient pas un problème sérieux. Beau-
coup de pays producteurs disposaient de stocks
importants de coton. Le niveau d'activité de l'industrie textile était élevé dans ces pays, en particulier aux Etats-Unis et, d'une manière générale,
dans les pays qui s'étaient trouvés en dehors de
lInde, Pakistan. Brésil et Egypte.
Comité eonsultatif international du Coton.
Source :
tée pratiquement inchangée, la production mondiale a augmenté d'environ 20 pour cent par rapport A. l'avant-guerre. L'augmentation des rendements, bien qu'assez généralisée, a été loin d'étre
uniforme pour tous les pays et a varié d'un maxi-
la zone des, operations militaires. Partout ailleurs,
et en particulier au Japon et dans les principaux
pays d'Europe importateurs de coton, la dispersion
mum d'environ 40 pour cent aux Etats-Unis h
de la main-cPceuvre textile et la destruction des
métiers ont cause des difficultés qu'il a fallu sur-
une proportion h peine sensible en Inde. La plus
grande partie de cette augmentation doit étre
attribuée à un déplacement de la production de
régions oil elle était traditionnelle, vers de lieu-
monter.
Ce West qu'en 1949/50 que la consommation
mondiale de coton a retrouvé son niveau d'avantguerre. Aux Etats-Unis, le consommateur qui, les
velles régions oit l'on a créé des systèmes d'irrigation, par exemple le iVlexique, los pays du Moyen-
années précédentes, avait fait des achats pour
Orient, l'Union soviétique et l'ouest des Etats-
reconstituer sa garde-robe, a ralenti ses dépenses
mais, étant donné l'augmentation de la population
et des revenus, la consommation s'est maintenue
naturellement 6., un niveau plus élevé qu'avant-
Unis d'Amérique. Toutefois, depuis 1948/49, aux
Etats-Unis, qui fournissaient normalement de 40
45 pour cent de la production mondiale, la production cotormière a été conditionnée par la limitation des cultures qui était imposée lorsque
venaient à s'accumuler des stocks. Dans les années
guerre. Dams les autres principaux pays producteurs
guerre. Cette poduction s'étant révélée beaucoup
trop forte pour les débouchés commerciaux, des
(en dehors de l'Union soviétique et de la Chine),
et dans d'autres pays qui développaient le,urs industries textiles,.fondées sur Putilisation du coton
brut indigene, la consommation avait mème proportionnellement augmenté davantage ; en Tache,
toutefois, après la séparation d'avec le Pakistan,
il y cut un recul temporaire de la consommation
restrictions de cultures ont été appliquées en
de textiles dû à une pénurie de coton. Dans les
1950/51 et de nouveau h partir de 1954/55.
Dans les principaux pays producteurs autres
regions traditionnellement importatrices, et aussi
en Chine où les périodes de troubles politiques
que les Etats-Unis, les stimulants ont été plus
ont été suivies de récoltes médiocres,la consomma-
limités. Les gouvernements de l'Inde, du Pakistan
tion s'est développée de favn constante, tout en
restant encore, en 1949/50, bien au-dessous du
où aucune mesure 'imitative n'a été appliquée,
le volume de la production a, de fa vn assez cons-
tante, dépassé, de 20 pour cent celui d'avant-
et de l'Egypte ont atténué l'encouragement que
constituaient les prix en imposant des taxes et
une réglementation qui ont maintenu les prix intérieurs au-dessous .des cours mondiaux aussi,
sauf au Pakistan, les rendements y ont augmenté
niveau d'avant-guerre.
Au cours des cinq dernières années, la consom-
mation mondiale de coton a augmenté d'environ
20 pour cent, avec, parfois, des périodes de fléchis227
TABLEAU C-50. CONSUMMATION DE COTON ET DE RAYONNE ; MOYENNE D'AVANT-GUERRE ET 1945-53
Coton
CAMPAG NE
CO:MIND:NV A:NT
LE 1 CI' A Of1T
Etats-Unis
U. t.S.S.,
Chine et
Europe
orientale
Autres prineiproduePrineipaux paux
teurs et
importateurs' petits
importateurs
Total
eoton
Total
rayonne
coton et
Pourcentage
de eoton
mi lions de to nne
Moyenne
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1934-38.
1,4
1,5
2,4
1,1
6,4
7,0
92
2,0
2,2
2,0
1,7
1,9
2,3
2,0
2,1
1,9
0,9
0,9
1,1
1,3
1,3
1,4
1,6
1,7
1,9
1,9
1,5
1,5
1,5
1,4
1,6
1,6
1,5
6,0
6,9
88
88
85
1,9
2,1
1,6
1,8
5,3
6,1
6,2
6,1
6,4
7,2
7,0
7,3
7,6
1,4
1,2
1,4
1,6
1,7
1,8
7,3
7,3
8,0
9,0
8,6
9,2
9,6
84
80
80
81
80
79
'Royaume-lini, Europe occidentale et Japon. Source Comité eonsultatif international du eoton.
sement lorsque la demande de textiles subissait
des contractions temporaires, en particulier aux
Etats-Unis et dans les principaux pays importateurs de coton. Toutefois, pour l'ensemble de la
Unis s'amenuisant, la reprise de l'industrie textile
période, il y a eu progrès dans toutes les régions, le
plus faible étant survenu aux Etats-Unis. La con-
sommation de coton a augmenté régulièrement
coton. Les achats de coton aux Etats-LTnis étaient
toutefois limités par la pénurie de dollars. Avec la
mise en application des programmes américains
dans les pays qui utilisent eux-mérnes la plus grande
d'aide à l'étranger, les exportations des Etats-
partie de leur production, en particulier en Union
Soviétique et en Chine. L'augmentation relativement forte de la consommation dans les principaux
UniS ont dépassé en 1949-50 de 20 pour cent leur
niveau d'avant-guerre, le volume total du commerce
ayant été légèrement inférieur à ce niveau.
Le commerce mondial du coton a ensuite décliné
et ne s'est pas relevé avant 1953/54. Au cours de
cette dernière périocle, les exportations aussi bien
des pays importateurs devint de plus en plus
tributaire des Etats-Unis qui, pour soutenir les
prix, avaient accumulé des stocks importants de
pays importateurs est surtout due au Japon.
La situation en 1953/54 révèle, si on la compare
celle de 1934-38, une importante évolution
long terme. En premier lieu, la consommation de
coton a augmenté plus lentement que celle de la
rayonne, produit de substitution partiel, en raison
du rapport des prix défavorable au coton et des
perfectionnements techniques réalisés en ce qui
concerne la rayonne. Cette disparité s'est atténuée
lorsque la pénétration des marchés du coton palla rayonne a été terminée. En deuxième lieu, la
consommation de coton n'a augmenté pratiquement que dans les pays producteurs. Les principaux pays importateurs de coton, qui sont aussi
les principaux producteurs de rayonne et qui ont
perdu pour leurs textiles de coton le marché des
pays cotonniers, achètent moins de coton qu'il y
a vingt ans.
Dans les premières années de Papres-guerre, le
commerce mondial du coton a été actif par rapport
la consommation dans les pays importateurs,
les stocks de coton accumulés pendant la guerre
étant utilisés pour la mise en marche des tissages.
des Etats-Unis que des autres principaux pe.,ys
exportateurs ont fluctué énormément, mais dans
l'ensemble elles tendent à diminuer, tandis qu'elles
se développent nettement dans les autres pays
producteurs, y compris l'Union Soviétique. Si l'on
compare Pannée 1953/54 avec la période d'avantguerre, on constate que le volume total du commerce n'a pas sensiblement varié, mais que la participation des pays exportateurs s'est modiflée : 57
pour cent seulement pour les quatre principaux
exportafeurs (Etats-Unis : 28 pour cent) contre
82 pour cent (Etats-Unis : 39 pour cent) avantguerre. En ce qui concerne les importations, le
trait saillant du commerce d'après-guerre est
l'importance accrue prise par les petits importateurs et le fait que le Royaume-Uni et le Japon
n'ont pas atteint leur niveau d'avant-guerre.
A.,
Stocks et prix
La production n'augmentant pas et les disponibilités exportables des pays autres que les Etats-
L'accroissement de la consommation étant supérieur à celui de la production, qui augmentait lente228
TABLEAU C-5]. COMMERCE DU COTON BRUT ; MOYENNE D'AYANT-GITERRE ET 1945-1953
Exportations
CAMPAGNE
COMMENÇANT
LE ler
AOAT
Etats-Unis
Autres prinAutres pays
cipaux
experta- exportateurs
teursl
I
Royaume-
Total
Uni
i portations
Autres pays
de l'Europe
occidentale
Autres
pays importateurs
Japon
-millions de tonne.
Moyenne
1934-38
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1,1
0,8
0,8
0,4
1,0
1,3
0,9
1,2
0,7
0,8
1,2
0,7
0,8
0,9
0,8
0,7
0,7
0,5
0,7
0,8
2,8
0,5
0,6
2,0
2,1
0,5
0,5
0,6
0,5
0,7
1,0
0,9
0,4
0,4
0,3
0,5
0,4
0,4
0,4
0,3
0,4
1,9
2,3
2,7
2,6
2,6
2,5
2,8
1,1
1,2
1,0
0,7
0,6
0,7
0,8
0,8
0,9
1,1
1,1
1,0
1,1
0,1
0,2
0,1
0,2
0,2
0,4
0,4
0,4
0,5
0,7
0,7
0,8
0,8
1,1
0,9
0,8
0,8
0,8
0,8
lInde, Pakistan. Firésil et Egypte.
Source: Comité consultatif international du coton.
GRAPHIQUE C-10. - Prix du coton brut (comprenant les taxes et les subventions à l'expor-
ment, les stocks monclioux impoitants de coton d 'après-guerre avaient cléjh diminué de moitié au début
tation).
de la campagne 1949/50. Toutefois, pendant cette
période,
En cents des E.U. la lb.
la hausse correspondante des prix fut
limitée aux cotons produits ailleurs qu'aux EtatsUnis ; dans ce pays, la demande étant limitée par
la pénurie de dollars, les prix tombérent au niveau
des prix de soutien et les stocks commencèrent
80
70
se gonfler.
60
Il se produisit un renversement brusque de la
tendance lorsque l'effet des limitations de la production aux Etats-Unis coincida avec la vague
d'achats suscitée par le conflit core:en. Les prix
de tous les cotons, mais surtout de ceux qui étaient produits hors des Etats-Unis, atteignirent
50
40
des niveaux extremement élevés. Depuis 1950/51,
la tendance des prix a été h la baisse. Aux EtatsUnis, ils sont retombés ani niveau des prix de soutien et y sont restés deux ou trois ans, tandis que
13s stocks augmentaient de nouveau.
30
L'accumulation des stocks aux Etats-Unis est
telle que le volume mondial est en augmentation
par contre, dans les autres pays, aussi bien les
producteurs que les importateurs, les stocks ont
climinué au cours des deux derniéres années.
Entre-temps, les cours mondiaux de toutes les
qualités de coton sont restés liés aux prix de
20
I
I
I
I
I
I
I
I
I
I
48/49 49/50 50/51 51/52 52/53 53/54 54/55
Campagnes commençant le 1er aoat.
1946/47 47/48
soutien des Etats-Unis.
Après avoir augmenté d'une manière continue
pendant les deux dernières campagnes, la consommation mondiale de coton prat maintenant devoir
se stabiliser. Le principal caractère positif de la
situation est l'accroissement du volume de la
consomrnation dans les pays producteurs de coton
Prix de soutien des E.U., middling 15116"
E.U. moyenne de 10 marchés, middling 15/16"
Sio Paulo, type 5
Karachi, 289 F. Pendjab S.G.F.
Alexandrie, Ashmcuni good
qui sont en train de s'industrialiser. Aux Etats-
Sou rce :
229
Comité consultati{ international du coton.
Unis, la reprise que l'on attendait ne s'est pas
exclure un ajustement des prix du coton des
Etats-Unis, soit par une reduction des prix de
produite jusqu'à present ; quant aux pays importateurs d'Europe, la consommation se maintient
soutien, soit par des subventions à l'exportation, et
naturellement ces mesures nè manqueront pas
d'avoir des repercussions sur toute la structure
du commerce mondial du coton.
peine à son niveau, tandis qu'au Japon elle a
diminué considérablement. Si, comme il semble
probable, la consommation mondiale n'augmente
que légèrement, les stocks de report mondiaux,
malgré la reduction sévère de la production aux
Etats-Unis, auront encore augmenté à la fin de la
LAINE
campagne 1954/55, la part des Etats-Unis dans ces
stocks étant peut-6tre encore plus importante
qu'avant.
Production
La production mondiale de laine, après avoir
atteint un maximum en 1941/42, s'est trouvée
téduite de 10 pour cent à la fin de la guerre, par
suite d'abattages massifs en Europe, en Union
Perspectives
Bien que l'écoulement des excédents puisse
améliorer quelque peu la situation, il faut s'attenCre à une nouvelle limitation de la production
soviétique et aux Etats-Unis. La position predo-
minante des pays de l'hémisphère sud en a été
et peut-étre à une contraction des prix. Aux
renforcée. Les faibles prix des produits agricoles
Etats-Unis, la superficie autorisée pour la culture
du cotonnier a été encore considérablement réduite
avant la guerre et la forte demande de vie,nde
pendant la guerre ave,ient particulièrement fe,vorise l'éleve,ge de races croisées d'ovins. L'augmentation rapide des prix des laines de qualité aprés
1946 encouragea en particulier la production du
merinos, mais c'est seulement tout récemment clue,
grhce à l'augmentation extraordinaire des tonl es
australiennes pendant la campagne 1952/53, la
laine merinos a retrouvé se, position d'avant la
pour la campagne 1955/56 de sorte que la production pourrait baisser d'un demi-million de
tonnes, méme si l'on obtenait les trè3 forts rendements de la recolte précédente. Cette reduction
devrait plus qu'équilibrer les effets d'une nouvelle
augmentation éventuelle de la production de coton
dans les autres pays et les stocks de report mondiaux devraient commencer à diminuer.
Toutefois, en delrors des Etats-Unis, tons les
autres pays producteurs, qui ont la possibilité de
vendre toute leur production soit à des prix intérieurs relativement faibles à leurs industries
textiles nationales en voie de développement,
soit sur le marché mondial à un prix légerement
inférieur au prix de soutien américain, continue-
guerre, soit
mondiale.
environ un tiers de la production
Les dix campagnes d'après-guerre ont vu se
développer d'une manière presque constante la
production lainière mondiale qui a eugmente
d'environ 20 pour cent. L'augmentation a éte
proportionnellement un peu plus importante dans
l'hémisphère sud, mais cela était dfi entièrement
l'accroissement des tontes dans les Dominions.
L'Amérique du sud, et plus particulièrement
l'Argentine, a maintenu à peine sa production. A
ront à produire toujours davantage aussi longtemps que les prix pratiqués aux Etats-Unis
resteront relativement Cleves. Il ne faut done pas
TABLEAU C-52. LAINE : PRODUCTION MONDIALE ; 1945/46-1954/55
1915/16
19-16/17
1917/48
1948/49
19-19/50
1950/51
1951/52
195 2/5 3
1953/5-1
954/55
I
?lattices de tonnes, laine dessuintée
Dominions
de l'hé-
misphère sud' .
Amérique du Sud'
Etats-Unis
Autres pays .
.
389
399
405
425
457
461
460
520
510
531
.
201
188
165
155
159
166
158
167
169
155
.
TOTAL MO1N DIAL
.
86
78
70
63
55
55
55
59
61
62
284
307
328
348
351
374
395
400
412
419
960
972
968
991
1 022
1 056
1 068
146
1 152
iAustralie, Nouvelle-Ziilande et Union Sud-Africanie.
Argentine et Uruguay.
230
1
1
167
l'encontre de la tendanee générale, la production
aux Etats-Unis elle l'avait doublé. Peu après,
des Etats-Unis a diminué fortement et ceci en
(kph des mesures de soutien des prix visant a
l'industrie américaine eonnut un certain fléchissement, mais le boom continua en Europe, et Pouverture des hostilités en Corée, suivie des commandes
de l'armée et du stoekage de textiles, vint donner
un nouvel élan h l'activité générale. La consomma-
encourager la production.
En debors du continent américain, l'expansion
été à peu près générale. La production euro-
tion mondiale de laine atteignit une nouvelle
péenne s'est relevée régulièrement. Une augmentation relativement importante s'est produite en Union
soviétique ofi des efforts considérables ont été faits
pour accroitre les effectifs ovins. La production de
pointe en 1950. Jusqu'alors la consommation avait
constamment dépassé de 15 poni' cent une production dont le volume croissait lentement et il
n'avait été possible de la satisfaire qu'en puisant
continuellement dans les stocks. Elle tomba
ensuite à un niveau moins élevé. Depuis 1951,
elle augmente lentement et en suivant de plus
laine a tapis au Proche-Orient a augmenté elle
aussi considérablement.
Consommation et échanges
près le mouvement de la production, avec quelques
arréts dus à une contraction de la demande de
Dans les années qui suivirent immédiatement
textiles.
Depuis quelques alinees, la structure de la consommation mondiale de laine s'est considérablement modifiée par suite du fléchissement de la
fin de la guerre, 1a nécessité de reconstituer des
garde-ro[res appauvries, d'une part, et le niveau
élevé des revenus, d'atare part, occasionnèrent une
demande exceptionnellement forte de textiles de
demande aux Etats-Unis. Alors qu'a la fin de la
guerre, ce pays étrit le plus gros consommateur,
en 1054, sa consommItion avait baisse de moitié
laine. En 1948, la consommation de laine av ait
dépasSé en Europe le niveau d'avant-guerre et
TABLEAU C-53. LAINE : CONSOMMATION MONDIALE ; 1946-1954
It o loNs
1946
1947
1950
1949
194S
1952
1951
tilliers de tonnes, laine dessail ttle
Europe
Etats-Unis
Atares pays
.
TOTAL MONDIAL
510
606
655
683
723
339
321
320
232
176
185
191
191
1 025
1 112
1 166
106
1
.
.
.
1953
,
.
,
.
.
,
.
1954
, ..............
598
614
708
294
994
216
229
177
195.
208
230
241
238
1 030
1 060
178
1 138
1952/53
1953/54
1 212
1
723
compris l'U.R.S.S.
So urce : Canonontve,alth, Eyanionvie annunittee
(elliff ces a ustes).
TABLEAU C-54. E X1'0 RTATIONS MONDIALES DE LAINE 13RUTEI ; 1946/47-1953/54
oct.-sept.
L'EL' D'ORIGINE
194(3/47
1947/4S
194S/49
milliers
1949/59
(le
I
1050/51
1951/52
tonnes, tatue dessai Pije
Dorninions2
725
465
548
572
433
465
483
471
Arnérique du Sud'
150
195
88
155
91
45
199
90
63
65
67
86
69
55
78
64
940
725
705
815
595
565
760
625
Autres pays4
E XPORTATIONS TOTALES
'Non compris la laine sur peau.
'Non compris les envois des Dominions à la Joint Organisation de Londres, DIGIS y con; is les eaéditio,ìs de cette organisation au Royaume-Uni.
.,Argentine et Uruguay.
tAnnee eivile correspondant au premier millésime de la eampagne indiquée.
231
TABLEAU C-55. IMPORTATION'S MONDIALES1 DE LAINE BRITTE2 ; 1946-54
jan -déc.
RÉGIONS
1946
1947
1919
1948
1950
1951
1952
1954
(chiffres)
1953
\ prov.
milliers de tonnes, Caine dessuinte
Royaurne-Uni3
201
187
133
179
216
286
308
312
215
227
299
296
219
124
212
164
166
133
93
33
40
54
40
150
170
162
Europe continentale4
295
317
Etats-tinis
Japon
Autres pays
292
181
.
.
.
IMPORTATIONS
TOTALES. . .
I
'
179
1
6
10
20
40
40
34
30
33
27
25
30
25
775
710
705
675
765
570
635
730
635
'Non réexportées.
'Non compris la laine sur peau.
'Non compris les importations de la J.0., mais y compris les ventes de laine par la J.0. aux -filatures britanm es
enchères, au Royaume-Uni.
compris l'U.R.S.S.
Sources: Commonwealth Economic Committee ; joint Organisation; Annuaires de sta i qnes agricoles et alimentaires de la
FAO.
Bien que, cette année-là, il ait pu se produire une
contraction anormale du marché, il est certain
que les cours élevés de la laine, augmentés encore
était de 38 pour cent, est tombée A, 15 poni cent
en 1954. En rneme temps, le Royaume-Uni et le
Japon reprenaient des positions plus importantes.
par de forts droits d'importation, ont fourni
l'industrie des fibres artificielles, techniquernent
Stocks et prix
très avancée, l'occasion d'envahir les marches de
la laine.
A la fin de la guerre, les stocks moncliaux de
laine correspondaient sensiblement à une année
de consornmation. Les trois quarts se trouvaient
Le commerce de la laine, depuis la fin de la
guerre, a été conditionné largement par les dispo-
au Royaume-Uni et aux Etats-Unis entre les mains
d'organismes finances par l'état et représentaient
respectivement le volume de deux tontes des Do-
nibilités fournies tant par les stocks que par les
tontes courantes. Vers la fin de 1950, comme les
stocks accumulés pendant la guerre commen9aient
minions et d'une tonte un quart des Etats-Unis.
L'Amérique du Sud disposait aussi de stocks de
report considérables. L'écoulement de ces stocks
était assure, étant donne les besoins insatisfaits
du temps de guerre ; un accord sur les prix des
s'épuiser et que les disponibilités exportables
étaient faibles par rapport A, la demande d'impor-
tation, un plan international de répartition fut
propose, rnais il se révéla impraticable. A la suite
du fléchissernent survenu en 1951/52, le commerce
stocks de laine des Dominions garantissait que leur
écoulement n'aurait aucune consequence fhcheuse
sur la vente des tontes courantes. En 1950/51, les
a repris avec plus ou moins d'ampleur, selon le
volume des tontes exportables chaque année.
Les écarts les plus importants h cet égard sont
dus aux tontes sud-américaines dont les fluctuations irrégulières sont imputables principalement
aux politiques fiscales et monétaires, Les laines
stocks finances par l'état étaient complètement
liquiclés et les stocks mondiaux correspondaient
alors à environ six mois de consommation.
Pendant cette période de liquidation des stocks,
les prix de la laine étaient A., la hausse. Les evenements de Corée accélérèrent ce mouvement et
des Dominions, qui alimentent le marche mondial
dans la proportion de 70 pour cent, ont continué
de s'écouler librement.
La position prédominante des Etats-Unis com-
les prix atteignirent un maximum en 1950/51.
Pendant les mois suivants il se produisit une baisse
des prix encore plus forte que ne l'avait été la
me pays utilisateur de laine dans les premières
a.nnées d'après-guerre apparait encore plus nettement si l'on considère le volume élevé de leurs
hausse ; mais depuis trois arts, la tendance générale
des prix a été assez ferme. Ils ont été bien soutenus par la demande commerciale et les operations
des gouvernements n'ont eu qu'un effet marginal
sur le marché.
la suite de la diminution de la
importations
production nationale. Toutefois, la part des EtatsUnis dans les importations mondiales, qui en 1946
A,
232
Stocks
GRAPHIQUE C-11.
mondiaux de laine au
1 er
janvier
MilHers de tonnes
(laine dessuintee)
1200
1000
800
600
400
j,"4
200
4414.11.44.474.44114, ell 1
w.wee"*X+,040:**40:410:0
...AMtX*&44iMt»:40:***:01
1946
1947
1949
1948
1951
1950
1952
1953
1954
1955
Production de laine de la campagne précedente
EMZ
Stocks commerciaux
Stocks gouvernementaux
cielles). Il en e3t résulté une tendance défavorable
Situation actuelle et perspectives
pour les prix qui n'a intéressé toutefois que les
laines de qualité supérieure. Au début de 1955,
on a constaté une reprise du rythme d'activité
de l'industrie textile lainière. 11 est particulièrement intéressant de noter que la reprise si longtemps attendue de cette industrie aux Etats-Unis
La production lainière de 1954/55 a encore atteint un chiffre record. Les tontes des Dominions
ont été un peu plus fortes, tandis qu'elles semblent
avoir plutôt diminué en Amérique du Sud et en
Union soviétique. L'écoulement des disponibilités
exportables (il n'existe pas de stocks importants
chez les principaux pays producteurs) s'est fait
plutôt irrégulièrement, en partie à cause d'ajustements imminents de prix et surtout 6. cause de la
suppression temporaire de la taxe sur les ventes,
de l'adoption de taux de change différentiels en
Argentine et du remplacement des prix de soutien
par une subvention aux producteurs de laine aux
Etats-Unis.
parait enfin se réaliser. Les disponibilités permet-
traient une augmentation d'environ 5 pour cent
de la consommation de laine en 1955 et, d'après
les tendances actuelles, il y a lieu de croire qu'elle
se produira.
JUTE
Production
La pénurie aiguë de riz pend mt les dernières
années de guerre oblige-a le Bengale, qui produit
Parallèlement, la demande a été affectée par
un fléchissement de l'activité de l'industrie textile
qui, il y a lieu de
environ 90 pour cent de la récolte mondiale de
le remarquer, ne s'est pas produit dans l'industrie
textile d'autres fibres (y compris les fibres artifi-
jute, A., transformer en rizières une bonne partie
des terres normalement consacrées b., la culture du
lainière en 1954, fléchissement
233
jute. Pendant les premières années de l'après-guer-
évolution a 0.6 accélérée par la guerre. En outre,
la pénurie et les prix relativement élevés du jute
et des articles de jute encouragèrent jusqu'en 1951
re, la production mondiale de jute était relativement faible eu égard aux besoins. Toutefois, ce
n'est qu'après la séparation de l'Inde et du Pakis-
l'emploi de produits de remplacement, notamment du papier. En conséquence, l'industrie du
tan que les prix élevés du jute eurent un effet
soutenu sur la production. A partir de 1949, la
jute n'a jamais retrouvé, depuis la. fin de la guerre,
la position qu'elle occupait immédiatement avant
culture du jute s'est considérablement développee,
le rapport des prix jute/6z étant devenu plu 3 favorable au premier produit. Le developpement de
la culture du jute fut encore plus marqué en Inde
la guerTe.
Pendant la guerre, les manufactures indiennes,
dont la position était déjà prédominante, se sont
développées au point que leur ,consommation re-
la suite de la dévaluation, Faugmentation
des prix du jute relativement à celle cles prix du
présentait SO pour cent du jute utilisé par les usines
dans le monde entier ; depuis lors, cette proportion
est retombée 6, 60 pour cent, soit la méme
qu'avant-guerre. A la suite de sa séparation d'avec
riz provoqua un accroissement des superficies plan-
tées dans des régions qui, jusqu'alors, n'avaient
comme productrices de jute, qu'une importance
marginale. La production indienne augmenta done,
le Pakistan, l'Inde est devenue importatrice de
jute, qu'elle achète em Pakistan et elle a interdit
l'exportation de ce produit. Dans les périodes de
mauvaises récoltes, le Pakistan a appliqué des
contingents d'exportation, sauf pour les pays h
monnaie forte et pour l'Argentine, qui ne sont
d'ailleurs pas d'importauts transformateurs du
jute. De ce fait, la reprise des industries europé-
sa part dans la production mondiale passant de
environ 25 pour cent en 1948 h 40 poni- cent en 1951.
L'expansion de cette culture fut telle que la
production dépassa en 1951/52 et 1952/53 les be-
soins immédiats des manufactures de jute. Au
Pakistan, la superficie autorisée pour la culture
du jute fut en conséquence fortement reduite.
Cependant, en lade comme au Pakistan, les prix
du jute avaient baissé considérablement tandis
que ceux du riz se maintenaient, ce qui diminua
ennes a été retardée jusqu'en 1951. Entre-temps,
la création d'une nouvelle industrie du jute a été
encourag,ée au Pakistan, qui absorbe l'heure actuelle un tonnage de jute représentant environ 5
pour cent de la consommation mondiale.
beaucoup Fintérèt pour la culture du jute. La production totale des deux dernières campagnes
été inférieure d'environ un tiers A, celle des deux
campagnes précédentes et il a done fallu puiser dans
les stocks pour faire face aux besoins des usines.
Stocks et prix
Consommation et échanges
le jute était un produit relativement cher et les
prix mat augmenté presque continuellement jusqu'en 1951. Toutefois, les prix h la production
Durant les premi res années d'après-guerre,
Les techniques crembadlage tendent A. la longue
h évoluer dans un sens défavorable au jute et cette
TABLEAU C-56. JUTE : PRODUCTION ET UTILISA.TIONS ; 1948/49-1954/55
11.1'1111
194S 49
I,
1949/50
1950/51
1951/52
1952/53
1953/54
1954/55
(eh fires
provsoires)
nallions de im0re,s
Production
Pakistan .
,
Inde
..
TOTAL
Utilisations
Consommation
des usines
Exportations
outre-mer
TOTAL .
lude (estim.)
'Pakistan
Inde
Pakistan
.
1.12
0.37
1.18
0.56
1.20
0.60
L32
0.85
1.36
0 84
0.76
0.57
0.76
0,57
1.49
1.74
1.80
2.17
9 90
1.33
1.33
1.20
0.98
1.04
E12
1.00
0.02
0.96
0.05
0.09
.
1
..... .
.
.
.
1.09
0.16
0.32
0.11
0.31
0.76
0.58
0.68
0.68
068
1.68
L40
1.80
L70
1.70
1.69
1.86
234
sur le marché international. Les extremes fluctuations des disponibilités et des prix limitent également Faccroissement de la demande de jute, car
les marchés, qui ont eté abandonnés à des produits
de remplacernent pendant les périodes de pénui ie
et de prix élevés, sont difficiles à reconquérir.
Wont pas suivi la hausse sur le marché international en 1950/51. Lors de la baisse de prix qui
suivit, le gouvernement pakistanais réussit h main-
tenir les prix d'exportation (qui diminuèrent de
50 pour cent pendant la campagne 1952/53) mieux
que les prix à la production qui tombèrent de 60
pour cent, c'est-a-dire h un niveau bien inferieur
au minimum légal, et cela bien que le Pakistan
Jute Board efit acheté le tiers d'une récolte an-
CAOUTC HO UC
nuelle. Ces stocks ont été liquidés au cours des deux
dernières campagnes et les prix, en particulier ceux
à la production, ont augmenté.
Production
Malgré une contraction des disponibilités de
jute brut, l'activité des manufactures s'est accrue
A la fin de la guerre, la production de caoutchoue naturel des pays de l'Asie du sud-est qui
en 1954/55. DaI1S les usines indiennes, le nombre
d'heures de travail a augmenté, tandis que
nouvelle industrie pakistanaise continuait h se
fournissaient nor/wale:111mA environ 95 pour cent
des disponibilités mondiales, était extrèmement
faible. La reprise fut cependant rapide, et en 1947
développer régulièrement. En Europe et dans les
autres continents, l'activité des manufactures semble s'etre bien maintenue. La hausse des prix a
toutefois CIA enrayée en février 1955 quand on
la
production mondiale avait dépasse déjà
moyenne d'axant-guerre. La. plupart des pays de
l'Asie du sud-est participèrent àcet:te reprise,
s'est rendu compte que les disponibilités ne seraient
pas aussi justes qu'on l'avait craint.
l'Indonésie constituant une exception importante.
La demande industrielle croissante et les achats
pour la constitution de stocks stratégiques, h
suite des événements de Corée, firent que la production continua. d'augmenter. Elle atteignit en
Situation actuelle et perspectives
1951 un maximum qui était presque le double
La forte baisse des prix du riz pendant la dernière campagne, coïncidant avec une hausse de
ceux du jute, a encouragé cette dernière culture.
du volume d'avant-guerre. Cette nouvelle expansion était caractérisee surtout par une forte augmentation de la production des petits planteurs
qui, étant donné la hausse relativement accentuée
des prix du caoutchouc, s'intéressaient cl avantage
Tout porte à croire que l'objectif que s'est proposé
le gouvernement pakistanais d'une récolte d'un
millien de tonnes au rnaximum sera dépassé
1955 et probablement avec une marge considérabic. Pour les memes raisons, l'on s'attend aussi
h la recolte du latex qu'h celle du riz et autres
cultures. A eette rnéme époque, les plantations
d'Indonésie avaient été en grande partie remises
en état et, en 1951, ce pays est redevenu le principal producteur de caoutchouc, sa part de la production mondiale étant de 43 pour cent.
b.. une forte récolte en Inde. Le gouvernement
pakistanais a, en conséquence, annoncé des prix
minimums à l'exportation pour la campagne actuelle.
Pendant les quarante dernières années, l'utilisa-
Une forte baisse des prix pendant les deux
années et demi qui suivirent pro-voqua une lente
diminution de la production dans tous les principaux pays producteurs, h l'exception du Vietnam
et du Cambodge. Mods, dans l'ensemble, elle
tion clu jute est restée s